Découvrez mes passions au quotidien

3121

Mercredi 7 juin 2006

file-309.jpgMa revue de 3121 !

Je m’explique sur mon choix d’analyse : Je ne suis, ni chanteur, ni musicien, donc je ne sais pas comment on crée une chanson et par quel bout on la prend. Je sais encore moins comment LUI travaille, d’abord musique puis textes ou l’inverse ??? Je profite donc de l’exxxxcellent travail de traduction de Last December (membre du forum schkopi) pour reprendre chaque titre en partant d’abord du texte.
3121
D’autres avant lui ont évoqué des “party” dans leurs chansons. Façon « couettes et jupe plissée » version Sheila in « c’est ma première surprise partie » ou « bitches et croupes lissées » version 50cent in « Candy shop ». Lui a choisi la version classique du gars qui invite chez lui parce que c’est LA qu’il faut être. Ca démarre plutôt bien, mais dés la troisième ligne, y faut mettre un peignoir japonais et des sandales et là je suis obligé de me poser la question : « …Pour faire quoi ? » « Boire du champagne dans une flûte en chocolat » (moi qui croyait que c’était un club échangiste, que nenni !).  Alors qu’en est-il de cette « party », à part qu’on va s’y éclater et qu’on ne voudra pas en repartir ; ben on va effrayer les papillons ? de nuit ? et on va se retrouver un tant soit peu avec les impressions d’une jeune ballerine qui trépigne sur le Lac des Cygnes ! Diable et tout ça en peignoir japonais et sandales aux pieds, bonjour les crampes !!! En plus on est pas rendus, faut rester là toute la nuit jusqu’au lever du jour parce qu’on est une « Purple personne », mais bon c’est pour la bonne cause et ça va péter, je vous le dis, comme en 89, à Berlin. Mais c’est là que tout s’éclaire, il s’agit d’un « fantasme futuriste » ; nous sommes donc en présence des « party » du futur. Bon c’est vrai, une traduction, aussi bonne soit elle, ne rend jamais vraiment compte de ce que l’auteur a réellement voulu dire, mais le fait est là, sa dialectique m’étonnera toujours. N’empêche y m’invite quand y veut !!! L’essentiel tout de même c’est qu’il nous dit tout cela sur une rythmique à pleurer sa mère et qui m’a fait penser dés le début à…….une locomotive ! Je suis resté bouche bée les 45 première secondes avant d’esquisser un geste, tellement c’était bon. Alors quand je dis locomotive, je parle pas d’un TGV ni d’un T.E.R, je parle plutôt d’un tortillard mais qui aurait trempé dans un bain de plomb et de cuivre, et qui s’ébrouerait lentement comme un éléphant sortant du marigot. C’est gras sans être « graisseux », c’est chaud sans être « hot » et c’est métallique sans être « hard », bref c’est du PFUNK à l’état pur avec des relents, assumés sans doute, d’«Atomic dog » du grand George. Avec ces petits plus qui font les grands titres de Prince, l’espèce d’hymne olympien en milieu de chanson, les sonorités inattendues car distordues, les mots murmurés ou assenés comme des sentences : « Guitar » …et on se revoit, mimant la guitare, sur le final de la version album de « Batdance ». Et puis ces touches de synthé « wonderiennes » en fin de parcours. Bref, un petit bijou qui, je pense, doit faire l’unanimité. S’il maintient, comme depuis quelque temps, le premier titre de l’album comme premier titre de concert, ça va déchirer en live ! Numéro 3 sur ma « choc liste »
LOLITA
En fait la partie continue et malgré son peignoir et ses sandales qui font quand même « vieux garçon aisé sur le retour montrant ses estampes japonaises », il arrive à « lever » une jeunette (Faut dire que tout le monde est en peignoir aussi). Or la jeunette est vraiment très jeune, rapport à « Papiers SVP ». Bon là je dois faire un break pour faire de l’introspection :
Il ne t’arrive jamais depuis quelque temps de guetter dans l’œil d’une jeune fille un attrait quelconque pour ta petite personne, en te disant soit : « ah, elle m’a regardé en souriant, je fais encore mon petit effet » ; soit : « oh, elle m’a regardé d’un air style qu’est-ce qu’y me veut ce vieux con, encore un obsédé ». Car en fait tout est là, Prince a dépassé les 45 ans et quoi qu’il fasse, il a franchi une étape psychologique importante pour nous les hommes, celle qui fait qu’on bascule de l’autre côté d’une « certaine barrière ». On ne sera plus jamais un jeune homme malgré tous les efforts possibles et imaginables. Ca n’empêche pas de naviguer sur le fantasme de l’homme mûr et de la jouvencelle cher à Nabokov. Bon, il fait ça avec style (Franck et Ava, Dom Pérignon, Caviar, Cadillac rose), mais le fait est là que ne donnerait-il pas pour faire la danse du singe avec elle. Il a beau dire et répéter qu’il ne sera pas infidèle, ça le démange grave, pas la peine de nous leurrer avec ses « c’mon let’s dance ». Prince serait-il en pleins doutes sur son charme ravageur ? En tous cas, c’est assez « hot » pour le coup, un « témoin » qui veut avoir une gamine « sur le bout de la langue » ça fait désordre. Mais c’est vrai qu’aux Etats Unis, ils sont pas comme nous, dans le trip « visiteur à petite valise au discours lénifiant » qui vient vous faire ch…un dimanche matin !
Le thème musical est à l’image du côté « pétillant » de la chose, c’est joyeux, printanier et ça incite à claquer des doigts. Et puis il y a ce petit gimmick au synthé vite retenu, et qui ressemble à ceux qui ont fait tout le sel de titres comme « Take me with u » ou « Raspberry Beret ». C’est sûr, c’est pas tout à fait du même niveau mais ça se chantonne très facilement et ce sera peut être le prochain single s’il y en a un. J’aime assez aussi le passage parlé « latinos » (avec riffs de guitare) qui revient de temps à autre dans ses chansons. Il y a tout de même un certain décalage entre la musique et le texte, d’un côté un thème musical somme toute « juvénile » et de l’autre un texte assez ambigu et qu’on peut prendre au deuxième degré («tu es bien trop jeune pour venir jeter un œil à ce que je cache », «il y a bien longtemps, nous aurions été les…chut », «imagine moi sur le bout de ta langue »). Jéhovah a beau être passé par là, ses jeunes années assoiffées de sexe ont laissé des traces indélébiles. En même temps c’est relativement courant dans ses textes, c’est surtout le contexte dans lequel c’est écrit qui est intéressant.
TE AMO CORAZON
Changement d’atmosphère et le titre vient un peu calmer les esprits après ce démarrage en fanfare. Le morceau fait d’ailleurs un tout autre effet par rapport à celui ressenti lors de sa sortie anticipée et au clip qui même s’il était sympa ne laissait pas un souvenir impérissable. Là, les notes graves de saxo mêlées aux cordes toujours scintillantes de C.FISHER et aux touches légères de piano reposent du coup de batte pris au ventre par 3121 et du coup de chaud de cette « Lolita ». Bon le texte c’est pas du Baudelaire, ça c’est clair, j’enfonce une porte ouverte et je pense qu’un élève de sixième suffisamment imaginatif aurait pu l’écrire. Mais c’est la mise en musique qui donne tout son charme au texte et surtout le clip. Alors je sais pas jusqu’à quel point il a travaillé le titre et s’il en voyait déjà les images en l’écrivant. D’un autre côté, le clip laisse entendre que la relation est terminée (décès ou départ), alors que le texte est sans équivoques, il a trouvé l’amour et il est comblé. En même temps, je ne peux m’empêcher d’essayer de lire entre les lignes, quand il dit : « Enfin je peux te dire ce que je sais depuis si longtemps, mon cœur réclamait à grand cris de chanter cette chanson », parle t-il de Manuela qui, si je ne m’abuse, fait partie de l’entourage princier depuis de nombreuses années.
Sinon, même s’il a fait mieux en matière de déclaration – « The One » – je trouve la chanson assez touchante (une déclaration reste une déclaration si simple soit-elle), sorte de petite bossa-nova alanguie, avec quantité de sonorités très agréables et comme elle est courte, elle fait le lien parfait avec la suite.
BLACK SWEAT
Ce texte me pose problème !  Je ne peux pas croire qu’il évoque simplement le fait qu’il va donner une leçon de danse à un couple. Car il s’agit bien d’un couple auquel il s’adresse ? Premier couplet à Madame, Second couplet à Monsieur, puis à nouveau Madame. Madame, j’veux pas me déshabiller, j’veux pas t’exciter, j’veux pas te provoquer, MAIS, je suis « hot », (autrement dit un chaudard), c’est plus fort que moi (le groove), rien à foutre des autres, j’ai un job ( ???) à faire !  Belle entrée en matière et quel est-il ce job ? PREPARER DE LA SUEUR NOIRE. C’est là que j’ai un problème. De la sueur noire ça n’existe pas à moins d’avoir mis beaucoup de rimmel, donc veut-il dire : de la sueur DE noir ? Je n’ose pas croire ce que j’écris et pourtant je ne peux m’empêcher d’y penser. Prince serait-il tombé dans les clichés sur l’homme noir vecteur d’une sexualité débridée et d’une supériorité en la matière sur l’homme blanc. J’en tremble, dites moi pas que c’est pas vrai !
Monsieur, j’veux pas te foutre la honte de ta vie mais cache ta femme, de toute façon j’vais te montrer comment faire car décidément t’as pas la technique !  Dites moi que je rêve où il en rajoute. Devoir cacher sa femme parce que sinon elle va succomber : « c’est plié ! » Là encore, me trompe-je où il évoque à mots couverts une certaine supériorité « physique » des blacks sur les blancs ? Non….. il est au dessus de ça et puis il le dit : je connais une toute nouvelle danse… c’est donc juste une histoire de danse. Bon, mais c’est quand même ambigu, on dit souvent que les noirs ont le rythme dans le sang et pas les blancs, Non ?  Madame, tu peux t’la jouer, j’vais t’adoucir et tu vas crier comme une dame (femme) blanche quand je compterais jusqu’à 3 !  Bon, me goure-je où il enfonce le clou (si j’puis dire). En clair il lui dit : ma p’tite, je vais te mater et en plus je vais te faire crier. Merde c’est pas possible, encore un cliché, celui de l’homme noir et de la femme blanche qui est censé être un interdit qui ne devait pas, à une époque, être franchi, où s’agit-il à l’inverse, du fantasme, justement, de la femme blanche rêvant d’un étalon d’ébène qui la fasse chavirer !
Ouais…bon…ressaisis-toi, arrête tes élucubrations, c’est juste une chanson sur la danse, d’ailleurs tout ça est balancé sur une rythmique très moderne et très percutante, avec quand même des « tambours tribaux » confirmant sa « blackitude ». On ne peut, c’est vrai, s’empêcher de penser à KISS surtout dans l’utilisation du noir et du blanc…mais c’est pas vrai qu’y remet le couvert, tu vas te taire à la fin !
INCENSE & CANDLES
La tension retombe et on repasse à quelque chose de plus feutré et de plus « érotique » ! De l’encens, des bougies, et notre ami qui attend toute la nuit pour chanter une chanson censée mimer l’acte d’amour. Joli programme. Sursaut de virilité ? il la prévient : « Je possède une chose que tu ne sauras pas manipuler » Pas sûr ! il parle peut être de son âme, bien qu’il veuille le faire toute la nuit. Mais non, après c’est truffé de doubles interprétations (ne lisez pas ce que je n’ai pas écrit, hein…). Agissons en adultes, en clair, le temps du paluchage est terminé ; sur la piste de danse ou sur la table, choix pour le moins dangereux dans les deux cas ; allusion directe à sa virilité « Quand on essaie de me séduire, ça monte, encore et encore ». En fait, Prince serait devenu un adepte du tantrisme que ça ne m’étonnerait qu’à moitié, il l’empêche de se déshabiller entièrement et lui rappelle que son esprit ne reniera jamais ce que son corps sait, dont acte. Jouissons sans nous toucher !
Là, il y a un intermède bizarre et assez sibyllin, c’est quoi ce truc brillant comme des jantes de voiture, et cette histoire de voie lactée et pourquoi crier : Prince, tu es divin ! Peut être qu’il veut simplement la glisser dans des draps de satin, chercher la voie lactée…ben j’veux pas employer des mots cochons, alors…disons qu’il veut chercher la voie du Plaisir et là…ben elle peut plus résister : « Prince, tu es mon Dieu ». Bon j’sais que nous les hommes on est assez gouvernés par ce qui nous pend entre les jambes, c’est même pas à démontrer, c’est une évidence, mais alors lui c’est quand même le champion. Mais aussitôt, il souffle le froid : « Respect au créateur, à Maman, à celui qui ne pêche pas par la parole » (au passage, j’aurais pas traduit « Booty » par « nourriture saine » mais par « fesses » bien que…). Suit une extrapolation sur l’errance et l’attente avec au final la promesse de la bougie de Prince, mais seulement sa senteur…On en revient finalement à une relation basée sur des sens autres que « bassement » sexuels, mais véritablement à la base d’une harmonie issue d’une certaine spiritualité. Le dernier couplet est dédié à l’unité (pyramide), à la pureté (fleurs, diamant) et aux conseils (d’un expert ?) en matière de désir retrouvé. Il a du beaucoup lire en ce moment notre ami et il a du loucher vers des écrits hindous ou tibétains, ma parole.
Alors la musique dans tout ça me direz-vous ? Ben y s’est pas cassé la nénette, il a bien écouté ce qui passe à la radio un peu partout en matière de « hairainebille » et il s’est dit : « sûr que je peux faire aussi bien, si ce n’est mieux que tous ces petits faiseurs qui se la jouent aujourd’hui, alors qu’ils me doivent tout ! ». Donc, ça « roulotte » tranquillement, dans la bagnole ça passe très très bien, à la longue ça devient même franchement agréable sans que ça remue les tripes bien sûr, ça c’est pour après, mais pas tout de suite !
LOVE
Toutes les femmes sont-elles aussi exigeantes, inquiètes, crédules et capricieuses qu’il le laisse entendre dans les premières lignes de ce sixième titre ? Parce qu’on sent vraiment de l’exaspération là, Stop, stop, stop, stop ! Quatre fois il le dit le mec, c’est qu’il est assez vener quand même. Puis petite leçon en quatre phrases toute simples sur ce qu’est l’Amour !
Toutes les femmes sont-elles des Marie-couche-toi-là, des croqueuses d’hommes, des manipulatrices, comme il semble le décréter dans le deuxième couplet. Parce qu’attention j’vais me fâcher, te foutre dehors et tu sais ce que tu vas perdre. Nouvelle leçon !
Toutes les femmes sont-elles fausses, hypocrites, fatigantes, susceptibles ? c’est en tous cas le sens de son troisième couplet. Et avant de marteler la leçon du jour, il l’invite à y réfléchir et à s’envoler avec lui vers les sommets de l’Amour.
Alors bien sûr, toutes les femmes sont loin d’être comme ça (enfin surtout d’avoir toutes ces caractéristiques en même temps…) mais il faut bien reconnaître qu’il a cerné en quelques phrases la majorité de ce que les hommes reprochent souvent aux femmes. Bien entendu je m’inscris totalement en faux contre tout ça, ma femme est formidable, elles est d’ailleurs derrière moi à contrôler tout ce que j’écris… A écouter, on ne se doute pas de tout ce qu’il dit quand même, surtout quand on est pas bilingue, parce que le morceau est très sympa, très funky, moi je trouve le rythme très accrocheur et il suit parfaitement le précédent en montrant que, quand même, s’il peut faire aussi bien que les autres, il peut surtout faire beaucoup mieux et être innovant. J’adore le refrain !
SATISFIED
Là pardon ça démarre très fort, c’est chaud, ça laisse transpirer le sexe et ça colle parfaitement au style “soul/bluesy” du titre que j’apprécie vraiment. Les phrases sont on ne peut plus claires, il veut être seul avec elle et va lui en faire voir de toutes les couleurs. Plus qu’une sieste crapuleuse, ça va être « a torrid night » : « Oh tu vas être comblée dans peu de temps ». C’est pas une sollicitation, c’est une sentence !  Et là ô surprise, v’la t’y pas qu’il y revient avec son tantrisme : « je ne te parle pas de quelque chose de physique ». Non, apparemment il veut juste l’amener à penser à certaines choses (inavouables) qu’elle n’a jamais osé faire. Ouh la ça se corse. Il dit qu’il va chercher un trésor caché, donc va falloir s’employer, aller au delà de ce qui est permis, c’est presque une question de survie !  Et là il porte l’estocade ! Il sait qu’elle a un autre amant, MAIS c’est qui l’chef ici ? Alors vice suprême il lui promet “la petite mort”, ni plus, ni moins, à savoir une jouissance si intense, parait-il, qu’on a l’impression de mourir et de sortir de son corps. Aurait-il lu Georges Bataille qui invente cette expression dans son roman « Madame Edwarda » ? (Marrant parce qu’il a écrit aussi « Dirty »). Enfin, on peut dire que l’harmonie est totale entre le style musical « ballade bluesy » aux accords si souvent utilisés mais toujours efficaces avec cette voix qui n’appartient qu’à lui, et un texte très suggestif mais qui reste « audible » pour toutes les oreilles. Fini les « s**k » et « f**k » et c’est peut être pas plus mal, car au stade de sa vie actuelle, qu’elle soit personnelle ou musicale, truffer un texte de ces mots ne le servirait sans doute pas !
FURY
Parabole sur la rançon du succès, FURY met l’accent sur ses conséquences dans une relation entamée avant cette gloire, relation qui s’étiole avec la notoriété. Ca peut pas être autobiographique ou alors il l’a écrite en 83 ! Pure fiction alors ? Pas si sûr ! Y-aurait-il de l’eau dans le gaz entre Mani et lui ? Doit-on y voir des analogies avec son aventure actuelle ?  Si ça l’est pas c’est une réflexion intéressante sur le détachement que peut entraîner une notoriété non partagée et qui peut perturber ou casser une relation. Il y a comme un sentiment de résignation dans son texte qui se ressent aussi dans les tonalités de sa musique, avec une sorte de crispation ou de retenue que je n’arrive pas à définir et qui se traduit peut être dans les instruments qui semblent bridés voire saturés. Les synthés par exemple (sans allusion « druckerienne » aucune) sont…comment dire…constipés ! désolé c’est le seul mot qui m’est venu à l’esprit. Bref, au début j’aimais bien le titre, rapport à la prestation du Saturday Night Live, maintenant moins !
THE WORD
Athée inflexible, je me garderais bien de formuler toute explication ou interprétation d’un texte visiblement inspiré par quelque chose qui me dépasse. Le chemin vers une quelconque foi est je suppose une affaire personnelle qui ne souffre pas la critique. Je dirais simplement que son texte est plus positif : (« Debout, agissons, aucune raison de sentir mal à l’aise ») que la musicalité du titre qui, elle, est plutôt empreinte de tristesse et qui, personnellement, me touche profondément, c’est toute l’ironie de ce titre. Je ne m’attacherais donc pas au texte qui d’ailleurs d’un strict point de vue « sémantique » est très riche et certainement significatif pour le lecteur qui partagera ces écrits. Après, que ce soit Dieu ou Jéhovah qui l’ait inspiré… Musicalement c’est le titre que je préfère, et il fait partie, à mon sens, de la dizaine de titres qui font « l’artiste » PRINCE, au même titre que quelques œuvres majeures font un grand sculpteur ou un grand peintre. C’est insoupçonnable, la mélodie peut sembler banale mais c’est la conjonction des différentes sonorités (percussions, guitare, cordes, sax) qui forme une unité puissante et hypnotique qui m’a pris aux tripes dés les premières secondes. L’exaltation du refrain et le sentiment d’élévation qu’il donne est, c’est vrai, lui aussi très prenant et pour un peu on se laisserait convaincre et emporter. J’aimerais avoir le sentiment d’une personne « croyante » sur cette chanson et sur le sens qu’il ou elle lui donne, car je suppose que la Foi s’exprime difficilement par de simples mots.
Et cette guitare toute en retenue. Je n’en dirais pas plus, j’aime trop cette chanson…trop forte…
BEAUTIFUL, LOVED & BLESSED
Alors ? là encore, récit autobiographique ou pas. Parce que la petite là, TAMAR, on l’avait jamais vue avant, personne ne la connaissait, si je ne m’abuses ! Alors Prince aurait-il joué du tour à poterie et pétri cette donzelle avec ses petites mains. A le lire (c’est elle qui parle), elle n’était qu’un vulgaire morceau d’argile qu’il a travaillé pour en faire un être vivant pleinement son existence. Ce ne serait pas la première fois que Prince joue les « Pygmalion » et lance une nouvelle artiste, il y en a eu beaucoup d’autres, pas forcément des réussites, mais tout de même, c’est une constante chez lui et ç’est pas pour lui déplaire je pense. Mais elle lui dit bien aussi, pas d’excès de pouvoir ou de désir, elle a appelé de ses vœux cette naissance mais maintenant elle veut voler de ses propres ailes. Avait-elle des problèmes « d’estime de soi » qu’il a levé en la « fabriquant » ? Bon je sais j’extrapole un peu mais il y a toujours un peu ou beaucoup de soi dans une chanson, non ? Enfin, ça va mieux puisqu’elle : Belle, aimée et bénie !
Bon, allez, Monsieur Nelson, installez-vous sur ce divan et dites moi tout : « ben, la pression j’en ai un peu marre, vous savez, entre Puff, Jay, R, U ou Pharell, c’est pas facile ici de rester le meilleur ! Bon l’autre il est passé du côté obscur maintenant, donc pour lui la tarte est cuite, il a même vendu son parc d’attraction, mais les jeunes y z’ont les crocs ! En plus attendre 25 ans pour entrer au Rock’roll Hall of Fame, ça fout les boules » Mais c’est une magnifique consécration ! Non ?  « Ouais c’est sûr, faudrait peut être que j’écrive mon histoire d’ailleurs, j’en aurais des choses à raconter, des vérités à démentir, des inconnues à révéler, c’est vrai on a dit beaucoup de choses sur moi, mais peu de gens me connaissent vraiment, je pense qu’ils seraient surpris. Je suis quelqu’un de très simple, j’veux juste être heureux et faire de la musique. Tout le reste c’est une façade pour me mettre à l’abri !  Bon ce sera tout pour aujourd’hui vous êtes : Beau, aimé et béni !
Une belle chanson avec une dernière minute dont on voudrait qu’elle ne s’arrête jamais.
THE DANCE
Alors là RESPECT TOTAL, cette chanson frôle la première place et d’un cheveu ! J’aurais voulu écrire ces lignes et si j’étais une femme j’aimerais qu’on me les écrive. Je peux rien dire sur cette chanson, elle est trop belle, j’vais juste la citer un peu :

« Je ne veux pas te donner mon amour car je ne veux pas par perdre la tête
Je ne veux pas te donner mon amour car si je le fais ce sera la dernière fois
Car je ne veux plus jamais être dans un tel état  si je n’ai pas ton amour
Je ne veux pas être ton ami je ne veux pas que l’on soit ami
Je ne veux pas tenir ta main non, je veux juste te suivre partout
Je ne veux pas te voir danser car je ne veux pas prendre le risque de tomber amoureux de toi »

J’arrive pas à définir le style musical, sud-américain ou pas, mais l’alchimie est parfaite et le final grandiose.
GET ON THE BOAT
Bon la dernière j’ai rien grand chose à dire ! D’abord parce que j’ai déjà été suffisamment long comme ça ! Ensuite parce que musicalement c’est le bon gros titre qui finira les concerts dans une jam-session terrible ça c’est couru d’avance ! Et enfin parce que côté texte c’est assez consensuel et…bateau si j’ose dire ! Peut être l’allusion voulue ou non sur les « Boat-people » mais ça paraît trop gros !

1996/2000 – 5 ans d’apnée…

Vendredi 2 juin 2006

…En faisant mes courses à AUCHAN quelques mois plus tard, je tombe sur un disque – avec le signe si reconnaissable à présent – intitulé « Chaos and Disorder ». Grosse surprise car je n’attendais pas un nouveau disque si vite et si proche de la sortie du précédent. J’apprendrais par la suite et grâce aux « sommités princières » que compte mon site préféré (WWW.SCHKOPI.COM ), que cet album fait partie des obligations de Prince envers la Warner et qu’il s’agit de morceaux assez anciens compilés pour l’occasion. Ce disque est étrange à plus d’un titre. D’abord par sa jaquette, minimaliste mais ô combien significative. Premièrement le but est clair et affiché : Déjà dans le titre et l’on apprend qu’il s’agit de morceaux initialement enregistrés pour une écoute privée et sortis du coffre fort musical de Prince qui, paraît-il, contiendrait plusieurs centaine de chansons. Il est mentionné littéralement qu’ils ont été enregistrés pour solder le contrat avec la major. Deuxièmement, et sans faire de psychologie à 2 balles, les photos parlent d’elles-mêmes : un cœur fraîchement extrait d’une poitrine et jeté dans un WC, un disque éclaté par une paraboot, des fleurs brûlées, des traces de sang, une seringue contenant des dollars, des images évoquant la gloire (passée) de Prince. Tout est dit pour marquer la rupture et peut être le déchirement car derrière les querelles financières et de propriété intellectuelle, Warner est quand même derrière lui depuis le début. Une bible trône parmi ces images négatives représentant peut être sa bouée de sauvetage… Enfin, troisièmement, le contenu. Très rock ce disque ! on a peine à reconnaître l’Artiste sur de nombreux morceaux. On a l’impression qu’il s’agit de titres réalisés pour « tester » certaines sonorités, certains enchaînements musicaux ou certains styles, parfois sans véritable passion. Il y a même deux ou trois titres assez « saoulants ». Mais il y a quand même des titres sympas comme « Zannalee » ou « Dig u better dead », le plus accrocheur à mon sens étant « I rock therefore I am ». Je ne sais pas si c’est la rythmique très « Good times », les raps style Kurtis Blow ou les passages ragga style Shabba Ranks, mais j’adore ce titre et je l’enchaîne souvent plusieurs fois de suite car pour moi : « il roule ».

Dans les dernières semaines de 1996 je crois disjoncter à l’annonce de la sortie d’un triple album et pourtant, non, je n’ai pas la berlue, le pavé s’appelle « EMANCIPATION », et même si j’apprendrais par la suite que son contrat avec Warner est honoré, son nom n’apparaît pas sur le boîtier et c’est encore le « signe » qui attire mon attention. Attention, gros travail. En effet, sortir un triple album n’est pas à la portée de tout le monde, surtout si l’on ne veut pas lasser, et c’est le cas. Alors, je sais, ça fait quand même 3 heures de musique (3 fois 1 heure tout pile) et on ne peut imaginer l’écouter en entier d’une seule traite, ou vraiment un jour où l’on a rien à faire… Heureusement chaque disque est une petite œuvre à lui tout seul, « petite » étant tout sauf réducteur. Le premier CD est assez classique et bien dans la veine de ce qu’il a déjà fait. A savoir : un mélange habile de funk, de soul et de rock’roll. Dés le premier titre « Jam of the year »on sent tout de même qu’il a à nouveau franchi une étape dans sa capacité de créer. Les sonorités globales de l’album sont assez nouvelles, nul doute qu’il a du passer des heures en studio pour peaufiner chaque titre. Les titres s’enchaînent sans véritable lien ni harmonie, mais chacun plait à sa manière. Pourtant les différences sont énormes entre un « Courtin’ time » primesautier et léger, un « Mr Happy » funky et festif et la mélancolie de « Somebody’s somebody ». On a même droit à de la salsa « santanesque » sur « Damned if eye do ». Ma préférée reste de loin et je ne me l’explique toujours pas « White mansion »… Le second CD est beaucoup plus intimiste et mélancolique. Pas de titres percutants ou de funk pur et dur comme il sait si bien le faire. Alors c’est la période où après plusieurs années de vie commune avec Mayté, ils ont décidé d’avoir un enfant. On saura par la suite que cet enfant décède à la naissance. Pas de titre qui se dégage réellement, mes faveurs vont à « Soul sanctuary » et « Curious child ». L’ensemble est tout de même agréable. Le troisième CD enfin, est très hétéroclite même si toujours très bien maîtrisé et produit, et alterne titres très modernes – l’enchaînement « New world », The human body » et « Face down », reprises de standards « la la la means I love you » et « One of us » et funk scintillants « Slave » et surtout « EMANCIPATION » véritable hymne à la liberté retrouvée. A ce propos, l’image de couverture est elle aussi très symbolique : des poings serrés brisant des chaînes sur fond de soleil levant ! D’accord au niveau « traduction d’un sentiment profond » c’est pas très recherché mais c’est pas ce qu’on lui demande… En tous cas, à partir de là j’entame une recherche de ce tout ce que je n’ai pas encore et certains savent ce que j’ai déjà raté…

NEW POWER SOUL ! Voilà un disque qui va tourner sans cesse sur ma platine ! A l’automne 1998 je poursuis ma désormais quête infernale de la production princière…
Encore une fois, il assure dans ses domaines de prédilection, le funk avec « New Power Soul », « Push it up », « Eye like funky music » et « Mad sex » qui n’est pas sans évoquer le futur « 3121 », et la soul-pop avec des titres comme « When U love somebody » et surtout des ballades musicalement irréprochables comme « Wasted Kisses ». Mention trés spéciale à « The One » qui est une ode à la femme magnifique sublimée dans un clip mettant en scène Mayté et l’artiste façon « The boy » de Chaplin, une chanson véritablement envoûtante. Et toujours ces liens entre morceaux qui me font souvent jouer de la molette : exemple Push it up-Freaks on this side-Come on. 

The Vault…old friends 4 sale, pour être plus exact. Alors…il faut savoir que « THE VAULT » est une légende tenace chez les fans purs et durs. Elle part du postulat que Prince posséderait dans des coffres des centaines de chansons enregistrées et non « publiées » à ce jour. C’est assez probable vu la productivité du « petit maître », de là à dire que c’est un trésor, nul ne peut le savoir exactement étant donné que ce « Vault » serait hyper-protégé. D’un autre côté, vu ce qu’il sort quelquefois qui est issu d’enregistrements anciens, on peut imaginer ce que cela peut représenter. En tous cas, si c’est réel, je n’ose pas imaginer ce qu’il pourrait nous sortir. J’aime assez l’idée que des années après sa mort, des œuvres sortiront et viendront charmer les oreilles de mes petits enfants comme il le fait aujourd’hui (putain, j’écoute actuellement le remix de « Little Red Corvette » sur l’Ultimate, il est à crever…encore merci Flo). Bon, ceci dit, calme toi Didier et reviens à ton sujet. The Vault…old friends 4 sale est l’une des dernières productions Warner (rassurez-vous c’est fini) et ce disque est le pendant jazzy de « Chaos & Disorder ». Il est tout de même, à mon sens, de bien meilleure facture et beaucoup de titres n’auraient pas dépareillé sur ses albums de l’époque. Le travail sur les arrangements est réussi et notamment sur les percussions. Deux titres se dégagent par rapport à cet aspect du disque « It’s about talk » et « She spoke to me ». J’adore vraiment ces deux titres et je trouve que rien que ça mérite qu’on s’arrête vraiment à cet album même s’il laisse l’impression de « chutes » de studio ayant alimenté un disque de commande. Sympa aussi « 5 women » sublimé par la suite par Joe Cocker, c’est vrai que « le vieux » quand même, y jette…« My little Pill » petit morceau bizarre laisse place au merveilleux « There is lonely » puis à « Extraordinary » repris de façon magnifique sur la tournée One nite alone. Au final, un disque très sympa, beaucoup plus que « Chaos… » et qui laisse sur sa faim de découverte de : « qu’est-ce qu’il a dans ses coffres ???

Je reprends ma narration car je suis loin d’avoir tout dit croyez-moi (ceux qui me connaissent savent de quoi je parle). Naturellement je la poursuis de la même manière, en fait, au fur et à mesure des acquisitions. Août 1999, nous passons d’agréables vacances en Bretagne sud, prés de Lorient (salut les bretons) et un beau matin, en faisant mes courses à LECLERC cette fois, je repère à nouveau le signe si reconnaissable, il n’y a qu’un seul exemplaire de « Rave Un2 the joy fantastic » que je m’empresse de glisser entre deux bouteilles de cidre dans le caddie ! Comme je ne fais pas encore partie de la grande famille d’allumés qui m’a, depuis, adopté, je ne suis pas au plus prés son actualité et je n’avais pas capté qu’un nouvel album sortait. Retour au gîte et découverte de la chose. Est-ce parce que je ne peux l’écouter que sur un baladeur CD, seul lecteur disponible, ce disque garde une saveur toute particulière pour moi et c’est un de mes préférés même s’il n’atteint pas la perfection de certaines œuvres (P.Rain, SOTT, Lovesexy…). Il y a dans ce disque tout ce que j’aime chez Prince et la production est parfaite. Le morceau titre et sa suite « Undisputed » sont deux morceaux funk-rock qui sont sa marque de fabrique. Suit une ballade inoubliable « The greatest romance ever sold » qui passera beaucoup en radio et à la télé, à M6 notamment, le clip est très beau également. Vient « Hot wit U » dont le titre parle tout seul, comme d’hab la p’tite histoire de chaudard qui va en faire voir de toutes les couleurs à une jeune demoiselle, c’est tout lui aussi ça. Morceau bien funky, mais il manque tout de même la sauvagerie d’un « Hot thing ». Avec « Eve » en star invitée. Derrière un morceau que j’adore, très court (1’30) et très agréable, un petit morceau avec quelques instruments tout en douceur et sa façon de dire « négligé »… Ensuite « So far, so pleased » en duo avec Gwen Stefani de No Doubt, morceau assez sympa finalement. Là vient, pour moi, la perle de l’album, je sais, je vais surprendre les purs et durs qui vont me lire mais tant pis. J’adore sa voix sur ce titre, le jeu des percussions qui font toute la mélodie et encore une fois les cordes de Clare Fisher qui terminent le travail. « The sun, the moon and stars » fait qu’une telle chanson ne peut être qu’une chanson de Prince, lui seul est capable de vous pondre un morceau qui va sembler « gnangnan » et qui se révèle envoûtant et presque hypnotisant. Et encore ces mots en français dans le texte avec son petit accent… Reprise de « Sheryl Crow » avec « Everyday is a winding road », procédé qu’il a très peu utilisé. En effet, il y a peu de reprises dans ces disques, il réserve plutôt ça à ses prestations scéniques. La fin du morceau est plutôt bonne avec un Larry Graham très en verve. Enchaînement « fisherien » pour une très belle chanson « Man’O’war ». On enchaîne sur un morceau très rock « Baby knows » avec cette fois Sheryl à la voix et à l’harmonica !!! Ca pète et en concert ça devait déménager. Repos salvateur avec la chanson « tristounette » de l’album, « I love u but I don’t trust U anymore », de celles qui fait sortir les briquets…Plus sérieusement, on est dans la ballade style « Sometimes it… » et plus que jamais il nous fait la démonstration de ses capacités vocales que finalement on évoque assez peu et « Ani DiFranco » à la guitare. J’écoute ce disque en écrivant ces lignes (ça me permet à chaque fois de trouver l’inspiration) et je m’dis que c’est tout de même un grand album et je ne comprends pas qu’il soit tant décrié par beaucoup et carrément rangé au rang de disque raté pour les plus durs. Pourtant « Silly game » est si belle, si tendre…il faut bien un peu de tendresse dans ce monde de brutes (non ça c’est…bon j’sais plus…bref). Par contre la suite est plus « funk » avec « Strange but true » morceau très entêtant et beaucoup de travail sur les rythmes et les synthés. « Wherever U go, whatever U do » semble clôturer le disque tout en sérénité avec cette ballade qui célèbre l’amour éternel…En fait, sur la pochette c’est fini, mais il y a une surprise. En fait il y en a deux : d’abord un morceau de cinq minutes et quelques, complètement « insonore » je veux dire, cinq minutes de silence total qui seraient, paraît-il, un hommage à Miles Davis, j’ai cru lire ça mais je me trompe peut être, me corriger si nécessaire. Ensuite « vrai » dernier morceau du disque « Prettyman » est la bombe funk de l’album, quand je dis funk j’entends rythmique d’enfer, basse ronflante à contre sens, « lead guitar » scintillante, synthés en cerises sur le gâteau, cuivres d’enfer et quels cuivres, « Maceo Parker » au sax excusez du peu. Le genre de morceau que je peux écouter 25 fois de suite sans me lasser. Deux dernières petites choses. Il y a sur la pochette un petit texte sur les mauvais traitements subis par les « moutons » dont la laine doit servir à fabriquer des vêtements et qui se termine sur une phrase de Ghandi « Dans mon esprit, la vie d’un mouton n’est pas moins précieuse que celle d’un être humain ». Ce disque bénéficiera d’un « retraitement » en 2001 avec la sortie du même album rebaptisé « Rave I n2 the joy fantastic » avec pratiquement tous les mêmes titres mais remixés.A suivre…

1980/1995 – 15 ans de découverte…

Jeudi 1 juin 2006

…ben voilà…tout a démarré en 1980, sortie de DIRTY MIND ! J’émerge d’une période rock (voire hard) ((Led Zep, Deep Purple, Pink Floyd)), je flashe sur un mec qui danse en string, collants, imper mastic, qui sort des sonorités nouvelles dans des chansons qui transpirent le sexe à chaque couplet. Les chansons sont très explicites (Sister, Head, Party up etc…) et la musique est inclassable, les influences étant trop nombreuses. Le disque est très court mais c’est une véritable pépite avec des monuments qui n’ont pas pris une ride aujourd’hui encore (Dirty Mind ou encore Uptown). Je ne sais pas encore à l’époque que je démarre une aventure musicale dont on connaît la profusion aujourd’hui et à cette époque je l’écoute encore parmi d’autres artistes, mes goûts n’étant pas trop précis. C’est sûr, je me fais parfois chambrer, car on l’affuble de pas mal d’étiquettes plutôt péjoratives, et mes potes se demandent pourquoi j’écoute :  » une tapette en string », mais bon, à croire que je sens déjà l’immensité de l’Artiste derrière les premiers riffs de guitare. La suite va peu à peu me donner raison…

Bizarrement, je ne vais pas craquer complètement pour lui tout de suite. Je m’explique, début 84, j’écoute beaucoup ce que l’on a souvent regroupé sous le vocable : « disco », en fait, du funk, de la soul, bref beaucoup de musique faite par des blacks. Je laisse le disco à Cerrone et au Village People. Moi c’est plus CHIC, ONE WAY, CAMEO et autres. La deuxième claque, sévère cette fois, arrive donc en 1984 : PURPLE RAIN ! En dehors de la chanson titre qui est devenue un standard et une référence que tout le monde connaît, ce disque est monstrueux : neuf titres, neuf styles, neuf sensations : Let’s go crazy, électrique à souhait ! Take me with U, pépite pop pétillante ! The beautiful ones, frissons garantis ! Computer blue, Rock’roll quand tu nous tiens ! Darling Nikki, inclassable et surprenant (menuet post-moderne ?) ! When doves cry, monument de créativité, du funk sans basses !!! I would die for you, magnifiée dans les concerts sur un tempo démentiel ! Baby i’m a star, hymne funky à l’intro de légende Et enfin, Purple Rain…euh…rien à dire, tout a été dit sur cette chanson, j’ai des versions live qui frisent les 20 minutes (« Do you wanna play one more time ? ») C’est sûr, le film est un peu kitsch, tout à la gloire du Prince et le jeu d’acteurs c’est pas l’actor’s studio, mais les passages musicaux sont devenus légendaires. En outre, on y découvre The TIME (j’y reviendrais). On découvre aussi (et surtout) Appolonia, mais là aussi je reviendrais sur le tableau de chasse de mon lutin préféré qui prouve que la valeur n’attend pas la hauteur du bonhomme (1 mètre 58 je le rappelle)

Eté 1986, je suis à nouveau frappé par son talent, l’album « PARADE » est dans les bacs et un single fait le tour de la planète : KISS. Nous sommes en 1986 donc le Compact Disc en est à ses premiers balbutiements et j’ai donc acheté cet album en cassette audio. Je vais l’écouter en boucle pendant au moins six mois, jusqu’à en connaître les moindres enchaînements, les plus petits gimmicks, ainsi que les paroles. Les puristes me diront que j’ai déjà raté une bonne partie de sa production, mais je vous narre cette histoire en respectant son cheminement. Je sais maintenant qu’à l’époque il a donc, comme moi, 28 ans et qu’il a déjà à son actif huit albums dont un double, soit un disque par an ( en comparaison il a fallu trente ans à Laurent Voulzy pour sortir le même nombre de disques…) ; en plus il a déjà de quoi faire au moins deux best-of, quand on sait la qualité de ce qui est sorti. Mais j’y reviendrais, intéressons nous à ce disque en particulier qui, outre son titre phare KISS, contient bon nombre de passages inoubliables, je citerais mes préférés : «Girls and Boys», «Anotherloverholenyohead» et bien sur «Sometimes it snows in april», sans oublier des titres moins connus comme « Life can be so nice » et « Venus de Milo ». Ce disque correspond en fait au film « Under the cherrymoon » sensé se dérouler dans les années 30/40 d’où sa couleur noir et blanc et le coté classique des tenues de Prince. La tournée qui va suivre va être à ce qu’il paraît une de ses meilleures et elle passa par Paris. Il faut savoir que Prince va adorer la France, notamment le sud et Paris. En tout cas, j’aime assez cette période car Prince est moins outrancier et plus sexy que sexuel.   Ce qui m’a toujours surpris avec ce disque, et c’est vraiment un des rares, c’est que même si le style de chaque titre est radicalement différent du suivant, ils s’enchaînent avec une harmonie remarquable et la plupart du temps je l’écoute d’un seul tenant ; en plus il est assez court – moins de 40 minutes- ce qui facilite les choses. Je reprends mon aventure princière avec « Diamonds ans Pearls. Oui, je sais il y a eu du matos entre deux ! Mais je vais y revenir puisqu’à partir de là débute réellement mon addiction complète et partiale envers lui. Cette fois je succombe à tout ce qu’il représente car tout me plaît ! Le disque est parfait, le style, les fringues, la coupe de douille, tout y est et visuellement c’est ma période préférée. De plus, il n’aura jamais été aussi bien entouré que ce soit : les musiciens : New Power Génération, avec Michael B, Sonny T, Tommy Barbarella, Levi Seacer Jr Les « vocals » : Rosie Gaines et la voix envoûtante de Tony Mosley…Les danseuses…Aaaaaaah les danseuses…matez le clip de « Get off » et vous comprendrez ! A partir de là, je ne vais plus rien rater et commencer à rattraper mon retard (qui est immense vous allez voir), qu’importe ! Je me régale de « Cream », « Get off », « Thunder » ou encore « Live 4 love »…  Profitant d’une bonne aubaine j’achète d’un coup « Lovesexy », « Batman » et « Graffiti Bridge » sortis respectivement en 1988, 1989 et 1990. Je l’ai dit, ce rythme effréné de production musicale va lui valoir plus tard les foudres de la Warner qui ne peut plus et ne veut plus suivre cette boulimie de disques. Il faut dire que parallèlement, Prince écrit et joue pour d’autres artistes, The Time, Appolonia 6, Sheila E, Sheena Easton, The Family, Jill Jones ou Mazarati, Sa vie n’est faite que de musique. Pas de cigarettes, pas d’alcool et pas de drogues, rien que la musique ! Lovesexy est pour moi un de ses disques les plus aboutis et les plus « pensés ». La production est parfaite et chaque titre est lumineux. La perle de l’album, à coup sûr « Anna Stesia » magnifiée 25 ans plus tard lors de sa tournée « One nite alone ». Elle ne me fait plus le même effet depuis. Elle semble d’une simplicité désarmante mais en fait elle est envoûtante.  La pochette est un must, Prince y pose nu au milieu de fleurs, photographié par Jean Baptiste MONDINO. La tournée européenne (The Lovesexy Tour) va être un phénomène. Particularité de l’œuvre (mis à part le fait qu’elle a été écrite et réalisée en sept semaines seulement) c’est qu’elle est d’un seul tenant, il n’y a pas de coupures entre les titres qui s’enchaînent avec naturel. Encore une fois, il me surprend et je sombre…  

J’ai ensuite entre les mains « BATMAN » bande originale du film du même nom. Je connaissais le 45 tours qui passait souvent sur M6 à l’époque et sur lequel ma fille alors âgée de deux ans dansait comme une folle. On entend peu la musique dans le film hormis sur le passage mémorable ou Nicholson en Joker refait le portrait de toiles de maître « Partyman ». La choré du grand Jack est un must !!! L’album est assez inégal, fait sans doute « à l’arrache », mais le morceau titre est une tuerie funk et on peut sauver largement quelques titres de l’album qui lorgnent vers ce qui sera la house music. Prince précurseur ? Le look est à l’image du film, déjanté. A voir absolument le clip de « Partyman » en version longue bien sûr. Et pour finir un morceau dont il a le secret « Scandalous » moite et sexy à souhait.

Enfin « Graffiti Bridge » Encore une bande originale de ce qui est sensé être une suite à Purple Rain. J’avoue que je n’ai pas encore vu le film et il paraît que c’est pas trop ça. Le disque est composé d’anciens titres datant quelquefois de plusieurs années et que Prince a exhumé de ses cartons (bien remplis à ce qu’on dit). Je ne dis pas que le disque est dispensable, tout fan qui se respecte se doit de l’avoir, pour les autres il peut être évité hormis quelques titres importants « The question of U », « Love machine », « Shake » ou l’énigmatique « Joy in répétition » plus tard repris en aftershow lors du One nite alone dans une version ahurissante et époustouflante de virtuosité qui me fait dire qu’il est un des plus grands guitaristes du monde. Les deux solos sont proprement sidérants.

Un an après le « Symbol », Prince sort, à son compte (Warner ayant refusé) un album de son groupe de musiciens : les NPG (New Power Generation) « GOLDNIGGA ». Ce disque est un collector absolu car il n’a pas été distribué dans le commerce mais uniquement lors des concerts 1993. En réalité, Prince est derrière tous les morceaux et l’ensemble est très funk, donc très bon. Ce disque permet à Prince d’explorer d’autres pistes musicales au même titre que sa production pour d’autres artistes.

En tous cas, cet album est devenu un objet de convoitise et j’ai enfin réussi à l’obtenir….  Je passe rapidement sur le best-of paru en 93, hormis les quelques inédits qu’il contient  (Peach, the  Pope), il n’est pas indispensable. 1993 est l’année de la rupture avec Warner Bros et c’est ce litige qui donne lieu au changement de nom de Prince en ce symbole énigmatique (The artist  pour certains,  ou encore Love Symbol) qui le suivra pendant plusieurs années et qui restera de toute façon une référence princière. En effet, il  estime que l’artiste « Prince » est lésé et ne veut donc plus que son nom apparaisse sur les disques.  Prince ayant signé pour six albums avec Warner, il se doit de les sortir en tant que The Artist afin de se libérer de ce contrat. Parallèlement Prince crée NPG Records qui deviendra SA propre fabrique, indépendante des majors. Il sort donc sous ce label une compilation d’artistes NPG puis pour respecter son contrat, autorise WARNER à sortir l’album « COME ».

La pochette, assez sombre, ne laisse aucun doute « PRINCE 1958-1993 » marque la fin d’une période chez l’Artiste qui est en fait celle de sa collaboration avec Warner pour qui il se contentera de sortir des disques dans le seul but de remplir son contrat et de retrouver sa liberté entière et totale de faire ce qu’IL veut, même si c’est trois disques par an…Néanmoins ce disque est très bon et c’est l’un de mes préférés. Les dix titres (dix mots, en fait, ce qui est déjà très surprenant) explorent encore une fois des domaines musicaux très variés et chacun d’entre eux est une expérimentation à lui seul. Parmi les plus surprenants, SOLO un long chant très puissant accompagné d’un seul instrument, sorte de harpe électronique ; ou encore ORGASM dont le titre est suffisamment évocateur pour que je ne vous en dise pas plus. Au rayon pur funk, on ne peut ignorer RACE, titre jubilatoire s’il en est !  Au rayon rock, PHEROMONE s’impose !   Ma préférée reste LETITGO et chaque fois c’est la même chose : « Chair de poule » comme dirait mon compatriote Dany Boon… Sans oublier PAPA un titre en deux volets qui évoque les enfants maltraités (autobio ou pas ???) Vient le Black album ! Ca c’est un collector pour ceux qui ont la chance d’avoir la version sortie en 1987 et retirée des ventes par Prince lui même, allez savoir pourquoi. Devenu objet de culte, il a été piraté un max. On parle de plusieurs millions de copies. Il est finalement ressorti en 1994, essentiellement pour compléter le contrat avec Warner. C’est un disque très funk, assez déroutant et réservé aux puristes de l’Artiste. Seul titre « accessible » When 2 are in love était sur LOVESEXY. C’est pas un des meilleurs mais c’est certainement un des plus expérimentaux et aussi un des plus sombres ! (d’ou le titre ???)

Une évidente boulimie de production conduit Prince à sortir en 1994 un nouveau CD pour le compte des « NEW POWER GENERATION », groupe qui l’accompagne véritablement depuis « Diamonds & Pearls » et qui tranche avec « The Revolution » par son côté plus ‘funk’ que ‘soul-rock’.   A l’instar de « Goldnigga », Prince se lâche car il est évident là aussi qu’il est derrière tout ça à 100 %, et le disque est entièrement dédié au groove. Les références au P.Funk de George Clinton sont évidentes, ainsi qu’à des groupes comme CAMEO, Brass Construction ou encore les Bar-Kays pour les intermèdes parlés, les bruits « bizarres » divers et les blagues. C’est un vrai disque « Black » ! Il passe relativement inaperçu hormis pour les initiés, mais cette période m’a toujours beaucoup plu par son côté festif. Je sais que les « autorités » en matière princière préfèrent les années 1980, mais en bon Funkateer, j’ai un faible pour les années 1990.

Je poursuis mon récit avec un des albums de mon top 5, classement que je vous dévoilerais bientôt. En septembre 1995, une galette toute dorée est dans les bacs : « The Gold Experience ». Il va me falloir du temps pour digérer ce disque mais comme il va passer en boucle pendant très longtemps dans l’autoradio, ceci explique peut être cela. Ce disque est (pour moi bien sûr, je le précise…) un condensé très réussi de la variété de styles dont notre homme est capable.  Vous voulez du Funk bien senti, scintillant comme le cuivre : « P.Control », « We march », « Now », « 319 » et surtout « Billy Jack Bitch » sont là pour vous servir !  Vous voulez du rock’n roll et du bon, avec des solos tout à la gloire du grand Jimmy, lorgnez du côté de « Endorphinemachine » et le terrible « Shhh » qui en concert devient souvent une pièce d’anthologie.  Vous voulez des ballades parfaitement produites avec des mélodies inoubliables, allez, écoutez « eye hate you » et bien sur « The most beautiful girl in the world », gros carton cette année là et écrite, paraît-il pour Miss « Ophélaï » Winter qui l’avait côtoyé quelque temps. En fait, je pense que cette chanson est surtout un hommage à la femme en général ! Vous voulez, pour terminer, des morceaux qu’on ne trouve QUE sur un disque de Prince tellement cela semble improbable et pourtant… « Dolphin », « Shy » et « Gold » vous séduiront parce que derrière le côté formaté de certains, voire « gnangnan » (shy)((vous voyez je sais être critique)), il y a toujours quelque chose d’accrocheur qui vous empêche de le zapper à l’écoute. En résumé, c’est clairement un des albums à avoir pour toute personne pas forcément très fan, mais qui veut avoir quelques œuvres du lutin, je dis quelques, car sur pas loin de 35 albums officiels, eh oui vous avez bien lu, 35 albums en 30 ans de carrière, faites la moyenne, sachant que dans le tas il y a des doubles, voire des triples, eh bien « quelques » ça doit faire une petite dizaine je pense…