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1996/2000 – 5 ans d’apnée…

Vendredi 2 juin 2006

…En faisant mes courses à AUCHAN quelques mois plus tard, je tombe sur un disque – avec le signe si reconnaissable à présent – intitulé « Chaos and Disorder ». Grosse surprise car je n’attendais pas un nouveau disque si vite et si proche de la sortie du précédent. J’apprendrais par la suite et grâce aux « sommités princières » que compte mon site préféré (WWW.SCHKOPI.COM ), que cet album fait partie des obligations de Prince envers la Warner et qu’il s’agit de morceaux assez anciens compilés pour l’occasion. Ce disque est étrange à plus d’un titre. D’abord par sa jaquette, minimaliste mais ô combien significative. Premièrement le but est clair et affiché : Déjà dans le titre et l’on apprend qu’il s’agit de morceaux initialement enregistrés pour une écoute privée et sortis du coffre fort musical de Prince qui, paraît-il, contiendrait plusieurs centaine de chansons. Il est mentionné littéralement qu’ils ont été enregistrés pour solder le contrat avec la major. Deuxièmement, et sans faire de psychologie à 2 balles, les photos parlent d’elles-mêmes : un cœur fraîchement extrait d’une poitrine et jeté dans un WC, un disque éclaté par une paraboot, des fleurs brûlées, des traces de sang, une seringue contenant des dollars, des images évoquant la gloire (passée) de Prince. Tout est dit pour marquer la rupture et peut être le déchirement car derrière les querelles financières et de propriété intellectuelle, Warner est quand même derrière lui depuis le début. Une bible trône parmi ces images négatives représentant peut être sa bouée de sauvetage… Enfin, troisièmement, le contenu. Très rock ce disque ! on a peine à reconnaître l’Artiste sur de nombreux morceaux. On a l’impression qu’il s’agit de titres réalisés pour « tester » certaines sonorités, certains enchaînements musicaux ou certains styles, parfois sans véritable passion. Il y a même deux ou trois titres assez « saoulants ». Mais il y a quand même des titres sympas comme « Zannalee » ou « Dig u better dead », le plus accrocheur à mon sens étant « I rock therefore I am ». Je ne sais pas si c’est la rythmique très « Good times », les raps style Kurtis Blow ou les passages ragga style Shabba Ranks, mais j’adore ce titre et je l’enchaîne souvent plusieurs fois de suite car pour moi : « il roule ».

Dans les dernières semaines de 1996 je crois disjoncter à l’annonce de la sortie d’un triple album et pourtant, non, je n’ai pas la berlue, le pavé s’appelle « EMANCIPATION », et même si j’apprendrais par la suite que son contrat avec Warner est honoré, son nom n’apparaît pas sur le boîtier et c’est encore le « signe » qui attire mon attention. Attention, gros travail. En effet, sortir un triple album n’est pas à la portée de tout le monde, surtout si l’on ne veut pas lasser, et c’est le cas. Alors, je sais, ça fait quand même 3 heures de musique (3 fois 1 heure tout pile) et on ne peut imaginer l’écouter en entier d’une seule traite, ou vraiment un jour où l’on a rien à faire… Heureusement chaque disque est une petite œuvre à lui tout seul, « petite » étant tout sauf réducteur. Le premier CD est assez classique et bien dans la veine de ce qu’il a déjà fait. A savoir : un mélange habile de funk, de soul et de rock’roll. Dés le premier titre « Jam of the year »on sent tout de même qu’il a à nouveau franchi une étape dans sa capacité de créer. Les sonorités globales de l’album sont assez nouvelles, nul doute qu’il a du passer des heures en studio pour peaufiner chaque titre. Les titres s’enchaînent sans véritable lien ni harmonie, mais chacun plait à sa manière. Pourtant les différences sont énormes entre un « Courtin’ time » primesautier et léger, un « Mr Happy » funky et festif et la mélancolie de « Somebody’s somebody ». On a même droit à de la salsa « santanesque » sur « Damned if eye do ». Ma préférée reste de loin et je ne me l’explique toujours pas « White mansion »… Le second CD est beaucoup plus intimiste et mélancolique. Pas de titres percutants ou de funk pur et dur comme il sait si bien le faire. Alors c’est la période où après plusieurs années de vie commune avec Mayté, ils ont décidé d’avoir un enfant. On saura par la suite que cet enfant décède à la naissance. Pas de titre qui se dégage réellement, mes faveurs vont à « Soul sanctuary » et « Curious child ». L’ensemble est tout de même agréable. Le troisième CD enfin, est très hétéroclite même si toujours très bien maîtrisé et produit, et alterne titres très modernes – l’enchaînement « New world », The human body » et « Face down », reprises de standards « la la la means I love you » et « One of us » et funk scintillants « Slave » et surtout « EMANCIPATION » véritable hymne à la liberté retrouvée. A ce propos, l’image de couverture est elle aussi très symbolique : des poings serrés brisant des chaînes sur fond de soleil levant ! D’accord au niveau « traduction d’un sentiment profond » c’est pas très recherché mais c’est pas ce qu’on lui demande… En tous cas, à partir de là j’entame une recherche de ce tout ce que je n’ai pas encore et certains savent ce que j’ai déjà raté…

NEW POWER SOUL ! Voilà un disque qui va tourner sans cesse sur ma platine ! A l’automne 1998 je poursuis ma désormais quête infernale de la production princière…
Encore une fois, il assure dans ses domaines de prédilection, le funk avec « New Power Soul », « Push it up », « Eye like funky music » et « Mad sex » qui n’est pas sans évoquer le futur « 3121 », et la soul-pop avec des titres comme « When U love somebody » et surtout des ballades musicalement irréprochables comme « Wasted Kisses ». Mention trés spéciale à « The One » qui est une ode à la femme magnifique sublimée dans un clip mettant en scène Mayté et l’artiste façon « The boy » de Chaplin, une chanson véritablement envoûtante. Et toujours ces liens entre morceaux qui me font souvent jouer de la molette : exemple Push it up-Freaks on this side-Come on. 

The Vault…old friends 4 sale, pour être plus exact. Alors…il faut savoir que « THE VAULT » est une légende tenace chez les fans purs et durs. Elle part du postulat que Prince posséderait dans des coffres des centaines de chansons enregistrées et non « publiées » à ce jour. C’est assez probable vu la productivité du « petit maître », de là à dire que c’est un trésor, nul ne peut le savoir exactement étant donné que ce « Vault » serait hyper-protégé. D’un autre côté, vu ce qu’il sort quelquefois qui est issu d’enregistrements anciens, on peut imaginer ce que cela peut représenter. En tous cas, si c’est réel, je n’ose pas imaginer ce qu’il pourrait nous sortir. J’aime assez l’idée que des années après sa mort, des œuvres sortiront et viendront charmer les oreilles de mes petits enfants comme il le fait aujourd’hui (putain, j’écoute actuellement le remix de « Little Red Corvette » sur l’Ultimate, il est à crever…encore merci Flo). Bon, ceci dit, calme toi Didier et reviens à ton sujet. The Vault…old friends 4 sale est l’une des dernières productions Warner (rassurez-vous c’est fini) et ce disque est le pendant jazzy de « Chaos & Disorder ». Il est tout de même, à mon sens, de bien meilleure facture et beaucoup de titres n’auraient pas dépareillé sur ses albums de l’époque. Le travail sur les arrangements est réussi et notamment sur les percussions. Deux titres se dégagent par rapport à cet aspect du disque « It’s about talk » et « She spoke to me ». J’adore vraiment ces deux titres et je trouve que rien que ça mérite qu’on s’arrête vraiment à cet album même s’il laisse l’impression de « chutes » de studio ayant alimenté un disque de commande. Sympa aussi « 5 women » sublimé par la suite par Joe Cocker, c’est vrai que « le vieux » quand même, y jette…« My little Pill » petit morceau bizarre laisse place au merveilleux « There is lonely » puis à « Extraordinary » repris de façon magnifique sur la tournée One nite alone. Au final, un disque très sympa, beaucoup plus que « Chaos… » et qui laisse sur sa faim de découverte de : « qu’est-ce qu’il a dans ses coffres ???

Je reprends ma narration car je suis loin d’avoir tout dit croyez-moi (ceux qui me connaissent savent de quoi je parle). Naturellement je la poursuis de la même manière, en fait, au fur et à mesure des acquisitions. Août 1999, nous passons d’agréables vacances en Bretagne sud, prés de Lorient (salut les bretons) et un beau matin, en faisant mes courses à LECLERC cette fois, je repère à nouveau le signe si reconnaissable, il n’y a qu’un seul exemplaire de « Rave Un2 the joy fantastic » que je m’empresse de glisser entre deux bouteilles de cidre dans le caddie ! Comme je ne fais pas encore partie de la grande famille d’allumés qui m’a, depuis, adopté, je ne suis pas au plus prés son actualité et je n’avais pas capté qu’un nouvel album sortait. Retour au gîte et découverte de la chose. Est-ce parce que je ne peux l’écouter que sur un baladeur CD, seul lecteur disponible, ce disque garde une saveur toute particulière pour moi et c’est un de mes préférés même s’il n’atteint pas la perfection de certaines œuvres (P.Rain, SOTT, Lovesexy…). Il y a dans ce disque tout ce que j’aime chez Prince et la production est parfaite. Le morceau titre et sa suite « Undisputed » sont deux morceaux funk-rock qui sont sa marque de fabrique. Suit une ballade inoubliable « The greatest romance ever sold » qui passera beaucoup en radio et à la télé, à M6 notamment, le clip est très beau également. Vient « Hot wit U » dont le titre parle tout seul, comme d’hab la p’tite histoire de chaudard qui va en faire voir de toutes les couleurs à une jeune demoiselle, c’est tout lui aussi ça. Morceau bien funky, mais il manque tout de même la sauvagerie d’un « Hot thing ». Avec « Eve » en star invitée. Derrière un morceau que j’adore, très court (1’30) et très agréable, un petit morceau avec quelques instruments tout en douceur et sa façon de dire « négligé »… Ensuite « So far, so pleased » en duo avec Gwen Stefani de No Doubt, morceau assez sympa finalement. Là vient, pour moi, la perle de l’album, je sais, je vais surprendre les purs et durs qui vont me lire mais tant pis. J’adore sa voix sur ce titre, le jeu des percussions qui font toute la mélodie et encore une fois les cordes de Clare Fisher qui terminent le travail. « The sun, the moon and stars » fait qu’une telle chanson ne peut être qu’une chanson de Prince, lui seul est capable de vous pondre un morceau qui va sembler « gnangnan » et qui se révèle envoûtant et presque hypnotisant. Et encore ces mots en français dans le texte avec son petit accent… Reprise de « Sheryl Crow » avec « Everyday is a winding road », procédé qu’il a très peu utilisé. En effet, il y a peu de reprises dans ces disques, il réserve plutôt ça à ses prestations scéniques. La fin du morceau est plutôt bonne avec un Larry Graham très en verve. Enchaînement « fisherien » pour une très belle chanson « Man’O’war ». On enchaîne sur un morceau très rock « Baby knows » avec cette fois Sheryl à la voix et à l’harmonica !!! Ca pète et en concert ça devait déménager. Repos salvateur avec la chanson « tristounette » de l’album, « I love u but I don’t trust U anymore », de celles qui fait sortir les briquets…Plus sérieusement, on est dans la ballade style « Sometimes it… » et plus que jamais il nous fait la démonstration de ses capacités vocales que finalement on évoque assez peu et « Ani DiFranco » à la guitare. J’écoute ce disque en écrivant ces lignes (ça me permet à chaque fois de trouver l’inspiration) et je m’dis que c’est tout de même un grand album et je ne comprends pas qu’il soit tant décrié par beaucoup et carrément rangé au rang de disque raté pour les plus durs. Pourtant « Silly game » est si belle, si tendre…il faut bien un peu de tendresse dans ce monde de brutes (non ça c’est…bon j’sais plus…bref). Par contre la suite est plus « funk » avec « Strange but true » morceau très entêtant et beaucoup de travail sur les rythmes et les synthés. « Wherever U go, whatever U do » semble clôturer le disque tout en sérénité avec cette ballade qui célèbre l’amour éternel…En fait, sur la pochette c’est fini, mais il y a une surprise. En fait il y en a deux : d’abord un morceau de cinq minutes et quelques, complètement « insonore » je veux dire, cinq minutes de silence total qui seraient, paraît-il, un hommage à Miles Davis, j’ai cru lire ça mais je me trompe peut être, me corriger si nécessaire. Ensuite « vrai » dernier morceau du disque « Prettyman » est la bombe funk de l’album, quand je dis funk j’entends rythmique d’enfer, basse ronflante à contre sens, « lead guitar » scintillante, synthés en cerises sur le gâteau, cuivres d’enfer et quels cuivres, « Maceo Parker » au sax excusez du peu. Le genre de morceau que je peux écouter 25 fois de suite sans me lasser. Deux dernières petites choses. Il y a sur la pochette un petit texte sur les mauvais traitements subis par les « moutons » dont la laine doit servir à fabriquer des vêtements et qui se termine sur une phrase de Ghandi « Dans mon esprit, la vie d’un mouton n’est pas moins précieuse que celle d’un être humain ». Ce disque bénéficiera d’un « retraitement » en 2001 avec la sortie du même album rebaptisé « Rave I n2 the joy fantastic » avec pratiquement tous les mêmes titres mais remixés.A suivre…

1980/1995 – 15 ans de découverte…

Jeudi 1 juin 2006

…ben voilà…tout a démarré en 1980, sortie de DIRTY MIND ! J’émerge d’une période rock (voire hard) ((Led Zep, Deep Purple, Pink Floyd)), je flashe sur un mec qui danse en string, collants, imper mastic, qui sort des sonorités nouvelles dans des chansons qui transpirent le sexe à chaque couplet. Les chansons sont très explicites (Sister, Head, Party up etc…) et la musique est inclassable, les influences étant trop nombreuses. Le disque est très court mais c’est une véritable pépite avec des monuments qui n’ont pas pris une ride aujourd’hui encore (Dirty Mind ou encore Uptown). Je ne sais pas encore à l’époque que je démarre une aventure musicale dont on connaît la profusion aujourd’hui et à cette époque je l’écoute encore parmi d’autres artistes, mes goûts n’étant pas trop précis. C’est sûr, je me fais parfois chambrer, car on l’affuble de pas mal d’étiquettes plutôt péjoratives, et mes potes se demandent pourquoi j’écoute :  » une tapette en string », mais bon, à croire que je sens déjà l’immensité de l’Artiste derrière les premiers riffs de guitare. La suite va peu à peu me donner raison…

Bizarrement, je ne vais pas craquer complètement pour lui tout de suite. Je m’explique, début 84, j’écoute beaucoup ce que l’on a souvent regroupé sous le vocable : « disco », en fait, du funk, de la soul, bref beaucoup de musique faite par des blacks. Je laisse le disco à Cerrone et au Village People. Moi c’est plus CHIC, ONE WAY, CAMEO et autres. La deuxième claque, sévère cette fois, arrive donc en 1984 : PURPLE RAIN ! En dehors de la chanson titre qui est devenue un standard et une référence que tout le monde connaît, ce disque est monstrueux : neuf titres, neuf styles, neuf sensations : Let’s go crazy, électrique à souhait ! Take me with U, pépite pop pétillante ! The beautiful ones, frissons garantis ! Computer blue, Rock’roll quand tu nous tiens ! Darling Nikki, inclassable et surprenant (menuet post-moderne ?) ! When doves cry, monument de créativité, du funk sans basses !!! I would die for you, magnifiée dans les concerts sur un tempo démentiel ! Baby i’m a star, hymne funky à l’intro de légende Et enfin, Purple Rain…euh…rien à dire, tout a été dit sur cette chanson, j’ai des versions live qui frisent les 20 minutes (« Do you wanna play one more time ? ») C’est sûr, le film est un peu kitsch, tout à la gloire du Prince et le jeu d’acteurs c’est pas l’actor’s studio, mais les passages musicaux sont devenus légendaires. En outre, on y découvre The TIME (j’y reviendrais). On découvre aussi (et surtout) Appolonia, mais là aussi je reviendrais sur le tableau de chasse de mon lutin préféré qui prouve que la valeur n’attend pas la hauteur du bonhomme (1 mètre 58 je le rappelle)

Eté 1986, je suis à nouveau frappé par son talent, l’album « PARADE » est dans les bacs et un single fait le tour de la planète : KISS. Nous sommes en 1986 donc le Compact Disc en est à ses premiers balbutiements et j’ai donc acheté cet album en cassette audio. Je vais l’écouter en boucle pendant au moins six mois, jusqu’à en connaître les moindres enchaînements, les plus petits gimmicks, ainsi que les paroles. Les puristes me diront que j’ai déjà raté une bonne partie de sa production, mais je vous narre cette histoire en respectant son cheminement. Je sais maintenant qu’à l’époque il a donc, comme moi, 28 ans et qu’il a déjà à son actif huit albums dont un double, soit un disque par an ( en comparaison il a fallu trente ans à Laurent Voulzy pour sortir le même nombre de disques…) ; en plus il a déjà de quoi faire au moins deux best-of, quand on sait la qualité de ce qui est sorti. Mais j’y reviendrais, intéressons nous à ce disque en particulier qui, outre son titre phare KISS, contient bon nombre de passages inoubliables, je citerais mes préférés : «Girls and Boys», «Anotherloverholenyohead» et bien sur «Sometimes it snows in april», sans oublier des titres moins connus comme « Life can be so nice » et « Venus de Milo ». Ce disque correspond en fait au film « Under the cherrymoon » sensé se dérouler dans les années 30/40 d’où sa couleur noir et blanc et le coté classique des tenues de Prince. La tournée qui va suivre va être à ce qu’il paraît une de ses meilleures et elle passa par Paris. Il faut savoir que Prince va adorer la France, notamment le sud et Paris. En tout cas, j’aime assez cette période car Prince est moins outrancier et plus sexy que sexuel.   Ce qui m’a toujours surpris avec ce disque, et c’est vraiment un des rares, c’est que même si le style de chaque titre est radicalement différent du suivant, ils s’enchaînent avec une harmonie remarquable et la plupart du temps je l’écoute d’un seul tenant ; en plus il est assez court – moins de 40 minutes- ce qui facilite les choses. Je reprends mon aventure princière avec « Diamonds ans Pearls. Oui, je sais il y a eu du matos entre deux ! Mais je vais y revenir puisqu’à partir de là débute réellement mon addiction complète et partiale envers lui. Cette fois je succombe à tout ce qu’il représente car tout me plaît ! Le disque est parfait, le style, les fringues, la coupe de douille, tout y est et visuellement c’est ma période préférée. De plus, il n’aura jamais été aussi bien entouré que ce soit : les musiciens : New Power Génération, avec Michael B, Sonny T, Tommy Barbarella, Levi Seacer Jr Les « vocals » : Rosie Gaines et la voix envoûtante de Tony Mosley…Les danseuses…Aaaaaaah les danseuses…matez le clip de « Get off » et vous comprendrez ! A partir de là, je ne vais plus rien rater et commencer à rattraper mon retard (qui est immense vous allez voir), qu’importe ! Je me régale de « Cream », « Get off », « Thunder » ou encore « Live 4 love »…  Profitant d’une bonne aubaine j’achète d’un coup « Lovesexy », « Batman » et « Graffiti Bridge » sortis respectivement en 1988, 1989 et 1990. Je l’ai dit, ce rythme effréné de production musicale va lui valoir plus tard les foudres de la Warner qui ne peut plus et ne veut plus suivre cette boulimie de disques. Il faut dire que parallèlement, Prince écrit et joue pour d’autres artistes, The Time, Appolonia 6, Sheila E, Sheena Easton, The Family, Jill Jones ou Mazarati, Sa vie n’est faite que de musique. Pas de cigarettes, pas d’alcool et pas de drogues, rien que la musique ! Lovesexy est pour moi un de ses disques les plus aboutis et les plus « pensés ». La production est parfaite et chaque titre est lumineux. La perle de l’album, à coup sûr « Anna Stesia » magnifiée 25 ans plus tard lors de sa tournée « One nite alone ». Elle ne me fait plus le même effet depuis. Elle semble d’une simplicité désarmante mais en fait elle est envoûtante.  La pochette est un must, Prince y pose nu au milieu de fleurs, photographié par Jean Baptiste MONDINO. La tournée européenne (The Lovesexy Tour) va être un phénomène. Particularité de l’œuvre (mis à part le fait qu’elle a été écrite et réalisée en sept semaines seulement) c’est qu’elle est d’un seul tenant, il n’y a pas de coupures entre les titres qui s’enchaînent avec naturel. Encore une fois, il me surprend et je sombre…  

J’ai ensuite entre les mains « BATMAN » bande originale du film du même nom. Je connaissais le 45 tours qui passait souvent sur M6 à l’époque et sur lequel ma fille alors âgée de deux ans dansait comme une folle. On entend peu la musique dans le film hormis sur le passage mémorable ou Nicholson en Joker refait le portrait de toiles de maître « Partyman ». La choré du grand Jack est un must !!! L’album est assez inégal, fait sans doute « à l’arrache », mais le morceau titre est une tuerie funk et on peut sauver largement quelques titres de l’album qui lorgnent vers ce qui sera la house music. Prince précurseur ? Le look est à l’image du film, déjanté. A voir absolument le clip de « Partyman » en version longue bien sûr. Et pour finir un morceau dont il a le secret « Scandalous » moite et sexy à souhait.

Enfin « Graffiti Bridge » Encore une bande originale de ce qui est sensé être une suite à Purple Rain. J’avoue que je n’ai pas encore vu le film et il paraît que c’est pas trop ça. Le disque est composé d’anciens titres datant quelquefois de plusieurs années et que Prince a exhumé de ses cartons (bien remplis à ce qu’on dit). Je ne dis pas que le disque est dispensable, tout fan qui se respecte se doit de l’avoir, pour les autres il peut être évité hormis quelques titres importants « The question of U », « Love machine », « Shake » ou l’énigmatique « Joy in répétition » plus tard repris en aftershow lors du One nite alone dans une version ahurissante et époustouflante de virtuosité qui me fait dire qu’il est un des plus grands guitaristes du monde. Les deux solos sont proprement sidérants.

Un an après le « Symbol », Prince sort, à son compte (Warner ayant refusé) un album de son groupe de musiciens : les NPG (New Power Generation) « GOLDNIGGA ». Ce disque est un collector absolu car il n’a pas été distribué dans le commerce mais uniquement lors des concerts 1993. En réalité, Prince est derrière tous les morceaux et l’ensemble est très funk, donc très bon. Ce disque permet à Prince d’explorer d’autres pistes musicales au même titre que sa production pour d’autres artistes.

En tous cas, cet album est devenu un objet de convoitise et j’ai enfin réussi à l’obtenir….  Je passe rapidement sur le best-of paru en 93, hormis les quelques inédits qu’il contient  (Peach, the  Pope), il n’est pas indispensable. 1993 est l’année de la rupture avec Warner Bros et c’est ce litige qui donne lieu au changement de nom de Prince en ce symbole énigmatique (The artist  pour certains,  ou encore Love Symbol) qui le suivra pendant plusieurs années et qui restera de toute façon une référence princière. En effet, il  estime que l’artiste « Prince » est lésé et ne veut donc plus que son nom apparaisse sur les disques.  Prince ayant signé pour six albums avec Warner, il se doit de les sortir en tant que The Artist afin de se libérer de ce contrat. Parallèlement Prince crée NPG Records qui deviendra SA propre fabrique, indépendante des majors. Il sort donc sous ce label une compilation d’artistes NPG puis pour respecter son contrat, autorise WARNER à sortir l’album « COME ».

La pochette, assez sombre, ne laisse aucun doute « PRINCE 1958-1993 » marque la fin d’une période chez l’Artiste qui est en fait celle de sa collaboration avec Warner pour qui il se contentera de sortir des disques dans le seul but de remplir son contrat et de retrouver sa liberté entière et totale de faire ce qu’IL veut, même si c’est trois disques par an…Néanmoins ce disque est très bon et c’est l’un de mes préférés. Les dix titres (dix mots, en fait, ce qui est déjà très surprenant) explorent encore une fois des domaines musicaux très variés et chacun d’entre eux est une expérimentation à lui seul. Parmi les plus surprenants, SOLO un long chant très puissant accompagné d’un seul instrument, sorte de harpe électronique ; ou encore ORGASM dont le titre est suffisamment évocateur pour que je ne vous en dise pas plus. Au rayon pur funk, on ne peut ignorer RACE, titre jubilatoire s’il en est !  Au rayon rock, PHEROMONE s’impose !   Ma préférée reste LETITGO et chaque fois c’est la même chose : « Chair de poule » comme dirait mon compatriote Dany Boon… Sans oublier PAPA un titre en deux volets qui évoque les enfants maltraités (autobio ou pas ???) Vient le Black album ! Ca c’est un collector pour ceux qui ont la chance d’avoir la version sortie en 1987 et retirée des ventes par Prince lui même, allez savoir pourquoi. Devenu objet de culte, il a été piraté un max. On parle de plusieurs millions de copies. Il est finalement ressorti en 1994, essentiellement pour compléter le contrat avec Warner. C’est un disque très funk, assez déroutant et réservé aux puristes de l’Artiste. Seul titre « accessible » When 2 are in love était sur LOVESEXY. C’est pas un des meilleurs mais c’est certainement un des plus expérimentaux et aussi un des plus sombres ! (d’ou le titre ???)

Une évidente boulimie de production conduit Prince à sortir en 1994 un nouveau CD pour le compte des « NEW POWER GENERATION », groupe qui l’accompagne véritablement depuis « Diamonds & Pearls » et qui tranche avec « The Revolution » par son côté plus ‘funk’ que ‘soul-rock’.   A l’instar de « Goldnigga », Prince se lâche car il est évident là aussi qu’il est derrière tout ça à 100 %, et le disque est entièrement dédié au groove. Les références au P.Funk de George Clinton sont évidentes, ainsi qu’à des groupes comme CAMEO, Brass Construction ou encore les Bar-Kays pour les intermèdes parlés, les bruits « bizarres » divers et les blagues. C’est un vrai disque « Black » ! Il passe relativement inaperçu hormis pour les initiés, mais cette période m’a toujours beaucoup plu par son côté festif. Je sais que les « autorités » en matière princière préfèrent les années 1980, mais en bon Funkateer, j’ai un faible pour les années 1990.

Je poursuis mon récit avec un des albums de mon top 5, classement que je vous dévoilerais bientôt. En septembre 1995, une galette toute dorée est dans les bacs : « The Gold Experience ». Il va me falloir du temps pour digérer ce disque mais comme il va passer en boucle pendant très longtemps dans l’autoradio, ceci explique peut être cela. Ce disque est (pour moi bien sûr, je le précise…) un condensé très réussi de la variété de styles dont notre homme est capable.  Vous voulez du Funk bien senti, scintillant comme le cuivre : « P.Control », « We march », « Now », « 319 » et surtout « Billy Jack Bitch » sont là pour vous servir !  Vous voulez du rock’n roll et du bon, avec des solos tout à la gloire du grand Jimmy, lorgnez du côté de « Endorphinemachine » et le terrible « Shhh » qui en concert devient souvent une pièce d’anthologie.  Vous voulez des ballades parfaitement produites avec des mélodies inoubliables, allez, écoutez « eye hate you » et bien sur « The most beautiful girl in the world », gros carton cette année là et écrite, paraît-il pour Miss « Ophélaï » Winter qui l’avait côtoyé quelque temps. En fait, je pense que cette chanson est surtout un hommage à la femme en général ! Vous voulez, pour terminer, des morceaux qu’on ne trouve QUE sur un disque de Prince tellement cela semble improbable et pourtant… « Dolphin », « Shy » et « Gold » vous séduiront parce que derrière le côté formaté de certains, voire « gnangnan » (shy)((vous voyez je sais être critique)), il y a toujours quelque chose d’accrocheur qui vous empêche de le zapper à l’écoute. En résumé, c’est clairement un des albums à avoir pour toute personne pas forcément très fan, mais qui veut avoir quelques œuvres du lutin, je dis quelques, car sur pas loin de 35 albums officiels, eh oui vous avez bien lu, 35 albums en 30 ans de carrière, faites la moyenne, sachant que dans le tas il y a des doubles, voire des triples, eh bien « quelques » ça doit faire une petite dizaine je pense…


Ma vie avec Prince

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