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André Cymone

13 juin 2008

Pourquoi parler d’André Cymone aujourd’hui allez-vous me dire ? Tout simplement parce que loin de l’agitation qui anime les fans sur les dernières sorties de Prince qui sont, certes sympathiques, mais tellement loin de nous ; parce que, toujours dans l’attente de nouveautés, tournée ? album ? il faut bien tuer le temps et en apprendre toujours et encore sur lui, je me suis posé cette question toute simple : a t-il des amis ? («comme dirait » Mikeline, je n’ai pas de problèmes avec mes amis vu que je n’en ai pas…) Je veux dire des amis proches car finalement…on en sait rien. Attention, je veux pas faire le paparazzi, après tout il fait ce qu’il veut ! C’était juste un truc qui m’avait traversé l’esprit…ça m’a donné envie quand même de fouiller un peu dans son jeune âge car en général c’est là qu’on a le plus d’amis…de copains toujours et c’est là qu’André est apparu ! andr-1

André, à la naissance ne s’appelait pas encore Cymone, mais André Simon Anderson et il est issu d’une famille de six enfants vivant à Minneapolis. André et le tout jeune Prince Rogers Nelson vont devenir amis très jeunes, d’abord parce que le père d’André est musicien comme le père de Prince et qu’ils joueront tous deux dans le même groupe, ensuite parce qu’à l’âge de 15 ans, Prince choisira d’aller vivre chez les parents d’André en raison de tensions familiales avec ses parents. Hébergé tout d’abord dans la chambre d’André, Prince va décider de déménager au sous-sol de la maison, ne supportant pas le désordre d’André. La cave de la maison Anderson va ainsi devenir l’antre de l’émergence du talent que l’on connaît aujourd’hui et André n’y est pas étranger. Jouant de la basse, Prince de la guitare, ils vont développer leurs talents respectifs et passer, selon la mère d’André, du « bruit » à quelque chose de plus sérieux. En 1972, Charles Smith, un cousin de Prince, est à l’origine de la création du groupe « GRAND CENTRAL » qui comprend outre Smith, Prince et André, la sœur d’André, Bernadette Anderson, ainsi que Terry Jackson et William Doughty. Smith était frappé par la complémentarité d’André et Prince qui se comprenaient sans se parler. Très vite, Prince va s’impliquer davantage et au départ de Smith correspond l’arrivée de Morris Day, batteur et futur leader de The Time. La scène de Minneapolis est à l’époque très effervescente et l’émulation avec les groupes Flyte Time (Jam et Lewis) ou The Family (Sonny Thompson) est plus que prometteuse. Les concerts sont fréquents, dans des petits clubs, voire le jardin des parents d’André et c’est la mère de Morris Day qui tient les cordons de la bourse. Devenu « GRAND CENTRAL andr-4 CORPORATION » le succès grandit et ce sera à cette époque, 1975, que Pepe Willie invitera Prince à des sessions de travail. Après un certain nombre d’allées et venues pour des projets toujours avortés, les compères retournent à Minneapolis. Leur groupe devenu « CHAMPAGNE » en 1977 ne rencontre pas plus de succès et Prince, qui commence à travailler de plus en plus seul, sort « For You » et a recueilli un succès d’estime. André ne participe pas à ce projet. Par contre il va apporter sa contribution au second album de Prince : « Prince »; Il y est remercié sous le vocable évocateur de « Heaven sent » c’est à dire un « envoyé du ciel » ! C’est dire l’influence qu’il a du avoir sur le travail de cet album, même si (déjà) toute la création reste exclusivement attribuée au Kid. Le groupe a été renforcé par Gayle Chapman, Doctor Fink et Dez Dickerson et le premier concert a lieu à Minneapolis en 1979. Cette époque est bouillonnante pour la petite équipe de musicos et Prince qui veut explorer d’autres pistes musicales s’ingénie, à mon sens, à diviser tout ce petit monde pour mieux asseoir son futur règne, tout en continuant à tirer les ficelles. C’est ainsi qu’il s’arrange pour ramener dans son giron Morris Day et qu’il crée  »The TIME » et c’est le moment que va choisir Cymone pour quitter le microcosme princier et entamer une carrière solo.

andr-2 En effet, lassé de ne pas trouver plus de reconnaissance pour son travail, André va quitter le groupe et plonger dans un mouvement musical qui émerge à l’époque (1981/1982) et qui est basé sur des rythmes électroniques. Cette nouvelle mouvance est baptisée « New Wave » ! Cymone signe donc chez Columbia, obtient des conditions de production trés favorables et il sort, début 82, son premier album, trés opportunément appelé « Livin in the New Wave ».

http://www.megaupload.com/?d=WBCDZS69

Ma compile reprend les extraits suivants de cet album : « Get it girl », « Kelly’s eyes », Livin’ in tne new wave », et « So fine ». Rien de transcendant mais son souhait de se démarquer de Prince est légitime et après tout « Dirty Mind » a de nombreux accents électroniques.  Le niveau est tout de même trés bon et n’oublions pas qu’à l’époque ce style de musique cartonnait dans les discothèques et sur les ondes FM. Ca et là des sonorités familières surnagent, « Kelly’s eyes » est assez sympa et rappelle un tant soit peu l’ambiance de l’album de Prince « Dirty mind ». Le problème pour André c’est que la même année, Prince sort « 1999″ avec son morceau-titre d’anthologie et une brochette de classiques reconnus encore aujourd’hui. Ca n’empêchera pas Prince de charrier André sur une face B d’un titre de The TIME avec le titre « We don’t like New Wave ».

Courant 1983, André Cymone sort un second album « Survivin’ in the 80′s » toujours dans la même veine et avec un clip à la clef, produit par le producteur de « Billie Jean » ! Néanmoins le succès est relatif et le titre est d’ailleurs prémonitoire ! Comment survivre en ce début de 80′s ? Sans vouloir accabler notre homme, il semble que le talent fasse le tri sélectif et avant l’explosion de Purple Rain, les jeux sont faits de QUI va émerger du lot de jeunes talents de la scène minneapolienne (je sais pas si ça se dit !) Le groupe s’offre néanmoins un « André Cymone US Tour » à partir de février 84 et il termine au First Avenueavec Prince dans la salle ! « Make me wanna dance » est l’archétype même de ce second album où le ton s’oriente résolument vers un funk synthétique, à la  »Brass Construction ». Voici un lien vers une petite vidéo de l’époque qui, malheureusement, met en évidence le fossé qui se creuse entre les deux amis, d’un point de vue artistique.
http://fr.youtube.com/watch?v=nQHi_UEziGM

Le charisme sur scène d’un Prince qui à ce moment là peaufine ce qui va être un veritable cataclysme musical (Purple Rain ! le disque, le film, la tournée !) tranche définitivement avec les sautillements trépignants d’André. Je ne tire pas sur l’ambulance, je cherche simplement à savoir ce qui a pu conduire deux artistes sur des chemins aussi peu identiques, en dehors du talent pur.

Il semble que les deux se soient un peu rabibochés, au point que Prince offrira ce qui, à mon sens, sera le meilleurs single d’André : « The Dance electric » ! Une espèce de clin d’oeil peut être venant du « Maître » à l’adresse d’André ! Malheureusement, le succès ne sera toujours pas au rendez-vous, même si « Lipstick Lover » est plus que sympa et « NeonPussycat » tout en énergie…… »The Dance Electric » c’est tout de même un sacré bon morceau, hypnotique à souhait et qui donne envie de l’écouter pendant des heures, un de ces morceaux comme seul Prince pouvait écrire…..

Aussi louables auront été les efforts d’André Cymone de se démarquer de son copain, force est de constater que la mayonnaise n’a pas pris. C’est à croire, d’ailleurs, qu’en dehors de l’influence pourpre, les artistes étaient voués à l’échec, sauf cas exceptionnels qui, souvent, existaient avant l’ère  princière ! Toute volonté abandonnée, André Cymone se tournera davantage vers la production d’autres artistes à partir du milieu des années 80 et pendant les années 90 (Peebles, Evelyn King,Tom Jones, Adam Ant et Jody Watley qui deviendra sa femme. Reconnu comme un créateur intéressant, Cymone continue aujourd’hui à travailler sur des projets de production…

The Dance Electric !

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10 commentaires sur “André Cymone”

  1. Chak dit :

    Merci pour cet article et la compilation. Ca permet de découvrir ou redécouvrir cette personnalité sans qui Prince ne serait peut-être pas ce qu’il est.

  2. Juniorthierry dit :

    Encore une fois, un très bon article (j’ai appris plein de choses).
    Pour rebondir sur ton questionnement (Prince a-t-il des amis ?),
    je pense qu’il se brouille et se rabiboche avec eux régulièrement.
    A cause de son ego, principalement…
    Morris Day et Jérome Benton sont toujours là,
    d’autres sont définitivement partis.
    N’oublions pas que Prince est gémeau,
    donc très indépendant par nature,
    ce qui ne facilite pas les rapports amicaux.

  3. SOPHIE dit :

    Ben voilà notre Didier qui se met à farfouiller et bing!!! Pas mal le petit CYMONE quand même, il avait du talent, c’est vrai que quand on le voit tout seul ça parait évident qu’il se soit retrouvé avec Prince! En tout cas toujours très pointue quand il s’agit de tes recherches Didier alors Merci

  4. Willy dit :

    Salut Didier,

    Très bon article, un néophyte apprendra
    bien des choses…..
    Un petit rajout, il faut savoir qu’à l’époque les ventes
    cumulées de ses albums n’atteignirent même pas 
    100 000 copies.

    André Cymone a connu ce qu’a rencontré
    la plupart des artistes/musiciens gravitant
    autour de Prince et « englué » dans le monde
    musical princier, une fois qu’ils ont voulu
    en sortir et voler de leurs propres ailes,
    leur hantise était qu’on ne dise surtout pas,
    « Il fait du Prince ».
    Ceci afin de prouver qu’il avait une légitimité
    artistique dénuée de toute influence princière.
    André Cymone s’est donc DEMARQUE
    de Prince dans ce but alors qu’il avait la
    capacité de faire ce que faisait Prince
    car l’ayant aidé.
    De plus le cas d’André est plus particulier
    car débutant avec Prince depuis le collège,
    il a vu (avec une jalousie latente obstruée)
    l’ascension de Prince à son détriment
    d’autant plus que sa contribution, évidente
    mais « voilée », a été oubliée.
    Il ne faut pas oublier que « Do me, baby » est
    une composition de Cymone…………………
    améliorée par Prince.
    De plus (en paraphrasant un citation de Flaubert)
    je dirais que Prince n’est pas un exutoire par où
    peut s’épancher la créativité un artiste voulant
    s’exprimer musicalement.

    Bonne fête de la musique

    @+

  5. ronnie talk to francia dit :

    article très intéressant, de mon côté, en considérant le côté humain de la chose, je pense que notre idole « prince » n’est pas qu’un ange, généralement on se débarrasse de son meilleur copain-rival  dans ce genre de contexte, c’est bien ce qu’a du faire prince (un peu comme Sarko et Copé par exemple), , aujourd’hui il passe pour le mec aigri qui en voulait trop voir plus que le maître….ça me semble trop facile,(mais venant de la bouche de fans princiers.. ce n’est guère étonnant) son album « Livin de New wave » coup d’essai est aussi brillant que n’importe quel disque de Prince ou de THE Time de la période funk (1978-1982) « je ne tiens pas compte de 1999 qui a pris une autre tangente(pop rock..), posons nous aussi la question: qu’aurait été prince sans ces mecs?…(eux qui l’ont fortement épaulé à ses débuts avant que ce dernier n’atteigne son apogée artistique et médiatique)

  6. Didier dit :

    Merci beaucoup pour ton passage CHAK ! Ca fait plaisir venant de quelqu’un qui sait tant de choses sur notre artiste ! Au hasard des recherches effectuées pour cet article, je me suis en effet aperçu qu’un lien musical important a du les unir à un moment donné et avoir son influence ! C’est d’autant plus regrettable qu’ils n’aient pas pu continuer de travailler ensemble. Mais on sait tous qu’il n’est pas aisé de travailler avec Prince !
    Je vais maintenant m’attaquer à un monument, Jesse Johnson !

  7. Didier dit :

    Thanks Friend ! C’est vrai que le caractère du bonhomme reste une énigme pour moi et tu as raison, il sait garder (à sa manière) des amis, Morris, Jérome, Sheila, Eric etc…là j’avais pensé au départ à une rivalité qui se serait installée qui succéderait à l’émergence de deux talents prometteurs. Ce ne fut pas le cas au final car Prince a rapidement distancé Andre ! Celui ci a du l’avoir mauvaise quand même…Va t’en te relever après ça ! En plus le seul titre qui marche vraiment c’est un titre que ton copain t’offre ! Je ne dirais qu’un mot ou plutôt deux : Bisque Rage !!!

  8. Didier dit :

    Eh oui ! je suis « Farfouilleur en chef » ! Quand j’ai commencé ce blog, c’était surtout pour parler de Prince et je me suis vite aperçu qu’il fallait aussi parler de la « galaxie princière » et j’ai commencé avec Jill Jones, puis Sheila E, maintenant Andre Cymone…ma méthode est simple, je pars à la chasse, à savoir des heures de surf pour choper toutes les infos possibles et imaginables (quelquefois c’est deux lignes…) puis « condensation » !!!…tout en respectant la chronologie ! Vient le travail de rédaction, de lecture, de re-lecture pour le résultat final (que je donne même parfois à relire à certains de mes fidèles ;-) …..) que je vous livre en pâture ! le prochain c’est Jesse Johnson…et là y’a du taf…ce sera certainement pour la rentrée ! Voilà vous savez tout !

  9. Didier dit :

    Hello Willy ! et Merci ! Ces articles se veulent justement instructifs et surtout, les témoins de ce qu’a pu être la genèse du génie princier ! Pour les ventes, j’ai pas voulu en rajouter…
    « englué » ! tu choisis très bien le terme ! l’oeuvre princière est en effet une espèce de toile d’araignée dans lesquels il a capturé bon nombre de créateurs qui se transcendaient auprès de lui ! En dehors de lui, peu ont réussi en effet !
    A mon sens, la différence se situe dans le fait que Prince a sans cesse renouvelé sa production, explorant toujours et encore, quand les autres se cognaient contre leurs propres limites. Les articles récents du magazine MUZIQ en témoignent d’une manière limpide ! (tu l’as lu ?). Bonne fête à toi aussi !

  10. Didier dit :

    Tout à fait et tu remarqueras que je mets l’accent la dessus dans mon article !

    Ceci étant, force est de constater qu’en dehors du « Maître », la plupart des gens qui ont travaillé avec Prince n’ont plus eu le même vécu, à croire quand même que c’est lui qui les fait se transcender. Que dire aussi d’un Jesse Johnson qui, pour moi, est nettement supérieur à André Cymone…
    Le coeur du problème (si c’en est un…) c’est que Prince a continué, a progressé, a bifurqué tout en restant innovant et qu’aujourd’hui il est toujours là…

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