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Si j’étais Robinson…

Jeudi 31 juillet 2008

…et que je sois naufragé sur une île déserte…
…et à la condition que Vendredi ait les formes pulpeuses à souhait d’une Monica ou d’une Laetitia… laetitia-casta-47
…mais également que l’île soit équipée d’une mini centrale nucléaire destinée à me fournir l’électricité nécessaire…
…j’emménerais bien ce qu’il est convenu d’appeler « ce qu’on emmènerait sur une île déserte » !!!

Après je me suis dit, pour que ça fasse sérieux, faut que ça soit difficile à mettre au point ! A savoir, faut que tu te creuses la tête pour que CE que tu emmènes, te comble pour le restant de tes jours. Ben ouais, une île déserte c’est une île déserte…même avec « Vendredite » pour combler tes siestes crapuleuses (oui…je l’ai appelé Vendredite parce que j’ai remarqué que tous les jours de la semaine sont masculins…), car à part la chasse à l’oursin pourpre ou la pêche à la Raie bouclée, tu risques de t’ennuyer ferme ! 033

(Petit intermède pour préciser que je parle de ce que j’emmènerais en termes de musique de Prince, mais vous l’aviez compris je suppose !)

Donc…d’abord on limite à 20 titres…déjà là…ça calme car en magasin on doit pas être loin des 7 à 800 titres disponibles !
J’avais ensuite le choix du thème…ou ce serait la compile « Best-of » avec les classiques « Kiss », « Purple Rain », « Cream » ou encore « Little Red Corvette », mais bon, faut avouer qu’à force, et même si on les écoute encore avec plaisir, « ça lasse », comme dirait Vendredite quand je la regarde !…
Ou les compiles par thème… »FUNK » avec « Push », « Race » ou « 1+1+1 is3″, pour faire la Teuf avec…euh…avec…euh…personne, t’es sur une île déserte boubourse…de toute façon, comme t’es à plat à cause de Vendredite qu’est insatiable, tu pourrais pas faire la fête (je rappelle que c’est une vue de l’esprit…) !
Ou un thème « ROMANCE » avec  »When 2 R in  love » ou « The most beautiful girl in the world » pour calmer un peu la mignonne…ouais, mais en même temps, côté romance, et même si la aussi y’a du trés bon, c’est pas la raison principale qui t’a fait aimer Prince…
…ni son engagement citoyen, pour une compile « POLITIC » avec « Sign O’ the times » ou « Resolution », c’est quoi qui te fait aimer Prince ? Hein ??

l_2561bdc7d1a3a2ac516b77a647e77867 …Après intense et mûre réflexion, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il me fallait retenir les titres qui à chaque fois, soit me filent la chair de poule, soit me ramènent ostensiblement à la même conclusion : « C’est pour ça que j’aime ce type » ! Alors vous imaginez bien que dans ces deux catégories j’en suis vite arrivé à 50 titres de chaque côté ! Il a donc fallu, tel un boucher de Belleville, « tailler dans le beefsteack » ! Quel crève-coeur !
Enlever celui-ci…je ne le puis !
Zapper celui-là…je ne peux pas !
Cuilà c’est certain…je ne peux point !
Et pourtant ce fût fait, tel Frodon Sacquet, j’ai trouvé mon « précieux », mes 20 titres « Ever ». Je dis MES ! Sûr que certains vont trouver à redire, trouvant celui là inutile et le remplaçant par celui là, tellement meilleur…mais c’est mon blog et je fais ce que je veux…na na nèreu ! Non, plus sérieusement, je vais quand même expliquer (ou peut être pas…) mes choix,  comme ça, ça va vous donner de la lecture…
Ils sont classés le plus simplement du monde, c’est à dire, par ordre chronologique, j’allais pas en plus faire un classement, c’est les vacances quand même…

Crazy you (album « For You »/1978)Pourquoi ? Parce que le petit côté « carioca » de ce mini titre m’a toujours fait fondre, avec sa guitare « auriverde », ses percussions comme autant de gouttes d’eau tombant autour de vos oreilles et cette mélodie toute simple ! …Et parce qu’il dit qu’il est « un pauvre fou perdu dans un monde d’amour ! » On y sent toute la puissance « mélodique » de l’artiste, puissance qui donnera ses plus belles chansons, celles qu’on peut fredonner sans soucis…celles qui font « référence »…celles qu’on ne peut pas ne pas aimer comme « Raspberry Beret » ou « Sometimes it snows in april ».
Uptown (Album « Dirty Mind »/1980)Pourquoi ? Parce que pour moi c’est le mix parfait de CE qui a fait les quatre premiers albums de Prince, ce mélange funk/rock qui certes reviendra régulièrement par la suite, mais là tout y est, la rythmique, les accroches sonores, la voix et le texte, espèce de manifeste anti-bourgeois mais dont on voudrait bien fréquenter l’univers tout de même ! Prince invente la musique « grise » et rappelle surtout qu’elle est universelle, il n’y a pas de musique « de blanc » ni de musique « de noir » ! l_bf2996a77ea9eab83cbf3e031f917b04

Automatic (Album « 1999″/1982)
Pourquoi ? Déjà, quasi 10 minutes pour un titre c’est notable ! Si en plus, le titre est littéralement hypnotisant et ce, dés les premières secondes, si vous sentez les prémisses des dérives « camiliennes » futures, si vous succombez à ce gimmick synthétique répétitif, vous aimez…c’est A.U.T.O.MATIC ! Les trois dernières minutes sont complètement délirantes avec un Prince délivrant des solos provoquant râles et soupirs…douleurs ou extases…à vous de choisir…moi j’ai choisi (mais j’avoue que Vendredite m’a un peu forcé la main…)

I would die for U (Album « Purple Rain »/1984)
Pourquoi ? Parce que cette chanson est inclassable, c’est un genre à elle toute seule, on dirait que chaque instrument a été enregistré séparément, sans  cohérence,  qu’on a tout mélangé et que la magie a opèré. Les versions du Purple Rain Tour sont démentes…et puis le texte, mes amis, le texte : « Je mourrais pour toi, si tu me veux aussi, je mourrais pour toi » C’est pas une belle déclaration ça ! C’est pour des titres comme ça que j’aime Prince et que je le place au dessus des autres, il a été touché par « autre chose » pour créér une oeuvre aussi évidente !

America (Album « Around the world in a day »/1985)Pourquoi ? Forcément on a tous été marqué par la version longue..mais ces moins de quatre minutes révèlent une urgence qu’on ressent intensément, un peu comme si le titre se devait d’être rapide pour égrener le plus vite possible cette charge contre « l’American way of life ». Cette charge peut sembler bon enfant mais il fait quand même l’apologie d’une « certaine » anarchie ! Musicalement, c’est le top, la Linn drum martèle un rythme tribal, véritable transe musicale, la guitare singe et moque l’hymne national et la basse entame un ballet endiablé ! Rien à dire ! Un must !!

l_b1482b16d0567ab09eee5846973fa172 Girls and boys (Album « Parade »/1986)Pourquoi ? Certainement parce que cet album a bercé un certain été qui m’a marqué plus que les autres ! La K7 audio, à l’époque, fût usée jusqu’à devenir l’ombre d’elle même ! Il faut dire que cet album a, je pense, planté la graine de l’addiction qui allait suivre. Est-ce le saxo d’Eric LEEDS, tout en « gravitude » qui me fait préférer ce titre aux autres ? Ou les paroles « en français dans le texte » qui m’ont séduit par leur érotisme assumé ? Ou ces petites « clochettes » qui rythment le titre d’un bout à l’autre ? Eye don’t know !!!

If I was ur girlfriend (Album « Sign O’ The Times »/1987)- Pourquoi ? Que voulez-vous que je dise sur cette chanson ? Quand je parlais de chair de poule….cette mélodie toute de mélancolie lumineuse….sa façon de dire « Please »….et ce texte sur l’omnipotence du « Si… », mais aussi sur l’ambivalence des êtres (pas étonnant que ce soit « Camille » qui chante…) J ‘ai dit que je faisais pas de classement mais celle là serait sans doutes sur le podium !

Anna Stesia (Album « Lovesexy »/1988)Pourquoi ? Je vais pas redire ce qui a été dit
The question of U
(Album « Graffiti Bridge »/1990)- Pourquoi ? D’abord pour la musique, sorte de « non-blues » bluesy, la guitare, le clavecin final…titre vraiment atypique ! Mais surtout pour le texte…court mais limpide (et parfait pour la méditation sur une île déserte…). Spéciale dédicace ;-)

Donc quelle est la réponse à tes interrogations ?
Que dois-je chercher ? Que dois-je faire ?
Quelle route dois-je prendre quandje me sens perdu ?
Si je vends mon âme, combien coûtera-t-elle maintenant ?
Dois-je devenir transparent ? Sans reflets ?
Dois-je rester droit ? Ou tomber et ramper ?
Toutes les questions dans ma vie trouveront leurs réponses
Quand je déciderai quelle route choisir
Quelle est la réponse à tes interrogations ?

(traduction libre et perso, donc sujette à caution…)

Joy in repetition (Album « Graffiti Bridge »/1990)Pourquoi ? Pour le minimalisme du titre ! Quelques percussions…un synthé lointain…des bribes de guitare…un rap lancinant et pour finir un solo « assourdi » presque inaudible de près de deux minutes dont la vélocité inspirée trouvera, en live, matière à tutoyer les portes du Paradis ! Rien de moins !!! et quand je dis Paradis la version de l’aftershow du 9 avril 2002 à New York City est proprement stratosphérique…! Tout ça pour deux mots… l_40e0d3120165ae1873a8d25ad1790e99

Letitgo (Album « Come »/1994)Pourquoi ? car ce titre est une Somme ! Mélodie « gratte-coeur »…bridges inspirés…solis desespérés…et un texte sur le doute, la clairvoyance, la résolution, et le lâcher-prise qui me touchent beaucoup. Oui, Prince est auteur aussi, pas seulement compositeur !!!

Shhh (Album « The Gold Experience »/1995)Pourquoi ? PASSEQUE ! Voilà ! Rien à dire ! je voudrais mourir avec ce son dans les oreilles !! (oui, le soleil commence à me taper sur le crâne…)

The Ride (Album « Crystal Ball »/19??)Pourquoi ? Tout a été dit (même si ça a donné lieu à une mini-polémique ;-) )

Dreamin’ about U (Album « Emancipation »/1996)Pourquoi ? Oui je fais plus dans le mineur que dans le majeur…je m’en rends compte au fur et à mesure que j’écris cet article mais qu’y faire ! encore une mélodie qui me donne le frisson, encore la simplicité quand elle se veut efficace et encore un texte au diapason, sur le rêve, le fantasme, l’envie…! Et certains ont le culot de me demander pourquoi j’aime Prince…

The One (Album « New Power Soul »/1998)Pourquoi ? Pourquoi Diable ecrit-il des chansons pareilles ? Il l’a écrite pour quelqu’un ! ancienne ? nouvelle ? va savoir ! C’est en tout cas une de ses plus belles déclarations. Que ne ferait-on par amour ? il reste quand même la source d’inspiration suprême ! Quand à la musique…, comment ne pas succomber à cette rythmique envoûtante et lancinante, aux nappes de cordes qui tissent une loveweb si agréable, et à ce mix de quelques instruments presque disparates créant une harmonie aussi parfaite. J’écouterai ce titre des heures…

l_ab3d46f5ad9407aefd470843d5bcbaa3 The Sun the moon and the stars (Album « Rave Un2 the Joy Fantastic »/1999)Pourquoi ? Je sais pas ! Question de tempo certainement…Y’a tant de choses qu’on n’est pas forcément obligé d’expliquer…hein…?…si !…euh…c’est la seule chanson de Prince que je sais jouer ! Si..Si ! Je fais trés bien le claquement de doigts ;-) ….ou peut être un petit côté « midinette » qui me fait aimer ce titre un peu léger il est vrai…mais quand on aime on ne compte pas !

The sensual everafter (Album « The Rainbow Children »/2001)Pourquoi ? Vous allez dire que c’est bête…ou que c’est l’âge…mais à 2′ 15…je ne peux empêcher les larmes de monter…

Avalanche (Album « One Nite Alone studio »/2001)Pourquoi ? Que dire ? une mélodie parfaite pour un piano quasi mystique ! Une voix cristaline qui vous prend les tripes ! un texte trés fort sur l’intolérance, l’injustice, la liberté et la Responsabilité des actes de chacun ! Et les colombes de la Paix qui ont bien du mal à se faire entendre…

l_3948792e118909ea6914bb9fe83ec4c9 Dear Mr Man (Album « Musicology »/2004)
- Pourquoi ? Tout à l’heure je parlais de politique..J’aime bien quand Prince se la joue Arlette ou Olivier…là il déglingue à tout va : société, dirigeants politiques, discours politiques, Environnement, Pauvreté, Maladie, etc…mais c’est pas ça qui me plaît en priorité, ce petit discours « anarchisant » (encore…) est bien écrit mais finalement peu entendu…dommage…
…par contre, musicalement le côté jazzy m’a tout de suite subjugué par sa « musicalité » et le titre a une grâce et une beauté naturelles !


The Dance
(Album « 3121″/2006)Pourquoi ? La première fois que j’ai entendu ce titre, je n’ai pas cru qu’il était de Prince. Puis le titre m’a rappelé quelque chose…un inédit sorti au moment du NPG MusicClub…mais là cette version m’a complètement emporté. Cette chanson sur l’attirance et le refus, ce fond de bossa nova des années 30…
…et vous vous voyez, seul au monde…
…aux bras de la femme rêvée…
…sous les cristals d’une salle de bal de Valparaiso..
…lui déclarant ces mots enflammés :

« Je ne veux pas te donner mon amour
Car je ne veux pas perdre la tête
Je ne veux pas te donner mon amour
Car si je le fais ce sera la dernière fois « 

et cette montée en puissance d’un Prince « 25yearsless » vous donne le sentiment d’être ailleurs….Je me suis rendu compte que cette liste était assez orientée tout de même…cet homme est tout de même obsédé par l’amour quand on y regarde bien…en recherche d’amour je dirais même… l_76d07de81afa920215af7f85ab441328

C’est surtout pour les jeunots…ou ceux qui découvrent…ou ceux qui rattrapent !!!

Ou pour les spécialistes qui veulent une compile sympa pour partir en vacances ! C’est ce que je vais faire d’ailleurs, vous laisser une quinzaine et…ne rien foutre ;-)

A la rentrée j’essaierais de parler de Jesse Johnson !

Bonnes Vacances !

Planet Earth

Lundi 30 juillet 2007

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NON !!!…………………..Je ne dirais rien sur Planet Earth…………………… tant que je n’aurais pas le CD entre les mains…………………je n’ai rien téléchargé……………..je n’ai rien écouté hormis le single « Guitar » qu’il était difficile d’éviter……..en même temps c’était le titre de lancement…mais même sur lui je ne dirais rien.…….…Après le 23 juillet…normalement…
le 23 juillet c’est aujourd’hui et CA Y EST…le facteur vient de passer et de me déposer l’objet tant attendu. Vous me direz ce que vous voulez mais rien ne vaut cette fébrilité qui s’est emparé de moi, le coeur qui bat un chouïa plus vite (et merde je m’suis coupé en ouvrant cette saloperie de cellophane…véridique !!!). Vite un pansement et je déballe enfin la chose. Une pochette qui fait zip zip comme les images dans les Vache qui Rit d’antan…j’ouvre et je le découvre…il est magnifique…assumant pleinement sa singularité, pantalon-bustier  cintré en cuir, chemise rouge passion col pelle à tartes, pilosité pectorale en avant, accessoires (pendentif symbol et retour de l’oreillette NPS). La galette est là aussi (heureusement…lol) et l’Afrique est mise en évidence ! Voilà, maintenant je pars pour au moins trois jours d’écoute. Rendez-vous certainement le WE prochain pour un premier avis !
Le 30 juillet 2007, je rends ma copie…Bonne lecture !
PLANET EARTH

Parce qu’on ne peut pas appréhender l’œuvre d’un artiste sur une seule écoute rapide de fichiers M(aousse)P(ourris)3…
Parce que le respect dû à l’artiste m’oblige à un peu de patience et à consacrer un peu de mon temps à essayer d’avoir un avis objectif sur dix titres qu’il a peut être travaillé et retravaillé des dizaines de fois (pour certains)…
Parce que depuis ce 23 juillet, j’écoute cet album pour en saisir toutes les nuances, pour en dire des choses réfléchies ; et que chaque jour me plonge davantage dans cette réflexion ; et que décidément je ne peux me résoudre à faire quelque chose de rapide…
Parce que Prince ne fera jamais rien d’autre que DU Prince, et qu’il ne faut plus s’attendre à autre chose, après tout vous demandez toujours un beefsteak bien tendre à votre boucher, quand je dis DU Prince, je veux dire une chose que vous n’attendiez pas, qui vous surprend et fait débat.…
Parce que, enfin, à presque 50 ans, je ne suis pas dans le trip actuel de la consommation rapide et insipide, de l’élimination organisée et de l’illusion musicale…
Ah ! Il reste un « parce que » ! Parce que, donc, je n’ai aucune raison de ne pas être partial et de ne pas dire du bien, si je le ressens, sur un artiste que j’aime depuis près de 25 ans… ! …Même s’il ne révolutionne pas la musique actuelle avec son nouvel opus ! Néanmoins, voici mon décryptage de l’œuvre avec toute la partialité qui me caractérise, avec comme d’habitude une grosse dose d’interprétation et aussi (c’est l’essentiel…) toute la passion que j’ai pour lui ! (et avec un nuage de naïveté aussi je le sais…)

Planet Earth

Si vous regardez la discographie princière à la loupe, vous vous apercevrez qu’il démarre rarement un album avec un titre de cet acabit, habituellement, c’est la claque d’entrée (Controversy, 1999, ou 3121) ! C’est classique, il nous balance normalement un titre qui « envoie » et pas forcément un titre « concerné » (hormis S.O.T.T…) ; « fédérateur » il l’est tout de même, dans le thème qu’il aborde. Ode à la planète Terre et message pour ses habitants, ce titre démarre par quelques notes de piano égrenées comme dans une chanson enfantine (mais style Stephen King) pour enchaîner sur l’hymne princier dans toute sa puissance, un peu lourde parfois, mais tellement prenante. On pense (sans comparer hein !) à « Kashmir » de Led Zep ou « The show must go on » de Queen. Un titre improbable aujourd’hui et qu’il fait pourtant. Le texte, après une entrée en matière sur la fragilité de notre monde (…dans le creux de ta main…) aborde ensuite d’autres problèmes planétaires surtout humains et finalement pas seulement environnementaux. Soudain en milieu de titre, un break tout en légèreté vous ramène soudain à la réalité de notre monde et à son insouciance vis à vis de ces (nos) problèmes. On se croirait presque dans une pub « DIM » ou dans le « Could it be magic » de Donna Summer. J’y vois le signe d’une mise en garde sur l’attitude de l’homme et sa manière à lui d’attirer notre attention sur ce qu’il a dit auparavant, sur notre conscience qui doit aujourd’hui être planétaire et non plus réduite à notre seul lieu de vie mais également sur le fossé et l’injustice qui existent entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas.
Il termine sur la guerre, celle, inutile (elles le sont toutes…), qui mine encore quelques pays aujourd’hui, celle qu’on voit à la télé entre un clip vidéo et une émission de télé-réalité, celle qui fait des milliers de malheureux résignés sur leur sort, finalement celle avec laquelle nous sommes contraints de co-exister car je crains qu’elle ne soit inhérente à l’homme… nous ne sommes pas encore suffisamment évolués pour la bannir totalement. La preuve, ça n’est finalement qu’une chanson et sa guitare nous rappelle qu’il est aux manettes…le solo final est stratosphérique, tout en puissance délivrée d’un seul coup, comme un orgasme « protestataire » qui éclabousserait ceux qu’il dénonce et qu’il menace aussi quelque part. L’écho de guitare final ressemble d’ailleurs furieusement à un message de prévention des foudres divines. Le coup d’gueule de l’album à coup sûr, coup d’gueule un peu naïf et tardif (comme tout l’monde d’ailleurs) mais mieux vaut tard que jamais ! J’aime ce titre pour sa grandeur un peu « kitsch » et pour le message qu’il délivre, après tout il faut bien vendre aussi et utiliser les thèmes à la mode n’a rien de racoleur si ça peut faire avancer les choses. On ne peut pas lui en vouloir pour ça. En plus on sait tous (nous…) que Prince a toujours aidé les autres, souvent sans que cela se sache publiquement d’ailleurs ! NUMERO 6

Guitar

De la même manière qu’il faisait succéder « Get on the boat » à « The Dance » sur 3121, il nous fait passer brusquement d’une sensation à une autre en moins de 2 secondes (je déteste ça…). Je me suis longtemps demandé pourquoi il reprenait « Johnny B good » à Vegas et c’est seulement en ré-écoutant la version album que la lumière fût. Chuck Berry et Muddy Waters sont venus hanter ses nuits et lui souffler les notes qu’il devait aligner pour écrire ce titre. On est dans les fondements mêmes du Rock’n roll et partant, du blues, avec la simplicité (toute relative) de l’alignement de trois accords. Cette version est dix fois meilleure que la version « salle de bains » ayant circulé il y a quelques mois. Car plaquer trois accords c’est une chose, en faire une « rengaine » qui ne vous sort plus de la tête, c’est autre chose et ça il sait faire. C’est le genre de morceau qu’il faut absolument écouter un matin où vous vous êtes levé sans envie, parce que vous devez le faire même si le cœur n’y est pas. Cette chanson c’est un anti-dépresseur sans « contre-indications », sans « effets non souhaités ou gênants », sans « effets indésirables » hormis le fait que vous avez l’air d’un babache à chanter tout seul dans votre voiture. Bref ! c’est le « hit » de l’album ! La guitare est électrique à souhait, LES guitares devrais-je dire (Merci Wendy…), la descente d’accord est imparable, les solis sont parfaits de simplicité et d’efficacité, rien à dire ce titre est un must et doit le réconcilier les nostalgiques des années 80 ;-)
Côté texte, il nous fait son Carlos qui « pré-fère man-ger à la cantineuhhh ». Au moins on comprend aujourd’hui pourquoi il ne parvient pas à rester avec la même femme très longtemps, c’est qu’à chaque fois il doit répondre à l’appel de la guitare qui telle une sirène de Capri séduisant enfin Ulysse, le ramène vers ses six cordes si tentantes. Dés le premier appel d’ailleurs, il ne se pose pas de questions et plante sa copine au pied du club. « Demerde toi, si tu veux boire demande à quelqu’un….faut pas trop te la jouer surtout quand on fait c’que tu fais…faut pas te la raconter non plus sur notre relation…bref si t’es pas contente casse toi ! » Cette chanson est un monument de muflerie et de goujaterie et j’ose espérer que c’est du 2ème degré mais on ne sait jamais avec lui, il aime tellement sa guitare (c’est d’abord « MA guitare », puis « CETTE guitare » pour finir sur «Bon tu connais la suite », l’air de dire « tu m’fais suer t’as pas encore compris ! ») et après tout, la guitare n’évoque t-elle pas les courbes rebondies d’un corps féminin, il est peut être fétichiste…qui sait ? Nan je rigole, un mec qui a écrit « The one » ne peut pas être le gros macho qu’il dépeint, quoique…quoique… NUMERO 5

Somewhere here on earth

Véritable déclaration d’amour qui rompt avec l’image laissée par Guitar, ce titre est la perle de l’album, j’ai pas dit ma préférée hein, mais nul ne peut rester insensible, non seulement au texte qui est simple et sincère pour le coup, mais surtout au thème musical. Les craquements vinyliques « seventies » plantent le décor d’un slow calibré au micron. Attention pas le slow baveux et sirupeux des fins de bal de sapeur-pompiers, non…le slow classe et scintillant, laissant comme une sensation de nostalgie bien agréable. Les nappes de flûte, la trompette bouchée, les cumulus de cordes et les touches délicates de piano tissent une toile de douceur et de sensualité ; le dédoublement jazzy de batterie vous arrache un petit sourire car décidément il est trop fort. J’y vois aussi un « manifeste » qui nous informe que : « Voilà c’est ça le Prince du 21ème siècle, voilà ce que j’ai envie de faire aujourd’hui ! » Tout à l’heure j’évoquais une image bouchère pour dire qu’il ne fera jamais que du Prince, ça ne veut pas dire qu’il doit toujours faire la même chose, c’est comme si vous vouliez cinq enfants identiques, la richesse naît de la diversité.
Par dessus tout, ce qui me marque dans cette chanson, c’est quand même la voix. On en parle jamais assez d’ailleurs à mon goût. Et dans ce titre, il laisse toute son émotion circuler à travers ses cordes vocales, on se remémore ses premières chansons et sa voix si pure et si cristalline. Trente ans plus tard, elle est toujours là, un tout petit peu plus grave, mais si peu, et toujours aussi « frissonisante ». Par instants, on se laisse aller à discerner des accents de Nina Simone, voire d’Eartha Kitt quand la voix se fait plus granuleuse mais la seconde d’après il retrouve toute sa luminosité. Presque six minutes ? déjà finie ? oh non….replay…! NUMERO 3

The one U wanna C

Putain je viens de faire un bond de 27 ans en arrière…1980…sortie de Dirty Mind et sur l’album une pépite pop « When you were mine » qui (déjà ) nous fait faire un grand écart avec le titre précédent. Quatrième chanson, quatrième style ; mince il a décidé de nous faire la grande parade des styles musicaux. Il a surtout décidé de faire très commercial sur ce coup là, car ce titre est parfait pour un second single. Au bout de trente secondes vous avez chopé la mélodie, vous chantez la chanson comme si vous la connaissiez depuis vingt ans. Les guitares sonnent très seventies et pour un peu on singerait Travolta dans Pulp Fiction, « deux doigts coupe-faim » devant les yeux ou l’on se fendrait d’une choré « chute dans la piscine », pantalon pattes d’eph’ aux fesses et chemise col « pelle à tartes » largement ouverte sur deux ou trois colliers plaqué or…la ligne de basse est mortelle et les couplets s’enchaînent à vitesse grand V. Même la voix a les petits « gazouillements » des rockers des années 60. Côté paroles, on est dans la plus pure des leçons de séduction « Prince’s Mode ». Après le macho de Guitar, le Valentino de Somewhere…, voici Casanova, le mec sûr de lui qu’à rien à faire, qu’a juste à « représenter »  ! d’accord t’es le seul qu’elle veuille voir mais fais gaffe quand même, les filles d’aujourd’hui se laissent plus forcément prendre à ce petit jeu. A relire encore le texte, je crois qu’il a du bien s’amuser sur ce titre… NUMERO 7

Future Baby Mama

Premier coup de cœur avec cette « future petite mère ». Rythmique « Fé’Linn » et sonorités princières arrivent en force et toutes en délicatesses. Petites poussées de synthé chaloupées, puis descentes d’accord de guitare acoustique, tout est dit nous sommes dans le diamant, y’a plus qu’à tailler ! Refrain quasi monocorde mais ô combien séduisant… « Ma’Linn » cette chanson ! Impossible de décrire l’assemblage de sons et de trouvailles qui tissent ce must-listen ! On entend parler beaucoup aujourd’hui en France de « AIRENBILLE » à propos de tout et de rien, à croire que cette étiquette débarquée d’on ne sait où un beau matin doit absolument qualifier tout ce qui a un rythme un tantinet soul/funk. Sauf que la plupart de ce qui sort sont, au mieux des resucées de vieux standards, au pire des merdes infâmes (ça va, je sais y’a des exceptions). Vous voulez une leçon de « soul et de rythm’blues », les vrais, ne cherchez plus, cette chanson en est l’archétype. Elle « ca’Linn » aussi la bougresse, difficile de ne pas s’imaginer ailleurs…aux bras d’une jolie fille « fé’Linn » et langoureuse…sur le front de mer d’une ville sud-américaine…les yeux dans les yeux…lui susurrer des mots d’amour et l’emmener dans une décapotable…au son de cette merveille…et jusqu’au bout de la nuit… Bon, ça va on a le droit de fantasmer un peu non… on peut, l’espace d’un instant s’imaginer en Cary Grant enlaçant une Grâce Kelly sur la Riviera ? Non…!!! En fait lui, il est plus dans le rôle de celui qui connaît tout, qui a beaucoup vécu et qui est en mesure de donner les rudiments de la vie à deux. Donc il joue le mec bien, qui tape pas sa femme, qui est attentif, serviable, aux p’tits soins, bon père et tout…et tout. Mais on est tous comme ça cher ami, « C’LINN », j’en suis sûr. Bon je maintiens, premier coup de cœur qui va être dans le peloton de tête. NUMERO 2

Mr GOODNIGHT
Deux secondes et un délicat frisson me parcourt l’échine, une sonorité particulière évoque tout de suite un titre qui pour moi est un des sommets dans la carrière de Prince, je veux parler de « If I was Ur girlfriend ». Mais ça dure peu…peu importe, le mal est fait ! Je ne chercherais pas à vous expliquer pourquoi, car il y a des choses (quand même) qu’on ne peut pas ou qu’il ne faut pas expliquer ! C’est MON titre de l’album, celui que je peux écouter 20 fois de suite. Je ne dis pas que c’est le meilleur, je sais même que certains vont me dire que je suis à côté de mes pompes, mais rien n’y fera, marqué à vie je suis ! Pour moi tout est parfait, rythmique, musicalité, voix et surtout le plus dans un classique princier, c’est ce petit « truc » qui fait la différence et qui personnellement me convainc à chaque fois. Là c’est pas grand chose encore, trois notes de xylophone je crois (?) qui reviennent régulièrement ponctuer le « soft rap » de Prince. Comme quoi la passion peut tenir à presque rien. Ne cherchez pas à me dissuader, si vous me connaissiez bien, vous sauriez que je suis plus têtu qu’un mule !!!A part ça, ce « marchand de sable » érotique, car il s’agit bien de cela, s’égare à nouveau sur le chemin de la séduction. Le refrain est clair, « si tu ne trouves pas le sommeil ou si tu te sens mal, appelle moi, on va régler ça et tu m’en diras des nouvelles et en plus tu vas devoir partager car tu ne pourras pas le cacher aux autres filles ». Il est décidément assez macho quand même et passe allègrement de l’admiration sans bornes à une sorte de supériorité intrinsèque. Bon c’est vrai les femmes ne savent pas non plus toujours ce qu’elles veulent, c’est peut être lui qui a raison, lui qui distille des doses de ces attitudes si différentes quand c’est nécessaire (ou quand ça lui chante…). J’avais déjà remarqué ça dans le clip de « Sexy MF » : « you, you and you…comin’ » comparé à « The most beautiful girl in the word », cette alternance de respect inconditionnel et de « mâlitude » assumée. Mais il aime aussi le fantasme et son couplet sur l’épisode de l’hôtel aurait pu s’inscrire dans « Future Baby Mama »… et il prépare la soirée de sa vie, lui que tout le monde appelle Prince mais qu’elle peut appeler « Monsieur Bonne Nuit ». La star aurait-elle décidé de payer de sa personne avec sa nouvelle petite amie…la fin de la chanson est sans équivoques et c’est un pied de nez (involontaire ?) à ceux qui critiquent ses préférences religieuses actuelles qu’il ne faut en aucun cas comparer à ce que vous pouvez éprouver par rapport à la situation en France mais j’en reparlerais ! En tout cas, vous l’avez compris et c’est inscrit dans le marbre, NUMERO 1

All the midnights in the world

Que disais-je déjà ? « lui qui distille des doses de ces attitudes si différentes » Boum ! Voilà une jolie déclaration « d’amour toujours, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Bon, y’a toujours un titre qui passe pas trop sur un disque de Prince et celui là a une belle tête de vainqueur. Ca fait assez chanson « feu de camp scout » ou « retraite spirituelle avec Hugues Aufray » et j’aime pas (2’21 heureusement …). Tout juste peut-on sauver la voix et ses changements de registre certainement pas évidents mais c’est tout ! Là aussi, pas de retour possible, désolé…! NUMERO 10

Chelsea Rodgers

Madre de dios ! Vite je dois ressortir mon sac Auchan. Eh oui, il y a 25 ans quand j’écumais les boîtes de nuit de mon coin avec les potes, « costard croisé et Rose Royce’n the car », on avait coutume d’avoir un sac Auchan dans la voiture pour les soirs de pluie, bin oui dans l’Nord y pleut souvent ! Et nos brushes ne pouvaient supporter la moindre goutte de pluie…Tout ça est dans cette chanson, les fantômes défilent devant mes yeux tristes pour toujours. Ou sont-ils ? Rose Royce, Gapband, Fat Larry’s Band, BarKays, Cameo, Kool and the Gang, One Way, Chic…arrête tu te fais du mal, en plus tu vas devenir méchant et outrancier comme d’habitude, j’te connais, tu vas encore dire que la musique de danse d’aujourd’hui n’est rien d’autre que de la M…en pain d’1 kg, allez reviens à ton sujet ! Sorte de « Ska/Funk » réchauffé dans un roux de Rodgers/Edwards, Chelsea Rodgers c’est le titre consensuel de l’album, celui qui va réunir tout l’monde « on the dancefloor » et c’est bien car c’est encore là qu’il fait toujours l’unanimité. C’est Shelby qui chante ? je suppose…superbe en tous cas, une voix des 60’s comme on en fait plus, et ces descentes de piano à la Raymond Jones sur le « Good times » de Chic. Bon j’ai rien à dire sur le texte, l’est aussi psychédélique qu’une vieille pochette de Sly.
Allez,
on enfile un costard (rentre ton ventre bordel…),
on cire les pompes (semelles bien lisses, le chaloupé doit faire briller les yeux des filles..),
un dernier coup de peigne (non je ne ferais pas de teinture…)
…and “Gettin’ dirty at the club again”
NUMERO 4
Ps : Ca a l’air d’être sa nouvelle girlfriend !

Lion of Judah

Ouh là c’est l’intro de Purple Rain ma parole…ah bin non, c’est plus Cinammon Girl…et finalement non c’est… encore autre chose, je sais pas dire quoi…seraient-ce les accents « Policés » qui laissent cette impression de déjà entendu. Bon je dois dire que je suis mitigé, là j’aime et l’instant d’après ça me gave, rien à foutre du Lion de Judée, c’est qui lui d’abord. Bon allez je vais faire style ARTE et vous faire un peu d’histoire : Parmi les emblèmes des douze tribus d’Israël, le lion de Judée est prééminent. Il symbolise la force, maîtrisée et disponible, une puissance tranquille prêt à se lever pour défendre pays et peuple.
Au temps du roi Salomon, dans son palais, des lions se dressaient de part et d’autre des sept marches de l’escalier menant au trône. Aujourd’hui deux lions protecteurs ornent les entrées de certains quartiers généraux de l’armée et çà et là sur un mur est sculpté un lion rugissant, prêt à mordre et à broyer (source Internet).
Plus prés de nous, Hailé Sélassié Roi d’Ethiopie fit sculpter un immense Lion de Judée pour son palais d’Addis-Abeba, ce lion était censé représenter l’essor africain, il apparaît également sur le drapeau éthiopien car il représente aussi l’empereur Hailé Sélassié, libérateur de son pays et redevenu Ras Tafari après la guerre, il impulsera une politique de développement de son pays et symbolise la résistance à l’opresseur, il meurt assassiné par des militaires, laissant le pays partir vers un destin que l’on connaît. Mais le plus important c’est ça :
Haïlé Sélassié, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, descendant du Roi David et donc de Dieu, ainsi annoncé en 1916 par Marcus Garvey, est proclamé négus en octobre 1928. Un autre fragment du discours de Garvey en 1916 laisse aussi entrevoir : « Cherchez en Afrique le couronnement d’un roi noir, il pourrait être le Rédempteur. » Le rastafarisme est avant tout une religion qui se caractérise par ses nombreux emprunts au christianisme auxquels sont ajoutés une mise en valeur de l’Afrique et particulièrement de l’Ethiopie considérée comme la terre promise et donc lieu de rapatriement de tous les rastafaris. C’est un culte messianique dont le centre est l’Empereur d’Ethiopie Haïlé Sélassié : la dernière réincarnation de Dieu sur Terre. (source Internet).
Et surtout ça : Des représentants prestigieux des pays occidentaux assistent au sacre très médiatisé de Sélassié, qui est perçu par une communauté d’agriculteurs éthiopianistes de Sligoville (Jamaïque), le Pinacle, dirigé par Leonard Percival Howell (véritable fondateur du mouvement Rastafari), comme étant l’accomplissement de la prophétie attribuée à Garvey.En effet, le « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs » (1 Timothée 6:15) de la Bible ressemble beaucoup aux titres traditionnels millénaires de Sa Majesté Impériale Haïlé Sélassié Ier : « Empereur d’Ethiopie, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion Conquérant de la Tribu de Juda, élu de Dieu, Lumière de l’Univers ». Puisant à la fois dans le marxisme, le christianisme, la culture africaine et plus tard l’hindouisme, Howell considère Sélassié (ou « Jah », de Jahovah) comme le messie et propose dès lors une interprétation afrocentriste de la Bible (source Internet – Bruno BLUM).
Mon but n’est pas de lancer le débat sur Jehovah, après tout il croit en ce qu’il veut, mais certains ont tort de focaliser sur ces visiteurs à petite valise qui viennent parfois vous déranger un dimanche matin. Un jour, je lavais ma voiture, et j’ai eu la visite de deux d’entre eux. Pour voir, j’ai accepté de discuter un peu, même si d’après eux je n’étais qu’un « vil fornicateur » puisque pas marié et au bout de dix minutes je les ai congédiés ! Trop saoûlants ! Plus tard, ma femme faisant de la sculpture, nous avons du aller en Belgique travailler quelque semaines dans un atelier dirigé une personne membre de cette congrégation. Pas une seule fois, sa religion n’a été évoquée. A aucun moment il n’a essayé de nous embrigader ou essayé de nous tester. Comme quoi, la pratique peut être différente suivant les pays et les hommes. Finalement cette chanson est plus importante qu’il n’y paraît et il faudra que j’y revienne car c’est, en plus, une chanson où il semble sincèrement parler de lui. NUMERO 8
Resolution

Quand le texte prime sur la musique ! J’aime Prince aussi pour ce qu’il écrit et pas seulement pour ce qu’il compose. Musicalement ça ne me parle pas trop et dans ces cas là j’examine d’un peu plus prés le texte et là encore nous sommes à des lieues d’un « Get Off ». Là ou « Planet Earth » est un titre un peu naïf et porteur d’espoir, c’est en tout cas le sens que je lui donne, « Resolution », comme son nom l’indique, nous invite à réfléchir sur l’attitude qu’il nous faut adopter si l’on veut NOUS sauver. Le texte est assez désabusé car le doute l’assaille : « Combien veulent réellement prendre une résolution ? ». C’est vrai, des résolutions on en prend tous un jour l’autre, arrêter de fumer, arrêter de bouffer, arrêter de râler, bref, des « sottises » qu’on applique jamais. Croyez-moi, le jour où vous voulez « vraiment » quelque chose, pas besoin de résolution, faites le ! Et c’est ce qu’il semble nous dire, si l’on veut la Paix, il faut la faire ! C’est sûr l’auto critique n’est pas facile et être mis devant ses propres contradictions est « difficile à avaler », j’ai beau dénoncer moi aussi la guerre, qu’ai-je fait dans ma vie pour lutter contre toutes ces guerres ? Vous me direz, c’est pas uniquement de ta faute, que peux-tu faire contre les guerres qui « pourrissent » en Afrique ou au Moyen Orient, à mon petit niveau, rien bien sûr, je me contente de ne pas me disputer avec mes voisins, c’est déjà ça…mais il nous le dit : « le problème avec les gens c’est qu’ils ne font jamais ce qu’ils disent ». Tous les cessez-le-feu, toutes les (?) résolutions de l’ONU s’écroulent souvent sous la folie des hommes, je le disais au début, la guerre est EN l’homme, vrillée au fond de son corps, ne demandant qu’à se libérer, qu’à se « MisterHydiser ». Qu’on ne s’y trompe pas, si demain la situation le nécessitait, nous deviendrions, pour la plupart, ces êtres uniquement préoccupés par la défense de notre famille, des nôtres, de notre pays. C’est vrai que « l’on a rien à perdre à essayer » et qu’on peut se dire que nous sommes civilisés, que la guerre a disparu depuis 50 ans, que nous avons peut être une mission mais l’amour peut-il suffire ?
Le contraste avec la musique est assez déstabilisant car à l’écoute on se sent plus « en fin d’messe » qu’en militant de la Paix (en même temps l’un n’empêche pas l’autre…), ce que je veux dire c’est que le caractère « primesautier » de la musique n’est pas fait pour pousser à la réaction. Second degré ? pas cette fois ! il croit sincèrement ce qu’il a écrit, avec toute la candeur qui le caractérise parfois. C’est pas tellement ce Prince là qui me plaît mais cela fait partie du personnage. Vous l’avez compris, ça ne me fait pas grimper aux rideaux. NUMERO 9
Le classement a été ajouté après coup et correspond uniquement au ressenti que j’ai avec chaque titre et à ce que j’en retiens aujourd’hui. Ca évoluera avec le temps j’en suis sûr et il ne veut pas dire que « Lion of Judah » par exemple est un mauvais titre. Il me faudra peut être plus de temps pour en saisir toutes les qualités et pour me convaincre qu’il vaut plus qu’un « Guitar », mais ça vous le savez, c’est très subjectif…Finalement je reste sur ma première note ! Je reste donc très satisfait de ce nouvel album, il ne correspond pas à ce que j’attendais puisque je n’attendais rien de particulier, si ce n’est du nouveau son. Sûr, il ne sera pas dans le classement de tête de mes albums préférés, mais je l’ai dit, il a déjà révolutionné et influencé une bonne partie de la musique actuelle, on ne peut demander à quelqu’un de toujours être « révolutionnaire », il semble qu’il continue à assurer en live et c’est ce qui compte ! Je suis donc comblé, c’est un peu comme un lieu de vacances où l’on aime retourner. Chaque année on se dit, tiens cette année je vais aller là, ou là…et finalement au moment du choix, on se souvient de ça, de ça, oh…et puis de ça et finalement on y retourne…encore une fois…la dernière c’est sûr…en parlant de vacances d’ailleurs, encore huit jours et ce blog part en vacances jusque fin août, je mettrais un article rapide sur les 12’’ avec trois fichiers à télécharger et après, à moi la plage et le bon vin de Charente…

3121

Mercredi 7 juin 2006

file-309.jpgMa revue de 3121 !

Je m’explique sur mon choix d’analyse : Je ne suis, ni chanteur, ni musicien, donc je ne sais pas comment on crée une chanson et par quel bout on la prend. Je sais encore moins comment LUI travaille, d’abord musique puis textes ou l’inverse ??? Je profite donc de l’exxxxcellent travail de traduction de Last December (membre du forum schkopi) pour reprendre chaque titre en partant d’abord du texte.
3121
D’autres avant lui ont évoqué des “party” dans leurs chansons. Façon « couettes et jupe plissée » version Sheila in « c’est ma première surprise partie » ou « bitches et croupes lissées » version 50cent in « Candy shop ». Lui a choisi la version classique du gars qui invite chez lui parce que c’est LA qu’il faut être. Ca démarre plutôt bien, mais dés la troisième ligne, y faut mettre un peignoir japonais et des sandales et là je suis obligé de me poser la question : « …Pour faire quoi ? » « Boire du champagne dans une flûte en chocolat » (moi qui croyait que c’était un club échangiste, que nenni !).  Alors qu’en est-il de cette « party », à part qu’on va s’y éclater et qu’on ne voudra pas en repartir ; ben on va effrayer les papillons ? de nuit ? et on va se retrouver un tant soit peu avec les impressions d’une jeune ballerine qui trépigne sur le Lac des Cygnes ! Diable et tout ça en peignoir japonais et sandales aux pieds, bonjour les crampes !!! En plus on est pas rendus, faut rester là toute la nuit jusqu’au lever du jour parce qu’on est une « Purple personne », mais bon c’est pour la bonne cause et ça va péter, je vous le dis, comme en 89, à Berlin. Mais c’est là que tout s’éclaire, il s’agit d’un « fantasme futuriste » ; nous sommes donc en présence des « party » du futur. Bon c’est vrai, une traduction, aussi bonne soit elle, ne rend jamais vraiment compte de ce que l’auteur a réellement voulu dire, mais le fait est là, sa dialectique m’étonnera toujours. N’empêche y m’invite quand y veut !!! L’essentiel tout de même c’est qu’il nous dit tout cela sur une rythmique à pleurer sa mère et qui m’a fait penser dés le début à…….une locomotive ! Je suis resté bouche bée les 45 première secondes avant d’esquisser un geste, tellement c’était bon. Alors quand je dis locomotive, je parle pas d’un TGV ni d’un T.E.R, je parle plutôt d’un tortillard mais qui aurait trempé dans un bain de plomb et de cuivre, et qui s’ébrouerait lentement comme un éléphant sortant du marigot. C’est gras sans être « graisseux », c’est chaud sans être « hot » et c’est métallique sans être « hard », bref c’est du PFUNK à l’état pur avec des relents, assumés sans doute, d’«Atomic dog » du grand George. Avec ces petits plus qui font les grands titres de Prince, l’espèce d’hymne olympien en milieu de chanson, les sonorités inattendues car distordues, les mots murmurés ou assenés comme des sentences : « Guitar » …et on se revoit, mimant la guitare, sur le final de la version album de « Batdance ». Et puis ces touches de synthé « wonderiennes » en fin de parcours. Bref, un petit bijou qui, je pense, doit faire l’unanimité. S’il maintient, comme depuis quelque temps, le premier titre de l’album comme premier titre de concert, ça va déchirer en live ! Numéro 3 sur ma « choc liste »
LOLITA
En fait la partie continue et malgré son peignoir et ses sandales qui font quand même « vieux garçon aisé sur le retour montrant ses estampes japonaises », il arrive à « lever » une jeunette (Faut dire que tout le monde est en peignoir aussi). Or la jeunette est vraiment très jeune, rapport à « Papiers SVP ». Bon là je dois faire un break pour faire de l’introspection :
Il ne t’arrive jamais depuis quelque temps de guetter dans l’œil d’une jeune fille un attrait quelconque pour ta petite personne, en te disant soit : « ah, elle m’a regardé en souriant, je fais encore mon petit effet » ; soit : « oh, elle m’a regardé d’un air style qu’est-ce qu’y me veut ce vieux con, encore un obsédé ». Car en fait tout est là, Prince a dépassé les 45 ans et quoi qu’il fasse, il a franchi une étape psychologique importante pour nous les hommes, celle qui fait qu’on bascule de l’autre côté d’une « certaine barrière ». On ne sera plus jamais un jeune homme malgré tous les efforts possibles et imaginables. Ca n’empêche pas de naviguer sur le fantasme de l’homme mûr et de la jouvencelle cher à Nabokov. Bon, il fait ça avec style (Franck et Ava, Dom Pérignon, Caviar, Cadillac rose), mais le fait est là que ne donnerait-il pas pour faire la danse du singe avec elle. Il a beau dire et répéter qu’il ne sera pas infidèle, ça le démange grave, pas la peine de nous leurrer avec ses « c’mon let’s dance ». Prince serait-il en pleins doutes sur son charme ravageur ? En tous cas, c’est assez « hot » pour le coup, un « témoin » qui veut avoir une gamine « sur le bout de la langue » ça fait désordre. Mais c’est vrai qu’aux Etats Unis, ils sont pas comme nous, dans le trip « visiteur à petite valise au discours lénifiant » qui vient vous faire ch…un dimanche matin !
Le thème musical est à l’image du côté « pétillant » de la chose, c’est joyeux, printanier et ça incite à claquer des doigts. Et puis il y a ce petit gimmick au synthé vite retenu, et qui ressemble à ceux qui ont fait tout le sel de titres comme « Take me with u » ou « Raspberry Beret ». C’est sûr, c’est pas tout à fait du même niveau mais ça se chantonne très facilement et ce sera peut être le prochain single s’il y en a un. J’aime assez aussi le passage parlé « latinos » (avec riffs de guitare) qui revient de temps à autre dans ses chansons. Il y a tout de même un certain décalage entre la musique et le texte, d’un côté un thème musical somme toute « juvénile » et de l’autre un texte assez ambigu et qu’on peut prendre au deuxième degré («tu es bien trop jeune pour venir jeter un œil à ce que je cache », «il y a bien longtemps, nous aurions été les…chut », «imagine moi sur le bout de ta langue »). Jéhovah a beau être passé par là, ses jeunes années assoiffées de sexe ont laissé des traces indélébiles. En même temps c’est relativement courant dans ses textes, c’est surtout le contexte dans lequel c’est écrit qui est intéressant.
TE AMO CORAZON
Changement d’atmosphère et le titre vient un peu calmer les esprits après ce démarrage en fanfare. Le morceau fait d’ailleurs un tout autre effet par rapport à celui ressenti lors de sa sortie anticipée et au clip qui même s’il était sympa ne laissait pas un souvenir impérissable. Là, les notes graves de saxo mêlées aux cordes toujours scintillantes de C.FISHER et aux touches légères de piano reposent du coup de batte pris au ventre par 3121 et du coup de chaud de cette « Lolita ». Bon le texte c’est pas du Baudelaire, ça c’est clair, j’enfonce une porte ouverte et je pense qu’un élève de sixième suffisamment imaginatif aurait pu l’écrire. Mais c’est la mise en musique qui donne tout son charme au texte et surtout le clip. Alors je sais pas jusqu’à quel point il a travaillé le titre et s’il en voyait déjà les images en l’écrivant. D’un autre côté, le clip laisse entendre que la relation est terminée (décès ou départ), alors que le texte est sans équivoques, il a trouvé l’amour et il est comblé. En même temps, je ne peux m’empêcher d’essayer de lire entre les lignes, quand il dit : « Enfin je peux te dire ce que je sais depuis si longtemps, mon cœur réclamait à grand cris de chanter cette chanson », parle t-il de Manuela qui, si je ne m’abuse, fait partie de l’entourage princier depuis de nombreuses années.
Sinon, même s’il a fait mieux en matière de déclaration – « The One » – je trouve la chanson assez touchante (une déclaration reste une déclaration si simple soit-elle), sorte de petite bossa-nova alanguie, avec quantité de sonorités très agréables et comme elle est courte, elle fait le lien parfait avec la suite.
BLACK SWEAT
Ce texte me pose problème !  Je ne peux pas croire qu’il évoque simplement le fait qu’il va donner une leçon de danse à un couple. Car il s’agit bien d’un couple auquel il s’adresse ? Premier couplet à Madame, Second couplet à Monsieur, puis à nouveau Madame. Madame, j’veux pas me déshabiller, j’veux pas t’exciter, j’veux pas te provoquer, MAIS, je suis « hot », (autrement dit un chaudard), c’est plus fort que moi (le groove), rien à foutre des autres, j’ai un job ( ???) à faire !  Belle entrée en matière et quel est-il ce job ? PREPARER DE LA SUEUR NOIRE. C’est là que j’ai un problème. De la sueur noire ça n’existe pas à moins d’avoir mis beaucoup de rimmel, donc veut-il dire : de la sueur DE noir ? Je n’ose pas croire ce que j’écris et pourtant je ne peux m’empêcher d’y penser. Prince serait-il tombé dans les clichés sur l’homme noir vecteur d’une sexualité débridée et d’une supériorité en la matière sur l’homme blanc. J’en tremble, dites moi pas que c’est pas vrai !
Monsieur, j’veux pas te foutre la honte de ta vie mais cache ta femme, de toute façon j’vais te montrer comment faire car décidément t’as pas la technique !  Dites moi que je rêve où il en rajoute. Devoir cacher sa femme parce que sinon elle va succomber : « c’est plié ! » Là encore, me trompe-je où il évoque à mots couverts une certaine supériorité « physique » des blacks sur les blancs ? Non….. il est au dessus de ça et puis il le dit : je connais une toute nouvelle danse… c’est donc juste une histoire de danse. Bon, mais c’est quand même ambigu, on dit souvent que les noirs ont le rythme dans le sang et pas les blancs, Non ?  Madame, tu peux t’la jouer, j’vais t’adoucir et tu vas crier comme une dame (femme) blanche quand je compterais jusqu’à 3 !  Bon, me goure-je où il enfonce le clou (si j’puis dire). En clair il lui dit : ma p’tite, je vais te mater et en plus je vais te faire crier. Merde c’est pas possible, encore un cliché, celui de l’homme noir et de la femme blanche qui est censé être un interdit qui ne devait pas, à une époque, être franchi, où s’agit-il à l’inverse, du fantasme, justement, de la femme blanche rêvant d’un étalon d’ébène qui la fasse chavirer !
Ouais…bon…ressaisis-toi, arrête tes élucubrations, c’est juste une chanson sur la danse, d’ailleurs tout ça est balancé sur une rythmique très moderne et très percutante, avec quand même des « tambours tribaux » confirmant sa « blackitude ». On ne peut, c’est vrai, s’empêcher de penser à KISS surtout dans l’utilisation du noir et du blanc…mais c’est pas vrai qu’y remet le couvert, tu vas te taire à la fin !
INCENSE & CANDLES
La tension retombe et on repasse à quelque chose de plus feutré et de plus « érotique » ! De l’encens, des bougies, et notre ami qui attend toute la nuit pour chanter une chanson censée mimer l’acte d’amour. Joli programme. Sursaut de virilité ? il la prévient : « Je possède une chose que tu ne sauras pas manipuler » Pas sûr ! il parle peut être de son âme, bien qu’il veuille le faire toute la nuit. Mais non, après c’est truffé de doubles interprétations (ne lisez pas ce que je n’ai pas écrit, hein…). Agissons en adultes, en clair, le temps du paluchage est terminé ; sur la piste de danse ou sur la table, choix pour le moins dangereux dans les deux cas ; allusion directe à sa virilité « Quand on essaie de me séduire, ça monte, encore et encore ». En fait, Prince serait devenu un adepte du tantrisme que ça ne m’étonnerait qu’à moitié, il l’empêche de se déshabiller entièrement et lui rappelle que son esprit ne reniera jamais ce que son corps sait, dont acte. Jouissons sans nous toucher !
Là, il y a un intermède bizarre et assez sibyllin, c’est quoi ce truc brillant comme des jantes de voiture, et cette histoire de voie lactée et pourquoi crier : Prince, tu es divin ! Peut être qu’il veut simplement la glisser dans des draps de satin, chercher la voie lactée…ben j’veux pas employer des mots cochons, alors…disons qu’il veut chercher la voie du Plaisir et là…ben elle peut plus résister : « Prince, tu es mon Dieu ». Bon j’sais que nous les hommes on est assez gouvernés par ce qui nous pend entre les jambes, c’est même pas à démontrer, c’est une évidence, mais alors lui c’est quand même le champion. Mais aussitôt, il souffle le froid : « Respect au créateur, à Maman, à celui qui ne pêche pas par la parole » (au passage, j’aurais pas traduit « Booty » par « nourriture saine » mais par « fesses » bien que…). Suit une extrapolation sur l’errance et l’attente avec au final la promesse de la bougie de Prince, mais seulement sa senteur…On en revient finalement à une relation basée sur des sens autres que « bassement » sexuels, mais véritablement à la base d’une harmonie issue d’une certaine spiritualité. Le dernier couplet est dédié à l’unité (pyramide), à la pureté (fleurs, diamant) et aux conseils (d’un expert ?) en matière de désir retrouvé. Il a du beaucoup lire en ce moment notre ami et il a du loucher vers des écrits hindous ou tibétains, ma parole.
Alors la musique dans tout ça me direz-vous ? Ben y s’est pas cassé la nénette, il a bien écouté ce qui passe à la radio un peu partout en matière de « hairainebille » et il s’est dit : « sûr que je peux faire aussi bien, si ce n’est mieux que tous ces petits faiseurs qui se la jouent aujourd’hui, alors qu’ils me doivent tout ! ». Donc, ça « roulotte » tranquillement, dans la bagnole ça passe très très bien, à la longue ça devient même franchement agréable sans que ça remue les tripes bien sûr, ça c’est pour après, mais pas tout de suite !
LOVE
Toutes les femmes sont-elles aussi exigeantes, inquiètes, crédules et capricieuses qu’il le laisse entendre dans les premières lignes de ce sixième titre ? Parce qu’on sent vraiment de l’exaspération là, Stop, stop, stop, stop ! Quatre fois il le dit le mec, c’est qu’il est assez vener quand même. Puis petite leçon en quatre phrases toute simples sur ce qu’est l’Amour !
Toutes les femmes sont-elles des Marie-couche-toi-là, des croqueuses d’hommes, des manipulatrices, comme il semble le décréter dans le deuxième couplet. Parce qu’attention j’vais me fâcher, te foutre dehors et tu sais ce que tu vas perdre. Nouvelle leçon !
Toutes les femmes sont-elles fausses, hypocrites, fatigantes, susceptibles ? c’est en tous cas le sens de son troisième couplet. Et avant de marteler la leçon du jour, il l’invite à y réfléchir et à s’envoler avec lui vers les sommets de l’Amour.
Alors bien sûr, toutes les femmes sont loin d’être comme ça (enfin surtout d’avoir toutes ces caractéristiques en même temps…) mais il faut bien reconnaître qu’il a cerné en quelques phrases la majorité de ce que les hommes reprochent souvent aux femmes. Bien entendu je m’inscris totalement en faux contre tout ça, ma femme est formidable, elles est d’ailleurs derrière moi à contrôler tout ce que j’écris… A écouter, on ne se doute pas de tout ce qu’il dit quand même, surtout quand on est pas bilingue, parce que le morceau est très sympa, très funky, moi je trouve le rythme très accrocheur et il suit parfaitement le précédent en montrant que, quand même, s’il peut faire aussi bien que les autres, il peut surtout faire beaucoup mieux et être innovant. J’adore le refrain !
SATISFIED
Là pardon ça démarre très fort, c’est chaud, ça laisse transpirer le sexe et ça colle parfaitement au style “soul/bluesy” du titre que j’apprécie vraiment. Les phrases sont on ne peut plus claires, il veut être seul avec elle et va lui en faire voir de toutes les couleurs. Plus qu’une sieste crapuleuse, ça va être « a torrid night » : « Oh tu vas être comblée dans peu de temps ». C’est pas une sollicitation, c’est une sentence !  Et là ô surprise, v’la t’y pas qu’il y revient avec son tantrisme : « je ne te parle pas de quelque chose de physique ». Non, apparemment il veut juste l’amener à penser à certaines choses (inavouables) qu’elle n’a jamais osé faire. Ouh la ça se corse. Il dit qu’il va chercher un trésor caché, donc va falloir s’employer, aller au delà de ce qui est permis, c’est presque une question de survie !  Et là il porte l’estocade ! Il sait qu’elle a un autre amant, MAIS c’est qui l’chef ici ? Alors vice suprême il lui promet “la petite mort”, ni plus, ni moins, à savoir une jouissance si intense, parait-il, qu’on a l’impression de mourir et de sortir de son corps. Aurait-il lu Georges Bataille qui invente cette expression dans son roman « Madame Edwarda » ? (Marrant parce qu’il a écrit aussi « Dirty »). Enfin, on peut dire que l’harmonie est totale entre le style musical « ballade bluesy » aux accords si souvent utilisés mais toujours efficaces avec cette voix qui n’appartient qu’à lui, et un texte très suggestif mais qui reste « audible » pour toutes les oreilles. Fini les « s**k » et « f**k » et c’est peut être pas plus mal, car au stade de sa vie actuelle, qu’elle soit personnelle ou musicale, truffer un texte de ces mots ne le servirait sans doute pas !
FURY
Parabole sur la rançon du succès, FURY met l’accent sur ses conséquences dans une relation entamée avant cette gloire, relation qui s’étiole avec la notoriété. Ca peut pas être autobiographique ou alors il l’a écrite en 83 ! Pure fiction alors ? Pas si sûr ! Y-aurait-il de l’eau dans le gaz entre Mani et lui ? Doit-on y voir des analogies avec son aventure actuelle ?  Si ça l’est pas c’est une réflexion intéressante sur le détachement que peut entraîner une notoriété non partagée et qui peut perturber ou casser une relation. Il y a comme un sentiment de résignation dans son texte qui se ressent aussi dans les tonalités de sa musique, avec une sorte de crispation ou de retenue que je n’arrive pas à définir et qui se traduit peut être dans les instruments qui semblent bridés voire saturés. Les synthés par exemple (sans allusion « druckerienne » aucune) sont…comment dire…constipés ! désolé c’est le seul mot qui m’est venu à l’esprit. Bref, au début j’aimais bien le titre, rapport à la prestation du Saturday Night Live, maintenant moins !
THE WORD
Athée inflexible, je me garderais bien de formuler toute explication ou interprétation d’un texte visiblement inspiré par quelque chose qui me dépasse. Le chemin vers une quelconque foi est je suppose une affaire personnelle qui ne souffre pas la critique. Je dirais simplement que son texte est plus positif : (« Debout, agissons, aucune raison de sentir mal à l’aise ») que la musicalité du titre qui, elle, est plutôt empreinte de tristesse et qui, personnellement, me touche profondément, c’est toute l’ironie de ce titre. Je ne m’attacherais donc pas au texte qui d’ailleurs d’un strict point de vue « sémantique » est très riche et certainement significatif pour le lecteur qui partagera ces écrits. Après, que ce soit Dieu ou Jéhovah qui l’ait inspiré… Musicalement c’est le titre que je préfère, et il fait partie, à mon sens, de la dizaine de titres qui font « l’artiste » PRINCE, au même titre que quelques œuvres majeures font un grand sculpteur ou un grand peintre. C’est insoupçonnable, la mélodie peut sembler banale mais c’est la conjonction des différentes sonorités (percussions, guitare, cordes, sax) qui forme une unité puissante et hypnotique qui m’a pris aux tripes dés les premières secondes. L’exaltation du refrain et le sentiment d’élévation qu’il donne est, c’est vrai, lui aussi très prenant et pour un peu on se laisserait convaincre et emporter. J’aimerais avoir le sentiment d’une personne « croyante » sur cette chanson et sur le sens qu’il ou elle lui donne, car je suppose que la Foi s’exprime difficilement par de simples mots.
Et cette guitare toute en retenue. Je n’en dirais pas plus, j’aime trop cette chanson…trop forte…
BEAUTIFUL, LOVED & BLESSED
Alors ? là encore, récit autobiographique ou pas. Parce que la petite là, TAMAR, on l’avait jamais vue avant, personne ne la connaissait, si je ne m’abuses ! Alors Prince aurait-il joué du tour à poterie et pétri cette donzelle avec ses petites mains. A le lire (c’est elle qui parle), elle n’était qu’un vulgaire morceau d’argile qu’il a travaillé pour en faire un être vivant pleinement son existence. Ce ne serait pas la première fois que Prince joue les « Pygmalion » et lance une nouvelle artiste, il y en a eu beaucoup d’autres, pas forcément des réussites, mais tout de même, c’est une constante chez lui et ç’est pas pour lui déplaire je pense. Mais elle lui dit bien aussi, pas d’excès de pouvoir ou de désir, elle a appelé de ses vœux cette naissance mais maintenant elle veut voler de ses propres ailes. Avait-elle des problèmes « d’estime de soi » qu’il a levé en la « fabriquant » ? Bon je sais j’extrapole un peu mais il y a toujours un peu ou beaucoup de soi dans une chanson, non ? Enfin, ça va mieux puisqu’elle : Belle, aimée et bénie !
Bon, allez, Monsieur Nelson, installez-vous sur ce divan et dites moi tout : « ben, la pression j’en ai un peu marre, vous savez, entre Puff, Jay, R, U ou Pharell, c’est pas facile ici de rester le meilleur ! Bon l’autre il est passé du côté obscur maintenant, donc pour lui la tarte est cuite, il a même vendu son parc d’attraction, mais les jeunes y z’ont les crocs ! En plus attendre 25 ans pour entrer au Rock’roll Hall of Fame, ça fout les boules » Mais c’est une magnifique consécration ! Non ?  « Ouais c’est sûr, faudrait peut être que j’écrive mon histoire d’ailleurs, j’en aurais des choses à raconter, des vérités à démentir, des inconnues à révéler, c’est vrai on a dit beaucoup de choses sur moi, mais peu de gens me connaissent vraiment, je pense qu’ils seraient surpris. Je suis quelqu’un de très simple, j’veux juste être heureux et faire de la musique. Tout le reste c’est une façade pour me mettre à l’abri !  Bon ce sera tout pour aujourd’hui vous êtes : Beau, aimé et béni !
Une belle chanson avec une dernière minute dont on voudrait qu’elle ne s’arrête jamais.
THE DANCE
Alors là RESPECT TOTAL, cette chanson frôle la première place et d’un cheveu ! J’aurais voulu écrire ces lignes et si j’étais une femme j’aimerais qu’on me les écrive. Je peux rien dire sur cette chanson, elle est trop belle, j’vais juste la citer un peu :

« Je ne veux pas te donner mon amour car je ne veux pas par perdre la tête
Je ne veux pas te donner mon amour car si je le fais ce sera la dernière fois
Car je ne veux plus jamais être dans un tel état  si je n’ai pas ton amour
Je ne veux pas être ton ami je ne veux pas que l’on soit ami
Je ne veux pas tenir ta main non, je veux juste te suivre partout
Je ne veux pas te voir danser car je ne veux pas prendre le risque de tomber amoureux de toi »

J’arrive pas à définir le style musical, sud-américain ou pas, mais l’alchimie est parfaite et le final grandiose.
GET ON THE BOAT
Bon la dernière j’ai rien grand chose à dire ! D’abord parce que j’ai déjà été suffisamment long comme ça ! Ensuite parce que musicalement c’est le bon gros titre qui finira les concerts dans une jam-session terrible ça c’est couru d’avance ! Et enfin parce que côté texte c’est assez consensuel et…bateau si j’ose dire ! Peut être l’allusion voulue ou non sur les « Boat-people » mais ça paraît trop gros !