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Si j’étais Robinson…

Jeudi 31 juillet 2008

…et que je sois naufragé sur une île déserte…
…et à la condition que Vendredi ait les formes pulpeuses à souhait d’une Monica ou d’une Laetitia… laetitia-casta-47
…mais également que l’île soit équipée d’une mini centrale nucléaire destinée à me fournir l’électricité nécessaire…
…j’emménerais bien ce qu’il est convenu d’appeler “ce qu’on emmènerait sur une île déserte” !!!

Après je me suis dit, pour que ça fasse sérieux, faut que ça soit difficile à mettre au point ! A savoir, faut que tu te creuses la tête pour que CE que tu emmènes, te comble pour le restant de tes jours. Ben ouais, une île déserte c’est une île déserte…même avec “Vendredite” pour combler tes siestes crapuleuses (oui…je l’ai appelé Vendredite parce que j’ai remarqué que tous les jours de la semaine sont masculins…), car à part la chasse à l’oursin pourpre ou la pêche à la Raie bouclée, tu risques de t’ennuyer ferme ! 033

(Petit intermède pour préciser que je parle de ce que j’emmènerais en termes de musique de Prince, mais vous l’aviez compris je suppose !)

Donc…d’abord on limite à 20 titres…déjà là…ça calme car en magasin on doit pas être loin des 7 à 800 titres disponibles !
J’avais ensuite le choix du thème…ou ce serait la compile “Best-of” avec les classiques “Kiss”, “Purple Rain”, “Cream” ou encore “Little Red Corvette”, mais bon, faut avouer qu’à force, et même si on les écoute encore avec plaisir, “ça lasse”, comme dirait Vendredite quand je la regarde !…
Ou les compiles par thème…”FUNK” avec “Push”, “Race” ou “1+1+1 is3″, pour faire la Teuf avec…euh…avec…euh…personne, t’es sur une île déserte boubourse…de toute façon, comme t’es à plat à cause de Vendredite qu’est insatiable, tu pourrais pas faire la fête (je rappelle que c’est une vue de l’esprit…) !
Ou un thème “ROMANCE” avec ”When 2 R in  love” ou “The most beautiful girl in the world” pour calmer un peu la mignonne…ouais, mais en même temps, côté romance, et même si la aussi y’a du trés bon, c’est pas la raison principale qui t’a fait aimer Prince…
…ni son engagement citoyen, pour une compile “POLITIC” avec “Sign O’ the times” ou “Resolution”, c’est quoi qui te fait aimer Prince ? Hein ??

l_2561bdc7d1a3a2ac516b77a647e77867 …Après intense et mûre réflexion, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il me fallait retenir les titres qui à chaque fois, soit me filent la chair de poule, soit me ramènent ostensiblement à la même conclusion : “C’est pour ça que j’aime ce type” ! Alors vous imaginez bien que dans ces deux catégories j’en suis vite arrivé à 50 titres de chaque côté ! Il a donc fallu, tel un boucher de Belleville, “tailler dans le beefsteack” ! Quel crève-coeur !
Enlever celui-ci…je ne le puis !
Zapper celui-là…je ne peux pas !
Cuilà c’est certain…je ne peux point !
Et pourtant ce fût fait, tel Frodon Sacquet, j’ai trouvé mon “précieux”, mes 20 titres “Ever”. Je dis MES ! Sûr que certains vont trouver à redire, trouvant celui là inutile et le remplaçant par celui là, tellement meilleur…mais c’est mon blog et je fais ce que je veux…na na nèreu ! Non, plus sérieusement, je vais quand même expliquer (ou peut être pas…) mes choix,  comme ça, ça va vous donner de la lecture…
Ils sont classés le plus simplement du monde, c’est à dire, par ordre chronologique, j’allais pas en plus faire un classement, c’est les vacances quand même…

Crazy you (album “For You”/1978) - Pourquoi ? Parce que le petit côté “carioca” de ce mini titre m’a toujours fait fondre, avec sa guitare “auriverde”, ses percussions comme autant de gouttes d’eau tombant autour de vos oreilles et cette mélodie toute simple ! …Et parce qu’il dit qu’il est “un pauvre fou perdu dans un monde d’amour !” On y sent toute la puissance “mélodique” de l’artiste, puissance qui donnera ses plus belles chansons, celles qu’on peut fredonner sans soucis…celles qui font “référence”…celles qu’on ne peut pas ne pas aimer comme “Raspberry Beret” ou “Sometimes it snows in april”.
Uptown (Album “Dirty Mind”/1980) - Pourquoi ? Parce que pour moi c’est le mix parfait de CE qui a fait les quatre premiers albums de Prince, ce mélange funk/rock qui certes reviendra régulièrement par la suite, mais là tout y est, la rythmique, les accroches sonores, la voix et le texte, espèce de manifeste anti-bourgeois mais dont on voudrait bien fréquenter l’univers tout de même ! Prince invente la musique “grise” et rappelle surtout qu’elle est universelle, il n’y a pas de musique “de blanc” ni de musique “de noir” ! l_bf2996a77ea9eab83cbf3e031f917b04

Automatic (Album “1999″/1982)
- Pourquoi ? Déjà, quasi 10 minutes pour un titre c’est notable ! Si en plus, le titre est littéralement hypnotisant et ce, dés les premières secondes, si vous sentez les prémisses des dérives “camiliennes” futures, si vous succombez à ce gimmick synthétique répétitif, vous aimez…c’est A.U.T.O.MATIC ! Les trois dernières minutes sont complètement délirantes avec un Prince délivrant des solos provoquant râles et soupirs…douleurs ou extases…à vous de choisir…moi j’ai choisi (mais j’avoue que Vendredite m’a un peu forcé la main…)

I would die for U (Album “Purple Rain”/1984)
- Pourquoi ? Parce que cette chanson est inclassable, c’est un genre à elle toute seule, on dirait que chaque instrument a été enregistré séparément, sans  cohérence,  qu’on a tout mélangé et que la magie a opèré. Les versions du Purple Rain Tour sont démentes…et puis le texte, mes amis, le texte : “Je mourrais pour toi, si tu me veux aussi, je mourrais pour toi” C’est pas une belle déclaration ça ! C’est pour des titres comme ça que j’aime Prince et que je le place au dessus des autres, il a été touché par “autre chose” pour créér une oeuvre aussi évidente !

America (Album “Around the world in a day”/1985) - Pourquoi ? Forcément on a tous été marqué par la version longue..mais ces moins de quatre minutes révèlent une urgence qu’on ressent intensément, un peu comme si le titre se devait d’être rapide pour égrener le plus vite possible cette charge contre “l’American way of life”. Cette charge peut sembler bon enfant mais il fait quand même l’apologie d’une “certaine” anarchie ! Musicalement, c’est le top, la Linn drum martèle un rythme tribal, véritable transe musicale, la guitare singe et moque l’hymne national et la basse entame un ballet endiablé ! Rien à dire ! Un must !!

l_b1482b16d0567ab09eee5846973fa172 Girls and boys (Album “Parade”/1986) - Pourquoi ? Certainement parce que cet album a bercé un certain été qui m’a marqué plus que les autres ! La K7 audio, à l’époque, fût usée jusqu’à devenir l’ombre d’elle même ! Il faut dire que cet album a, je pense, planté la graine de l’addiction qui allait suivre. Est-ce le saxo d’Eric LEEDS, tout en “gravitude” qui me fait préférer ce titre aux autres ? Ou les paroles “en français dans le texte” qui m’ont séduit par leur érotisme assumé ? Ou ces petites “clochettes” qui rythment le titre d’un bout à l’autre ? Eye don’t know !!!

If I was ur girlfriend (Album “Sign O’ The Times”/1987)- Pourquoi ? Que voulez-vous que je dise sur cette chanson ? Quand je parlais de chair de poule….cette mélodie toute de mélancolie lumineuse….sa façon de dire “Please”….et ce texte sur l’omnipotence du “Si…”, mais aussi sur l’ambivalence des êtres (pas étonnant que ce soit “Camille” qui chante…) J ‘ai dit que je faisais pas de classement mais celle là serait sans doutes sur le podium !

Anna Stesia (Album “Lovesexy”/1988) - Pourquoi ? Je vais pas redire ce qui a été dit
The question of U
(Album “Graffiti Bridge”/1990)- Pourquoi ? D’abord pour la musique, sorte de “non-blues” bluesy, la guitare, le clavecin final…titre vraiment atypique ! Mais surtout pour le texte…court mais limpide (et parfait pour la méditation sur une île déserte…). Spéciale dédicace ;-)

Donc quelle est la réponse à tes interrogations ?
Que dois-je chercher ? Que dois-je faire ?
Quelle route dois-je prendre quandje me sens perdu ?
Si je vends mon âme, combien coûtera-t-elle maintenant ?
Dois-je devenir transparent ? Sans reflets ?
Dois-je rester droit ? Ou tomber et ramper ?
Toutes les questions dans ma vie trouveront leurs réponses
Quand je déciderai quelle route choisir
Quelle est la réponse à tes interrogations ?

(traduction libre et perso, donc sujette à caution…)

Joy in repetition (Album “Graffiti Bridge”/1990) - Pourquoi ? Pour le minimalisme du titre ! Quelques percussions…un synthé lointain…des bribes de guitare…un rap lancinant et pour finir un solo “assourdi” presque inaudible de près de deux minutes dont la vélocité inspirée trouvera, en live, matière à tutoyer les portes du Paradis ! Rien de moins !!! et quand je dis Paradis la version de l’aftershow du 9 avril 2002 à New York City est proprement stratosphérique…! Tout ça pour deux mots… l_40e0d3120165ae1873a8d25ad1790e99

Letitgo (Album “Come”/1994) - Pourquoi ? car ce titre est une Somme ! Mélodie “gratte-coeur”…bridges inspirés…solis desespérés…et un texte sur le doute, la clairvoyance, la résolution, et le lâcher-prise qui me touchent beaucoup. Oui, Prince est auteur aussi, pas seulement compositeur !!!

Shhh (Album “The Gold Experience”/1995) - Pourquoi ? PASSEQUE ! Voilà ! Rien à dire ! je voudrais mourir avec ce son dans les oreilles !! (oui, le soleil commence à me taper sur le crâne…)

The Ride (Album “Crystal Ball”/19??) - Pourquoi ? Tout a été dit (même si ça a donné lieu à une mini-polémique ;-))

Dreamin’ about U (Album “Emancipation”/1996) - Pourquoi ? Oui je fais plus dans le mineur que dans le majeur…je m’en rends compte au fur et à mesure que j’écris cet article mais qu’y faire ! encore une mélodie qui me donne le frisson, encore la simplicité quand elle se veut efficace et encore un texte au diapason, sur le rêve, le fantasme, l’envie…! Et certains ont le culot de me demander pourquoi j’aime Prince…

The One (Album “New Power Soul”/1998) - Pourquoi ? Pourquoi Diable ecrit-il des chansons pareilles ? Il l’a écrite pour quelqu’un ! ancienne ? nouvelle ? va savoir ! C’est en tout cas une de ses plus belles déclarations. Que ne ferait-on par amour ? il reste quand même la source d’inspiration suprême ! Quand à la musique…, comment ne pas succomber à cette rythmique envoûtante et lancinante, aux nappes de cordes qui tissent une loveweb si agréable, et à ce mix de quelques instruments presque disparates créant une harmonie aussi parfaite. J’écouterai ce titre des heures…

l_ab3d46f5ad9407aefd470843d5bcbaa3 The Sun the moon and the stars (Album “Rave Un2 the Joy Fantastic”/1999) - Pourquoi ? Je sais pas ! Question de tempo certainement…Y’a tant de choses qu’on n’est pas forcément obligé d’expliquer…hein…?…si !…euh…c’est la seule chanson de Prince que je sais jouer ! Si..Si ! Je fais trés bien le claquement de doigts ;-)….ou peut être un petit côté “midinette” qui me fait aimer ce titre un peu léger il est vrai…mais quand on aime on ne compte pas !

The sensual everafter (Album “The Rainbow Children”/2001) - Pourquoi ? Vous allez dire que c’est bête…ou que c’est l’âge…mais à 2′ 15…je ne peux empêcher les larmes de monter…

Avalanche (Album “One Nite Alone studio”/2001) - Pourquoi ? Que dire ? une mélodie parfaite pour un piano quasi mystique ! Une voix cristaline qui vous prend les tripes ! un texte trés fort sur l’intolérance, l’injustice, la liberté et la Responsabilité des actes de chacun ! Et les colombes de la Paix qui ont bien du mal à se faire entendre…

l_3948792e118909ea6914bb9fe83ec4c9 Dear Mr Man (Album “Musicology”/2004)
- Pourquoi ? Tout à l’heure je parlais de politique..J’aime bien quand Prince se la joue Arlette ou Olivier…là il déglingue à tout va : société, dirigeants politiques, discours politiques, Environnement, Pauvreté, Maladie, etc…mais c’est pas ça qui me plaît en priorité, ce petit discours “anarchisant” (encore…) est bien écrit mais finalement peu entendu…dommage…
…par contre, musicalement le côté jazzy m’a tout de suite subjugué par sa “musicalité” et le titre a une grâce et une beauté naturelles !


The Dance
(Album “3121″/2006) - Pourquoi ? La première fois que j’ai entendu ce titre, je n’ai pas cru qu’il était de Prince. Puis le titre m’a rappelé quelque chose…un inédit sorti au moment du NPG MusicClub…mais là cette version m’a complètement emporté. Cette chanson sur l’attirance et le refus, ce fond de bossa nova des années 30…
…et vous vous voyez, seul au monde…
…aux bras de la femme rêvée…
…sous les cristals d’une salle de bal de Valparaiso..
…lui déclarant ces mots enflammés :

“Je ne veux pas te donner mon amour
Car je ne veux pas perdre la tête
Je ne veux pas te donner mon amour
Car si je le fais ce sera la dernière fois “

et cette montée en puissance d’un Prince “25yearsless” vous donne le sentiment d’être ailleurs….Je me suis rendu compte que cette liste était assez orientée tout de même…cet homme est tout de même obsédé par l’amour quand on y regarde bien…en recherche d’amour je dirais même… l_76d07de81afa920215af7f85ab441328

C’est surtout pour les jeunots…ou ceux qui découvrent…ou ceux qui rattrapent !!!

Ou pour les spécialistes qui veulent une compile sympa pour partir en vacances ! C’est ce que je vais faire d’ailleurs, vous laisser une quinzaine et…ne rien foutre ;-)

A la rentrée j’essaierais de parler de Jesse Johnson !

Bonnes Vacances !

André Cymone

Vendredi 13 juin 2008

Pourquoi parler d’André Cymone aujourd’hui allez-vous me dire ? Tout simplement parce que loin de l’agitation qui anime les fans sur les dernières sorties de Prince qui sont, certes sympathiques, mais tellement loin de nous ; parce que, toujours dans l’attente de nouveautés, tournée ? album ? il faut bien tuer le temps et en apprendre toujours et encore sur lui, je me suis posé cette question toute simple : a t-il des amis ? («comme dirait » Mikeline, je n’ai pas de problèmes avec mes amis vu que je n’en ai pas…) Je veux dire des amis proches car finalement…on en sait rien. Attention, je veux pas faire le paparazzi, après tout il fait ce qu’il veut ! C’était juste un truc qui m’avait traversé l’esprit…ça m’a donné envie quand même de fouiller un peu dans son jeune âge car en général c’est là qu’on a le plus d’amis…de copains toujours et c’est là qu’André est apparu ! andr-1

André, à la naissance ne s’appelait pas encore Cymone, mais André Simon Anderson et il est issu d’une famille de six enfants vivant à Minneapolis. André et le tout jeune Prince Rogers Nelson vont devenir amis très jeunes, d’abord parce que le père d’André est musicien comme le père de Prince et qu’ils joueront tous deux dans le même groupe, ensuite parce qu’à l’âge de 15 ans, Prince choisira d’aller vivre chez les parents d’André en raison de tensions familiales avec ses parents. Hébergé tout d’abord dans la chambre d’André, Prince va décider de déménager au sous-sol de la maison, ne supportant pas le désordre d’André. La cave de la maison Anderson va ainsi devenir l’antre de l’émergence du talent que l’on connaît aujourd’hui et André n’y est pas étranger. Jouant de la basse, Prince de la guitare, ils vont développer leurs talents respectifs et passer, selon la mère d’André, du « bruit » à quelque chose de plus sérieux. En 1972, Charles Smith, un cousin de Prince, est à l’origine de la création du groupe « GRAND CENTRAL » qui comprend outre Smith, Prince et André, la sœur d’André, Bernadette Anderson, ainsi que Terry Jackson et William Doughty. Smith était frappé par la complémentarité d’André et Prince qui se comprenaient sans se parler. Très vite, Prince va s’impliquer davantage et au départ de Smith correspond l’arrivée de Morris Day, batteur et futur leader de The Time. La scène de Minneapolis est à l’époque très effervescente et l’émulation avec les groupes Flyte Time (Jam et Lewis) ou The Family (Sonny Thompson) est plus que prometteuse. Les concerts sont fréquents, dans des petits clubs, voire le jardin des parents d’André et c’est la mère de Morris Day qui tient les cordons de la bourse. Devenu « GRAND CENTRAL andr-4 CORPORATION » le succès grandit et ce sera à cette époque, 1975, que Pepe Willie invitera Prince à des sessions de travail. Après un certain nombre d’allées et venues pour des projets toujours avortés, les compères retournent à Minneapolis. Leur groupe devenu “CHAMPAGNE” en 1977 ne rencontre pas plus de succès et Prince, qui commence à travailler de plus en plus seul, sort “For You” et a recueilli un succès d’estime. André ne participe pas à ce projet. Par contre il va apporter sa contribution au second album de Prince : “Prince”; Il y est remercié sous le vocable évocateur de “Heaven sent” c’est à dire un “envoyé du ciel” ! C’est dire l’influence qu’il a du avoir sur le travail de cet album, même si (déjà) toute la création reste exclusivement attribuée au Kid. Le groupe a été renforcé par Gayle Chapman, Doctor Fink et Dez Dickerson et le premier concert a lieu à Minneapolis en 1979. Cette époque est bouillonnante pour la petite équipe de musicos et Prince qui veut explorer d’autres pistes musicales s’ingénie, à mon sens, à diviser tout ce petit monde pour mieux asseoir son futur règne, tout en continuant à tirer les ficelles. C’est ainsi qu’il s’arrange pour ramener dans son giron Morris Day et qu’il crée ”The TIME” et c’est le moment que va choisir Cymone pour quitter le microcosme princier et entamer une carrière solo.

andr-2 En effet, lassé de ne pas trouver plus de reconnaissance pour son travail, André va quitter le groupe et plonger dans un mouvement musical qui émerge à l’époque (1981/1982) et qui est basé sur des rythmes électroniques. Cette nouvelle mouvance est baptisée “New Wave” ! Cymone signe donc chez Columbia, obtient des conditions de production trés favorables et il sort, début 82, son premier album, trés opportunément appelé “Livin in the New Wave”.

http://www.megaupload.com/?d=WBCDZS69

Ma compile reprend les extraits suivants de cet album : “Get it girl”, “Kelly’s eyes”, Livin’ in tne new wave”, et “So fine”. Rien de transcendant mais son souhait de se démarquer de Prince est légitime et après tout “Dirty Mind” a de nombreux accents électroniques.  Le niveau est tout de même trés bon et n’oublions pas qu’à l’époque ce style de musique cartonnait dans les discothèques et sur les ondes FM. Ca et là des sonorités familières surnagent, “Kelly’s eyes” est assez sympa et rappelle un tant soit peu l’ambiance de l’album de Prince “Dirty mind”. Le problème pour André c’est que la même année, Prince sort “1999″ avec son morceau-titre d’anthologie et une brochette de classiques reconnus encore aujourd’hui. Ca n’empêchera pas Prince de charrier André sur une face B d’un titre de The TIME avec le titre “We don’t like New Wave”.

Courant 1983, André Cymone sort un second album “Survivin’ in the 80’s” toujours dans la même veine et avec un clip à la clef, produit par le producteur de “Billie Jean” ! Néanmoins le succès est relatif et le titre est d’ailleurs prémonitoire ! Comment survivre en ce début de 80’s ? Sans vouloir accabler notre homme, il semble que le talent fasse le tri sélectif et avant l’explosion de Purple Rain, les jeux sont faits de QUI va émerger du lot de jeunes talents de la scène minneapolienne (je sais pas si ça se dit !) Le groupe s’offre néanmoins un “André Cymone US Tour” à partir de février 84 et il termine au First Avenueavec Prince dans la salle ! “Make me wanna dance” est l’archétype même de ce second album où le ton s’oriente résolument vers un funk synthétique, à la ”Brass Construction”. Voici un lien vers une petite vidéo de l’époque qui, malheureusement, met en évidence le fossé qui se creuse entre les deux amis, d’un point de vue artistique.
http://fr.youtube.com/watch?v=nQHi_UEziGM

Le charisme sur scène d’un Prince qui à ce moment là peaufine ce qui va être un veritable cataclysme musical (Purple Rain ! le disque, le film, la tournée !) tranche définitivement avec les sautillements trépignants d’André. Je ne tire pas sur l’ambulance, je cherche simplement à savoir ce qui a pu conduire deux artistes sur des chemins aussi peu identiques, en dehors du talent pur.

Il semble que les deux se soient un peu rabibochés, au point que Prince offrira ce qui, à mon sens, sera le meilleurs single d’André : “The Dance electric” ! Une espèce de clin d’oeil peut être venant du “Maître” à l’adresse d’André ! Malheureusement, le succès ne sera toujours pas au rendez-vous, même si “Lipstick Lover” est plus que sympa et “NeonPussycat” tout en énergie……”The Dance Electric” c’est tout de même un sacré bon morceau, hypnotique à souhait et qui donne envie de l’écouter pendant des heures, un de ces morceaux comme seul Prince pouvait écrire…..

Aussi louables auront été les efforts d’André Cymone de se démarquer de son copain, force est de constater que la mayonnaise n’a pas pris. C’est à croire, d’ailleurs, qu’en dehors de l’influence pourpre, les artistes étaient voués à l’échec, sauf cas exceptionnels qui, souvent, existaient avant l’ère  princière ! Toute volonté abandonnée, André Cymone se tournera davantage vers la production d’autres artistes à partir du milieu des années 80 et pendant les années 90 (Peebles, Evelyn King,Tom Jones, Adam Ant et Jody Watley qui deviendra sa femme. Reconnu comme un créateur intéressant, Cymone continue aujourd’hui à travailler sur des projets de production…

The Dance Electric !

Zenith 2002

Dimanche 18 mai 2008

Je viens de m’apercevoir avec stupéfaction que mon article sur le seul concert auquel j’ai assisté avait disparu il y a plusieurs mois maintenant, sans doutes une fausse manip lors du changement de mode du blog…bref ! A l’attention d’une charmante visiteuse ;-) je publie à nouveau cet article. Heureusement je conserve tout !

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Un beau matin de septembre, je pars au boulot et d’un doigt distrait je zappe sur l’autoradio. Je tombe sur « KISS », bon, vous me connaissez, je le laisse et « smac, smac, smac, KIIIIIIISSSSSS ». A la fin, quelle n’est pas ma surprise de constater que je suis sur RFM, radio que j’écoutais une fois tous les 2858 ans, autant dire jamais ! La surprise grossit d’un coup quand j’entends cette phrase qui fait succomber de plaisir tout fan qui se respecte : « Prince en concert le ». Dans ma jubilation orgasmique ? je n’entends même pas de quel jour il s’agit. De ce fait, je « bloque » mon autoradio sur RFM (cui qui y touche je l’fumes !!!) et j’attends………..d’avoir la confirmation de sa venue en octobre, le 28 pour un concert « patronné » par RFM (!) Arrivé au boulot, direction Internet où j’ai la confirmation de tout ça. Donc grosse panique, j’suis jamais allé à un concert du « Prince », comment on fait ? et si j’ai pas de billet ? Bon eh ! tu te calmes, t’es plus un adolescent pré-pubère, ressaisis toi. Alors calmement, j’irais sur un site de réservation prendre deux places et j’attends ? J’apprendrais plus tard que je suis passé par une belle porte, les 6000 places ont été vendues en moins de trois heures c’est dire la chance qu’on a eue. Quelques jours plus tard, je vais vérifier si ma commande est en cours ? plus de traces !!! J’ai cru que le monde s’écroulait autour de moi. A nouveau grosse panique, j’envoie un mail au service qui me rassure en me disant que ça arrive. Ca doit d’ailleurs être un fan qui me répond (hasard) car il signe « Welcome to the Dawn » phrase fétiche de Prince. Et effectivement, deux jours plus tard je reçois les tickets tant convoités. Direction mon « coffre » d’où ils ne bougeront plus.

Le 27 octobre, nous partons, Catherine et moi, chez Jacques et Danièle, ses « cousins de Paris » qui habitent Saint Denis dans le « Neuf Trois » dit aussi « Wech, bouffon, nique ta reume ! ». On visite Paris et on repère ! Ben ouais, j’aime les choses organisées et j’aime pas trop l’imprévu que je ne peux pas gérer. Je ne suis pas encore membre du Club donc pas droit au répétitions (je l’ai eu quand même en pirate !). Pour nous, on se pointe à 19 heures et après avoir évité des fans sans billets qui veulent s’en procurer à tout prix (sur ma vie, y z’ont pas intérêt à me chauffer !), on se fait fouiller « gentiment » avant l’entrée de la salle où une charmante hôtesse nous guide vers nos places ! ET ON ATTEND !

A 20 heures passées, ça commence à bouger, puis dix minutes plus tard, John Blackwell s’installe aux caisses et démarre un solo, puis rentre Maceo Parker et son « Magic saxo » et démarrent les premières mesures de « The Rainbow Children » et là…il entre…j’ai déjà pris le bras de Catherine dans ma main qui est devenu un véritable étau car je l’ai aperçu subrepticement dans l’ouverture du rideau des coulisses et je sais qu’il arrive…il est là, impeccable dans un costume très classe, comme le groupe d’ailleurs, et cette grosse voix donne le frisson ! je suis pétrifié ! je touche du doigt ce que peut représenter le démarrage d’un concert princier et surtout le sentiment qu’on va vivre une expérience unique et qui montre tout le génie de ce mec. « PARIS », il nous salue, et au bout de cinq minutes redresse le manche de sa guitare : « Can I play my guitar ? ». j’en ris aujourd’hui car depuis j’ai découvert une grande famille d’allumés qui m’ont permis de découvrir un tas de choses et notamment des perfs en public. Je n’avais écouté jusqu’alors que ses disques officiels. Ce jour là j’ai entendu un solo qui m’a troué les oreilles et au bout de 10 minutes, si on m’avait dit c’est fini, ben j’aurais déjà été content ! Nan j’rigole, ce premier trip a été mortel et m’a rendu accro à vie ! Je m’pique d’ailleurs tous les jours ! Il enchaîne avec « Muse 2 the pharaoh » qu’il « jazzifie » encore plus que sur le disque, le public est parti et n’en reviendra plus, je commence à regretter de ne pas avoir pris de places « fosse ». Va suivre un groove complètement dément « Xenophobia », que je ne connais pas, « Come on PARIS ! NPG u’re in air », tout le monde est debout et je découvre les pointures musicales qui l’entourent ! Lui est en super forme on dirait, il court partout, véritable farfadet virevoltant d’un bout à l’autre de la scène. Sa section de cuivres est scintillante ! 1218728670_05035a1629

A peine remis, les premières notes si familières démarrent au piano, il dit chanter cette chanson pour ceux qui ne la connaissent pas et qu’elle les fera revenir. « PURPLE RAIN », « this is my song PARIS ! this is your song too » et il empoigne Habibi. Cette chanson, je l’ai entendu depuis des centaines de fois mais celle là reste (pour l’instant) dans mon coeur, à cause de la communion d’esprit que j’ai ressentie ce soir là, je ne peux d’ailleurs en parler sans me souvenir de la boule que j’ai sentie monter ce soir là dans ma gorge, c’est bête à mon âge, ben non justement ! Suit alors « The Work » où il nous prouve qu’il a bien retenu les leçons du « King », j’ai nommé « Jaaaaaaaaames Brown » avec un petit intermède sympa où une personne du public va le combattre, avec la voix j’entends et le bluffer ! Puis c’est « Mellow », « 1+1+1 is 3 », « The other side of the pillow » et « Strange relationships » Maceo qui embraye avec un classique «Brownien » : « Pass the Peas ». Arrive « When you were mine », un de ses premiers titres et ensuite « Sign O’the times » dans une version totalement psychédélique et envoûtante avec un public complètement en phase, ça reste un de mes moments favoris. Changement total d’univers musical avec deux classiques « Take me with u » et « Raspberry Beret », j’ai l’impression d’avoir 20 ans de moins ! Il finira ce qui s’avère être la première partie du concert avec « The everlasting now » gros set funky avec solo « santanien » et démonstration des musiciens, REAL MUSIC 4 REAL MUSIC LOVERS !!!.

“Thank you & Good night » ! quoi !!! c’est fini !!! c’est pas possible, je ne veux plus que ça s’arrête !!! Mais non il revient avec « Pop life » dans une version toute guillerette. Il a enfilé une tenue plus décontractée et s’est installé au piano, il sette avec Candy Dulfer, saxophoniste de talent. Commence alors un break ou Prince s’attaque à ses titres au piano, se succèdent « Delirious » très New Orléans, « Strollin » très jazzy « Gotta broken heart again » ballade bluesy, cette voix !, « Conditions of the heart », « Diamonds & Pearls », « The beautiful ones », deuxième choc de ma soirée qui confirme que l’album Purple Rain était, est et restera son Himalaya musical. Je sais c’est terrible de dire qu’un artiste a livré ce qui se fait de mieux à 26 ans à peine, mais c’est comme ça ! D’autres artistes dans d’autres domaines ont été touchés comme ça par une espèce d’état de grâce à un moment donné et la suite représente le maintien d’un lien magique. « Nothing compares to U » « The Ladder » « Sometimes it snows in april » en sont la preuve car ils sont dans l’après Purple Rain mais touchent tout autant sans atteindre la perfection de cet album de légende ! il n’empêche, un frisson parcourt l’assistance à l’écoute de la mélodie toute simple de « Sometimes… » simple mais si évidente, Je ne suis plus au bord des larmes car elle suintent depuis trente secondes, comme pour beaucoup autour de moi d’ailleurs. Je sais aujourd’hui ce qu’est le démarrage d’un concert princier. Eh bien c’est rien en comparaison de la clôture ! Il termine avec « Days of wild » hymne au funk et qui devrait servir de leçon obligatoire à beaucoup de nos musiciens actuels. Je commence à me douter que ça va se terminer alors je me gave de la moindre parcelle de musique, de basse, de cuivre ! Présentation des musiciens et « Good Night » ! Rendez vous au Bataclan !!! Je découvre qu’il va assurer un aftershow au Bataclan, une plus petite salle dans Paris, aftershows dont il est coutumier. Malheureusement pour y assister, c’est la galère et nous nous rendons à l’évidence, il faut rentrer. 2 heures 30 de concert qui m’ont paru si courtes et en même temps si intenses, et avec ce sentiment qui s’ancre, je veux le revoir. Je crois que le déclic s’est fait ce jour là ! Qui n’a jamais vu Prince en concert ne peut pas me comprendre !

Je ne vous parlerais pas de cet after même si je l’ai récupéré lui aussi en « pirate » ! Il suffit de savoir que Prince a joué de 2 heures 30 du matin jusqu’à 5 heures, oui vous lisez bien et je peux tout de même vous dire que c’est tout à fait autre chose. Ces afters sont dédiés à la musique, aux reprises, aux versions totalement différentes de ses classiques. Il paraît d’ailleurs que ce sont ses musiciens qui n’en pouvaient plus car lui continuait à jouer. Ce type n’est pas de notre monde ! On est donc rentrés, tout émerveillés de cette soirée et pratiquement sans dire un mot, trop de sensations sans doute, on a mangé dans un restaurant d’autoroute désert à 2 heures du matin où le personnel devait nous prendre pour des extra-terrestres en goguette et retour din ch’Nord. Une chose est sure : il reviendra !

Ca fait aujourd’hui six ans et demi qu’il n’est pas venu et j’attends de pied ferme, je suis toujours sur RFM….

2004…achète CD désespérément

Lundi 16 juillet 2007

2004, j’ai basculé définitivement du côté obscur même si j’y trouve la lumière, à savoir que désormais plus rien ne compte mis à part trouver tout ce que je peux trouver et bien entendu, en premier lieu, posséder la totalité de la discographie officielle ce qui, en soi, est déjà un tour de force puisque nous parlons ici de prés de 40 albums hors spéciaux et productions parallèles. Cette année là (comme disait Claude…) je vais donc profiter des miracles d’internet qui offre de nombreuses possibilités pour se procurer des choses sans rendre anorexique son petit cochon…

Première acquisition, « 1999 » (attendez…bin ouais, car je vois d’ici les petits sourires de certains…je raconte mon histoire comme elle s’est déroulée, sans enjoliver…je ne pouvais pas tout acheter en même temps, attendez la suite…). Bon, bien sûr je connais quand même le morceau titre « 1999 » qui avait fait un vrai carton à sa sortie fin 82 et que j’avais acheté en single (quand même…) à l’époque. « 1999 » c’est véritablement un hymne princier, l’incarnation peut être du style « funk/rock » qu’il a créé en ce début des années 80 et qui trouvera son achèvement total trois ans plus tard avec « Purple Rain ». Un riff intemporel, une rythmique de plomb, cette batterie synthétique omniprésente ces années là et qui signe son style, si vous n’étiez pas accro, là vous êtes foutus. En 1999, il sortira un album de mix de ce titre, assez sympa et baptisé « 1999 – The New master ». Suivent « Little red corvette » dont la version Ultimate est monstrueuse et “Delirious” petite friandise rockabilly avant la première des trois claques qui suivent. Première gifle « Let’s pretend we’re married », rythmique « Cerrone » pour un titre hypnotique, rappelant « Sexuality », et puis son gimmick de fou du Roi « Ooh we sha sha coo coo yeah ». Sa durée exclut les passages radio de même que les deux suivants d’ailleurs. Le second passera par contre beaucoup en discothèque « Dance, Music, Sex, Romance ». Alors, au choix, en principes de vie, vous avez « Liberté Egalité Fraternité » si vous êtes « bonnet phrygien » ou « Santé et Robustesse » si vous êtes Général de César ! Moi je maintiens : D.M.S.R !!! for the life !!! Voilà le premier manifeste « funky » de Prince, je veux dire celui qui entrouvre une fenêtre sur ce qu’il fera quelques années plus tard. Le troisième titre « Automatic » est minimaliste même si c’est le plus long de l’album (9’24) mais hautement…indéfinissable ; on ne sait si c’est rock, funk ou electro ! Tout ce qu’on sait, c’est que c’est envoûtant, le final est «orgasmique » avec les râles (douleur ou plaisir) de Jill Jones et de Lisa Coleman, mixez le avec « Mia Bocca » de la rouquine justement et … Vient « Something in the water » pour le coup très electro et très surprenant avec ses « cris de coq anglais » en milieu de titre, puis « Free », ballade un peu naïve avec une jolie mélodie. La suite est plus intéressante et c’est mon titre préféré « Lady cab driver ». Funk ! Funk ! Funk ! et ce gimmick „ta ta ta ta ta „ qui vous tatoue pour les siècles des siècles ; AMEN ! Quand au final…Serge a eu sa Jane, puis Charlotte, Prince avait sa Jill…On termine avec deux bizarreries « All the critics love u in New York » sorte de « comptine hallucino-psychédélique » (comme dirait André…) qui donnera toute sa mesure en live et « International lover » le titre de trop tant il suinte de mièvrerie. On dirait du Guy Marchand…ou mieux encore, « la drague » de Bedos et Daumier (LOL).
Quelques semaines plus tard (oui…oui.…tout ça est aussi clair dans ma p’tite tête), j’achète l’album « SYMBOL ». Là encore, je connais l’album par ses hits « My name is Prince » et « Sexy MF » et les clips inoubliables qui en découlent. Je deviens fou quand je lis les années de sortie, ce disque est sorti quelques mois à peine après « Diamonds and Pearls » qui lui-même succédait à « Graffiti Bridge » d’une dizaine de mois. On s’étonne après que Warner n’ait plus voulu le suivre…J’avoue quand même que c’est un disque que j’ai pas trop écouté au départ…trop proche de « DetP » Malgré tout je me souviens des années où je l’avais acheté (D&P) et à ce moment là j’adorais son style. Ceci dit, l’an dernier je me suis surpris à l’écouter plus souvent et on est loin quand même du copier-coller. Dans « My name is Prince » (le titre n’est pas choisi au hasard) on sent bien la rage contenue en lui parce qu’il ne peut pas faire ce qu’il veut. Je rappelle que c’est là que va se situer le point de départ du litige avec Warner. Le titre est très funk et Prince apparaît dans le clip avec une casquette et des chaînettes qui lui masquent le visage ! Tout un symbole ! Le second titre revient à des choses plus habituelles chez lui : le sexe, mais avec une dose de machisme qui laisse pantois. Mais bon, le refrain est inoubliable… Le reste de l’album alterne pop sympa « Love to the 9’s », “I “wanna melt with you”, “And god created women”, ballades « The morning papers », “Sweet Baby”, “7”, funk “The Max”, “The continental” ou The Flow”, voire reggae “Blue Light” et un titre inclassable orphelin du Black Album “Arrogance”. Et comme souvent chez lui on a droit au titre un peu “lourd” avec “3 chains o’ gold” mais aussi au titre rassembleur et qui ramène tout le monde « on the dancefloor » « The sacrifice of Victor ». Au final un album plus que solide qui touche un peu à tous les domaines musicaux, un excellent travail auquel il manquait juste (à l’époque) le temps de pouvoir l’apprécier. C’est ce qui fait qu’il n’a pas eu le succès qu’il méritait.

Eté 2004, je passe un week-end chez mon frère près de Belfort et un après-midi, à l’occasion d’une visite à la FNAC, j’achète « Around the world in a day » (ATWIAD pour les intimes) et « Sign O’ the times » (SOTT pour les mêmes). Je sais, par mes visites de plus en plus régulières à « certain forum », que je tiens là deux pièces maîtresses dans l’œuvre pourpre et j’attendrais mon retour au bercail pour les écouter. Bien sûr je connais « Raspberry Beret » (spéciale dédicace à Anne…), « America » ou « Pop life », mais je connais surtout « Purple Rain » qui le précède de quelques mois car écouté des centaines de fois. Ma surprise est donc totale à l’écoute du premier morceau-titre. Une espèce de flûte indienne, une darbouka oriental, des clochettes tibétaines et cette entame : « Ouvre ton cœur et ton esprit » ; je suis à mille lieues de « Purple Rain » et je fais un bond de 35 ans en arrière vers les années « flowerpower ». Le titre est finalement assez déstabilisant car hormis la dernière minute où l’on retrouve la rythmique si chère à nos oreilles, Prince fait encore un virage à 180 degrés dans son style musical. C’est d’ailleurs une constante qu’il faut accepter quand on le découvre : il n’a pas « un » style musical mais semble s’imprégner de tous les courants passés, présents voire futurs puisqu’il en invente ! Le livret est déjà, par lui-même, surprenant. Prince ne s’est jamais vraiment distingué par la qualité de ses pochettes. Là, il semble que l’on retrouve l’ensemble des personnages évoqués dans les titres de l’album, mélangés à ses musiciens, au bord d’une plage/quai, le tout dans un style psychédélique évoquant les plus belles pochettes des 60/70’s. Le morceau suivant, « Paisley park », ne nous rapproche pas plus du créateur de « Baby I’m a star ». Basé essentiellement sur des rythmiques (batterie, linn-drum, clochettes) avec quelques nappes de guitare saturée par-ci par-là, la lenteur énerve ou emporte c’est selon…Les paroles évoquent une espèce « d’Eden » où ne règne qu’amour qui s’avère en fait être le cœur de l’être humain. « Paisley Park » est le nom du complexe qu’il a bâti à Minneapolis. Jusque là j’avoue ne pas être très convaincu, les titres sont surprenants mais je dois dire qu’aujourd’hui, à force d’écoutes, mon analyse est différente et le fait qu’il s’imbibe littéralement de ce qui a déjà été fait par les grands anciens pour ressortir de sa moulinette avec une touche personnelle n’en est que plus évident. Une intro de plus de deux minutes en forme de mini symphonie nous entraîne dans la performance vocale qu’est « Condition of the heart », le genre de titre que lui seul peut chanter, à part Bowie peut être (si…si…essayez un peu de la chanter…). Chanson d’amour, sur l’amour, sur ses déboires perso, allez savoir…je l’écoute souvent plusieurs fois. « Purple Rain » avait « Take me with U », « ATWIAD » a « Raspberry Beret » à savoir LE titre qui vous marque mieux encore que l’aiguille du tatoueur. Ce titre est une leçon de création musicale, couplet attachants, refrain accrocheur, break entêtant, les sonorités, la voix, les instruments choisis, les chœurs, les envolées vocales, c’est une perfection faite chanson. Le Remix est incontournable avec ses plages de violon, ses bruits parasites, la toux de Prince façon Dame aux Camélias, l’harmonica décalé. Le clip est jubilatoire, le look et les œillades de Prince en font succomber plus d’une… et même plus d’un. Plus rien à ajouter ! Ah ! si le rapport à « Purple Rain » (le film) peut être… Dans le texte il évoque une fille bien roulée, une moto, une grange, de la paille, ça ne vous rappelle rien…La suite retombe dans le bizarre avec « Tamborine », court morceau décalé aussi musicalement que dans le texte qu’il faudrait analyser au 2825ème degré et je n’en ai ni le temps ni le courage. « America » (sa basse monstrueuse, sa rythmique de bronze, ses petites notes de flûte) est MON titre de l’album, enfin celui qui me fait tripper. Immortalisée à Nice un soir de 1986, la version extended est dantesque et hypnotisante. On passe ensuite à « Pop life », sorte de comptine funky dont la candeur tranche avec le sérieux du texte. Non ce n’est pas la suite de « Purple Rain » même si ça y ressemble furieusement. « The ladder », titre consensuel s’il en est, écrit par Prince et son père, info notable car hyper rare. Visiblement, c’est le texte qui est servi par une mélodie répétitive et simpliste. Il nous parle de la nécessité de s’élever (lien avec l’échelle de la pochette je suppose) et ainsi d’appréhender le monde qui nous entoure et son rapport à Dieu car c’est bien de cela qu’il s’agit. C’est la première fois, il me semble, que cette ferveur divine est ainsi évoquée dans un titre. Il me semble également qu’on ne la retrouvera ensuite qu’avec Anna Stesia. Le dernier titre est encore une fois surprenant, mais je commence à en avoir l’habitude maintenant. « Temptation », morceau soul/bluesy aux accents rock est une ode à la tentation sexuelle, à la chair, à la luxure et au stupre. Le solo de guitare en milieu de titre lui-même est « sexy » et tout à coup après une déclaration limite « pornographique », une voix divine semble résonner et rappeler le débauché à de justes pensées qui doivent privilégier l’amour au sexe. Mais ses dernières phrases me semblent beaucoup trop ironiques pour me convaincre qu’il a compris le message. Il me semble davantage que, comme un gamin pris la main dans le pot de confiture, il promet de ne plus le faire tout en échafaudant déjà un autre plan pour arriver à ses fins. Rappelons qu’il ne fait que commencer ses « sexual adventures »…
J’attaque donc ensuite «SOTT» ! Que dire de cette œuvre…je crois qu’il faudrait y passer beaucoup plus de temps que je ne peux le faire à l’instant où j’écris ces lignes ! Je vais donc me contenter, aujourd’hui, d’une analyse concise et je pense m’atteler un jour à un décodage particulier de ce monument qui mérite bien un article à lui tout seul.
Sign O the times : le minimalisme pour l’efficacité, un titre qui scotche par la puissance provoquée malgré une « minceur » musicale étonnante.
Play in the sunshine : un morceau « rock’n roll » pur jus qui peu à peu évolue pour se terminer en pirouette sonore et vocale.
Housequake : Chaudron funk par excellence, ce titre est injouable et inchantable sauf par « Prince and the Band » Shock-A-Lock-A-Boom !
The Ballad of Dorothy Parker : Ballade electro-funky sympathique et attachante qu’on peut fredonner celle là !
It : Un des must de ce disque, en tout cas pour moi. Là encore, la concision musicale alliée à une mélodie aussi mince qu’un mannequin russe débouche sur une chanson d’une force incomparable.
Starfish and coffee : Pépite pop au refrain accrocheur qui démontre que décidément il connaît tout sur la musique.
Slow love : Comme son nom l’indique, un slow tout en guimauve que je zappe très souvent (oui ça m’arrive…)
Hot Thing : Là je retrouve MON Prince, celui qui pond des « armes funk de destruction massive ». Encore plus évident en live.. « Cat…danse pour moi s’il te plaît » !
Forever in my life : Le piège princier par excellence. Au départ vous vous dites : « Ridicule cette chanson » et à 3’30, vous la rejouez, et encore.. et encore…car vous voudriez qu’elle dure. Et c’est quasi sans instruments…les versions live sont toujours des monuments !
U got the look : pur style princier mais j’ai jamais trop aimé, je sais pas pourquoi !
If I was your girlfriend : Là c’est l’inverse (j’ai failli taper ivresse…lapsus révélateur…) je ne sais pas expliquer pourquoi cette chanson figurerait sans équivoque dans un top 5. J’aurais du mal pour les quatre autres, mais celle là…trop forte !
Strange relationship : lente déclaration assez hypnotisante par son rythme martelant
I could never take the place of your man : J’en parlais sur ATWIAD, encore un modèle de chanson qui devrait être étudié dans les écoles…les deux dernières minutes sont un monument à elles seules !
The Cross : Alors ici, chapeau…deux accords que même moi je sais jouer et au final une envolée musicale et spirituelle inégalée.
It’s gonna be a beautiful night : C’est sûr qu’elle devait être belle cette nuit : « and 6.000 wonderful parisians » .
Adore : La ballade soul classique avec encore une fois cette voix dont on ne parle jamais suffisamment !

Promis j’y reviendrais !
Avant de faire un prochain article sur « MUSICOLOGY » que j’ai acheté, forcément, en 2004, je termine mes acquisitions 2004 (oui…vous avez remarqué, il ne m’en manque plus beaucoup…) par un des touts premiers albums « PRINCE », tout simplement. En regardant la pochette on ne peut s’empêcher de repenser à l’une des premières apparitions de Prince sur un plateau télé où il répondait dans un langage bien particulier puisque réduit à sa plus simple expression. « I wanna be your lover » débarque en pleine période disco, période trustée par Travolta, les Bee Gees et CHIC. On sent tout de suite tout le potentiel créatif de ce jeune chanteur (20 ans) qui veut tout faire et qui fait tout. Tout, justement, est déjà dans ce titre : la rythmique, notamment en fin de titre, les sonorités particulières égrenées tout au long de la chanson, les riffs de guitare qu’on sent déjà très personnels. La voix haut perchée est elle aussi présente, une autre marque de fabrique…Léger rock pour la suite avec « Why you wanna treat me so bad ? », le refrain est un classique, avec une belle partie de guitare pour finir (déjà …) ! « Sexy dancer » représente la nuance qui existait à l’époque, entre ce que l’on baptisait « disco » et « funk ». Dans ce titre on sent toute l’influence de groupes comme Cameo ou les Bar Kays qui faisait de la dance-music « intelligente », enfin je me souviens que c’est ce que je défendais à ce moment là. Et en plus il sait jouer du piano… « When we’re dancing close and slow » est beaucoup plus qu’une simple chanson d’amour de plus. Le rythme lancinant et hypnotique reviendra souvent chez Prince, encore tout récemment. Ecoutez certains passages de « NEWS » ou « CNOTE », la filiation est évidente. « With you » est la friandise sucrée de l’album qui lorgne trop (à mon goût) vers « I’ll be there » des Jackson 5. Jill Jones l’a reprise plus tard sur son album. La suite est beaucoup plus intéressante : « Bambi ». c’est la vrai surprise de ce disque car on sent la veine rock que va peu à peu instiller Prince dans ses compositions, veine qui trouvera son apothéose sur Purple Rain. Le riff de guitare est inoubliable et le texte sulfureux (comme les autres d’ailleurs…). Puis ballade soul/jazzy avec « Still waiting » assez dispensable, avant le tube qui finalement ne sera pas immortalisé par Prince mais par Chaka Khan « I feel for you ». Là aussi, merci aux grands anciens, Maurice White en particulier, mais ne sont-ils pas là pour ça, Prince n’a t’il pas à son tour influencé d’autres artistes. Et un slow romantique et bien sirupeux pour terminer, mais c’était le lot de beaucoup de groupes de musique de danse de l’époque. Il se distingue tout de même de tous ces groupes dans la mesure où Prince écrit paroles et musiques de ces chansons, mais aussi qu’il en joue tous les instruments, qu’il arrange et qu’il produit cet album.
Voilà, la boucle se resserre autour de l’oeuvre princière mais il est bien difficile pour moi d’en tirer des conclusions définitives, cette œuvre justement étant en évolution continuelle et les ré-écoutes successives apportant leur lot de contradictions et de révisions de jugement. A suivre donc…


Ma vie avec Prince

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