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2000-2003 La quête…

Vendredi 30 mars 2007

Allez, je reprends le fil de mon histoire car je me suis aperçu que je me suis égaré depuis quelque temps vers d’autres choses…J’en étais resté à Rave… Quelques mois après la sortie de ce disque, Prince décide de conforter sa présence sur le net par la création d’un site baptisé « npgmusicclub.com ». Ce site, moyennant un abonnement, va permettre de télécharger tous les mois quatre titres inédits. A l’époque je n’ai pas Internet, je ne suis donc pas informé de la chose. Ce n’est que quelques mois plus tard que je découvre « LE SITE » et comme je n’ai encore qu’une connexion à bas débit, je n’aurais pas accès à ces téléchargements. La mise en ligne de ces titres s’échelonnera entre février 2001 et janvier 2002 et je finirais pas récupérer l’an dernier la majorité des titres sur deux compilations qui seront éditées par le Club et proposées en téléchargement payant pour les membres du club. Il faut dire que les choses auront évolué entre temps. En effet, le club évoluera au fils des mois, proposant de nombreux téléchargements en échange d’un abonnement à vie et d’un coût d’acquisition. Enfin, à vie, c’est vite dit car le site est aujourd’hui fermé pour d’obscurs motifs juridiques. C’est dommage car le Club offrait la possibilité d’avoir les places de concert en priorité, et d’assister aux répétitions. Le mode de fonctionnement quand à lui était perfectible, comme souvent quand Prince s’occupe d’autre chose que la musique. Cette période donne donc lieu à la diffusion d’une cinquantaine de titres, pour certains complètement inédits et pour d’autres relativement anciens ou connus des fans, ce qui fera dire à certains que Prince se moque un peu du monde ! …mais on ne peut lui retirer l’originalité du système et la production qui reste de qualité. Les titres ne sont pas des titres au rabais et les deux compilations valent plus que le détour. (Les personnes intéressées peuvent me contacter). La première s’intitule « The Slaughterhouse » et la seconde « The Chocolate invasion ». Je n’épiloguerais pas là dessus car je suis convaincu que toute cette période s’adressait d’abord à ses fans, chose que peu ont peut être compris, aveuglés qu’ils étaient par la volonté d’avoir du neuf et toujours du neuf… le neuf, ils vont l’avoir avec la suite « The Rainbow Children »…
Mi 2002 donc, voilà plus de deux ans que j’attends un nouveau disque ! C’est vrai, on est habitué à un rythme soutenu alors quand il ne se passe rien, on s’inquiète. Bien sûr il y a le club, mais côté grand public : nada ! C’est à ce moment que débarque « The Rainbow Children ». Je pense ne pas me tromper en disant que pour le fan princier pur et dur, il y a, comme ça, des moments incontournables dans l’histoire de notre passion. « Purple Rain » en fut un par l’homogénéité du talent et son caractère révolutionnaire ; « Sign O’the Times » fut le second par la qualité de l’écriture aussi bien des textes que de la musique ; « The Rainbow Children » (TRC) est le troisième car une nouvelle fois un virage s’opère dans son œuvre. TRC arrive à un moment de la carrière de Prince où seuls ses fans les plus invétérés le suivent encore. Les deux derniers « véritables » albums, « New Power Soul » et « Rave un2 the joy fantastic » (malgré leur très grande qualité), ont été des échecs commerciaux aux Etats Unis, toutes ses histoires avec Warner, son changement de nom ont fatigué tout le monde, et son aventure sur le net ne comblent que les abonnés. C’est dire…Et pourtant, son disque va finalement s’adresser à cette minorité car il est d’une telle densité que celui qui attend un nouveau « Kiss » ou un autre « Purple Rain » ne peut qu’être déçu ! Avant toutes choses, ce disque est celui de la spiritualité, il se déroule comme une longue histoire dont la musique est le reflet sonore. Textes et musique sont imbriqués de telle manière que l’œuvre se doit d’être écoutée dans sa totalité, un peu comme les pièces musicales d’antan. Je vous avouerais que lorsque j’ai ôté la cellophane qui enveloppait le CD, j’étais assez fébrile. Je n’avais pas écouté d’extraits, c’était donc la découverte la plus totale (hormis « She loves me for me » qui passait en fond sonore sur le site du club). J’introduis le CD et… Play.

Tout de suite je me dis, merde je suis tombé sur un exemplaire pourri, la voix est grave, ralentie, je ne discerne pas ce qu’il dit, mais à peine ai-je le temps de me diriger vers la platine que des notes de synthé se font entendre accompagnées de roulements de caisse claire et que démarre une mélodie très jazzy qui me fait rasseoir dans mon fauteuil. Un sax prend le relais et cette voix grave revient ce qui m’amène à me dire que c’est normal ! Elle va d’ailleurs être omniprésente car c’est en fait la voix du narrateur. En tous cas, s’il n’y avait les quelques riffs de guitare qui parsèment de temps à autre le début du morceau-titre, je n’ai pas l’impression que j’écoute un nouveau disque de Prince. On dit souvent que la passion vient d’une rencontre inexpliquée et inexplicable avec quelque chose ou quelqu’un. C’est le cas de ce disque, on y plonge ou pas ! Ce morceau ne s’arrête pas, une montée tout en gospel nous amène au break ou la guitare est de retour. Enfin ! Il n’empêche, dix minutes sont passées et mon avis est déjà quasi acquis : Chef d’œuvre ! J’ai face à moi un « cadeau », tout cela n’est pas fait pour la radio, pour le commerce. Ce premier titre est d’une telle richesse musicale, inqualifiable au niveau du style, est-ce du funk, de la soul, du jazz, du reggae, voire du hard sur les dernières mesures ? Pas le temps de me remettre, on enchaîne sur « Muse 2 the Pharaoh » et je reste dans l’ambiance « club de jazz » avec un titre tout en touches de synthé qui prendra une folle dimension « rn’b » (le vrai…) en concert ! Quelques notes bizarres (Xylophone ou percussions caribéennes) lancent un morceau tout en rythmes ensoleillés « Digital garden » vite remplacés par des guitares saturées et très rock ; le récit continue et fait corps avec la musique et l’on finit par se demander ce qui doit être écouté en priorité : le texte ou la musique ? et boum !!! C’est pas vrai ! il a invité James Brown ma parole, mais non c’est bien lui qui chante, pas de doutes. « The Work » nous rappelle que c’est tout de même Prince qui est à la manœuvre et le naturel revient au galop pour un morceau bien funky trempé dans les sonorités « browniennes » des années 70. Mais le texte reprend une nouvelle fois le pas sur la musique et nous entraîne, par les voix de Milenia, dans un titre jazz-gospel « Everywhere », avec un John « The Magnificient » Blackwell tonitruant à la batterie. Trois minutes et démarre « The sensual everafter », la perle émotive de l’album. Il y a quelques titres comme ça, dans sa carrière, qui invariablement me donne la chair de poule. La guitare saturée du début façon Santana, le riff de basse par le Maître (car oui il joue aussi de la basse)…et l’explosion finale dans ces quelques notes… « Mellow » nous replonge encore une fois dans le jazz pour un titre tout en velours. Le débat avait fait rage il fut un temps(…) sur le caractère « Jazz » ou non de ce disque, les puristes se refusant à considérer cette musique pour du jazz. Et pourquoi pas ? ce style n’a pas à être encadré d’une manière aussi rigide et élitiste ! Au moins, la suite ne laisse pas de doutes, « 1+1+1 is 3 le démarrage de la caisse claire met en branle la rythmique « Funk » dont il sait si bien tirer la quintessence. Personnellement, le bouton du volume a tendance à s’affoler quand je l’écoute et en public je me souviens que ça déménageait sévère. Là on est dans l’ambiance « Erotic city » avec ces petites bulles sonores qui parsèment tout le morceau et cette batterie mécanique et puissante (il faut dire que le bras de John Blackwell, c’est ma jambe). Encore deux minutes, « Deconstruction », où le récit supplante quelques nappes de synthé et quelques touches de guitare acoustique avant « Wedding fest » petite « vanne » mozartienne ! Oui quelquefois…il m’étonne, il doit avoir de temps en temps l’esprit potache. On change du tout au tout et on revient à des choses plus proches de lui avec la ballade qui suit, « she loves me for me », petite « promenade » pop tout en guitares. Les trois derniers titres de l’album sont le reflet parfait en 24 minutes, c’est à dire un tiers de la durée totale, de ce que, je pense, représente les trois facettes de Prince et de ses influences. Un titre funk/rock « Family name », un titre soul/rn’b « The everlasting now » et un titre…inclassable, « princier », « Last december », car contrairement à ce que pensent certains esprits chagrins, Prince est un artiste qui « créait » des styles de musique et influençait d’autres artistes. C’est moins vrai aujourd’hui mais j’estime qu’il a bien le droit de se reposer sur ses lauriers, à l’aune de tout ce qu’il a pu écrire et qui est, de loin, bien supérieur à la majorité des artistes connus et/ou reconnus. Ce disque aura toujours une saveur particulière à mes yeux car outre ses qualités intrinsèques qui m’ont fait dire en début d’article que c’est une de ses œuvres majeures, il est indissociable du concert de Paris en 2002 (voir mon report de ce concert section « Live ») et du choc que j’ai eu (premier concert) un certain soir du 28 octobre, lorsqu’il a démarré le concert avec cette même grosse voix et les premières mesures de « Rainbow children »…
Après The Rainbow Children, Prince va encore une fois me surprendre avec cet album seulement disponible en téléchargement pour les adhérents au NPGMusic club. Ce disque est court, à peine 36 minutes, ce qui a fait crier au scandale les adhérents de l’époque (je n’y étais pas encore), car ils estimaient que ça n’était pas un album complet ! Qu’est-ce qu’un album complet ? la qualité se compte t-elle en minutes ? Pour moi c’est un petit bijou, 36 minutes de pur bonheur ! Imaginez Prince, seul au piano, avec à peine quelques touches de basse ou de batterie sur un ou deux titres. Pas de guitares, pas de synthés, pas de boites à rythmes, pas de cuivres, on est vraiment loin de son univers habituel. Et pourtant la magie opère…Je ne vous ferais pas la critique titre par titre, cela ne s’impose pas. Parfois il suffit d’écouter et de se laisser séduire… Fin 2002, la surprise passée du “Rainbow Children” album concept et véritable pied de nez à ceux qui pouvaient croire que Prince était fini, fort d’une tournée gigantesque et reconnue qui passa par Paris pour une journée mémorable, dans la foulée d’un disque intimiste et encore une fois novateur (One nite alone studio), Prince met en ligne sur son site internet (npgmusicclub.com) aujourd’hui fermé (?) une nouvelle oeuvre à télécharger : XPECTATION ! Les neufs titres sont résolument tournés vers le jazz et restent dans l’esprit de ce qui a précédé, l’apport du violon de Vanessa Mae donne une touche “grapellienne” à l’ensemble qui se veut l’oeuvre d’un groupe. Sans les infos on ne sait pas derrière quel instrument se trouve Prince. Les titres commencent tous par la lettre X et sont explicitées sur la pochette (je traduis…approximatif…) :
Xhalation : quelque chose comme de l’air qui est exhalé
Xcogitate : réfléchir ou penser à quelque chose de manière paisible et profonde
Xemplify : pour illustrer ou servir d’exemple
Xpectation : la valeur attendue d’une variable aléatoire, une attente impatiente
Xotica : curieusement inhabituel ou étrangement excitant
Xogenous : utilisé par le corps, originellement à l’extérieur
Xpand : augmenter la taille, le volume ou la quantité
Xosphère : la région la plus éloignée de l’atmosphère terrestre
Xpedition : un voyage entrepris par un groupe de personnes avec un objectif déterminé. A vous de relier ces données avec les titres…
Début 2003 cette fois, il présente “la note” et on l’accepte. A fond dans le trip “NEWS/ONA/XPECT…” ce disque est la compilation de plusieurs titres déjà parus sur le club au compte-gouttes. Là il devient une des oeuvres à télécharger sur le “Magasin de téléchargement” du feu NPGMusicclub. Quatre des cinq titres sont issus d’enregistrements faits lors de la tournée “One Nite Alone” et comme leurs noms ne l’indiquent pas…ils proviennent des villes de Copenhague, Nagoya, Osaka et Tokyo, le dernier titre Empty Room étant un titre ancien remis au goût du jour, allez savoir pourquoi. Peut être pour terminer le titre de l’album puisqu’il est constitué des initiales des cinq titres ! Vous suivez…? Alors je vais faire court car j’ai deux autres articles qui me prennent beaucoup de temps et d’énergie, juste dire que comme Xpectation il faut se plonger dedans, les écouter, encore et encore et la magie opère, vous verrez. C’est trés proche de “N.E.W.S” avec de réelle performances musicales. Le dernier titre est sublimé par la voix de Prince, c’est le seul où il chante, et encore une fois par un solo de guitare comme il sait si bien les faire…

Jill Jones

Lundi 26 février 2007

J’ai un peu de temps devant moi et après m’être plongé dans toutes ces collaborations féminines, j’ai réécouté beaucoup l’album de Jill Jones et pour moi, il se détache du lot très nettement. Il est assez difficile à trouver maintenant, mais quand on cherche bien on trouve. Mais qu’importe la coupe, pourvu qu’on ait l’ivresse… Je vais vous parler un peu de cette jeune femme. Jill Jones est une chanteuse (auteur-compositeur) américaine qui va fréquenter très tôt Prince puisque leur rencontre date de la période Dirty Mind, son troisième album et la tournée qui a suivi. En effet, Jill chante dans le groupe “Teena Marie” qui fait les premières parties de cette tournée (elle fait les chœurs sur “Lady T”, “Irons in the fire”, “It must be magic”) . Prince, séduit par la voix de la demoiselle, l’engage en tant que choriste et elle va ainsi participer à partir de 1982 à bon nombre de titres et d’albums dont l’emblématique “1999″ (également sur les titres “Automatic”, “Free”, “Lady cab driver” en lead). Elle travaille également sur tout l’album Purple Rain et sur le titre “It’s gonna be a beautiful night”. Faisant partie du staff, elle chantera également derrière Sheila E, Appolonia 6, The Bangles et Mazarati. Prince co-écrira pour elle en 1987, l’album “Jill Jones”, qui est bien accueilli par la critique, par le public européen et qui pour moi reste un petit bijou. Un second album devait voir le jour mais restera un projet. En 2001, Jill sort un second album “Two”, qui ne voit aucune participation de Prince. Jill Jones a également participé au travail de Ryuichi Sakamoto et a également accompagné le groupe CHIC.

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Plus précisément maintenant, et grâce à un article de Per Nielsen, auteur de “The Vault” la bible princière, un tas d’infos et d’anecdotes. Jill a effectivement débarqué dans l’univers princier vers 1980 et ne s’est pas placée en groupie fanatique ni en “surprotégée” qui obéit au doigt et à l’œil. D’emblée, elle le trouve arrogant mais reconnaît son talent. Elle-même écrit la musique et a envie d’écrire ses propres textes. C’est surtout la voix qui séduit Prince qui à l’époque n’a que 22 ans et n’a pas encore connu le succès mondial qui va venir. Jill devient une choriste attitrée et elle va apporter une contribution importante à l’album “1999″. C’est le travail réalisé pour Vanity 6 qui va la pousser à vouloir faire son propre album. Prince et Jill écrivent dés 1982 “Mia Bocca” pour faire partie de “Purple Rain” et “G-Spot” pour le futur album de Vanity (avec “Vibrator”). Finalement les deux titres seront conservés pour l’album de Jill. Prince est tellement occupé à l’époque (Purple Rain, The Time, Appolonia, Sheila E etc…) que l’album est encore repoussé. Nous en sommes en 1984 et Jill patiente, elle dira qu’ils étaient tous comme des enfants jouant à un “grand jeu”.En 1985, Prince est un peu plus libre et ils commencent à travailler sérieusement sur l’album de Jill. Ils enregistrent ensemble le titre “Hello” et travaillent sur de nombreux titres. Prince dira sa réelle admiration pour le talent de Jill et surtout pour sa voix. “Mia bocca”, “G-spot” et “Baby you’re a trip” sont envoyés à Clare Fisher pour ajout des lignes de cordes si chères à Prince. C’est vrai qu’elles apportent souvent la touche finale aux titres princiers. Le travail continue en 1986 mais Prince voit bien qu’il n’a pas assez de temps à consacrer à Jill et il confie à David Rivkin le soin de poursuivre le travail. L’album est compilé une première fois en février 1986. Mais Prince n’est pas encore satisfait à 100 % et il passera encore plus d’un an avant que l’album ne sorte en 1987. A juste titre d’ailleurs car des titres pressentis seront supprimés pour laisser la place à d’autres, meilleurs sans doutes, et Eric Leeds apportera sa touche de sax si particulière. Jill est “patiente”, très patiente, c’est lune de ses meilleures qualités dira Susan Rogers; ingénieur du son aux studios de Sunset Sound !
Même si l’ensemble des titres est enregistré comme des titres écrits par Prince (Joey Coco), Jill a participé à l’écriture de plusieurs titres mais elle n’a pas souhaité en être créditée. Dommage car c’est bien la seule qui ait été une véritable “collaboratrice” plus qu’une poupée supplémentaire dans la salle de jeux de Prince. Elle ne le souhaitait d’ailleurs pas et a toujours mis un point d’honneur à se considérer comme son égale. L’album “Jill Jones” est toujours considéré comme la meilleure production de Prince pour un autre artiste et même si ce disque n’a pas eu le succès qu’il méritait aux Etats Unis, c’est l’Europe (comme souvent…) qui lui réservera un excellent accueil.

Il est d’ailleurs toujours très prisé.
La track-list
“Mia Bocca” (ma bouche en italien) est sans conteste LE titre de l’album. Une intro mortelle avec les violons de Clare Fisher qui résonnent comme un “hymne”, la voix de Jill si particulière qui arrive pas à pas, on se demande ce qui va arriver…c’est une rythmique métallique mélangée à des cuivres saturés, un synthé hypnotique…2 minutes et on est accroc pour la vie. Et toujours, une constante chez Prince, des sonorités, des gimmicks qui font le SON princier. “G-spot”, comme son nom l’indique évoque le point G, cher aux sexologues du début des années 1980 qui pensaient avoir trouvé là, le secret de la sexualité féminine !!! Le titre est volontairement ironique, basé sur une rythmique robotique et les paroles sont très “second degré”. Elle chante : ” G-spot, G-spot, où peux-tu bien te trouver ? ” pour dénoncer gentiment la dérive “mécanique” de ceux qui énoncent de telles idées “toute-faites” qui résumeraient le secret de la sexualité féminine à la découverte d’un “point” particulier. La phrase “je suis une horloge, il est 9 heures 15 ” est impayable ! “Violet Blue” est une ballade soul/funk assez jazzy, appuyée par la basse jouée par Prince, les cuivres d’Eric Leeds et Matt Blistan, les cordes de Fisher. La voix est aérienne et la “french touch” de l’accordéon en fin de titre achèvent d’en faire un faire un must.”With you” est une reprise d’un titre du second album de Prince. Elle s’en tire pas trop mal sans atteindre la pureté de l’originale.”All day, all night” est un titre rythmé un peu similaire à “Hello” sur la base basse-batterie et qui évoque aussi un titre comme “America”. J’adore…”For love”…c’est “Girls and boys” ma parole, je suis sûr qu’un “mixage” habile des 2 titres donnerait quelque chose de sympa.”My man” est un titre pop dans la veine de ce qui précède Purple Rain. Il paraît que Prince riait beaucoup à chanter ce titre lui-même, car à l’époque beaucoup le soupçonnait d’homosexualité…”Baby you’re a trip” est une ballade soul typique de Prince. Il écrit ce style de chanson comme vous vous faites un café le matin et chaque fois le charme opère (pour la chanson pas le café…). Le titre se termine sur les premières paroles de Mia Bocca !
Plus tard en 1988, Jill tente de sortir un second album avec l’aide de Chris Bruce. Elle revient à Minneapolis pour travailler à nouveau avec Prince en juillet 1989 mais ce second album ne sera jamais complété surtout parce que Jill et Prince vont peu à peu se “désunir”, le courant ne passe plus vraiment et Jill est trop entière pour n’être considéré que comme un “poulain” de plus dans l’écurie princière. Il ne fut d’ailleurs pas très sympa avec elle au moment de Graffiti Bridge ce qui sonna le glas de leur relation. Durant les années 1990, Jill a continué à travailler avec notamment Ryuichi Sakamoto, Tim Simenon, John Reynolds, et d’anciens musiciens d’Orchestral Manoeuvres in the Dark. Par la suite, elle connut des moments difficiles avec la maladie de sa mère et ses propres soucis. Fin 1999, un nouvel album fut projeté à nouveau avec Chris Bruce ainsi qu’une tournée. C’est finalement en 2001 que sortira “Two”, le second album de Jill Jones. Cet album fait la part belle à la voix de Jill, mais aucun hit n’en sortira. On peut regretter que Prince n’ait pas eu un peu plus de clairvoyance, car elle le méritait…

Camille…(re-updated)

Lundi 4 décembre 2006
Alors, pour situer cette histoire il faut savoir que Prince, « l’être humain », a de sérieux problèmes d’identité ! Loin de moi l’idée de le psychanalyser mais l’ego du Monsieur est assez démesuré, je suis obligé d’en convenir, mais n’est-ce pas inhérent à tout créateur et surtout n’est-ce pas une nécessité si l’on veut réussir. Il n’empêche, il a pour habitude d’utiliser des pseudonymes (Joey Coco, Jamie Starr, Alexander Nevermind, TAFKAP, The Artist, Symbol, etc…) jusqu’au célèbre changement de nom en un sigle incompréhensif. Camille est par contre une facette spécifique de Prince car censée représenter un double, ce qui n’est pas exactement la même chose !
Qui est Camille ? Un peu d’histoire s’impose car le prénom n’est pas choisi au hasard. Le lien a été établi avec un hermaphrodite ayant vécu au 19ème siècle. Adélaïde Herculine Barbin, appelée également Alexina, voit le jour en France, en Charente Maritime, le 8 novembre 1838 et est déclarée de sexe féminin. Elle va grandir dans une institution religieuse et devenir institutrice tout en restant dans l’ignorance de son état. Elle tombe même amoureuse d’une jeune fille et c’est à ce moment qu’elle/il découvre sa différence. L’hermaphrodisme relève en effet d’une anomalie physique et biologique à la différence de l’homosexualité qui relève plus d’une différence psychologique. Dans notre cas, Adélaïde est élevée dans l’idée qu’elle est une fille mais elle ressent des élans tout masculins pour ses amies, d’où une dualité qui la/le perturbe. Entrée dans l’enseignement, il découvre « physiquement » son état lors d’une visite médicale et est obligé de changer de nom. Il devient Abel Barbin, pense qu’il va pouvoir vivre son amour mais c’est sans compter sur l’atmosphère bien-pensante de l’époque qui va rejeter Abel, le marginaliser et le conduire au suicide à l’âge de 28 ans, dans un modeste appartement parisien. Prés du corps d’Abel, un recueil d’une centaine de pages intitulé « Mes souvenirs » où il raconte sa courte vie et les déboires liés à son état.
C’est le célèbre philosophe Michel Foucault qui re-découvre ce manuscrit en 1975 et permet de découvrir cette histoire. Foucault en parle avec le cinéaste René Féret qui va en faire un film « Le Mystère Alexina » qui sera présenté à Cannes en 1985 dans la section Un certain regard. C’est dans le film que le prénom Camille apparaît, sans doutes pour accentuer la dualité féminin/masculin avec un prénom utilisable pour les deux sexes. Prince aime la France et la découvre à cette époque, tout le monde le sait et il n’est pas exclu qu’il ait eu accès à ces informations et qu’il ait décidé d’utiliser ce prénom pour évoquer sa propre dualité, d’autant qu’en juin 85 il était en France, à la recherche d’acteurs pour la suite de Purple Rain.
Pourquoi ? La dualité revendiquée par Prince n’est pas la même bien entendu. Même si au début de sa carrière, Prince a entretenu (volontairement) le mystère sur ses orientations sexuelles, je ne vais pas me répéter mais le nombre de ses conquêtes parle pour lui et ne laisse planer aucun doute. Mais à l’époque, fin des années 70, il n’est pas non plus impossible qu’il ait été « tenté ». Prince a toujours conduit sa vie à sa manière et plus d’une fois ses réactions étaient incompréhensibles. Par exemple, plusieurs années avant l’album « Parade » il avait laissé entendre qu’il abandonnait la musique. Son producteur ne le comprenant pas, Prince lui avait rétorqué : « Sometimes it snows in april » (Quelquefois il neige en avril)… De la même manière, sur l’album « Controversy » (déjà le titre…) et dans le single du même nom, il dit : « Suis-je noir ou blanc, suis hétéro ou homo, dois-je croire en Dieu ou en moi ». Prince aime ainsi entretenir le doute autour de lui et engendrer le questionnement. En 1986, Prince travaille sur plusieurs projets et il crée cet alter-ego, « Camille », il lui attribue une voix accélérée (déjà utilisée sur « Erotic city »), à mi-chemin entre une voix féminine et masculine. Parce qu’il l’a laissé entendre, certains pensent qu’il s’agit d’une certaine facette de Prince en opposition au personnage « officiel » Je pense surtout qu’il souhaitait encore une fois se démultiplier pour assouvir sa soif d’écriture et de production car n’oublions pas qu’à l’époque, entre 1982 et 1986, reprenez votre souffle, il a :
- écrit et produit un album pour Vanity 6, écrit et produit un album pour The Time, écrit et produit son album « 1999 », écrit et produit son album « Purple Rain » ainsi que le film, écrit et produit son album « Around the world in a day », écrit et produit un album pour The Family, écrit et produit un album pour Sheila E, écrit et produit son album « Parade »…
Parallèlement, il travaille à un triple album qui doit s’intituler « Crystal Ball » et qui se muera en double « Sign O’ the times » ! Sa maison de disques n’en peut plus et l’on sait ce que cela donnera. Il est donc dans l’obligation de se mutliplier à l’envi afin de donner corps au bouillonnement créatif qui est le sien et en plus la qualité reste au rendez-vous. Je ne doute pas qu’il ait voulu donner, à un moment, le sens d’un combat intérieur pour qualifier sa production d’alors, « Lovesexy » étant l’album de la réconciliation avec son âme, mais le reste de sa carrière le démontre parfaitement, son souci premier est d’écrire et de créér comme bon lui semble même si c’est cinq albums par an. Petite anecdote au passage, à l’ASCAP (notre SACEM aux Etats-Unis) les titres déposés depuis prés de 25 ans correspondent à environ deux albums par an !!! Je pense donc que tout ça relève d’une « orchestration » de sa vie créative et qu’il avait trouvé un bon moyen de le faire ; malheureusement ses producteurs ne voulaient quasiment déjà plus le suivre dans sa boulimie. Alors c’est vrai que le livret de la tournée Lovesexy donne une explication assez étrange à cette opposition à Camille à travers son contraire « Spooky electric » créateur du « Black album » et cela corrobore la dualité bien/mal car les textes et la musique du Black album sont très agressives mais le pendant positif semble être l’album « Lovesexy » et pas le projet Camille ! Ma vision est la suivante -et elle peut souffrir la critique ;-))… Le projet « Camille » correspond à une « piste » musicale choisie délibérément (rythmes funk, voix accélérée) avec une justification habile par rapport à Herculine Barbin, le « Black album » représente le côté « Dirty » de Prince que l’on retrouvera plus tard plus ou moins régulièrement et « Lovesexy » une révélation spirituelle !
L’album prévu comprenait huit titres : « Rebirth of the flesh », « Housequake », « Strange relationship », « Feel u up », « Shockadelica », « Good love », « If I was your girlfriend », « Rockhard in a funky place ». Cet album ne verra finalement pas le jour et sept de ces titres seront en fait éparpillés sur les albums suivants hormis « Rebirth of the flesh » resté inédit à ce jour. Bien sûr en bon fan qui se respecte, je l’ai récupéré…
J’ai donc reconstitué l’album « CAMILLE » en y ajoutant ce que je considère comme des bonus et qui correspondent à des titres qui sont, soit ouvertement attribués à Camille comme « U got the look » sur « S.O.T.T », on encore « Love or money » qui est à l’évidence un titre de Camille, voire « Partyman » contemporain de « Feel u up » époque Batman/Joker, tout à fait dans l’esprit de cette dualité. Les autres bonus sont purement des avis personnels ! « I like funky music » sur l’album « New Power Soul » utilise clairement la voix de Camille ainsi que « Baby knows » sur l’album « Rave… » ; volonté ou pas, difficile à dire ; sursaut parano à des moments compliqués de sa vie, là encore le personnage est si complexe… Plus prés de nous, « 3121 » ! le titre recèle des touches de Camille, dans les voix secondaires et il est bien dans l’esprit funky, festif et « clintonien » de la majorité de ces titres. …Et “Scarlett Pussy” (merci Pierre), ainsi que “Come On” (merci Chak)…
…et maintenant le défunt PFUnk devenu F.U.N.K qui lui, est indiscutablement l’expression de cet être névrosé qu’est Camille…

The Early years

Vendredi 27 octobre 2006
…….Les puristes vont me lyncher mais figurez-vous que j’ai eu l’occasion d’écouter il y a quelques semaines le titre “Scarlett Pussy” que je ne connaissais pas, car ce titre n’est sorti qu’en face B d’un titre issu d’un album, et sur lequel il ne figurait pas. Et je me suis rendu compte en fouinant un peu qu’il y a plusieurs dizaines de titres qui ont connu le même destin, à savoir n’être “qu’une face B”. C’est frustrant car quelques titres sont sortis plus tard, sur des compils officielles, mais la grande majorité de ces titres n’a pas connu de large diffusion. Ils ne sont pas connus de la majorité mais seulement des fans purs et durs et des collectionneurs. J’ai envie, non seulement de les connaître, mais de vous les faire partager. J’ai donc fait les recherches qui s’imposaient, contacté des “spécialistes” et je vais vous en livrer le résultat. Le parti-pris a été le suivant : j’ai collationné les titres sortis officiellement en face B sous le nom Prince, Symbol ou NPG, je n’ai pas retenu les versions dites “extended” (sinon j’en finirais jamais), je n’ai pas retenu non plus les “artistes associés” à savoir ceux pour qui il a écrit ! Les titres sont repris dans l’ordre de leur sortie officielle et non de leur création (vous verrez que c’est pas simple avec lui…)
Au bout du compte, j’ai retenu 3 périodes qui me semblent correspondre à trois tournants dans sa carrière : La première que je baptiserais tout bêtement “The Early years” les premières années et qui s’arrête en gros à la période Sign o’the times (1987). En effet, suit alors la charnière “BlackAlbum” et “Lovesexy” et on part, à mon sens, pour une deuxième période qui va aller à peu prés jusqu’en 97/98 que j’aurais tendance à baptiser ‘The Funky years” car c’est l’orientation majoritaire de ses compositions. La troisième période est beaucoup plus sprirituelle et s’oriente de plus en plus vers l’internet, avec non plus des faces B, mais des titres à télécharger. Ce sera donc “the Cyber years” ( c’est fou c’que t’es original en c’moment …)
Voici la track-list de “The Early years” avec dates de création, de sortie et single concerné, plus…mon humble avis (bien entendu, si des visiteurs hautement qualifiés tombent sur des erreurs, surtout qu’ils me le disent)
Le fichier son a été là, maintenant il faut me le demander
Gotta stop (messin about) – Ecrite en 1980 lors des sessions pour « Dirty Mind », elle n’est pas retenue sur l’album et elle est sortie plus tard en mai 1981, en Angleterre en face A avec Uptown en face B, et par la suite en février 1982 en face B de let’s work (album « Controversy »). Naturellement le titre est dans la veine de « Dirty Mind », c’est un titre très rock comme l’album avec beaucoup de synthés et une rythmique très sèche. Allez savoir pourquoi il l’a écartée de l’album…C’est en tous cas la toute première véritable face B inédite de l’Artiste
How come you don’t call me anymore – Ecrite en 1982 lors de sessions en avril pour un album qu’il prépare pour Vanity, elle sortira finalement en août 1982 en face B de l’album « 1999 » qui sort quelques semaines plus tard. Il va falloir vous y habituer, Prince sort ses titres comme il veut, quand il veut et quelquefois pas du tout ! C’est une très belle chanson, comme lui seul sait les chanter, sur une base simpliste de quelques accords de piano acoustique, il pose sa voix en falsetto et en joue comme d’un instrument. C’est ce que j’appelle un titre « mûr », qui reste très moderne, même avec les années.
Horny toad – Ecrite également en 1982 pendant l’été, elle fait partie d’un lot important de titres qu’il met en boîte et qu’il sortira quelquefois plusieurs mois plus tard, voire quelques années . Elle sortira en août 1983, en face B de Delirious (album « 1999 ») dont elle se rapproche beaucoup au niveau rythmique. C’est une mini pépite (2 minutes) dans ce style syncopé qu’il adopte quelquefois comme dans Jack u off par exemple ou plus tard Courtin’ time.
Irresistible bitch – Encore quelques années entre la première mouture de ce titre, en 1981 et la sortie en face B de Let’s pretend we married (album « 1999 ») en novembre 1983. La reprise du titre est heureuse et le son correspond bien à l’esprit qui anime l’album « 1999 ». On est, pour le coup, dans le « vrai » funk, qui cette année là, inonde les ondes radio. Un titre que l’on aurait pu retrouver sur « Sign O’ the times » ou plus tard le « Black album » et qui fait furieusement penser à ce qu’il a composé pour le groupe « The Time » (rappelez-vous : My jungle love……hé…….oh..oui..oh…oui…oh !)
17 days – Enregistrée en décembre 83 avec quelques autres pendant les sessions de « Purple Rain », la chanson sort en juin 1984 en face B de When doves cry (album « Purple Rain »). Un vrai bonheur que ces 4 minutes à la rythmique hypnotisante, aux trouvailles sonores qui vont faire sa « patte » et cette batterie synthétique qui, elle aussi, devient omniprésente et ce, depuis, et pour quelques années.
Erotic city – Fait partie du groupe de titres pré-cités issus des « Purple sessions », elle est sortie un mois plus tard en juillet 84 en face B de let’s go crazy (album « Purple Rain »). C’est un titre très funky qui va beaucoup passer en club et sur lequel Prince accélère sa voix (j’y reviendrais…). Il est inclassable ! un classique à lui seul.
God – En septembre 84, elle sort en face B du célèbre « Purple Rain ». Cette chanson, écrite en mars, parle de Dieu mais pas dans le sens où il en parlera plus tard. C’est une « célébration » classique sur une mélodie légèrement « sirupeuse » avec, par contre, des envolées vocales tout à fait surprenantes !
Another lonely Chritsmas - On est toujours dans les sessions « Purple Rain » et ce titre sort à la suite des deux autres en novembre 84 en face B de I would die for you (album « Purple Rain »). C’est un titre assez puissant même s’il est un peu brouillon dans les harmonies musicales, mais il est, en fait, dans « l’esprit » Purple Rain et annonce un titre comme Nothing compares to U.
4 the tears in your eyes – Là, il faut s’arrêter quelques instants. Fin 1984, Prince a déjà donné 60 concerts de la tournée Purple Rain. Il est contacté en janvier 85 pour participer au morceau « We are the world » célèbre titre écrit pour dénoncer la situation désespérée en Afrique. Or, Prince ne participe pas aux enregistrements, préférant sortir en club ! Il sera d’ailleurs critiqué pour ça. Néanmoins, il écrit un titre pour figurer sur l’album qui suit le single. Il l’enregistre, un soir de février 85, dans une unité mobile, mais la ré-enregistre plus tard en avril 85 au moment de la sortie de l’album « We are the world ». C’est une chanse assez tristounette mais ne l’étions-nous pas à l’époque à voir ce qui se passait en Ethiopie…
She’s always in my hair – Quatrième titre issu des sessions “Purple Rain” à être sorti en face B, c’est le seul qui n’est pas associé à un titre de cet album mais à Paisley Park, titre de l’album suivant “Around the world in a day”. C’est un titre pop/rock assez intéressant et qui prendra une certaine dimension en live car les solos de guitare sont généralement impressionnants.
Hello – Enregistrée fin mai 85, elle sort en face B de Pop life (album “Around the world in a day”). C’est une chanson trés autobiographique qui raconte trés clairement l’anecdote qui a précédé “l’affaire We are the world ». C’est un titre rapide, minimaliste et très techno et qui annonce très nettement la période Batman avec notamment le titre The Future auquel il fait furieusement penser. C’est à croire qu’il a déjà en tête l’ensemble de ce qu’il va composer dans sa vie.
Girl – Ecrite elle aussi pendant l’été 1982, elle sortira beaucoup plus tard, en octobre 1985 en face B d’America titre de l’album « Around the World in a day ». C’est un titre pop-rock qui bizarrement colle bien plus avec ce qu’il fait en 1985 qu’avec l’ambiance de 1982. La rythmique est assez lancinante et annonce des titres que l’on découvrira plus tard sur « Lovesexy » et « Sign O’ the times ».
Love or money – Date de juillet 85 et des sessions pour le nouvel album “Parade”. Le titre sort en face B de Kiss, titre phare de cet album en février 86. Ce titre est un petit bijou funky à la rythmique entêtante, il annonce les sonorités présentes sur « Sign O’ the times » et également sur l’album de The Family. Il est plein de trouvailles sonores et on retrouve la voix accélérée de Prince qui sera souvent reprise pour certains titres. Cette voix est censée représenter une « facette » de Prince baptisée « Camille », mais j’y reviendrais.
Alexa de Paris – Remonte aussi aux sessions de « Parade » et sort en face B de Mountains (album « Parade ») en mai 86. C’est un instrumental, chose assez rare chez notre homme, qui fait la part belle à la guitare et aux cordes. Par instants, avec l’effet de résonance, on se croirait chez Steve Hillage ou le groupe canadien Rush. Intéressant, sans plus.
La la la he he hee – Enregistré en janvier 87, après plusieurs projets avortés qui mettent en avant une capacité de création totalement délirante, le titre sort finalement en tant que face B du titre Sign O’ the times (album « Sign O’ the times) en février 87 . C’est un titre très « clintonien » avec ces chœurs « canins » et cette batterie « aboyeuse ». Je n’ai malheureusement qu’une version beaucoup plus courte que l’originale qui dépasse les dix minutes. C’est en tous cas un titre très festif et symbolique de la facette « black » de Prince.
Shockadelica - Enregistré en septembre 86, le titre sort en tant que face B du titre If I was your girlfriend (album « Sign O’ the times) en mai 87. C’est un titre coulé dans le « funk » pur et dur avec une basse lourde, une batterie martelante, un léger riff de guitare et à nouveau la voix accélérée de Prince. Ce titre n’aurait pas dépareillé un album de Cameo…
Au final, on ne couvre « que » sept ans de la carrière de Prince et on est face à une richesse monumentale de titres dont ces faces B valent largement le détour. Je ne sais pas si la charnière que j’évoquais se situe vraiment à cette époque, il n’en demeure pas moins que voilà 14 titres qui font une compilation fort intéressante pour le néophyte qui voudrait découvrir l’univers princier pendant cette période sans devoir acheter l’ensemble de ce qu’il a écrit durant ces quelques années

Ma vie avec Prince

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