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Trojan Horse…

31 mai 2009

Cet article était présent au départ du blog en 2006…puis il a disparu…et je l’ai retrouvé…

Vous connaissez tous la légende du Cheval de Troie, en voici une version un peu différente de celle d’Homère ou de Virgile.

En fait Troie était une petite ville prospère située sur les Côtes du Nord de la France, entre Dunkerque et Bray-Dunes, dans le Détroit des Fricadelles.

PRIAM, baptisé « Le Roi d’la Frite », y t’no eune dizaine de baraques à frites, c’est dire qu’il avo des sous…L’fils aîné, c’éto PARÎS mais tout l’monde l’appelo « tiot biloute ». Il trouvo pas d’femme, du coup il a été vire APHRODITE qui t’no un sex-shop din l’vieux Lille et elle y a dit : »t’as quà aller à Boulogne voir d’ma part HELENE, c’est eune vielle copine et c’est eune belle femme ». Tiot biloute y va à Boulogne et y voit HELENE : « Vindieu ti ! Qué feume ! » qu’y dit in l’voyant ! Seulemin, HELENE sto mariée avec MENELAS « le Roi d’la Moule » et il avo des sous étou. Mais tiot biloute y l’avo d’la r’ssource, il a dit à Hélène : « ti t’as les moules, mi j’ai les frites, on va s’faire des couilles en or tisote » et il l’a emm’né à Troie.

Tieu ! ti, MENELAS y s’a mis in rage et il a appelé s’frère AGAMEMNON qui fait del Carbonad’ Flamande in boite du côté de Coudekerque. Ni une ni deux, AGAMEMNON y dequin su Boulogne pour que MENELAS y raconte toute l’histoire. « Qué fumier c’te PRIAM » qu’y dit AGAMEMNON « attin, frère, j’m'in va y r’monter les bertelles à PARÎS, tu vas vire ! ». Du coup y va chercher s’camarade ACHILLE qu’éto toudi din les mauvais coups et zé vla partis vers Troie. Mais l’voiture a AGAMEMNON c’éto eune vieille SIMCA 1100 et y sont jamais arrivés là bas tant et si bien qu’y se sont arrêtés à Calais (y z’ont calés à Calais quoi…). El femme à ACHILLE les a r’joint car elle pouvo pas s’passer d’homme et comme ACHILLE i l’avo eune belle moustache qui pique et qu’elle aimo bin ça, y sont partis à deux.

El pov’ ACHILLE du coup il est r’tourné su Saint Omer où il est brasseur de bière in s’disant : « em’nomme i ma roulé, y z’ont qu’à s’démerder ! ». El temps a passé et un jour su l’braderie d’Lille, vla t’y pas qu’ PARÎS et MENELAS y queille nez à nez. « Rin mé m’feume ! » qu’i dit MENELAS ! « Coucouille ma tante » qu’i répond PARÎS et zé vla partis à s’battre com des chiffonniers. Comme y n’ont nin réussi à s’départager, y sont rintrés chacun d’leu côté. PRIAM il l’avo un aut’ gamin…HECTOR qui s’appelo et quand il a vu l’tiète de s’père qui re’ssemblo à un chou-fleur, il a pris s’manche de pioche et il a sté vire ACHILLE pour y faire s’n'affaire mais comme HECTOR il l’éto myope comm’ eune taupe, y s’a trompé et il a tellemin tapé fourt su l’tiète d’un copain à ACHILLE qu’il l’a toué !

ACHILLE y dit comme ça : « C’tila vindieu y va l’payer, il a buté m’camarade de régiment, j’m'inva y rinde l’monnaie de s’pièce » !  Y file à Troie et y rattrape HECTOR, il y fout un coup su s’gamelle, il l’attache à s’carette et il l’traine ainsi jusqu’à chez PRIAM. Vindieu, PRIAM y braiyo, y braiyo in disant : « Rin mé m’gamin, rin me m’gamin ! ».

Voyant ça, tiot biloute il a ses nerfs qui s’enerf, il court au cul à ACHILLE tout in prenant un tuteur à choux de Bruxelles qui traîno din l’gardin et vlan, il l’lance en plein dans l’tendon d’ACHILLE qui queille raide mourt. Du coup tout l’monde rintre à s’maison pour interrer ses gins et pour braire (et boire un coup étou…) Mais MENELAS y n’avo nin dit s’dernier mot, y rameute ses copains d’école et y dit « Mezommes, c’est nin parce qu’y sont d’min coin que j’vas nin l’z'avoir, on va faire eune descente à Troie ! ».

« A trois ? » qu’y dit ULYSSE l’meilleur copain d’MENELAS. « Mais non babache, à Troie ; d’ailleurs on y va à sept ! ».

« A Sète ? vindieu ti cé long par rapport à ichi » qu’y dit Ulysse. « Tiou, tu m’enerf ULYSSE, téche té, té vraimin un boubourse, t’aura qu’à suivre ! »,

« Oh pis non, j’ai eune aut’ idée, on va louer un bus aux Cars Valenciennois et on va l’mettre en peinture comme eune baraque à frites géante, on va s’muchi ed’din et on va yeu faire el’surprise de leu vie ! » Et c’est ainsi qu’un soir, y sont tous arrivés, MENELAS, AGAMEMNON, ULYSSE et les autres din l’bus qu’éto tout décoré. El chauffeur il a garé l’bus sur l’place du beffroi in disant qu’c'éto in cadeau du Roi d’la Moule au Roi d’la Frite. PRIAM y sa nin méfié et il a dit : « Bon on ravisera ça d’main ! » Mais din l’nuit, y se sont tous spittés du bus et y z’ont toué PRIAM et tous ses amis. Quelle affaire vousote !

PS 1 : Vous avez compris que cette histoire n’a servi à rien d’autre qu’à mettre à votre disposition l’aftershow qu’il faut avoir et que j’avais promis de mettre…

PS 2 : …néanmoins cette histoire est rigoureusement exacte dans les faits qu’elle rapporte, seules les circonstances et le langage ont changés…!

PS 3 : Lexique pour les non ch’timis étou veut dire aussi ; un verbe se terminant en « o » signifie qu’on s’exprime au passé exemple « il avo » – « il avait » ; « dequin » veut dire descend, « toudi » veut dire toujours ; « queillir » veut dire tomber ; « braiyo » du verbe braire veut dire pleurer ;  « Babache » ou « boubourse » = benêt ; « téche té » = tais toi ; « muchi » = caché ; « vire » = voir, « raviser » = regarder, « spittés » c’est sauvés dans le sens de la fuite….etc…etc…si vous ne comprenez pas certains mots ou tournures de phrases, demandez-moi !   ;-)

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2 commentaires sur “Trojan Horse…”

  1. sonia dit :

    MERCI, pour cette article qui ma bien fait rigoler,… d’autant plus que j’ai grandi à Coudekerque Branche!
    Je suis tombèe sur ton site en recherchant inlassablement un quelconque article about « The kid of Montreux » ET là… quelle ne fut pas ma surprise en lisant ton article formidablement écrit,impeccable, c’est simple j’avais l’impression d’Etre à Montreux ce fameux soir.Merci et Continue à nous faire partager cette passion commune oh! combien justifiée!je te le concède…

  2. Didier dit :

    Hello et Merci Sonia !
    Euh…j’ai rien contre Coudekerque hein ;-) c’est juste que la sonorité me plaisait…

    Merci pour tes compliments…c’est vrai que j’ai voulu retranscrire les « émois » d’un passionné de l’artiste pour tenter de les faire ressentir aux malheureux qui n’ont pas pu en être !! Continuer à écrire, ça c’est sûr…chaque fois je me dis que je n’aurais plus rien à dire…et chaque fois c’est pareil…
    A bientôt…peut être à Paris !

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