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2000-2003 La quête…

Vendredi 30 mars 2007

Allez, je reprends le fil de mon histoire car je me suis aperçu que je me suis égaré depuis quelque temps vers d’autres choses…J’en étais resté à Rave… Quelques mois après la sortie de ce disque, Prince décide de conforter sa présence sur le net par la création d’un site baptisé « npgmusicclub.com ». Ce site, moyennant un abonnement, va permettre de télécharger tous les mois quatre titres inédits. A l’époque je n’ai pas Internet, je ne suis donc pas informé de la chose. Ce n’est que quelques mois plus tard que je découvre « LE SITE » et comme je n’ai encore qu’une connexion à bas débit, je n’aurais pas accès à ces téléchargements. La mise en ligne de ces titres s’échelonnera entre février 2001 et janvier 2002 et je finirais pas récupérer l’an dernier la majorité des titres sur deux compilations qui seront éditées par le Club et proposées en téléchargement payant pour les membres du club. Il faut dire que les choses auront évolué entre temps. En effet, le club évoluera au fils des mois, proposant de nombreux téléchargements en échange d’un abonnement à vie et d’un coût d’acquisition. Enfin, à vie, c’est vite dit car le site est aujourd’hui fermé pour d’obscurs motifs juridiques. C’est dommage car le Club offrait la possibilité d’avoir les places de concert en priorité, et d’assister aux répétitions. Le mode de fonctionnement quand à lui était perfectible, comme souvent quand Prince s’occupe d’autre chose que la musique. Cette période donne donc lieu à la diffusion d’une cinquantaine de titres, pour certains complètement inédits et pour d’autres relativement anciens ou connus des fans, ce qui fera dire à certains que Prince se moque un peu du monde ! …mais on ne peut lui retirer l’originalité du système et la production qui reste de qualité. Les titres ne sont pas des titres au rabais et les deux compilations valent plus que le détour. (Les personnes intéressées peuvent me contacter). La première s’intitule « The Slaughterhouse » et la seconde « The Chocolate invasion ». Je n’épiloguerais pas là dessus car je suis convaincu que toute cette période s’adressait d’abord à ses fans, chose que peu ont peut être compris, aveuglés qu’ils étaient par la volonté d’avoir du neuf et toujours du neuf… le neuf, ils vont l’avoir avec la suite « The Rainbow Children »…
Mi 2002 donc, voilà plus de deux ans que j’attends un nouveau disque ! C’est vrai, on est habitué à un rythme soutenu alors quand il ne se passe rien, on s’inquiète. Bien sûr il y a le club, mais côté grand public : nada ! C’est à ce moment que débarque « The Rainbow Children ». Je pense ne pas me tromper en disant que pour le fan princier pur et dur, il y a, comme ça, des moments incontournables dans l’histoire de notre passion. « Purple Rain » en fut un par l’homogénéité du talent et son caractère révolutionnaire ; « Sign O’the Times » fut le second par la qualité de l’écriture aussi bien des textes que de la musique ; « The Rainbow Children » (TRC) est le troisième car une nouvelle fois un virage s’opère dans son œuvre. TRC arrive à un moment de la carrière de Prince où seuls ses fans les plus invétérés le suivent encore. Les deux derniers « véritables » albums, « New Power Soul » et « Rave un2 the joy fantastic » (malgré leur très grande qualité), ont été des échecs commerciaux aux Etats Unis, toutes ses histoires avec Warner, son changement de nom ont fatigué tout le monde, et son aventure sur le net ne comblent que les abonnés. C’est dire…Et pourtant, son disque va finalement s’adresser à cette minorité car il est d’une telle densité que celui qui attend un nouveau « Kiss » ou un autre « Purple Rain » ne peut qu’être déçu ! Avant toutes choses, ce disque est celui de la spiritualité, il se déroule comme une longue histoire dont la musique est le reflet sonore. Textes et musique sont imbriqués de telle manière que l’œuvre se doit d’être écoutée dans sa totalité, un peu comme les pièces musicales d’antan. Je vous avouerais que lorsque j’ai ôté la cellophane qui enveloppait le CD, j’étais assez fébrile. Je n’avais pas écouté d’extraits, c’était donc la découverte la plus totale (hormis « She loves me for me » qui passait en fond sonore sur le site du club). J’introduis le CD et… Play.

Tout de suite je me dis, merde je suis tombé sur un exemplaire pourri, la voix est grave, ralentie, je ne discerne pas ce qu’il dit, mais à peine ai-je le temps de me diriger vers la platine que des notes de synthé se font entendre accompagnées de roulements de caisse claire et que démarre une mélodie très jazzy qui me fait rasseoir dans mon fauteuil. Un sax prend le relais et cette voix grave revient ce qui m’amène à me dire que c’est normal ! Elle va d’ailleurs être omniprésente car c’est en fait la voix du narrateur. En tous cas, s’il n’y avait les quelques riffs de guitare qui parsèment de temps à autre le début du morceau-titre, je n’ai pas l’impression que j’écoute un nouveau disque de Prince. On dit souvent que la passion vient d’une rencontre inexpliquée et inexplicable avec quelque chose ou quelqu’un. C’est le cas de ce disque, on y plonge ou pas ! Ce morceau ne s’arrête pas, une montée tout en gospel nous amène au break ou la guitare est de retour. Enfin ! Il n’empêche, dix minutes sont passées et mon avis est déjà quasi acquis : Chef d’œuvre ! J’ai face à moi un « cadeau », tout cela n’est pas fait pour la radio, pour le commerce. Ce premier titre est d’une telle richesse musicale, inqualifiable au niveau du style, est-ce du funk, de la soul, du jazz, du reggae, voire du hard sur les dernières mesures ? Pas le temps de me remettre, on enchaîne sur « Muse 2 the Pharaoh » et je reste dans l’ambiance « club de jazz » avec un titre tout en touches de synthé qui prendra une folle dimension « rn’b » (le vrai…) en concert ! Quelques notes bizarres (Xylophone ou percussions caribéennes) lancent un morceau tout en rythmes ensoleillés « Digital garden » vite remplacés par des guitares saturées et très rock ; le récit continue et fait corps avec la musique et l’on finit par se demander ce qui doit être écouté en priorité : le texte ou la musique ? et boum !!! C’est pas vrai ! il a invité James Brown ma parole, mais non c’est bien lui qui chante, pas de doutes. « The Work » nous rappelle que c’est tout de même Prince qui est à la manœuvre et le naturel revient au galop pour un morceau bien funky trempé dans les sonorités « browniennes » des années 70. Mais le texte reprend une nouvelle fois le pas sur la musique et nous entraîne, par les voix de Milenia, dans un titre jazz-gospel « Everywhere », avec un John « The Magnificient » Blackwell tonitruant à la batterie. Trois minutes et démarre « The sensual everafter », la perle émotive de l’album. Il y a quelques titres comme ça, dans sa carrière, qui invariablement me donne la chair de poule. La guitare saturée du début façon Santana, le riff de basse par le Maître (car oui il joue aussi de la basse)…et l’explosion finale dans ces quelques notes… « Mellow » nous replonge encore une fois dans le jazz pour un titre tout en velours. Le débat avait fait rage il fut un temps(…) sur le caractère « Jazz » ou non de ce disque, les puristes se refusant à considérer cette musique pour du jazz. Et pourquoi pas ? ce style n’a pas à être encadré d’une manière aussi rigide et élitiste ! Au moins, la suite ne laisse pas de doutes, « 1+1+1 is 3 le démarrage de la caisse claire met en branle la rythmique « Funk » dont il sait si bien tirer la quintessence. Personnellement, le bouton du volume a tendance à s’affoler quand je l’écoute et en public je me souviens que ça déménageait sévère. Là on est dans l’ambiance « Erotic city » avec ces petites bulles sonores qui parsèment tout le morceau et cette batterie mécanique et puissante (il faut dire que le bras de John Blackwell, c’est ma jambe). Encore deux minutes, « Deconstruction », où le récit supplante quelques nappes de synthé et quelques touches de guitare acoustique avant « Wedding fest » petite « vanne » mozartienne ! Oui quelquefois…il m’étonne, il doit avoir de temps en temps l’esprit potache. On change du tout au tout et on revient à des choses plus proches de lui avec la ballade qui suit, « she loves me for me », petite « promenade » pop tout en guitares. Les trois derniers titres de l’album sont le reflet parfait en 24 minutes, c’est à dire un tiers de la durée totale, de ce que, je pense, représente les trois facettes de Prince et de ses influences. Un titre funk/rock « Family name », un titre soul/rn’b « The everlasting now » et un titre…inclassable, « princier », « Last december », car contrairement à ce que pensent certains esprits chagrins, Prince est un artiste qui « créait » des styles de musique et influençait d’autres artistes. C’est moins vrai aujourd’hui mais j’estime qu’il a bien le droit de se reposer sur ses lauriers, à l’aune de tout ce qu’il a pu écrire et qui est, de loin, bien supérieur à la majorité des artistes connus et/ou reconnus. Ce disque aura toujours une saveur particulière à mes yeux car outre ses qualités intrinsèques qui m’ont fait dire en début d’article que c’est une de ses œuvres majeures, il est indissociable du concert de Paris en 2002 (voir mon report de ce concert section « Live ») et du choc que j’ai eu (premier concert) un certain soir du 28 octobre, lorsqu’il a démarré le concert avec cette même grosse voix et les premières mesures de « Rainbow children »…
Après The Rainbow Children, Prince va encore une fois me surprendre avec cet album seulement disponible en téléchargement pour les adhérents au NPGMusic club. Ce disque est court, à peine 36 minutes, ce qui a fait crier au scandale les adhérents de l’époque (je n’y étais pas encore), car ils estimaient que ça n’était pas un album complet ! Qu’est-ce qu’un album complet ? la qualité se compte t-elle en minutes ? Pour moi c’est un petit bijou, 36 minutes de pur bonheur ! Imaginez Prince, seul au piano, avec à peine quelques touches de basse ou de batterie sur un ou deux titres. Pas de guitares, pas de synthés, pas de boites à rythmes, pas de cuivres, on est vraiment loin de son univers habituel. Et pourtant la magie opère…Je ne vous ferais pas la critique titre par titre, cela ne s’impose pas. Parfois il suffit d’écouter et de se laisser séduire… Fin 2002, la surprise passée du “Rainbow Children” album concept et véritable pied de nez à ceux qui pouvaient croire que Prince était fini, fort d’une tournée gigantesque et reconnue qui passa par Paris pour une journée mémorable, dans la foulée d’un disque intimiste et encore une fois novateur (One nite alone studio), Prince met en ligne sur son site internet (npgmusicclub.com) aujourd’hui fermé (?) une nouvelle oeuvre à télécharger : XPECTATION ! Les neufs titres sont résolument tournés vers le jazz et restent dans l’esprit de ce qui a précédé, l’apport du violon de Vanessa Mae donne une touche “grapellienne” à l’ensemble qui se veut l’oeuvre d’un groupe. Sans les infos on ne sait pas derrière quel instrument se trouve Prince. Les titres commencent tous par la lettre X et sont explicitées sur la pochette (je traduis…approximatif…) :
Xhalation : quelque chose comme de l’air qui est exhalé
Xcogitate : réfléchir ou penser à quelque chose de manière paisible et profonde
Xemplify : pour illustrer ou servir d’exemple
Xpectation : la valeur attendue d’une variable aléatoire, une attente impatiente
Xotica : curieusement inhabituel ou étrangement excitant
Xogenous : utilisé par le corps, originellement à l’extérieur
Xpand : augmenter la taille, le volume ou la quantité
Xosphère : la région la plus éloignée de l’atmosphère terrestre
Xpedition : un voyage entrepris par un groupe de personnes avec un objectif déterminé. A vous de relier ces données avec les titres…
Début 2003 cette fois, il présente “la note” et on l’accepte. A fond dans le trip “NEWS/ONA/XPECT…” ce disque est la compilation de plusieurs titres déjà parus sur le club au compte-gouttes. Là il devient une des oeuvres à télécharger sur le “Magasin de téléchargement” du feu NPGMusicclub. Quatre des cinq titres sont issus d’enregistrements faits lors de la tournée “One Nite Alone” et comme leurs noms ne l’indiquent pas…ils proviennent des villes de Copenhague, Nagoya, Osaka et Tokyo, le dernier titre Empty Room étant un titre ancien remis au goût du jour, allez savoir pourquoi. Peut être pour terminer le titre de l’album puisqu’il est constitué des initiales des cinq titres ! Vous suivez…? Alors je vais faire court car j’ai deux autres articles qui me prennent beaucoup de temps et d’énergie, juste dire que comme Xpectation il faut se plonger dedans, les écouter, encore et encore et la magie opère, vous verrez. C’est trés proche de “N.E.W.S” avec de réelle performances musicales. Le dernier titre est sublimé par la voix de Prince, c’est le seul où il chante, et encore une fois par un solo de guitare comme il sait si bien les faire…

Enfin du neuf ???

Samedi 24 mars 2007

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Jill Jones

Lundi 26 février 2007

J’ai un peu de temps devant moi et après m’être plongé dans toutes ces collaborations féminines, j’ai réécouté beaucoup l’album de Jill Jones et pour moi, il se détache du lot très nettement. Il est assez difficile à trouver maintenant, mais quand on cherche bien on trouve. Mais qu’importe la coupe, pourvu qu’on ait l’ivresse… Je vais vous parler un peu de cette jeune femme. Jill Jones est une chanteuse (auteur-compositeur) américaine qui va fréquenter très tôt Prince puisque leur rencontre date de la période Dirty Mind, son troisième album et la tournée qui a suivi. En effet, Jill chante dans le groupe “Teena Marie” qui fait les premières parties de cette tournée (elle fait les chœurs sur “Lady T”, “Irons in the fire”, “It must be magic”) . Prince, séduit par la voix de la demoiselle, l’engage en tant que choriste et elle va ainsi participer à partir de 1982 à bon nombre de titres et d’albums dont l’emblématique “1999″ (également sur les titres “Automatic”, “Free”, “Lady cab driver” en lead). Elle travaille également sur tout l’album Purple Rain et sur le titre “It’s gonna be a beautiful night”. Faisant partie du staff, elle chantera également derrière Sheila E, Appolonia 6, The Bangles et Mazarati. Prince co-écrira pour elle en 1987, l’album “Jill Jones”, qui est bien accueilli par la critique, par le public européen et qui pour moi reste un petit bijou. Un second album devait voir le jour mais restera un projet. En 2001, Jill sort un second album “Two”, qui ne voit aucune participation de Prince. Jill Jones a également participé au travail de Ryuichi Sakamoto et a également accompagné le groupe CHIC.

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Plus précisément maintenant, et grâce à un article de Per Nielsen, auteur de “The Vault” la bible princière, un tas d’infos et d’anecdotes. Jill a effectivement débarqué dans l’univers princier vers 1980 et ne s’est pas placée en groupie fanatique ni en “surprotégée” qui obéit au doigt et à l’œil. D’emblée, elle le trouve arrogant mais reconnaît son talent. Elle-même écrit la musique et a envie d’écrire ses propres textes. C’est surtout la voix qui séduit Prince qui à l’époque n’a que 22 ans et n’a pas encore connu le succès mondial qui va venir. Jill devient une choriste attitrée et elle va apporter une contribution importante à l’album “1999″. C’est le travail réalisé pour Vanity 6 qui va la pousser à vouloir faire son propre album. Prince et Jill écrivent dés 1982 “Mia Bocca” pour faire partie de “Purple Rain” et “G-Spot” pour le futur album de Vanity (avec “Vibrator”). Finalement les deux titres seront conservés pour l’album de Jill. Prince est tellement occupé à l’époque (Purple Rain, The Time, Appolonia, Sheila E etc…) que l’album est encore repoussé. Nous en sommes en 1984 et Jill patiente, elle dira qu’ils étaient tous comme des enfants jouant à un “grand jeu”.En 1985, Prince est un peu plus libre et ils commencent à travailler sérieusement sur l’album de Jill. Ils enregistrent ensemble le titre “Hello” et travaillent sur de nombreux titres. Prince dira sa réelle admiration pour le talent de Jill et surtout pour sa voix. “Mia bocca”, “G-spot” et “Baby you’re a trip” sont envoyés à Clare Fisher pour ajout des lignes de cordes si chères à Prince. C’est vrai qu’elles apportent souvent la touche finale aux titres princiers. Le travail continue en 1986 mais Prince voit bien qu’il n’a pas assez de temps à consacrer à Jill et il confie à David Rivkin le soin de poursuivre le travail. L’album est compilé une première fois en février 1986. Mais Prince n’est pas encore satisfait à 100 % et il passera encore plus d’un an avant que l’album ne sorte en 1987. A juste titre d’ailleurs car des titres pressentis seront supprimés pour laisser la place à d’autres, meilleurs sans doutes, et Eric Leeds apportera sa touche de sax si particulière. Jill est “patiente”, très patiente, c’est lune de ses meilleures qualités dira Susan Rogers; ingénieur du son aux studios de Sunset Sound !
Même si l’ensemble des titres est enregistré comme des titres écrits par Prince (Joey Coco), Jill a participé à l’écriture de plusieurs titres mais elle n’a pas souhaité en être créditée. Dommage car c’est bien la seule qui ait été une véritable “collaboratrice” plus qu’une poupée supplémentaire dans la salle de jeux de Prince. Elle ne le souhaitait d’ailleurs pas et a toujours mis un point d’honneur à se considérer comme son égale. L’album “Jill Jones” est toujours considéré comme la meilleure production de Prince pour un autre artiste et même si ce disque n’a pas eu le succès qu’il méritait aux Etats Unis, c’est l’Europe (comme souvent…) qui lui réservera un excellent accueil.

Il est d’ailleurs toujours très prisé.
La track-list
“Mia Bocca” (ma bouche en italien) est sans conteste LE titre de l’album. Une intro mortelle avec les violons de Clare Fisher qui résonnent comme un “hymne”, la voix de Jill si particulière qui arrive pas à pas, on se demande ce qui va arriver…c’est une rythmique métallique mélangée à des cuivres saturés, un synthé hypnotique…2 minutes et on est accroc pour la vie. Et toujours, une constante chez Prince, des sonorités, des gimmicks qui font le SON princier. “G-spot”, comme son nom l’indique évoque le point G, cher aux sexologues du début des années 1980 qui pensaient avoir trouvé là, le secret de la sexualité féminine !!! Le titre est volontairement ironique, basé sur une rythmique robotique et les paroles sont très “second degré”. Elle chante : ” G-spot, G-spot, où peux-tu bien te trouver ? ” pour dénoncer gentiment la dérive “mécanique” de ceux qui énoncent de telles idées “toute-faites” qui résumeraient le secret de la sexualité féminine à la découverte d’un “point” particulier. La phrase “je suis une horloge, il est 9 heures 15 ” est impayable ! “Violet Blue” est une ballade soul/funk assez jazzy, appuyée par la basse jouée par Prince, les cuivres d’Eric Leeds et Matt Blistan, les cordes de Fisher. La voix est aérienne et la “french touch” de l’accordéon en fin de titre achèvent d’en faire un faire un must.”With you” est une reprise d’un titre du second album de Prince. Elle s’en tire pas trop mal sans atteindre la pureté de l’originale.”All day, all night” est un titre rythmé un peu similaire à “Hello” sur la base basse-batterie et qui évoque aussi un titre comme “America”. J’adore…”For love”…c’est “Girls and boys” ma parole, je suis sûr qu’un “mixage” habile des 2 titres donnerait quelque chose de sympa.”My man” est un titre pop dans la veine de ce qui précède Purple Rain. Il paraît que Prince riait beaucoup à chanter ce titre lui-même, car à l’époque beaucoup le soupçonnait d’homosexualité…”Baby you’re a trip” est une ballade soul typique de Prince. Il écrit ce style de chanson comme vous vous faites un café le matin et chaque fois le charme opère (pour la chanson pas le café…). Le titre se termine sur les premières paroles de Mia Bocca !
Plus tard en 1988, Jill tente de sortir un second album avec l’aide de Chris Bruce. Elle revient à Minneapolis pour travailler à nouveau avec Prince en juillet 1989 mais ce second album ne sera jamais complété surtout parce que Jill et Prince vont peu à peu se “désunir”, le courant ne passe plus vraiment et Jill est trop entière pour n’être considéré que comme un “poulain” de plus dans l’écurie princière. Il ne fut d’ailleurs pas très sympa avec elle au moment de Graffiti Bridge ce qui sonna le glas de leur relation. Durant les années 1990, Jill a continué à travailler avec notamment Ryuichi Sakamoto, Tim Simenon, John Reynolds, et d’anciens musiciens d’Orchestral Manoeuvres in the Dark. Par la suite, elle connut des moments difficiles avec la maladie de sa mère et ses propres soucis. Fin 1999, un nouvel album fut projeté à nouveau avec Chris Bruce ainsi qu’une tournée. C’est finalement en 2001 que sortira “Two”, le second album de Jill Jones. Cet album fait la part belle à la voix de Jill, mais aucun hit n’en sortira. On peut regretter que Prince n’ait pas eu un peu plus de clairvoyance, car elle le méritait…

Prince’s Girls Volume 2

Dimanche 18 février 2007

Bon j’ai eu des remarques sur ma compile « Prince’s Girls 1 », gentilles, mais des remarques quand même. En fait, c’est vrai, il manquait certaines collaborations féminines, mais je m’étais limité aux principales, celles qui avaient donné lieu, en majorité, à des albums ou au moins à des titres intéressants. Donc après moult recherches et investigations, je vous livre le résultat de mon travail. Bien sûr, c’est pas tout à fait (pour moi) le même niveau que la première !, mais vous aurez ainsi quasiment la « totalité » des filles qui ont chanté « du » Prince. Je précise avant toute autre remarque que j’ai volontairement exclu une certaine Dale Bozzio qui a chanté le titre « So Strong » écrit par Prince car c’est vraiment une merde, cette fille ne sait PAS chanter ! (même si elle a, un temps, chanté derrière Zappa…)
On commence par The Bangles, un groupe de filles des années 80, pour qui Prince (ou plus exactement Christopher Tracy, l’un de ses pseudos) écrit le titre « Manic Monday » qui sera un hit en 1986 (en même temps que « Kiss » d’ailleurs). C’est un titre Pop agréable à écouter même si c’est pas « my cup of tea ». le groupe créé en 1981, explose en 1989 pour se reformer en 2000 et sortir un nouvel album en 2003. Le titre suivant est déjà beaucoup plus funky et festif « Wouldn’t you love to love me » est chanté par Taja Sevelle. Taja a été signée chez Paisley Park (les studios princiers) début 80 et un album « Love is contagious » sera réalisé. Ce titre en est extrait et il est co-écrit avec Prince. Il est dans la veine d’un certain type de musique des années 80 dans lequel on classait également des artistes comme Janet Jackson ou Paula Abdul. Taja travaillera avec d’autres artistes comme Burt Bacharach ou Nile Rodgers. Aujourd’hui, elle continue à chanter, mais elle écrit aussi des livres et relooke même des cuisines… Paula Abdul justement, parlons-en. Un joli brin de fille qui démarre sa carrière en tant que danseuse et chorégraphe. Elle travaille avec les plus grands sur les chorés de vidéos, Prince, The Jacksons, Kool and The Gang, ou encore Luther Vandross. Elle sort également fin 80 plusieurs titres qui connaîtront un réel succès. En 1991, l’album « Spellbound » se vend à 6 millions d’exemplaires et contient un titre écrit par Prince « U ». Sans atteindre ce qu’il a écrit pour Jill Jones, ce titre est plutôt bien fait avec des sonorités tout à fait dans le style du Prince de l’époque.
Patti Labelle a chanté Prince ! Patti Labelle c’est quand même une pointure en soul qui a une « carrière » derrière elle. C’est une voix reconnaissable entre toutes et c’est surtout un hit monumental en 1975 « Lady Marmelade » que beaucoup croient encore s’appeler « Voulez-vous coucher avec moi ? ». A l’époque c’est un groupe de filles dont fait partie également Nona Hendryx dont je reparlerais plus loin. « Yo mister » sort sur l’album « Be yourself » en 1989. C’est un titre lent, assez monotone, qui fait la part belle à la voix puissante de Patti mais avec de belles sonorités. Nona Gaye, je l’ai déjà présentée dans mon article sur ses conquêtes féminines. C’est une femme magnifique qui a partagé quelque temps sa vie et qui a également partagé ce titre, « Lovesign » en 1994. A l’appui : une vidéo mémorable et une rythmique très « sexy ». Elle est aujourd’hui plus actrice que chanteuse. Le titre fait partie de mon top 50… et en bagnole il peut passer en boucle ! J’adore faire le marlou en ville avec ce titre à fond… Mica Paris est anglaise et chante depuis l’âge de 15 ans. Elle sort régulièrement un album depuis 1988 mais n’a pas la notoriété qu’elle mérite. Elle travaille pas mal pour la télé aussi. « If I love U 2nite » sort en 1991 sur l’album « Contribution », la voix est vraiment très agréable, dans la veine d’une Sade (sans en atteindre la perfection bien sûr…) et ce titre se laisse écouter sans déplaisir. En janvier 2003, elle a participé au « Purple Reign – The Prince story » un show entièrement consacré à Prince sur la BBC.

« Standing at the altar » est un titre étrange. On adore ou on déteste… Le titre paraît en 1994 sur le disque « 1-800 New Funk ». C’est une ballade pop/rock chantée par Margie Cox. C’est encore une « Voix », Margie, de son vrai prénom Margaret a chanté dans le groupe « Lipps inc » (vous vous rappelez « Funky town »), puis dans Ta Mara un groupe que Prince avait produit et qui délivrait un funk bien saignant. C’est pour ça que ce titre me déçoit un peu ! Je ne vais pas vous faire l’injure de vous présenter Madonna, juste vous dire que très très peu de temps, elle a été pressentie pour jouer dans le film « Graffiti Bridge » et qu’ils se sont connus « bibliquement » et épisodiquement. Un duo est enregistré pour l’album « Like a prayer » en 1989. Le titre « Love song » est passable, sans plus, j’aime bien les petits riffs de guitare de Prince. Après…c’est Madonna… Là aussi, inutile de vous présenter Kate Bush, chanteuse et compositeur britannique qui fascine depuis longtemps par son univers musical. Kate Bush c’est une voix à part et une personnalité à part. Exigeante, un peu comme Prince, elle cumule succès commerciaux et d’estime depuis 1978. « The Red shoes » album sorti en 1993 voit la participation de Prince sur un titre « Why should I love you ». Il est bien dans l’esprit d’ailleurs de ce que fait Kate tout en restant très « princier ». Pour l’anecdote, elle a participé en 1996 à l’album de Prince « Emancipation » sur le titre « My computer ». La suite n’est guère moins connue même si le commun des mortels se souvient plus du nom de la chanson que de la chanteuse elle-même. Jevetta Steele, chanteuse afro-américaine, n’est autre que la célèbre interprète de « Calling you » le tube qui accompagne le film « Bagdad café ». A l’origine membre du groupe familial de Gospel « The Steeles », Jevetta va accompagner Prince durant quelques années. En 1993, elle sort un album qui connaîtra un honnête succès « Here it is » avec un hit bien classé dans les charts « Hold me », ballade soul que Prince peut écrire à la pelle. Aujourd’hui, elle continue à assurer les chœurs de nombreux artistes. On poursuit avec Elisa Fiorillo. Je sais, comme moi, vous ne la connaissez sans doute pas ! C’est parce que c’est essentiellement une artiste de « chœur » qui chante derrière de nombreux artistes. Prince la rencontre lors d’une session d’enregistrement et séduit par sa voix la fera travailler sur plusieurs de ses albums. Il lui écrira plusieurs titres dont « On the way up », titre empli de percussions, contemporain de l’époque Diamonds and Pearls. Aujourd’hui, elle donne plutôt dans le jazz.
Deborah Allen chante en 1987 « Telepathy » titre écrit par Joey COCO…qui n’est autre que Prince lui même ! En effet, c’est l’un de ses nombreux pseudonymes. Deborah est une chanteuse de country qui continue sa carrière aujourd’hui. A l’époque, elle est dans l’entourage princier comme de nombreuses autres jeunes femmes et cette collaboration n’est pas la plus exceptionnelle. Bon, vous allez peut être pas le croire, mais Céline Dion a chanté Prince. C’était en 1992, « Caielin’ » sort un nouvel album qui s’appelle tout bonnement Céline Dion. Il contient un titre écrit par son altesse pourpre « With this tear », certainement un travail de commande pour un album qui devait conquérir l’Amérique, ce qui fut fait. Bon je ne vous présente pas Céline, le titre n’est pas impérissable et passablement formaté pour les radios américaines ! Rosie Gaines a travaillé longtemps avec Prince et principalement sur Diamonds and Pearls. A la base, elle jouait dans Unity, un groupe familial de funk. Prince l’a remarqué lors de démos et ils ont commencé à travailler ensemble à partir de 1990. Un album devait voir le jour mais n’a été sorti suite aux problèmes de Prince avec sa maison de disques. J’ai retenu le titre “I want U” dans une version laissant la part belle aux vocalises de Rosie qui a une voix inimitable, grimpant assez haut dans les octaves. Pour terminer, Nona Hendryx et le titre “Baby Go Go” (Thanks Willy…). Nona Hendryx c’est un des piliers du groupe Labelle, on y revient, le célèbre groupe de divas glamour qui a immortalisé cette réplique célèbre : “Voulez-vous coucher avec moi”. Elle a eu une carrière assez prolifique, et je me souviens qu’elle a travaillé un temps avec Matérial, un groupe de funk expérimental dont faisait partie Bill Laswell et Nile Rodgers. C’est en 1987 qu’elle sort un album “Female Trouble” où figure ce titre parmi d’autres, dont certains en collaboration avec Peter Gabriel. C’est celui que je préfère sur cette compilation.

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Partie 3