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Sheila E « Devotion »…Part 1

21 décembre 2007

Ai-je le droit de parler de Sheila Escovedo ?Sheila…que nous autres, pauvres insectes aveuglés que nous sommes, connaissons plus simplement sous le nom de Sheila E ? Quelle vocation ai-je pour parler de cette merveilleuse musicienne, hormis la passion que j’ai pour Prince, passion qui m’a amené à découvrir cette femme de talent ? Je dirais que, comme pour Prince, certaines choses ne s’expliquent pas et n’ont pas forcément à l’être ! Bien sûr, nous avons, pour la plupart, découvert Sheila E lors de la tournée « Purple Rain », ses tenues excentriques, sa silhouette fuselée et elle a nourri plus d’un imaginaire…c’est mettre au second plan ses talents de percussionniste et de batteuse ! Oui, mais quand même…sa tenue immaculée lors de la tournée « Sign O’The Times »…(puisque j’te dis qu’elle a rien en dessous…si…si regarde bien…sur it’s gonna be a beautiful night…t’as vu…) Oh ! arrête un peu avec ça ! c’est derrière les fûts qu’elle est la plus belle !!! Bon, vous l’aurez compris, on ne peut pas parler de Sheila E :

1) sans évoquer sa période princière.

2) sans parler de sa plastique.

et

3) sans réaffirmer haut et fort que Sheila E est avant tout une musicienne accomplie !

Vous verrez qu’il y a bien des choses à dire sur elle. C’est ce que je vais essayer de faire…en gommant les aspects du point n° 2, d’abord parce que j’ai trop de respect et d’autre part parce que mon admiration pour sa beauté ne concerne que moi…

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Elle voit le jour le 12 décembre 1957 à San Francisco. Sheila Escovedo est la fille du célèbre percussionniste Pete Escovedo et de Juanita, son épouse. Elle a deux frères Juan et Peter Michael et une sœur Zina. Ses oncles Coke et Alejandro Escovedo sont également de célèbres musiciens spécialisés dans le latin/jazz.. Ses origines mélangent savamment Mexique, Afrique, Porto Rico et Antilles. Elle a commencé la musique à l’âge de 3 ans, dit la légende, et se serait produite à 5 ans, sur l’invitation de son père, sur une scène à Oackland afin de délivrer un solo. Ce passage aurait déterminé sa conviction à vivre de la musique. Sheila joue de la batterie, des percussions diverses, de la guitare et…du violon, car son père la destinait d’abord à la pratique de cet instrument.

Elle a oeuvré derrière Lionel Richie, Marvin Gaye, Herbie Hancock et Diana Ross durant ses premières années de musicienne. Elle accompagne également son père, sur scène, qui joue avec son groupe AZTECA. Elle enregistre d’ailleurs deux albums avec lui « Solo Two » et « Happy Together », albums produits par Billy Cobham en personne. Elle travaillera également à partir de là avec Georges Duke, The Crusaders, Dee Dee Bridgewater, Babyface, Stevie Wonder, Ringo Starr, Stevie Nicks, Patti LaBelle, Carlos Santana, Cindy Lauper et Tito Puente. La liste, pourtant bien achalandée, pourrait être encore plus longue…

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>Elle rencontre Prince peu avant les années 80, lors d’un concert en 1978 où elle tournait avec George Duke. Impressionné par son talent, et après avoir souhaité, en vain, qu’elle travaille avec lui tout de suite, il lui a certifié que tous deux travailleraient un jour ensemble. L’anecdote est tout de même croustillante, imaginez ! Sheila se rend à un concert de Prince parce que tout le monde ne parle plus que de lui, de sa jeunesse, de son talent, de ses prodigieuses capacités de musicien et de producteur. Elle veut le voir, elle n’en peut plus d’attendre, Prince se pointe et lui balance : « Ouah, c’est un plaisir de vous rencontrer » car elle ignore que Prince la connaît, qu’il la suit déjà, qu’il l’a vue jouer derrière George Duke et qu’il veut travailler avec elle. Plus amusant, il lui avouera qu’il se chamaille avec André Cymone pour savoir qui l’épousera !!! Il faudra tout de même attendre mars 1984 et les premières sessions du futur disque de Sheila E pour qu’ils démarrent leur fructueuse collaboration, et ce, malgré l’avis de son entourage qui estime qu’il est suicidaire pour sa carrière de s’embarquer dans l’aventure princière. C’est « Erotic city » qui va sonner « la trompette de la renommée » de la miss. Prince a enregistré le titre quelques mois auparavant et il le retravaille à Sunset Sound avec Sheila qui apporte la fraîcheur de sa voix, sur cette rythmique imparable truffée de sonorités électro. Jamais titre n’a autant symbolisé « The Prince’s Touch », ce côté hypnotisant et tribal, qui vous fait souhaiter que la musique ne s’arrête jamais. Mais je m’égare…

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« The Starr Company » (Prince, en fait…) sort l’album Sheila E in « The Glamorous life » en juin 1984. >Le boss en personne est derrière tous les titres et joue tous les instruments, sauf les percussions, sur ces titres primitivement destinés (en partie) au groupe Appolonia 6. Le morceau titre va être un énorme succès et finir n° 7 au Pop Chart. L’album sera également Disque d’or aux Etats Unis. >Autre single à succès « The Belle of St Mark ». >L’anecdote veut que Warner Bros, la maison de production de Prince et de son écurie, ne voulait pas de « The Glamorous life » en first single, lui préférant « The Belle of St Mark ». C’est à force d’opiniâtreté que Sheila E a imposé son choix et bien lui en a pris quand on connaît la carrière de ce titre. Force est de reconnaître que, dés les premières mesures, le titre est reconnaissable parmi des centaines d’autres. Des chapelets de percussions ponctuent un riff inoubliable qui font de ce titre un must dans le genre. Le succès est amplement mérité. Lors de ses derniers concerts, Prince a souvent repris ce riff si connu comme intermède entre ses titres.

« The Belle of St Mark » sera bien entendu le second single et connaîtra lui aussi un beau succès même si elle a dit qu’il aurait connu un sort identique à « The Glamorous life » si elle avait pu réaliser la vidéo qu’elle souhaitait réaliser. Malheureusement, après trois tentatives avortées pour des problèmes techniques, elle abandonnera ce projet. Sheila E attache de l’importance à ce que la vidéo raconte une histoire qui soit en lien avec le titre qu’elle a écrit (Elle pourra le réaliser pleinement avec le suivant « A love bizarre »). « The Belle of St Mark » est un titre très enlevé qui démarre avec un ensemble de percussions diverses, parsemé de touches de Linn-Drum (si chère à Prince). Le refrain est très entraînant et se retient aussitôt.

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Le reste de l’album est d’un très bon niveau même s’il y a peu de titres, 7 en comptant le remix de « Glamorous », qui au passage vous donne des fourmis dans les gambettes. « Shortberry Strawcake » est un titre comme je les adore, très funk/rock dans la rythmique, avec une guitare dont on ne sait si elle est réellement guitare ou voix. En fait c’est ma « pépite » de l’album, avec ce riff de synthé récurrent…ces solos de guitare qu’on distingue à peine…bref ! « Noon Rendezvous » est une ballade toute en mélancolie ainsi que « Next time wipe the lipstick of your collar » à qui elle ressemble assez. « Oliver’s House » est un titre joyeux et festif qui raconte par ailleurs une histoire pas très « correcte », très funky en somme…

Au final, un très bon album, mais considéré à l’époque comme une production supplémentaire du « serial lover » qu’était Prince à l’époque, sans considération pour la carrière, alors déjà longue, de Sheila E. Trop marquée (déjà !) de l’empreinte princière certainement…

Sheila E donne son premier concert solo le 5 septembre 1984 à Cleveland, d’autres suivront, à New York le 13 septembre, Minneapolis le 25 octobre. Ces concerts lui permettront de se roder en vue de la Tournée Purple Rain qui s’échelonnera sur 1984/1985. Cette tournée démarre le 4 novembre 1984 à Detroit dans le Michigan. Pendant plus de 4 mois, prés de 100 dates sold-out. Sheila E apparaîtra à de nombreuses reprises sur cette tournée, notamment sur les longs jams qui ponctuent ces concerts.

>Sheila travaille en même temps sur « Romance 1600 » pendant les touts derniers jours de 1984 et début 85. Mais ce n’est finalement que le 26 août 1985 que sort Sheila E in « Romance 1600 ». Même si le rythme effréné de boulimie productive que connaît Prince à l’époque (pratiquement huit albums en 12 mois !!!) laisse à dire que l’album est inégal, je n’ai pas cette impression et le public ne s’y est pas trompé puisque « A love bizarre » finit n° 11 au Top 100 et que le disque sera un gros succès puisque disque d’or aux U.S.

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>Le disque démarre avec un titre qui fait la part belle aux percussions de Sheila « Sister Fate », dont les « timbales » résonnent tout du long, le titre est très pop mais pour un peu on s’embarquerait vite dans des accents « santaniens ». Le second titre est déjà plus prenant, avec sa mélodie « Familyère » et sa simplicité toute relative, « Dear Michelangelo » signe clairement la rupture avec le premier disque de Sheila et indique qu’elle s’est déjà plus impliquée dans l’écriture, même si au final les titres sont attribués en quasi-totalité à Prince, ce Michel Ange est mon coup de cœur sur cet album, question de viscères…

l faut s’appeler Prince pour glisser un titre de plus 12 minutes derrière deux morceaux de durée « classique » ! C’est pourtant la durée du titre « A love bizarre » !!! Tout à l’heure je parlais d’hypnose à propos de certains titres, c’est le cas ici avec ce morceau « pur jus princier » ! Il semble qu’il soit même « anachronique » tant la place laissée à Sheila E est anecdotique. Prince chante, le titre est tout à fait « A » lui et à mon sens, c’est un sursaut d’ego, les prérogatives de « frappeuse » de Sheila étant totalement absentes. Il mériterait qu’on lui sonne les mâtines…!!! Cela dit, on ne boude pas notre plaisir (l’intro reste immortelle…) devant cette longue suite qui, à l’instar de « The Dance Electric », « Days of Wild » ou « 3121 » vous enivre à l’envi !

Guitares « érotics » chez les Schtroumpfs pour « Toy Box », un titre enlevé de l’album qui relève clairement de l’inspiration qui a présidé à des titres comme « Erotic city », « Hello » ou encore « Love or money ». Ambiance Cotton club pour « Yellow », duo Sheila/Prince qui se laisse écouter sans déplaisir ! Le morceau titre de l’album est déjà beaucoup plus intéressant avec sa rythmique syncopée et ses sonorités mi-Clavecin/mi-Bontempi façon Sonic 2. Un titre accrocheur qui embraye sans temps mort sur la véritable surprise du disque : « Merci for the speed of a mad clown in summer » le titre où tout le monde se lache à commencer par Sheila qui donne enfin libre cours à l’agilité de ses baguettes. Les autres ne sont pas en reste pour ces 2’47 de folie pure. On termine sur une ballade bien sirupeuse qui me laisse de glace…

>Début 85, contrairement à son nouvel acolyte qui boude l’initiative d’USA for Africa, Sheila E participe au single « We are the world » écrit par Jackson/Richie et produit par Quincy Jones, dans le cadre de la gigantesque opération humanitaire à destination de l’Ethiopie (Prince écrira quand même un titre pour l’album, « 4 the tears in ur eyes »…). Plus de 50 millions de dollars seront reversés aux associations humanitaires. Sheila E participe aux chœurs, mais n’a pas de ligne à chanter seule. Néanmoins, elle est aux côtés de prés de 40 artistes et pas des moindres. Elle est à l’affiche, fin 85, du film « Krush Groove » réalisé par Michael Schultz. On y retrouve également Run DMC et Kurtis « Rappin’ » Blow. Elle y interprète outre « A love bizarre » le titre « Holly rock ». Elle partira en tournée avec Lionel Richie pendant l’année 1986. Ca ne l’empêche pas de « performer » avec Prince lors de différents lives et de travailler à son troisième album.

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>Celui-ci, sobrement intitulé « Sheila E » sort le 19 février 1987. A la différence des deux premiers opus, Sheila participe activement à l’album en composant cinq des dix titres, seule, ou en compagnie d’autres musiciens.Il s’agit de « Hon E man », « Wednesday like a river », « Hold me », «Faded photographs », et « Soul salsa ». >Malheureusement ! Rapidité de sortie ? Proximité de la tournée SOTT ? Overdose de « sons princiers » ? Toujours est-il que le disque aura moins de succès que les précédents ! Personnellement je le trouve plus intéressant car plus abouti et surtout, il laisse enfin un peu de place à la demoiselle. Plus d’un titre, qu’il soit de l’un ou de l’autre, sont vraiment très bons. On commence avec « One day » qui semble pourtant ne pas avoir été écrite par Prince justement, on n’y reconnaît pas sa patte, c’est un titre pop sympa avec beaucoup de percussions et un refrain qui revient sans cesse. Impression inverse avec le second titre « Wednesday like a river » avec ce riff de guitare répétitif, ces voix qui semblent avoir été « imaginées » pour la voix d’une Jill Jones, eh bien non c’est un titre de Sheila E. Le 3ème titre, « Hold me », une ballade latin/soul très agréable, aura son petit succès puisqu’elle sortira en single et finira en bonne place dans les charts. Sheila y donne toute la mesure de sa voix, même si elle-même n’en est pas fan ! On peut être « latino » et faire du rock ! On en a la preuve avec le titre suivant « Faded Photographs », même si on a un peu l’impression de se retrouver sur la bande son de « Top Gun » ou « Dirty Dancing », c’est en fait « l’air du temps » de l’époque. Bref, c’est à partir du 5ème titre que les choses sérieuses commencent enfin, on a même l’impression que le vrai disque démarre car les six titres qui suivent sont de la pure bombe. Vous allez me dire, c’est normal y’en a quatre sur les six qui sont du roitelet ! Bon c’est vrai et après…

>Tout d’abord, un petit coucou ! « Koo Koo » mêle habilement percussions et riffs de guitare pour un rap très « robotique » qui sonne la véritable entrée en matière. Je me souviens qu’il passait en boîte à l’époque et que ça marchait fort. Démarrage en fanfare style Fête foraine (Ducasse pour les ch’tis…) pour « Pride and the passion » et, comme ça arrive souvent avec des titres princiers, les premières mesures n’emballent pas outre mesure…puis le refrain arrive, vous transporte, vous êtes déjà plus indulgents pour le couplet suivant… merde…vous chantez déjà le refrain quand il revient, le break vous séduit définitivement et là…ca y est… vous êtes conquis. Ce qui vous marque à jamais ? la dernière minute qui est proprement exceptionnelle de « groovitude ». La tuerie qui suit est mon coup de cœur de l’album, (sachez qu’il y en a toujours un sur chaque album…), le titre que vous « replayez » sans cesse parce qu’il a ce petit quelque chose de plus que les autres qui vous touche. C’est très subjectif ce que je dis et ça n’engage que moi. En tout cas les filles, « Boy’s club » ! Allez-y de ma part ! « Soul Salsa » c’est un morceau de Sheila ! Ah bon ? Merde alors ! on saurait pas le dire, comme ça, à la première écoute, bon allez, j’arrête de déconner ! laissons les racines s’exprimer ! Bon j’avoue que l’avant dernier titre « Hon E Man » a failli détroner « Boy’s club » (qui conserve la tête d’un cheveu) parce qu’il déménage sévère ! La basse est monstrueuse et les percussions sidérurgiques…du funk…du funk…le dernier titre est un pur bonheur « Love on a blue train » avec une musicalité extraordinaire. Il aurait pu avoir une belle carrière à l’instar d’un « Take me with U » …

>Bonheur (pour nous…) et Malheur (pour Sheila…) la tournée toute proche qui doit démarrer éclipse complètement la promo de l’album car tout le monde est déjà concentré sur l’événement qui, aujourd’hui encore, est considéré comme une des meilleures tournées musicales de tous les temps. En effet, la tournée « Sign O’ The Times » démarre le 8 mai 1987 et Sheila E est officiellement devenue la batteuse du groupe. Pour elle, ce doit être un aboutissement car elle n’est plus seulement participante épisodique, femme de l’ombre qui œuvre en studio avec le Maître sur des titre- phares ou tentacule supplémentaire de la Pieuvre créatrice qu’est Prince à l’époque, elle devient un élément essentiel du groupe. En effet, tenir « la caisse » pour Prince n’a jamais été laissé à des manchots, vous pouvez vérifier, les styles ont été différents mais jamais « au rabais » ! Elle apporte tout de même ce « supplément d’âme » car, et je reviens à ce dont j’avais dit éluder, pour en parler quelques secondes : quand elle quitte ses baguettes pour venir rapper…désolé Bobby…désolé Michael…désolé John…mais je vous imagine mal en fuseau blanc et capeline assortie…

Cette tournée essentiellement européenne va donner lieu à quelques uns des concerts les plus mythiques de Prince (Suède, Allemagne, Suisse, Italie, France, Pays Bas) ainsi que des aftershows d’anthologie (New Morning…). Le film « S.O.T.T » est indispensable pour ses qualités irréprochables (et au passage pour comprendre ma fascination pour elle…) et parce qu’il reste une des meilleures performances scéniques du groupe. « Not bad for a girl » croit-il bon de préciser lorsqu’il présente Sheila E en début de concert…j’ose croire que c’est ironique…oui ça l’est, il reconnaît son talent sinon elle ne l’accompagnerait pas depuis si longtemps…il ne lui jetterait pas ces regards complices…il ne l’enlacerait pas de la sorte…encore tout récemment…s’il n’y avait un petit plus entre ces deux là…mais encore une fois je m’égare…

Après cette tournée monumentale, Sheila E travaille avec Prince à son quatrième album (toujours cette productivité…) et quelques titres sont écrits comme « Scarlett Pussy » ou « Girl Power » par exemple, mais très vite il est obsédé par son futur album « Lovesexy » et Sheila, sans doute trop gentille, attendra en vain un quatrième opus. La tournée LOVESEXY démarrera le 8 juillet 1988 à Paris (!) et Sheila reprend la batterie pour ce qui est la troisième plus grosse tournée princière. Entre deux concerts, Sheila prend tout de même le temps de rejoindre son père et la « légende » Tito Puente pour le temps d’un concert, où elle revient à ses racines Latin/Jazz. Elle fait montre de tout son talent sur une vidéo « Latina Familia » qui sortira en 1989.

Les années qui vont suivre vont être moins « speed » pour Sheila qui, d’une part, s’éloigne un peu du sérail princier et d’autre part, commence à rencontrer des problèmes de santé, ce qui va mettre un peu sa carrière au ralenti. Elle continue néanmoins à œuvrer et sort l’album « Sex Cymbal » en 1991 avec l’aide importante de son petit frère Peter Michael, producteur et musicien lui aussi. Le morceau titre est un hommage non dissimulé au Maître « >Sex Cymbal » ! Rythmique funky, batteries sèches, gimmicks sonores…ou c’est tout simplement la preuve de ce qu’elle a pu lui apporter. « Funky Attitude » est lui aussi très funky, visiblement Sheila veut développer ce qu’elle avait laissé entrevoir sur l’album précédent, on a même parfois l’impression d’être sur une production Jam et Lewis pour Janet. « Cry Baby » est lui aussi d’inspiration princière et elle prouve qu’elle est aussi une excellente chanteuse. La cover de « Lady Marmalade » est plus qu’honnête, elle est originale, jazzy et funky ! Suit un solo de batterie très court « 808 Kate ». Puis « Loverboy », un autre de mes coups de Cœur, très “Janetien” comme je disais tout à l’heure. « Mother Mary » est une ballade un peu banale et convenue, « Droppin’ Like Flies » c’est l’hommage aux racines, d’un coup on bascule à Porto Rico pour « funkyser » les congas, J’adore ! « Watcha Gonna Do » et ses guitares santaniennes poursuit dans l’hommage dans une veine plus « roots », ainsi que « Private Party tu para mi » qui fait lui aussi la part belle aux percussions comme l’ensemble de l’album d’ailleurs. Autre intermède rythmé « Family Affair » puis viennent « Promise Me Love » autre ballade assez agréable par ses parties de guitare sèche et de sax et enfin « Heaven », morceau assez étrange au refrain et au rythme déstructurés. Au final un album très complet, très homogène, avec beaucoup de rythme et qui n’aura pas le succès mérité, mais ce début d’années 90 est difficile pour beaucoup d’artistes, en conflit avec leur maison de disques et en supplément s >es problèmes de santé font qu’elle se trouve écartée du devant la scène.

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>Elle reprend enfin le travail avec un groupe qu’elle fonde « The E-Train » (Charlie Sepulveda, Sequo Bunch, Bryan Linch et Joey Heredia, le nom du groupe est trouvé par Alan Leeds…), groupe avec lequel elle va tourner en Europe en 1994, mais décidément cette décennie n’a plus la ferveur et cette espèce d’excitation continuelle qui aura caractérisé les années 80. {Mais Prince ne rencontre t-il pas lui aussi les mêmes problèmes ?} Ca ne l’empêche pas, par exemple de participer aux 35ème Academy Awards aux côtés de Placido DOMINGO en 1994 ou à la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques d’été en 1996 avec Gloria Estefan, elle apparaît même comme artiste invitée sur la tournée 1999 de Jennifer LOPEZ. Ce que l’on sait peu c’est que Sheila est une artiste très demandée en tant que musicienne ou chanteuse car elle sait s’adapter à beaucoup de styles musicaux. Témoin : Avec son père, et par le biais de sa maison de productions « Heaven Productions Music » elle est chargée de l’organisation des ALMA Awards 1998 et 1999, soirée qui met à l’honneur la communauté latino aux Etats Unis. Elle dira d’ailleurs son « excitation » à relever de semblables défis. Elle aura beaucoup de mal par contre à créer se propre maison de production. Elle a déclaré, en son temps, qu’elle comprenait que certaines maisons de disques tentent de vendre de mauvaises chansons en accentuant la qualité du clip vidéo généralement associé, et qu’elle estimait que les deux devaient être liés car l’artiste travaille en général un concept qui doit se retrouver musicalement et visuellement. Elle rejoint un peu un certain Monsieur que nous connaissons dans sa critique des Grosses maisons de disques qui fabriquent des artistes en deux temps trois mouvements pour « vendre » et rien d’autre, la longévité d’un artiste n’étant plus une priorité. C’est en tout cas le changement notable qu’elle a constaté depuis qu’elle est devenue célèbre. Au passage, en 1998 elle est Directrice musicale du « groupe-maison » du show TV de Magic Johnson « The Magic Hour » dont elle co-écrit le thème musical. Cela semble d’ailleurs être le seul intérêt de ce show…

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4 commentaires sur “Sheila E « Devotion »…Part 1”

  1. ticia4ever dit :

    Bon je suis passé un peu rapidement au milieu de l’article, mais bravo , c’est un très bel article, très complet, tu viens de m’apprendre énormément sur Sheila Escovedo !
    Je n’imaginais pas à quel point sa carrière ait put être aussi vaste!
    Bravo!

    Ticia

  2. philippe dit :

    alors la, bravo Didier ; je ne peux qu’applaudir des 2 mains ces 2 articles qui me semblent très complets et dans lesquels j’ai appris quelques petits détails ignorés jusque la …
    de toutes les filles de la galaxie princière, Sheila E est celle que je préfère entre toutes ( et pourtant la concurrence est rude : Wendy & Lisa, Jill Jones, Ingrid Chavez pour ne citer que les principales ). je la trouve phénoménale à la batterie et plus encore renversante dès qu’elle se trouve aux percussions !!!
    encore bravo …

  3. Didier dit :

    C’était un peu le but de cet article : Montrer que certains artistes « associés » à un moment donné avec Prince, existent également par eux-mêmes ! Pour Sheila E c’est encore plus vrai puisqu’elle n’a pas attendu Prince pour émerger mais aussi pour durer. La meilleure preuve c’est, je pense, que c’est quasiment la seule qu’il rappelle régulièrement, à ses côtés, depuis 25 ans !
    (Si tu n’a pas eu le temps de tout lire, tu as vu que tu peux télécharger l’article…) 

  4. Didier dit :

    Merci Philippe ! 
    Je les ai voulu très complets effectivement et c’est pour ça que j’y ai passé beaucoup de temps. Je voulais surtout m’attacher à ses qualités personnelles, même si quelque part elle demeure « attachée » à Prince !
    A+

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