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2000-2003 La quête…

30 mars 2007

Allez, je reprends le fil de mon histoire car je me suis aperçu que je me suis égaré depuis quelque temps vers d’autres choses…J’en étais resté à Rave… Quelques mois après la sortie de ce disque, Prince décide de conforter sa présence sur le net par la création d’un site baptisé « npgmusicclub.com ». Ce site, moyennant un abonnement, va permettre de télécharger tous les mois quatre titres inédits. A l’époque je n’ai pas Internet, je ne suis donc pas informé de la chose. Ce n’est que quelques mois plus tard que je découvre « LE SITE » et comme je n’ai encore qu’une connexion à bas débit, je n’aurais pas accès à ces téléchargements. La mise en ligne de ces titres s’échelonnera entre février 2001 et janvier 2002 et je finirais pas récupérer l’an dernier la majorité des titres sur deux compilations qui seront éditées par le Club et proposées en téléchargement payant pour les membres du club. Il faut dire que les choses auront évolué entre temps. En effet, le club évoluera au fils des mois, proposant de nombreux téléchargements en échange d’un abonnement à vie et d’un coût d’acquisition. Enfin, à vie, c’est vite dit car le site est aujourd’hui fermé pour d’obscurs motifs juridiques. C’est dommage car le Club offrait la possibilité d’avoir les places de concert en priorité, et d’assister aux répétitions. Le mode de fonctionnement quand à lui était perfectible, comme souvent quand Prince s’occupe d’autre chose que la musique. Cette période donne donc lieu à la diffusion d’une cinquantaine de titres, pour certains complètement inédits et pour d’autres relativement anciens ou connus des fans, ce qui fera dire à certains que Prince se moque un peu du monde ! …mais on ne peut lui retirer l’originalité du système et la production qui reste de qualité. Les titres ne sont pas des titres au rabais et les deux compilations valent plus que le détour. (Les personnes intéressées peuvent me contacter). La première s’intitule « The Slaughterhouse » et la seconde « The Chocolate invasion ». Je n’épiloguerais pas là dessus car je suis convaincu que toute cette période s’adressait d’abord à ses fans, chose que peu ont peut être compris, aveuglés qu’ils étaient par la volonté d’avoir du neuf et toujours du neuf… le neuf, ils vont l’avoir avec la suite « The Rainbow Children »…
Mi 2002 donc, voilà plus de deux ans que j’attends un nouveau disque ! C’est vrai, on est habitué à un rythme soutenu alors quand il ne se passe rien, on s’inquiète. Bien sûr il y a le club, mais côté grand public : nada ! C’est à ce moment que débarque « The Rainbow Children ». Je pense ne pas me tromper en disant que pour le fan princier pur et dur, il y a, comme ça, des moments incontournables dans l’histoire de notre passion. « Purple Rain » en fut un par l’homogénéité du talent et son caractère révolutionnaire ; « Sign O’the Times » fut le second par la qualité de l’écriture aussi bien des textes que de la musique ; « The Rainbow Children » (TRC) est le troisième car une nouvelle fois un virage s’opère dans son œuvre. TRC arrive à un moment de la carrière de Prince où seuls ses fans les plus invétérés le suivent encore. Les deux derniers « véritables » albums, « New Power Soul » et « Rave un2 the joy fantastic » (malgré leur très grande qualité), ont été des échecs commerciaux aux Etats Unis, toutes ses histoires avec Warner, son changement de nom ont fatigué tout le monde, et son aventure sur le net ne comblent que les abonnés. C’est dire…Et pourtant, son disque va finalement s’adresser à cette minorité car il est d’une telle densité que celui qui attend un nouveau « Kiss » ou un autre « Purple Rain » ne peut qu’être déçu ! Avant toutes choses, ce disque est celui de la spiritualité, il se déroule comme une longue histoire dont la musique est le reflet sonore. Textes et musique sont imbriqués de telle manière que l’œuvre se doit d’être écoutée dans sa totalité, un peu comme les pièces musicales d’antan. Je vous avouerais que lorsque j’ai ôté la cellophane qui enveloppait le CD, j’étais assez fébrile. Je n’avais pas écouté d’extraits, c’était donc la découverte la plus totale (hormis « She loves me for me » qui passait en fond sonore sur le site du club). J’introduis le CD et… Play.

Tout de suite je me dis, merde je suis tombé sur un exemplaire pourri, la voix est grave, ralentie, je ne discerne pas ce qu’il dit, mais à peine ai-je le temps de me diriger vers la platine que des notes de synthé se font entendre accompagnées de roulements de caisse claire et que démarre une mélodie très jazzy qui me fait rasseoir dans mon fauteuil. Un sax prend le relais et cette voix grave revient ce qui m’amène à me dire que c’est normal ! Elle va d’ailleurs être omniprésente car c’est en fait la voix du narrateur. En tous cas, s’il n’y avait les quelques riffs de guitare qui parsèment de temps à autre le début du morceau-titre, je n’ai pas l’impression que j’écoute un nouveau disque de Prince. On dit souvent que la passion vient d’une rencontre inexpliquée et inexplicable avec quelque chose ou quelqu’un. C’est le cas de ce disque, on y plonge ou pas ! Ce morceau ne s’arrête pas, une montée tout en gospel nous amène au break ou la guitare est de retour. Enfin ! Il n’empêche, dix minutes sont passées et mon avis est déjà quasi acquis : Chef d’œuvre ! J’ai face à moi un « cadeau », tout cela n’est pas fait pour la radio, pour le commerce. Ce premier titre est d’une telle richesse musicale, inqualifiable au niveau du style, est-ce du funk, de la soul, du jazz, du reggae, voire du hard sur les dernières mesures ? Pas le temps de me remettre, on enchaîne sur « Muse 2 the Pharaoh » et je reste dans l’ambiance « club de jazz » avec un titre tout en touches de synthé qui prendra une folle dimension « rn’b » (le vrai…) en concert ! Quelques notes bizarres (Xylophone ou percussions caribéennes) lancent un morceau tout en rythmes ensoleillés « Digital garden » vite remplacés par des guitares saturées et très rock ; le récit continue et fait corps avec la musique et l’on finit par se demander ce qui doit être écouté en priorité : le texte ou la musique ? et boum !!! C’est pas vrai ! il a invité James Brown ma parole, mais non c’est bien lui qui chante, pas de doutes. « The Work » nous rappelle que c’est tout de même Prince qui est à la manœuvre et le naturel revient au galop pour un morceau bien funky trempé dans les sonorités « browniennes » des années 70. Mais le texte reprend une nouvelle fois le pas sur la musique et nous entraîne, par les voix de Milenia, dans un titre jazz-gospel « Everywhere », avec un John « The Magnificient » Blackwell tonitruant à la batterie. Trois minutes et démarre « The sensual everafter », la perle émotive de l’album. Il y a quelques titres comme ça, dans sa carrière, qui invariablement me donne la chair de poule. La guitare saturée du début façon Santana, le riff de basse par le Maître (car oui il joue aussi de la basse)…et l’explosion finale dans ces quelques notes… « Mellow » nous replonge encore une fois dans le jazz pour un titre tout en velours. Le débat avait fait rage il fut un temps(…) sur le caractère « Jazz » ou non de ce disque, les puristes se refusant à considérer cette musique pour du jazz. Et pourquoi pas ? ce style n’a pas à être encadré d’une manière aussi rigide et élitiste ! Au moins, la suite ne laisse pas de doutes, « 1+1+1 is 3 le démarrage de la caisse claire met en branle la rythmique « Funk » dont il sait si bien tirer la quintessence. Personnellement, le bouton du volume a tendance à s’affoler quand je l’écoute et en public je me souviens que ça déménageait sévère. Là on est dans l’ambiance « Erotic city » avec ces petites bulles sonores qui parsèment tout le morceau et cette batterie mécanique et puissante (il faut dire que le bras de John Blackwell, c’est ma jambe). Encore deux minutes, « Deconstruction », où le récit supplante quelques nappes de synthé et quelques touches de guitare acoustique avant « Wedding fest » petite « vanne » mozartienne ! Oui quelquefois…il m’étonne, il doit avoir de temps en temps l’esprit potache. On change du tout au tout et on revient à des choses plus proches de lui avec la ballade qui suit, « she loves me for me », petite « promenade » pop tout en guitares. Les trois derniers titres de l’album sont le reflet parfait en 24 minutes, c’est à dire un tiers de la durée totale, de ce que, je pense, représente les trois facettes de Prince et de ses influences. Un titre funk/rock « Family name », un titre soul/rn’b « The everlasting now » et un titre…inclassable, « princier », « Last december », car contrairement à ce que pensent certains esprits chagrins, Prince est un artiste qui « créait » des styles de musique et influençait d’autres artistes. C’est moins vrai aujourd’hui mais j’estime qu’il a bien le droit de se reposer sur ses lauriers, à l’aune de tout ce qu’il a pu écrire et qui est, de loin, bien supérieur à la majorité des artistes connus et/ou reconnus. Ce disque aura toujours une saveur particulière à mes yeux car outre ses qualités intrinsèques qui m’ont fait dire en début d’article que c’est une de ses œuvres majeures, il est indissociable du concert de Paris en 2002 (voir mon report de ce concert section « Live ») et du choc que j’ai eu (premier concert) un certain soir du 28 octobre, lorsqu’il a démarré le concert avec cette même grosse voix et les premières mesures de « Rainbow children »…
Après The Rainbow Children, Prince va encore une fois me surprendre avec cet album seulement disponible en téléchargement pour les adhérents au NPGMusic club. Ce disque est court, à peine 36 minutes, ce qui a fait crier au scandale les adhérents de l’époque (je n’y étais pas encore), car ils estimaient que ça n’était pas un album complet ! Qu’est-ce qu’un album complet ? la qualité se compte t-elle en minutes ? Pour moi c’est un petit bijou, 36 minutes de pur bonheur ! Imaginez Prince, seul au piano, avec à peine quelques touches de basse ou de batterie sur un ou deux titres. Pas de guitares, pas de synthés, pas de boites à rythmes, pas de cuivres, on est vraiment loin de son univers habituel. Et pourtant la magie opère…Je ne vous ferais pas la critique titre par titre, cela ne s’impose pas. Parfois il suffit d’écouter et de se laisser séduire… Fin 2002, la surprise passée du « Rainbow Children » album concept et véritable pied de nez à ceux qui pouvaient croire que Prince était fini, fort d’une tournée gigantesque et reconnue qui passa par Paris pour une journée mémorable, dans la foulée d’un disque intimiste et encore une fois novateur (One nite alone studio), Prince met en ligne sur son site internet (npgmusicclub.com) aujourd’hui fermé (?) une nouvelle oeuvre à télécharger : XPECTATION ! Les neufs titres sont résolument tournés vers le jazz et restent dans l’esprit de ce qui a précédé, l’apport du violon de Vanessa Mae donne une touche « grapellienne » à l’ensemble qui se veut l’oeuvre d’un groupe. Sans les infos on ne sait pas derrière quel instrument se trouve Prince. Les titres commencent tous par la lettre X et sont explicitées sur la pochette (je traduis…approximatif…) :
Xhalation : quelque chose comme de l’air qui est exhalé
Xcogitate : réfléchir ou penser à quelque chose de manière paisible et profonde
Xemplify : pour illustrer ou servir d’exemple
Xpectation : la valeur attendue d’une variable aléatoire, une attente impatiente
Xotica : curieusement inhabituel ou étrangement excitant
Xogenous : utilisé par le corps, originellement à l’extérieur
Xpand : augmenter la taille, le volume ou la quantité
Xosphère : la région la plus éloignée de l’atmosphère terrestre
Xpedition : un voyage entrepris par un groupe de personnes avec un objectif déterminé. A vous de relier ces données avec les titres…
Début 2003 cette fois, il présente « la note » et on l’accepte. A fond dans le trip « NEWS/ONA/XPECT… » ce disque est la compilation de plusieurs titres déjà parus sur le club au compte-gouttes. Là il devient une des oeuvres à télécharger sur le « Magasin de téléchargement » du feu NPGMusicclub. Quatre des cinq titres sont issus d’enregistrements faits lors de la tournée « One Nite Alone » et comme leurs noms ne l’indiquent pas…ils proviennent des villes de Copenhague, Nagoya, Osaka et Tokyo, le dernier titre Empty Room étant un titre ancien remis au goût du jour, allez savoir pourquoi. Peut être pour terminer le titre de l’album puisqu’il est constitué des initiales des cinq titres ! Vous suivez…? Alors je vais faire court car j’ai deux autres articles qui me prennent beaucoup de temps et d’énergie, juste dire que comme Xpectation il faut se plonger dedans, les écouter, encore et encore et la magie opère, vous verrez. C’est trés proche de « N.E.W.S » avec de réelle performances musicales. Le dernier titre est sublimé par la voix de Prince, c’est le seul où il chante, et encore une fois par un solo de guitare comme il sait si bien les faire…

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