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Prince’s Girls Volume 1

18 janvier 2007

…Femme, femme, femme, fais-nous voir le ciel…Femme, femme, femme, fais-nous du soleil… ! chantait Serge Lama il y a fort longtemps… C’était un temps où le jeune Prince Rogers Nelson démarrait une carrière en répondant par onomatopées et quelques signes des deux mains dans une émission sur la TV américaine. Je ne sais pas s’il a eu accès à ce texte imparable du « beau Serge », toujours est-il que la femme fait partie de l’univers princier et qu’elle est indissociable de son pouvoir créatif.
Dés 1981, Prince souhaite créer un groupe de filles, un peu à la manière de Rick James et il met sur pied en 1982 un groupe autour de Denise Matthews, groupe qu’elle baptise « Vanity 6 » (parce que lui voulait l’appeler « Vagina »…) et un premier album sort à l’été 1982 avec un hit puissance 10 « Nasty Girl » ! le reste de l’album est assez sympa avec deux autres morceaux notamment que j’aime assez (c’est ma compile, alors je fais ce que j’veux…), « Drive me wild » et son riff de guitare entêtant et aussi « If a girl answers (don’t hang up) » morceau très funky qui colle parfaitement à ce qui passe en boîte à l’époque et avec Prince en correspondant au téléphone. Prince a écrit pratiquement tout l’album et on sent tout le potentiel créatif qui doit bouillir en lui. En raison de problèmes relationnels (trop de filles déjà…) la collaboration avec Vanity 6 cessera avant le deuxième album.
Ce deuxième album, Prince le confiera à un nouveau groupe qu’il crée dans la foulée en remplaçant la chanteuse en titre. Denise cède sa place à Patricia Kotero en 1983 et le nom de baptême sera : Appolonia 6. Patricia c’est cette magnifique jeune femme brune qu’on peut contempler dans Purple Rain. C’est donc en fait un premier album d’Apollonia 6 qui sort en 1984. Là encore un single incontournable va cartonner dans les charts : « Sex shooter » ! Je vous défie de rester insensible à la rythmique ferroviaire de ce morceau tout autant qu’aux galipettes des longues jambes fuselées de la demoiselle Kotero. Aaahhh…cette choré à deux centimes…pourquoi est-ce si beau ? parce que c’est dansé en guêpière noire et talons aiguilles…!!! Autre titre intéressant « Blue limousine ». Dommage par contre qu’il leur ait retiré « 17 Days » (cf ma compile Early years) que je peux mettre en boucle pendant 2 heures…
Jill Jones est déjà un cas nettement à part des deux précitées car il y a un réel talent derrière cette jeune fille et elle va rester dans l’entourage princier durant de nombreuses années, participant notamment et activement à l’album « 1999 ». Prince va lui écrire, après bien des péripéties, un album rempli de petites merveilles et qui sort en 1987. Vous voulez du « pur jus princier » écoutez « Mia Bocca » !!! Ce morceau est ENORME et je pèse mes mots ! Pourtant il a été enregistré par Prince en 1982 mais elle le magnifie par sa voix, une des rares voix qui soit en adéquation avec l’univers musical du Kid de Minneapolis. Une intro puissante et un riff de synthé qui vous marque au fer ! Autre titre écrit au départ pour Vanity 6, le bien nommé « G Spot » et le très soul/funk « Violet Blue » (ne vous fiez pas à l’intro). J’y mets également « Boom Boom » un titre festif et techno qui me fait furieusement penser à la fois à « Baby i’m a star » et également à la période Batman. Prince et Jill se perdront de vue par la suite, ce qui est assez dommage, mais je pense qu’il est tellement « cyclothymique » que ça devait arriver.
Il faut dire qu’une autre libellule papillonne depuis quelque temps autour du roitelet pourpre, j’ai nommé Sheila Escovedo dite Sheila E. Les deux se connaissent depuis 1978, sont de la même génération et dés qu’elle travaille avec Prince, il lui écrit un album. Il faut dire qu’ils ont déjà enregistré ensemble un single « Erotic city ». Par delà ses qualités de chanteuse, Sheila E est une excellente percussionniste qui va accompagner Prince longtemps, s’en éloigner et revenir régulièrement. Personnellement, je trouve qu’elle est la seule qui a peut être « admis » son univers. J’aurais voulu qu’ils s’aiment, se marient et qu’ils aient des enfants, c’eut été une « production d’enfer ». Là aussi, le rôle de Prince dépasse celui du simple producteur et prend plus celui d’un pygmalion. Je n’ai retenu que quelques titres car il faut bien choisir mais le « magasin » est vaste !!! Le premier album s’appelle The Glamourous Life. Le second album Romance 1600. Le troisième est sobrement intitulé Sheila E. Ces trois disques ont chacun de réelles qualités et faire un choix, je l’ai dit, est déchirant ! Donc ce sont mes choix : « The Glamourous life » car c’est tout de même un hit et que lorsque Sheila « do it girl » E se met aux percus, ça déménage ! Prince doit adorer ce titre car il le reprend souvent lui-même en concert. Sur le second album j’ai retenu « Toy box » titre très funky et qui reprend des sonorités entendues sur « Erotic city ». Sur leur troisième collaboration j’ai choisi « Koo Koo » qui n’aurait pas détonné sur le Black album avec ses sons déstructurés. J’aurais pu choisir d’autres titres comme « A love bizarre » ou « The Bells of St Mark » mais il faut bien se décider. La constante dans ces albums c’est la qualité. Prince n’a pas travaillé au rabais et il a réalisé tous ces titres comme s’ils devaient apparaître sur un de ses albums, je pense surtout au disque de Jill Jones et au premier de Sheila E. Par la suite, ses productions ne retrouveront plus, à mon sens, autant de qualités.
J’en veux pour preuve sa collaboration avec Tara Patrick qu’il rebaptise « Carmen Electra », célèbre naïade d’Alerte à Malibu et page centrale de Playboy entrée au panthéon des « petits lapins ». Leur collaboration professionnelle et/ou amoureuse durera quelques années entre 91 et 95 et un seul et laborieux album sortira difficilement en 1993. Il est en accord avec la production de Prince à l’époque (Diamonds and Pearls, Goldnigga) et les titres sont sympas, sans plus. Les raps de Carmen sont assez énervants et on a souvent le sentiment d’avoir des morceaux bâtis avec des « restes » ou des chutes de titres prévus pour les albums de Prince. Disons qu’elle devait l’intéresser dans un autre domaine…J’ai tout de même retenu « Go go dancer » et ses relents de « Cream » pour figurer sur cette compile mais vraiment pour être exhaustif.
Carmen savait…disons… « un peu danser », mais dans ces années là, Prince doit avoir l’œil du chasseur car il rappelle une jeune fille qu’il a connue alors qu’elle est encore une adolescente : Mayté Garcia. Mayté, c’est encore une autre affaire car elle deviendra par la suite sa femme, ils essaieront d’avoir un enfant et longtemps Prince confiera qu’elle est sa muse. Est-ce elle qui lui a inspiré « Get off », « Sexy MF » ou encore « Cream » ? Parce que si c’est le cas, Reviens ! Mayté, reviens !! Alors, on peut apprécier la façon de danser de Mayté, toute empreinte de roulements de hanches et de jetés de jambes, chacun ses goûts ; on peut supporter sa voix à peine plus audible que celle d’un candidat recalé à la « Nouvelle star » ; on ne peut lui retirer que c’est une très belle femme et pendant de nombreuses années elle sera indissociable de la bulle princière. J’ai retenu un titre qui est en fait une reprise du « Brickhouse » des Commodores rebaptisé « House of brick ». Le reste…euh…bof !
J’ai pas respecté totalement la chronologie des faits et je vous jette le reste en vrac sans que cela soit péjoratif bien au contraire, mais ces collaborations sont, ou moins importantes, ou moins impliquées.
En 1988, Prince écrit « Eternity » pour Sheena Easton. Le titre est pas terrible, on dirait du « sous » Kate Bush. Sheena a déjà chanté avec Prince sur « U got the look » et sur l’album « Batman ». J’ai retenu le titre « Sugar walls » qui avait fait scandale à l’époque, en 1984, pour des paroles jugées « osées ». Il est assez sympa, très rythmé, avec plein de petits gimmicks sonores comme il sait si bien le faire. Elle continue actuellement une carrière d’actrice-chanteuse mais n’a plus reparu dans l’entourage de Prince.
En 1991, Prince coproduit l’album de Martika, une chanteuse américaine d’origine cubaine de son vrai nom Marta Marrero. Un single, notamment, fera une honnête carrière outre-atlantique « Love…thy will be done ». Pas de quoi grimper aux rideaux, la voix est trop impersonnelle à mon goût.
« Chaka Khan » ! Je ne vais pas vous faire l’injure de vous raconter qui elle est, car elle fait partie du panthéon soul/funk/rythm’blues au même titre qu’Aretha Franklin ou James Brown. Hormis la reprise « successfull » qu’elle fait en 1984 d’un titre de Prince « I feel for you » (eh oui, c’est de lui), elle a enregistré un album en 1998 sous le label princier « NPG Records » avec notamment le titre « Come 2 my house ». Mais, j’ai préféré mettre le titre « Sticky Wicked » paru sur un album de Chaka en 1988. Le titre est de Prince mais surtout, Miles Davis lui même y joue les parties de trompette et c’est la seule fois où l’on entend, officiellement, les deux musiciens. (Au passage, Prince et Davis n’ont pas enregistré leurs participations simultanément bien qu’ils aient plusieurs fois indiqué leur admiration mutuelle et leur souhait de travailler ensemble…question d’ego sans doute…). Chaka Khan, c’est une voix hors du commun, qui continue son bonhomme de chemin et qui a été « intronisée » aux B.E.T Awards en 2006, avec une prestation de qualité à la clef.
Au même titre que Chaka Khan, Mavis Staples fait partie de la génération qui a vu émerger des labels comme Tamla Motown ou Stax, c’est à dire le berceau de la musique soul. Chanteuse du groupe « The Staples Singers », elle connaîtra de francs succès avec ce groupe et travaillera une première fois avec Prince en 88/89 pour un album, puis sur un titre de Graffiti Bridge. Sa voix est puissante, plus sensuelle que celle Chaka Khan, avec cette raucité qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. J’ai retenu le titre « You will be moved » car il colle parfaitement à la « soul attitude » de Mavis mais également à la « Black attitude » par son côté Gospel.
Pour terminer, Ashley Tàmar Davis, découverte par le public sous le diminutif « Tàmar », a semblé très proche de Prince pendant une bonne partie de l’année 2006. Après de nombreuses prestations communes (Saturday Night live, Good Mornin’ America, Brit Awards ou concert au Nokia Theater), et sans plus d’explications, l’album prévu pour la petite est différé et n’est pas encore sorti. Il est pourtant complet, a un titre : « Milk and Honey » et tout cela reste incompréhensible (à moins que ce ne soit une banale histoire de fesses, n’oublions pas qu’il a divorcé en 2006). Sinon, Tàmar est une jeune chanteuse qui a démarré sa carrière dans le groupe qui allait devenir par la suite les Destiny’s Childs, rien de moins. Je l’ai aperçu pour la première fois lors de la prestation de Prince aux NAACP Awards en 2005 et il semble que Prince ait suivi sa carrière de prés. A nouveau ce côté Pygmalion ?? J’ai deux titres pour terminer ce « dossier » : « Holla and shout » morceau bien funky avec ces petits riffs de guitare 100% princiers et « Holy ground » et ses paroles « en français dans le texte ».
Voilà ! Aujourd’hui il tourne avec ses jumelles, pas celles du turfiste…, non ce sont deux splendides autraliennes « Maya McClean » et « Nancy McClean » plus connues sous le nom de : « The Twinz ». Maya a déclaré récemment à propos de Prince : « Il est vraiment terre à terre comme il a un côté spirituel. Il a le meilleur sens de l’humour et je pense que beaucoup de gens ne le savent pas. Quand il raconte une histoire, il essaie de prendre les voix des gens dont il parle. C’est vraiment cool ! ». Quand on sait que « femme qui rit à moitié dans ton lit » il en a peut être déjà une dans le sien… Il leur écrira peut être un album, on ne sait jamais avec lui…La compile c’est dans l’article suivant…

Vanity 6 – Nasty girl, Vanity 6 – Drive me wild, Vanity 6 – If a girl answers, Appolonia 6 – Sex shooter, Appolonia 6 – Blue limousine, Jill Jones – MiaBocca, Jill Jones – G-spot, Jill Jones – Violet blue, Jill Jones -Boom Boom, Sheila E – The Glamourous life (club edit), Sheila E – Toy box, Sheila E – Koo Koo, Carmen Electra – Go go dancer, Mayté – House of brick, Sheena Easton -Sugar walls, Martika – Love thy will be done, Chaka Khan – Sticky wicked, Mavis Staples – You will be moved, Tàmar – Holla and shout & Tàmar – Holy ground.

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8 commentaires sur “Prince’s Girls Volume 1”

  1. Willy dit :

    Salut Didier,

    Pas mal ton article………………………………….
    Là encore je regrette de ne pas être un néophyte,
    j’ai toute la production féminine de Prince dans le
    moindre détails.
    Il est vrai que le niveau de la production de Prince
    pour ces égéries a connu un nivellement vers le
    bas mais je pense (ce n’est que mon avis) que cela
    est dû au niveau des artiste(e)s et/ou au réel intérêt
    artistique qu’il avait pour certaines de ces « muses ».
    Vouloir faire un album pour une « artiste » parce qu’on
    est marqué par son talent ou faire un album pour
    une « artiste » parce qu’on est marqué par son physique
    (pour ne pas dire autre chose) ne donne VRAIMENT pas
    le même résultat.
    Pour preuve « Glamorous Life » de Sheila E traduit j’aime
    ton talent et l’album éponyme de Carmen Electra, lui, traduit
    j’aime tes…….. hum hum.
    Mais quand il voulait que ça marche, il y mettait vraiment du sien
    sans pour atteindre (toujours) le succès escompté.
    « Appolonia 6″ (album éponyme)  devient disque d’or aux USA
    alors que « Come 2 My House » de Chaka Khan, de meilleur
    facture, est un flop aux USA.
    Pour conclure, il s’investit plus pour LE TALENT
    que pour LE CORPS.
    Néanmoins pour moi la PERLE de la production princière
    pour ces dames reste (et restera pour longtemps) l’album
    éponyme de Jill Jones.

    Pour répondre à ta remarque sur « 17 Days » (d’accord avec toi, sublime morceau) mais je te garantis que tu ne l’aurais sûrement pas écouté en boucle si il avait été chanté
    par Apollonia.

    Ta compile est intéressante (très intéressant pour un néophyte)
    mais il y a un mais comme toujours question de goût.
    Donc ne nous focalisons pas sur ça

    Question, quand tu dis, pour l’album de Tamar, il ne manque
    qu’1 titre non disponible, tu as les 11 titres ? car moi
    je n’ai que 5 titres studios et 2 titres live.

    @+

  2. NCTY dit :

    Salut Didier !

    Un grand bravo pour ton site qui fait partie de mes favoris sur l’Artiste.

    Une question en rapport avec cet article : je suis à la recherche depuis longtemps de l’album de Jill Jones mais, malheureusement, je ne parviens pas à le trouver. Aurais-tu la gentillesse de le mettre en ligne dans sa totalité ?

    Merci d’avance,

  3. Didier dit :

    Je te rejoins complètement sur la différence entre album « conjoint » et album « de commande ». Sheila E travaillait avec Prince sur ses albums quand Carmen se contente de poser le peu de voix qu’elle a. Je suis également à 100 % d’accord sur l’album de Jill Jones qui surpasse tout ce qu’il a fait pour ces dames.
    Pour Tàmar, en fait j’ai trois titres studio, quelques lives issus essentiellement du « Nokia Theater », mais le reste est encore inédit à ce qu’il semble. Je continue à chercher…

  4. Didier dit :

    Merci pour la visite ! Pour Jill Jones, je m’en occupe, laisse moi quelques jours, je suis très occupé…

  5. Michel dit :

    Bonjour
    Concernant une partie de l’article sur Sheila E
    Prince aurait tout fait pour avoir Sheila E à ses côtés car ses une grande musicienne qui était déjà très connu à l’époque dans le milieu des grands musiciens avec quelques albums à son actif.
    Par contre Prince a complètement changé son look en mettant sa beauté en valeur.
    Et comme Prince elle ne vit que pour la musique

  6. Michel dit :

    Juste un petit service
    Je ne trouve nulle part la traduction en français du discours de Prince
    Aux naacp awards 2007.
    Si c’était possible de l’avoir sa me ferait grand plaisir.
    Merci et très bon site.
    Qui vu les circonstances actuelle pourront satisfaire les fans
    Peace

  7. Didier dit :

    Bonjour Michel,

    Entièrement d’accord, j’ai d’ailleurs consacré un article très complet sur cette grande et belle dame de la musique.
    En fait, je pense qu’elle le connaissait très bien et qu’elle n’aurait jamais partagé sa vie tant il était entièrement tourné vers lui même ! le défaut des « GRANDS ». Merci pour la visite

  8. Didier dit :

    Je vais voir ce que je peux faire…

    Merci pour les compliments ! Effectivement il n’a jamais eu autant de sens auprès des fans ;-)

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