Je viens de m’apercevoir avec stupéfaction que mon article sur le seul concert auquel j’ai assisté avait disparu il y a plusieurs mois maintenant, sans doutes une fausse manip lors du changement de mode du blog…bref ! A l’attention d’une charmante visiteuse
je publie à nouveau cet article. Heureusement je conserve tout !

Un beau matin de septembre, je pars au boulot et d’un doigt distrait je zappe sur l’autoradio. Je tombe sur « KISS », bon, vous me connaissez, je le laisse et « smac, smac, smac, KIIIIIIISSSSSS ». A la fin, quelle n’est pas ma surprise de constater que je suis sur RFM, radio que j’écoutais une fois tous les 2858 ans, autant dire jamais ! La surprise grossit d’un coup quand j’entends cette phrase qui fait succomber de plaisir tout fan qui se respecte : « Prince en concert le ». Dans ma jubilation orgasmique ? je n’entends même pas de quel jour il s’agit. De ce fait, je « bloque » mon autoradio sur RFM (cui qui y touche je l’fumes !!!) et j’attends………..d’avoir la confirmation de sa venue en octobre, le 28 pour un concert « patronné » par RFM (!) Arrivé au boulot, direction Internet où j’ai la confirmation de tout ça. Donc grosse panique, j’suis jamais allé à un concert du « Prince », comment on fait ? et si j’ai pas de billet ? Bon eh ! tu te calmes, t’es plus un adolescent pré-pubère, ressaisis toi. Alors calmement, j’irais sur un site de réservation prendre deux places et j’attends ? J’apprendrais plus tard que je suis passé par une belle porte, les 6000 places ont été vendues en moins de trois heures c’est dire la chance qu’on a eue. Quelques jours plus tard, je vais vérifier si ma commande est en cours ? plus de traces !!! J’ai cru que le monde s’écroulait autour de moi. A nouveau grosse panique, j’envoie un mail au service qui me rassure en me disant que ça arrive. Ca doit d’ailleurs être un fan qui me répond (hasard) car il signe « Welcome to the Dawn » phrase fétiche de Prince. Et effectivement, deux jours plus tard je reçois les tickets tant convoités. Direction mon « coffre » d’où ils ne bougeront plus.
Le 27 octobre, nous partons, Catherine et moi, chez Jacques et Danièle, ses « cousins de Paris » qui habitent Saint Denis dans le « Neuf Trois » dit aussi « Wech, bouffon, nique ta reume ! ». On visite Paris et on repère ! Ben ouais, j’aime les choses organisées et j’aime pas trop l’imprévu que je ne peux pas gérer. Je ne suis pas encore membre du Club donc pas droit au répétitions (je l’ai eu quand même en pirate !). Pour nous, on se pointe à 19 heures et après avoir évité des fans sans billets qui veulent s’en procurer à tout prix (sur ma vie, y z’ont pas intérêt à me chauffer !), on se fait fouiller « gentiment » avant l’entrée de la salle où une charmante hôtesse nous guide vers nos places ! ET ON ATTEND !
A 20 heures passées, ça commence à bouger, puis dix minutes plus tard, John Blackwell s’installe aux caisses et démarre un solo, puis rentre Maceo Parker et son « Magic saxo » et démarrent les premières mesures de « The Rainbow Children » et là…il entre…j’ai déjà pris le bras de Catherine dans ma main qui est devenu un véritable étau car je l’ai aperçu subrepticement dans l’ouverture du rideau des coulisses et je sais qu’il arrive…il est là, impeccable dans un costume très classe, comme le groupe d’ailleurs, et cette grosse voix donne le frisson ! je suis pétrifié ! je touche du doigt ce que peut représenter le démarrage d’un concert princier et surtout le sentiment qu’on va vivre une expérience unique et qui montre tout le génie de ce mec. « PARIS », il nous salue, et au bout de cinq minutes redresse le manche de sa guitare : « Can I play my guitar ? ». j’en ris aujourd’hui car depuis j’ai découvert une grande famille d’allumés qui m’ont permis de découvrir un tas de choses et notamment des perfs en public. Je n’avais écouté jusqu’alors que ses disques officiels. Ce jour là j’ai entendu un solo qui m’a troué les oreilles et au bout de 10 minutes, si on m’avait dit c’est fini, ben j’aurais déjà été content ! Nan j’rigole, ce premier trip a été mortel et m’a rendu accro à vie ! Je m’pique d’ailleurs tous les jours ! Il enchaîne avec « Muse 2 the pharaoh » qu’il « jazzifie » encore plus que sur le disque, le public est parti et n’en reviendra plus, je commence à regretter de ne pas avoir pris de places « fosse ». Va suivre un groove complètement dément « Xenophobia », que je ne connais pas, « Come on PARIS ! NPG u’re in air », tout le monde est debout et je découvre les pointures musicales qui l’entourent ! Lui est en super forme on dirait, il court partout, véritable farfadet virevoltant d’un bout à l’autre de la scène. Sa section de cuivres est scintillante ! 
A peine remis, les premières notes si familières démarrent au piano, il dit chanter cette chanson pour ceux qui ne la connaissent pas et qu’elle les fera revenir. « PURPLE RAIN », « this is my song PARIS ! this is your song too » et il empoigne Habibi. Cette chanson, je l’ai entendu depuis des centaines de fois mais celle là reste (pour l’instant) dans mon coeur, à cause de la communion d’esprit que j’ai ressentie ce soir là, je ne peux d’ailleurs en parler sans me souvenir de la boule que j’ai sentie monter ce soir là dans ma gorge, c’est bête à mon âge, ben non justement ! Suit alors « The Work » où il nous prouve qu’il a bien retenu les leçons du « King », j’ai nommé « Jaaaaaaaaames Brown » avec un petit intermède sympa où une personne du public va le combattre, avec la voix j’entends et le bluffer ! Puis c’est « Mellow », « 1+1+1 is 3 », « The other side of the pillow » et « Strange relationships » Maceo qui embraye avec un classique «Brownien » : « Pass the Peas ». Arrive « When you were mine », un de ses premiers titres et ensuite « Sign O’the times » dans une version totalement psychédélique et envoûtante avec un public complètement en phase, ça reste un de mes moments favoris. Changement total d’univers musical avec deux classiques « Take me with u » et « Raspberry Beret », j’ai l’impression d’avoir 20 ans de moins ! Il finira ce qui s’avère être la première partie du concert avec « The everlasting now » gros set funky avec solo « santanien » et démonstration des musiciens, REAL MUSIC 4 REAL MUSIC LOVERS !!!.
“Thank you & Good night » ! quoi !!! c’est fini !!! c’est pas possible, je ne veux plus que ça s’arrête !!! Mais non il revient avec « Pop life » dans une version toute guillerette. Il a enfilé une tenue plus décontractée et s’est installé au piano, il sette avec Candy Dulfer, saxophoniste de talent. Commence alors un break ou Prince s’attaque à ses titres au piano, se succèdent « Delirious » très New Orléans, « Strollin » très jazzy « Gotta broken heart again » ballade bluesy, cette voix !, « Conditions of the heart », « Diamonds & Pearls », « The beautiful ones », deuxième choc de ma soirée qui confirme que l’album Purple Rain était, est et restera son Himalaya musical. Je sais c’est terrible de dire qu’un artiste a livré ce qui se fait de mieux à 26 ans à peine, mais c’est comme ça ! D’autres artistes dans d’autres domaines ont été touchés comme ça par une espèce d’état de grâce à un moment donné et la suite représente le maintien d’un lien magique. « Nothing compares to U » « The Ladder » « Sometimes it snows in april » en sont la preuve car ils sont dans l’après Purple Rain mais touchent tout autant sans atteindre la perfection de cet album de légende ! il n’empêche, un frisson parcourt l’assistance à l’écoute de la mélodie toute simple de « Sometimes… » simple mais si évidente, Je ne suis plus au bord des larmes car elle suintent depuis trente secondes, comme pour beaucoup autour de moi d’ailleurs. Je sais aujourd’hui ce qu’est le démarrage d’un concert princier. Eh bien c’est rien en comparaison de la clôture ! Il termine avec « Days of wild » hymne au funk et qui devrait servir de leçon obligatoire à beaucoup de nos musiciens actuels. Je commence à me douter que ça va se terminer alors je me gave de la moindre parcelle de musique, de basse, de cuivre ! Présentation des musiciens et « Good Night » ! Rendez vous au Bataclan !!! Je découvre qu’il va assurer un aftershow au Bataclan, une plus petite salle dans Paris, aftershows dont il est coutumier. Malheureusement pour y assister, c’est la galère et nous nous rendons à l’évidence, il faut rentrer. 2 heures 30 de concert qui m’ont paru si courtes et en même temps si intenses, et avec ce sentiment qui s’ancre, je veux le revoir. Je crois que le déclic s’est fait ce jour là ! Qui n’a jamais vu Prince en concert ne peut pas me comprendre !
Je ne vous parlerais pas de cet after même si je l’ai récupéré lui aussi en « pirate » ! Il suffit de savoir que Prince a joué de 2 heures 30 du matin jusqu’à 5 heures, oui vous lisez bien et je peux tout de même vous dire que c’est tout à fait autre chose. Ces afters sont dédiés à la musique, aux reprises, aux versions totalement différentes de ses classiques. Il paraît d’ailleurs que ce sont ses musiciens qui n’en pouvaient plus car lui continuait à jouer. Ce type n’est pas de notre monde ! On est donc rentrés, tout émerveillés de cette soirée et pratiquement sans dire un mot, trop de sensations sans doute, on a mangé dans un restaurant d’autoroute désert à 2 heures du matin où le personnel devait nous prendre pour des extra-terrestres en goguette et retour din ch’Nord. Une chose est sure : il reviendra !
Ca fait aujourd’hui six ans et demi qu’il n’est pas venu et j’attends de pied ferme, je suis toujours sur RFM….
En 1988, Prince est en pleine tournée de promotion de l’album “LOVESEXY” dans un “Lovesexy Tour”. Cette tournée le conduit entre autres aux Pays Bas et plus particulièrement un soir, le 18 août, à La Haye, dans un club, le “Trojan Horse”, pour un aftershow devant moins de 500 privilégiés. Le son est parfait pour un pirate et cette “chose” si secrète va devenir LE boot incontournable pour toute une génération d’aficionados. Baptisé aussi “Small Club”, c’est un condensé de covers et de titres princiers comme “D.M.S.R” et “Housequake”.
En effet, je ne veux parler que d’un titre car il m’a plus “parlé” que d’autres et m’a incité encore une fois, à m’évader par les mots. “Just my imagination” est un titre des Temptations, groupe que l’on ne présente plus. Le titre est écrit en 1971 par Norman Whitfield, un des plus grands producteurs de soul aux Etats Unis. Le titre est considéré aujourd’hui comme une des marques de fabrique à la fois du groupe mais aussi de Whitfield. Eddie Kendricks, membre fondateur du groupe avec Paul Williams assure le chant, tout en falsetto, c’est à dire en voix de tête, dans la droite ligne d’un Curtis Mayfield. C’est une chanson courte (3′51), faite pour les radios, car trés consensuelle. C’est une “chanson d’amour” qui raconte l’histoire d’un gars qui fantasme “softement” sur une femme imaginaire. Les cordes chères à Whitfield donnent le tissu d’une rythmique lancinante qui laisse toute sa place à la voix de Kendricks et des choeurs, quelques touches de guitare, de harpe, de xylophone…le break est un peu pompeux mais à l’époque, c’était la construction classique d’une balade soul. Il n’empêche que la collaboration que Prince aura plus tard sur ses titres avec Clare FISHER qui s’occupe de tous les arrangements au niveau des “cordes”, doit trouver son origine dans le travail de Whitfield, en témoignent des titres comme “The One”. En fait, pour terminer la dessus, vous devez imaginer ce titre avec une fille dans les bras ! je m’explique ! les années 70 étaient l’époque bénie où on pouvait danser ce que l’on avait baptisé fort justement “un slow”, à savoir une danse trés lente, corps serrés où on se contentait de tourner sur place, le but étant surtout de “pécho” une jeune fille. Et bien ce titre est un standard en matière de slows et des comme ça, y en a des dizaines mais justement celui là a été repris par Prince…
ù il nous délivre une ribambelle de petites banderilles sonores, qui, loin de nous piquer, nous transportent d’une manière hypnotique à 3′49″, moment qu’il choisit pour faire jouer la pédale d’effets et passer dans une tonalité plus rock, cette fois, ca y est, nous ne sommes plus dans la cover, il est parti et ne s’arrêtera plus…si…en fait, il fait preuve de sa maestria et après une deuxième montée sonore des synthés relayée par le duo basse/batterie, il fait une pause de quelques secondes avant d’arriver à 4′25 où là jaillit l’un des plus grands guitaristes au monde, je n’ai pas peur de le dire, d’autant que d’autres le disent, autrement plus qualifiés que moi. Le second “assaut” démarre et va vous laisser sans voix. C’est à ce moment, peut être, que l’on peut toucher du doigt l’admiration et le “pourquoi” on aime cet homme, et on part pour un peu plus de 2 minutes de magie ou seules, existent les notes qu’il parvient à sortir de son instrument, vous êtes happé, emporté, grisé par le déluge de notes qui vous prend les tripes, les malaxent et, si vous êtes comme moi, vous donnent le vrai frisson, celui qui fait serrer les mâchoires et retenir les larmichettes qui risquent de vous monter aux yeux… puis tel le ciel après une nuée d’orage, l’intensité retombe lentement pour laisser la chanson se terminer, il demande au public de chanter avec lui, il ne peut pas les entendre ? Comment après une telle performance pourrait-on reprendre en choeur avec lui cette chanson ; j’imagine le public complètement envoûté et hypnotisé et qui ne doit pas pouvoir réagir. Et comme d’habitude c’est lui qui remercie…