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Arras 2010 : Soleil, Fête et bêtes d’orage !!!

Mardi 27 juillet 2010

orNon ce n’est pas le titre d’un vieux film de Comencini, mais ces trois mots résument à eux seuls la journée passée, où devrais-je dire, la fin de journée de ce 9 juillet 2010. L’annonce du concert m’avait mis en émoi car à ce moment là, trois dates se profilaient et celle çi, ARRAS, à une heure de chez moi, laissait présager un bon moment, en tout cas, si je me référais à mes deux derniers concerts (Montreux et Grand Palais). Travail oblige, nous ne sommes partis qu’en tout début d’après-midi, sous une chaleur étouffante et un ciel plombé de gris. Première désillusion, le parking carré Or est une foutaise ! J’ai bien vu quelques panneaux l’indiquant puis…plus rien. Où c’était mal fichu où je suis passé à côté. Au passage, lors de mes vaines recherches, j’ai du « laisser passer » un véhicule de la maréchaussée qui ouvrait la route à une énorme limousine noire…la même que…j’ai pas eu l’temps de lui faire coucou…Qu’importe, on trouve à se garer, à 2 km du site quand même et on arrive tranquilles dans la queue déjà importante, sur le coup de 16 heures. Il fait chaud…très chaud…et en bon gars du Nord, la chaleur j’aime pas trop, je ne me sens bien qu’entre 20 et 24 degrés ! Là, on est à plus de 30 et le soleil fait son apparition pour élever encore la sensation de chaleur mais c’est moins étouffant. Voilà pourquoi le soleil est dans le titre de cet article !thrips

L’attente va être longue, épuisante pour mon corps qui surchauffe trop vite et lentement un mauvais pressentiment s’insinue en moi : je ne vais pas kiffer ma race ! Déjà la photo de ce petit monstre qui illustre cet avant propos ne reflète pas le haut degré d’emmerdement maximum qu’il peut engendrer. Ces gentilles bestioles qui pullulent les jours d’orage dans certaines régions françaises se sont donné rendez vous à Arras afin de parcourir nos corps à la recherche d’on ne sait pas quoi ! Toujours est-il que ça gratouille, que ça démange, que ça se met à dévaler votre cuir chevelu tels des amazones pourchassant des mâles en rut, bref, des chieuses. D’où leur présence dans le titre de cet article. Toute l’eau a déjà été bue, le pulvérisateur d’eau a déjà bien fonctionné et nous sommes encore derrière les premières barrières. Au fil des minutes, nous commencons à progresser. Premier barrage où le contrôle est on ne peut plus léger, mettage du bracelet Carré Or (ca y est…on est des VIP…) et course modérée vers le site. Nous sommes canalisés pour arriver finalement à environ 10 mètres de la scène, sur la droite et…stationnement.

photo0431Il nous faut encore attendre ! J’ai toujours aussi chaud et ça en devient désagréable (d’où ce look à la Fonzie…), en plus j’ai le soleil pleine figure côté droit. Les filles souffrent en silence mais elles sont tellement impatientes qu’elle supportent. Ma copine découvre l’ambiance « concert » et s’étonne de certains égarements du public présent (bousculades…passages en force…discrétion peu présente…) Bref, je suis bien content de voir arriver MINT CONDITION, mais mon plaisir sera de courte durée. Le son est pourri, limite insupportable et ça ne rend pas hommage au groupe qui m’a l’air trés bien. Mention spéciale à une reprise du « Atomic Dog » de Clinton qui pète un max. A écouter dans d’autres conditions. Puis arrive le « vieux » Larry GRAHAM qui va donner une leçon de funk à l’assemblée. C’est carré, ça donne, le son est déjà meilleur et y’a pas à dire, même si on lui prête une responsabilité dans les délires religieux du Kid, à la basse, Larry reste un tueur ! Tous les classiques y passeront de « Family Affair » à « Dance to the music » !

Il est plus de 21 heures 30 quand je sens le frémissement qui parcoure le public, annonciateur de l’arrivée des musiciens et du maître de cérémonie. J’ai déjà pu écouter ce qui s’est passé à Roskilde et à Berlin et je ne suis donc pas surpris d’entendre les premières mesures de Venus de Milo couvrir la clameur qui monte de la foule. Il n’est pas encore là car le niveau de décibels reste supportable mais je sais, sans le voir, qu’il pénètre la scène car la clameur se transforme en hurlement primaire, comme dirait Bigard, et il apparaît, dans sa tenue presque virginale, Hohner dans les mains, pour démarrer l’intro de Let’s go crazy intro qu’il perdure comme s’il freinait encore l’énergie qu’il va libérer. Et CA part, la version est classique mais tellement dynamique qu’on voit tout de suite qu’il a une pêche d’enfer et que ça va être chaud (no…no…let’s go). L’ennui avec les sons qui circulent c’est qu’on est tellement gourmand qu’on sait déjà ce qui va suivre et sans surprises, il enchaîne un Delirious trés primesautier puis revient à Let’s go crazy ! Des sons se baladent dans tout ça mais je ne cherche pas à les reconnaître. 1999 nous ramène presque 30 ans en arrière et je me dis : « Et voilà…30 ans de carrière et la magie opère encore sur des titres qui ont 25 ans ou plus et qu’il a du jouer des centaines de fois, mais rien à faire, le riff est tellement prenant que tu pars au 1/4 de tour et pour le coup la version est hautement entraînante. Little Red Corvette me propulse dans le passé récent ! Montreux 2009 et ces concerts d’anthologie, c’est presque la même version et des frissons me parcourent.  Les sons sortant de sa guitare accompagnent la nuit qui doucement s’installe. Mais ces frissons ne sont pas totalement dûs à mon émotion…j’ai du prendre un coup de chaud et je ne tiens plus. Décidément, je ne suis pas fait pour la chaleur et ma copine ne le supporte plus non plus. Nous devons battre en retraite vers la buvette aux sons de Take me with U ! Je vais entendre plus qu’écouter Guitar bien que je perçoive le traitement guitaristique proprement hallucinant qu’il lui fait subir (ça le fait rire le bougre…) puis des fragments de Hot Summer car il faut absolument que je me procure de l’eau et du soda sucré pour à la fois me rafraîchir et ne pas friser la syncope. Nous sommes assis dans l’herbe et assistons à l’évacuation de plusieurs personnes victimes de malaises et je peux me requinquer sur une version mortelle de Controversy assaisonné de Sexy dancer passé à la moulinette CHIC. Ce « Sexy dancer » est vraiment intemporel…comme semble l’être PRINCE d’ailleurs. Il est dans une forme exceptionnelle, danse, saute, sourit, virevolte partout. Opération ou pas, quelle énergie et quelle joie de vivre et de jouer. D’où le troisième mot du titre de cet article…c’est la Fête…comme si c’était « la Ducasse » comme on dit chez nous ! Nous sommes tous à la Ducasse de PRINCE…et c’est bon même si je ne le vis pas comme j’aurais voulu. It’s time to get funky !!! Mais je l’ai toujours été  ;-) )photo0435

Shelby J nous gratifie d’une reprise de Angel toute en puissance…quel organe…et suit une version inédite, qu’il a quelque difficulté à démarrer, en duo avec Shelby, de Nothing compares to U qui nous change un peu des dernières versions entendues…celle là est un peu plus bluesy teintée de gospel je trouve ! Après avoir totalement émergé de notre coup de chaud, on se rapproche de la scène mais on est plus aussi prés et on se contente de l’écran géant. Néanmoins j’exulte intérieurement aux premières notes de Mountains… j’adore ce titre, comme tout « Parade » d’ailleurs, et quelle n’est pas ma surprise de constater que le mix avec Shake your body des Jacksons est parfait. Bon…PRINCE laisse le soin aux choristes de chanter la chanson mais bon…petit hommage à « Maïkeule » au passage…l’hommage se poursuit d’ailleurs, celui qu’il fait à l’une de ses influences majeures : Sly & The Family Stone ! Avec la présence une fois encore de Larry Graham, membre du groupe à l’époque, ça semble en même temps normal mais aussi…récurrent ! Un peu trop même, car même si le set Everyday people et I wanna take you higher est trés entraînant, plaisant, et qu’il transforme ARRAS en chaudron, personnellement ça commence à me saouler un peu. J’aurais préféré qu’il me fasse « Shhh » ou encore « A love bizarre » avec Sheila aux percus mais malheureusement Monsieur décide et nous on aura eu Larry…ce double hommage est suivi par un Alphabet Street trés enjoué, comme PRINCE, qui continue à jouer comme jamais avec le public (on en reparle ensuite …) c’est vraiment la fête !!! Serait-ce fini ??? Je commence (un peu) à en avoir l’habitude, on est toujours à deux rappels minimum mais les « encore » se situent actuellement plus vers trois, quatre, voire cinq mais là c’est miraculeux. Je me dis donc : « Ouais c’est ça…Good Night…il est 23 heures passés, c’est trop pour repartir  » ! Et il revient…comme prévu…et démarre un Kiss qui met Arras en ébullition. Moi j’apprécie comme je peux mais le coeur n’y est plus depuis un moment, je me contente de ressentir les ondes positives qui s’échappent de cette foule…de cette marée de têtes levées vers la scène et éclairées à intervalles réguliers par les éclairagistes qui, par contre, ne comprennent pas trop bien les instructions de Maître…la version de Kiss est très bonne et me rappelle les versions données lors des concerts de 86 avec cet espèce de dédoublement de la guitare par les synthés et ces incursions du remix au sein du titre. Trop fort ! Il poursuit ce premier rappel avec l’incontournable Purple Rain ! Il aura ainsi joué, coup sur coup, les deux titres que toute personne associe directement à l’Artiste quand on lui en parle. Tout a été dit sur ce titre, invariablement il provoque une communion d’esprit avec le public, comme si à chaque fois on se prenait à s’imaginer être dans le public du First Avenue, à écouter pour la première fois le titre du Kid…

p1030997aJe ne sais pas quelle mouche a piqué notre homme pour qu’il revienne pour le second « encore » avec Dance Disco Heat ! J’ai entendu qu’il l’avait joué au Danemark et en Allemagne et nous y avons droit également. Il s’agit d’un titre disco datant de 1978, reprise de Sylvester, artiste disco de la fin des années 70 et qui fût une figure importante du mouvement disco avec l’immortel « You make me feel » ! Va savoir pourquoi il décide de cette reprise ?!? c’est le titre idéal en tous cas pour faire remuer les « ch’ti ass » d’un soir, les faire jumper sur des parties de « Housequake » et même nous faire reprendre en choeur : « Tonight…I love everybody & everybody loves me » ! On est, au moins, contents de savoir qu’il nous aime…et là ! Enorme surprise (en tout cas pour moi) PRINCE descend de la scène, se dirige vers le public massé en première épaisseur et se met à prendre un mini bain de foule…allez juste les doigts…mais c’est proprement hallucinant venant de quelqu’un qu’on imagine hyper protégé et surtout qu’on perçoit depuis quelques années, comme un artiste qui a mis une « certaine distance » avec le public. Bref, je suis sidéré et j’espère que les filles en prennent plein les yeux et les oreilles. 10 minute de folie !!! Vont suivre un Peach pêchu comme jamais et il en profitera pour présenter ses musiciens qu’il affuble à nouveau du patronyme de NPG pour New Power Generation. Il me semble qu’il n’en avait plus parlé depuis un moment…puis surtout un des quelques titres que je voulais entendre en live Ol’Skool Company qui vient combler mes oreilles après l’avoir attendu en vain en Suisse et à Paris (non…je n’étais pas à La Cigale…) je ne boude pas mon plaisir et on rigole bien sur les déhanchements quelque peu perturbés d’une fan légèrement enbierrée…

Pour la deuxième fois consécutive nous avons droit au tonnerre annonciateur habituellement de fin de concert, mais aujourd’hui on ne peut jurer de rien et après nous être dit que p1040014bcette fois c’est fini, la rythmique si particulière du titre Forever in my life retentissent sur l’esplanade classée Patrimoine mondial de l’UNESCO mais qui ce soir est le patrimoine d’un artiste qui reste définitivement le showmen qu’il faut voir au moins une fois dans sa vie ! Des partants reviennent en galopant vers la scène et nous vivons avec les filles ces derniers titres car elles aussi, pensaient que c’était fini. J’adore ce titre et là aussi, je ne boude pas le plaisir qui est le mien devant ce quasi a capella. Il en reste d’ailleurs à cette version dépouillée et il l’enchaîne avec un 7 tout aussi envoûtant avant de terminer sur quelque chose d’inédit…qui ne sortira peut être jamais sous quelque forme que ce soit ! On tient peut être là une perle à savourer de temps en temps. Obligé de baptiser ce titre Let go…let God car ce sont les uniques paroles que PRINCE nous fera répéter en une sorte d’incantation divine, genre : « Laisse béton, Laisse faire l’éternel » ! C’est pas trop mon genre mais le trip est prenant car le petit riff de guitare qui accompagne ce onzième commandement est hypnotisant et quand tout s’arrête…bein justement on a pas envie que ça s’arrête. Quatre minutes de magie !!! Mais la messe est dite…cette fois il ne reviendra plus…il est minuit et c’est l’heure où les carrosses redeviennent citrouilles et les chevaux des souris !!! c’est l’heure de quitter le lieu…tranquillement, des sons plein la tête et des images aussi. Celle qui me reste est celle d’un homme heureux, qui nous gratifié de beaucoup de marques de sympathie et d’amour mais aussi de ses mimiques et blagues qu’on ne le voyait plus trop faire. Par contre je décide que c’est la première et dernière fois que je le vois dans ces conditions. Je me contenterais de petites salles (Olympia ou Zenith) ou d’afters si j’arrive un jour à m’en faire un ! Bilan mitigé pour moi, vous l’aurez compris, mais je n’étais pas dans les meilleures conditions. Bon je me console en me disant qu’il a dit vouloir vivre en France et faire toutes les salles de Paris à la rentrée. Y’aura bien une petite date pour moi…

PS : J’ai déjà raté le New Morning où j’aurais donné cher pour y être mais c’était pas possible…trop juste…trop court…trop loin…

PS2 : Photos de PRINCE « piquées » à JC08 du forum schkopi…Merci ;-)

Touentitaine ! (20Ten) updated…

Jeudi 22 juillet 2010

22/07/2010

Finalement, il aura encore joué au furet avec nous et après un report de sortie dû, paraît-il, au remixage d’un titre, le CD « 20ten » est finalement paru avec l’édition du 22 juillet de « Courrier International. Hier soir je passe chez le Marchand de journaux pour réserver un exemplaire et je tombe sur la marchande qui me dit ne pas pouvoir m’en réserver un et qu’elle est même pas sûre qu’il sera dedans et que ils n’en auront certainement qu’un ou deux…patati patata ! Je décide de laisser tomber et de passer à l’ouverture ce 22 juillet. A huit heures pétantes je pénètre l’enceinte de la Maison de la Presse et de suite je reconnais le bruit si familier aux oreilles princières, celui de la linn drum, ce son si particulier qui est presque comme un marque de fabrique du son de PRINCE. Je me dirige vers le comptoir où le patron me dit : « Oui je l’ai…j’en ai eu quelques uns et il m’en reste deux ! » J’en prends donc un et laisse le dernier pour faire un heureux ! On discute un peu car le patron est un amateur de musique et il connait un peu l’oeuvre du Kid ! Il diffuse d’ailleurs l’album dans son échoppe d’où le bonheur fait à mes oreilles lors de mon arrivée. On parle d’Arras…(je lui promet un exemplaire du son qui circule) et il me dit qu’il est plutôt bon cet opus…un retour aux sources me précise t-il ! Je vais donc écouter ça…une bonne trentaine de fois avant de faire mes devoirs. Car j’ai envie cette fois ! La fleur de lotus ne m’ayant pas inspiré, pour l’instant en tout cas, je vais me rabattre sur celui là et récupérer les lyrics avant toute chose. Restez branchés !

01/07/2010

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’y s’est pas foulé pour le titre du prochain album le PRINCE : 20Ten !!! Deux mille dix quoi…Bon ce qui me rassure c’est que le dernier concept « à chiffres » c’était « 3121″ et que finalement ce fût un très bon album dans le déroulé de son oeuvre et qu’il avait donné naissance à une série de concerts assez importante même si très loin de chez nous (Las Vegas).

Le concept Planet Earth mort-né…le concept Lotusflower fané avant d’éclore, prions que le concept « 2010″ rehausse un peu le niveau !!! Premiers éléments dans le teaser du lancement prévu en France le 8 juillet avec le magazine Courrier International (commandé chez mon « Presseux »)((J’aime bien le son de grat’ en fond sonore…)

Plus intéressant encore, l’apparition du Kid chez Stevie ce 1er juillet à Bercy…! ENORME la prestation aux côtés de Stevie, j’adore le côté « touriste de passage »…chemise 80′s…lunettes presque SOTT…et ce titre est vraiment…euh…MIRIFIQUE !!! Au fait, Sheila E dans les bagages du vacancier…ça aussi c’est intéressant…et dernière chose, Prince…tu peux pas demander la « choriste en rouge » en prêt pour Arras ?!? ;-) ) Allez…prochains rendez-vous pour moi : le 8 juillet sortie de 20Ten et chronique à la clef (autant LFlw3 ne m’a pas inspiré, autant là…je le sens bien) et le 9 juillet in ch’timi land !

Planet Earth

Lundi 30 juillet 2007

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NON !!!…………………..Je ne dirais rien sur Planet Earth…………………… tant que je n’aurais pas le CD entre les mains…………………je n’ai rien téléchargé……………..je n’ai rien écouté hormis le single « Guitar » qu’il était difficile d’éviter……..en même temps c’était le titre de lancement…mais même sur lui je ne dirais rien.…….…Après le 23 juillet…normalement…
le 23 juillet c’est aujourd’hui et CA Y EST…le facteur vient de passer et de me déposer l’objet tant attendu. Vous me direz ce que vous voulez mais rien ne vaut cette fébrilité qui s’est emparé de moi, le coeur qui bat un chouïa plus vite (et merde je m’suis coupé en ouvrant cette saloperie de cellophane…véridique !!!). Vite un pansement et je déballe enfin la chose. Une pochette qui fait zip zip comme les images dans les Vache qui Rit d’antan…j’ouvre et je le découvre…il est magnifique…assumant pleinement sa singularité, pantalon-bustier  cintré en cuir, chemise rouge passion col pelle à tartes, pilosité pectorale en avant, accessoires (pendentif symbol et retour de l’oreillette NPS). La galette est là aussi (heureusement…lol) et l’Afrique est mise en évidence ! Voilà, maintenant je pars pour au moins trois jours d’écoute. Rendez-vous certainement le WE prochain pour un premier avis !
Le 30 juillet 2007, je rends ma copie…Bonne lecture !
PLANET EARTH

Parce qu’on ne peut pas appréhender l’œuvre d’un artiste sur une seule écoute rapide de fichiers M(aousse)P(ourris)3…
Parce que le respect dû à l’artiste m’oblige à un peu de patience et à consacrer un peu de mon temps à essayer d’avoir un avis objectif sur dix titres qu’il a peut être travaillé et retravaillé des dizaines de fois (pour certains)…
Parce que depuis ce 23 juillet, j’écoute cet album pour en saisir toutes les nuances, pour en dire des choses réfléchies ; et que chaque jour me plonge davantage dans cette réflexion ; et que décidément je ne peux me résoudre à faire quelque chose de rapide…
Parce que Prince ne fera jamais rien d’autre que DU Prince, et qu’il ne faut plus s’attendre à autre chose, après tout vous demandez toujours un beefsteak bien tendre à votre boucher, quand je dis DU Prince, je veux dire une chose que vous n’attendiez pas, qui vous surprend et fait débat.…
Parce que, enfin, à presque 50 ans, je ne suis pas dans le trip actuel de la consommation rapide et insipide, de l’élimination organisée et de l’illusion musicale…
Ah ! Il reste un « parce que » ! Parce que, donc, je n’ai aucune raison de ne pas être partial et de ne pas dire du bien, si je le ressens, sur un artiste que j’aime depuis près de 25 ans… ! …Même s’il ne révolutionne pas la musique actuelle avec son nouvel opus ! Néanmoins, voici mon décryptage de l’œuvre avec toute la partialité qui me caractérise, avec comme d’habitude une grosse dose d’interprétation et aussi (c’est l’essentiel…) toute la passion que j’ai pour lui ! (et avec un nuage de naïveté aussi je le sais…)

Planet Earth

Si vous regardez la discographie princière à la loupe, vous vous apercevrez qu’il démarre rarement un album avec un titre de cet acabit, habituellement, c’est la claque d’entrée (Controversy, 1999, ou 3121) ! C’est classique, il nous balance normalement un titre qui « envoie » et pas forcément un titre « concerné » (hormis S.O.T.T…) ; « fédérateur » il l’est tout de même, dans le thème qu’il aborde. Ode à la planète Terre et message pour ses habitants, ce titre démarre par quelques notes de piano égrenées comme dans une chanson enfantine (mais style Stephen King) pour enchaîner sur l’hymne princier dans toute sa puissance, un peu lourde parfois, mais tellement prenante. On pense (sans comparer hein !) à « Kashmir » de Led Zep ou « The show must go on » de Queen. Un titre improbable aujourd’hui et qu’il fait pourtant. Le texte, après une entrée en matière sur la fragilité de notre monde (…dans le creux de ta main…) aborde ensuite d’autres problèmes planétaires surtout humains et finalement pas seulement environnementaux. Soudain en milieu de titre, un break tout en légèreté vous ramène soudain à la réalité de notre monde et à son insouciance vis à vis de ces (nos) problèmes. On se croirait presque dans une pub « DIM » ou dans le « Could it be magic » de Donna Summer. J’y vois le signe d’une mise en garde sur l’attitude de l’homme et sa manière à lui d’attirer notre attention sur ce qu’il a dit auparavant, sur notre conscience qui doit aujourd’hui être planétaire et non plus réduite à notre seul lieu de vie mais également sur le fossé et l’injustice qui existent entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas.
Il termine sur la guerre, celle, inutile (elles le sont toutes…), qui mine encore quelques pays aujourd’hui, celle qu’on voit à la télé entre un clip vidéo et une émission de télé-réalité, celle qui fait des milliers de malheureux résignés sur leur sort, finalement celle avec laquelle nous sommes contraints de co-exister car je crains qu’elle ne soit inhérente à l’homme… nous ne sommes pas encore suffisamment évolués pour la bannir totalement. La preuve, ça n’est finalement qu’une chanson et sa guitare nous rappelle qu’il est aux manettes…le solo final est stratosphérique, tout en puissance délivrée d’un seul coup, comme un orgasme « protestataire » qui éclabousserait ceux qu’il dénonce et qu’il menace aussi quelque part. L’écho de guitare final ressemble d’ailleurs furieusement à un message de prévention des foudres divines. Le coup d’gueule de l’album à coup sûr, coup d’gueule un peu naïf et tardif (comme tout l’monde d’ailleurs) mais mieux vaut tard que jamais ! J’aime ce titre pour sa grandeur un peu « kitsch » et pour le message qu’il délivre, après tout il faut bien vendre aussi et utiliser les thèmes à la mode n’a rien de racoleur si ça peut faire avancer les choses. On ne peut pas lui en vouloir pour ça. En plus on sait tous (nous…) que Prince a toujours aidé les autres, souvent sans que cela se sache publiquement d’ailleurs ! NUMERO 6

Guitar

De la même manière qu’il faisait succéder « Get on the boat » à « The Dance » sur 3121, il nous fait passer brusquement d’une sensation à une autre en moins de 2 secondes (je déteste ça…). Je me suis longtemps demandé pourquoi il reprenait « Johnny B good » à Vegas et c’est seulement en ré-écoutant la version album que la lumière fût. Chuck Berry et Muddy Waters sont venus hanter ses nuits et lui souffler les notes qu’il devait aligner pour écrire ce titre. On est dans les fondements mêmes du Rock’n roll et partant, du blues, avec la simplicité (toute relative) de l’alignement de trois accords. Cette version est dix fois meilleure que la version « salle de bains » ayant circulé il y a quelques mois. Car plaquer trois accords c’est une chose, en faire une « rengaine » qui ne vous sort plus de la tête, c’est autre chose et ça il sait faire. C’est le genre de morceau qu’il faut absolument écouter un matin où vous vous êtes levé sans envie, parce que vous devez le faire même si le cœur n’y est pas. Cette chanson c’est un anti-dépresseur sans « contre-indications », sans « effets non souhaités ou gênants », sans « effets indésirables » hormis le fait que vous avez l’air d’un babache à chanter tout seul dans votre voiture. Bref ! c’est le « hit » de l’album ! La guitare est électrique à souhait, LES guitares devrais-je dire (Merci Wendy…), la descente d’accord est imparable, les solis sont parfaits de simplicité et d’efficacité, rien à dire ce titre est un must et doit le réconcilier les nostalgiques des années 80 ;-)
Côté texte, il nous fait son Carlos qui « pré-fère man-ger à la cantineuhhh ». Au moins on comprend aujourd’hui pourquoi il ne parvient pas à rester avec la même femme très longtemps, c’est qu’à chaque fois il doit répondre à l’appel de la guitare qui telle une sirène de Capri séduisant enfin Ulysse, le ramène vers ses six cordes si tentantes. Dés le premier appel d’ailleurs, il ne se pose pas de questions et plante sa copine au pied du club. « Demerde toi, si tu veux boire demande à quelqu’un….faut pas trop te la jouer surtout quand on fait c’que tu fais…faut pas te la raconter non plus sur notre relation…bref si t’es pas contente casse toi ! » Cette chanson est un monument de muflerie et de goujaterie et j’ose espérer que c’est du 2ème degré mais on ne sait jamais avec lui, il aime tellement sa guitare (c’est d’abord « MA guitare », puis « CETTE guitare » pour finir sur «Bon tu connais la suite », l’air de dire « tu m’fais suer t’as pas encore compris ! ») et après tout, la guitare n’évoque t-elle pas les courbes rebondies d’un corps féminin, il est peut être fétichiste…qui sait ? Nan je rigole, un mec qui a écrit « The one » ne peut pas être le gros macho qu’il dépeint, quoique…quoique… NUMERO 5

Somewhere here on earth

Véritable déclaration d’amour qui rompt avec l’image laissée par Guitar, ce titre est la perle de l’album, j’ai pas dit ma préférée hein, mais nul ne peut rester insensible, non seulement au texte qui est simple et sincère pour le coup, mais surtout au thème musical. Les craquements vinyliques « seventies » plantent le décor d’un slow calibré au micron. Attention pas le slow baveux et sirupeux des fins de bal de sapeur-pompiers, non…le slow classe et scintillant, laissant comme une sensation de nostalgie bien agréable. Les nappes de flûte, la trompette bouchée, les cumulus de cordes et les touches délicates de piano tissent une toile de douceur et de sensualité ; le dédoublement jazzy de batterie vous arrache un petit sourire car décidément il est trop fort. J’y vois aussi un « manifeste » qui nous informe que : « Voilà c’est ça le Prince du 21ème siècle, voilà ce que j’ai envie de faire aujourd’hui ! » Tout à l’heure j’évoquais une image bouchère pour dire qu’il ne fera jamais que du Prince, ça ne veut pas dire qu’il doit toujours faire la même chose, c’est comme si vous vouliez cinq enfants identiques, la richesse naît de la diversité.
Par dessus tout, ce qui me marque dans cette chanson, c’est quand même la voix. On en parle jamais assez d’ailleurs à mon goût. Et dans ce titre, il laisse toute son émotion circuler à travers ses cordes vocales, on se remémore ses premières chansons et sa voix si pure et si cristalline. Trente ans plus tard, elle est toujours là, un tout petit peu plus grave, mais si peu, et toujours aussi « frissonisante ». Par instants, on se laisse aller à discerner des accents de Nina Simone, voire d’Eartha Kitt quand la voix se fait plus granuleuse mais la seconde d’après il retrouve toute sa luminosité. Presque six minutes ? déjà finie ? oh non….replay…! NUMERO 3

The one U wanna C

Putain je viens de faire un bond de 27 ans en arrière…1980…sortie de Dirty Mind et sur l’album une pépite pop « When you were mine » qui (déjà ) nous fait faire un grand écart avec le titre précédent. Quatrième chanson, quatrième style ; mince il a décidé de nous faire la grande parade des styles musicaux. Il a surtout décidé de faire très commercial sur ce coup là, car ce titre est parfait pour un second single. Au bout de trente secondes vous avez chopé la mélodie, vous chantez la chanson comme si vous la connaissiez depuis vingt ans. Les guitares sonnent très seventies et pour un peu on singerait Travolta dans Pulp Fiction, « deux doigts coupe-faim » devant les yeux ou l’on se fendrait d’une choré « chute dans la piscine », pantalon pattes d’eph’ aux fesses et chemise col « pelle à tartes » largement ouverte sur deux ou trois colliers plaqué or…la ligne de basse est mortelle et les couplets s’enchaînent à vitesse grand V. Même la voix a les petits « gazouillements » des rockers des années 60. Côté paroles, on est dans la plus pure des leçons de séduction « Prince’s Mode ». Après le macho de Guitar, le Valentino de Somewhere…, voici Casanova, le mec sûr de lui qu’à rien à faire, qu’a juste à « représenter »  ! d’accord t’es le seul qu’elle veuille voir mais fais gaffe quand même, les filles d’aujourd’hui se laissent plus forcément prendre à ce petit jeu. A relire encore le texte, je crois qu’il a du bien s’amuser sur ce titre… NUMERO 7

Future Baby Mama

Premier coup de cœur avec cette « future petite mère ». Rythmique « Fé’Linn » et sonorités princières arrivent en force et toutes en délicatesses. Petites poussées de synthé chaloupées, puis descentes d’accord de guitare acoustique, tout est dit nous sommes dans le diamant, y’a plus qu’à tailler ! Refrain quasi monocorde mais ô combien séduisant… « Ma’Linn » cette chanson ! Impossible de décrire l’assemblage de sons et de trouvailles qui tissent ce must-listen ! On entend parler beaucoup aujourd’hui en France de « AIRENBILLE » à propos de tout et de rien, à croire que cette étiquette débarquée d’on ne sait où un beau matin doit absolument qualifier tout ce qui a un rythme un tantinet soul/funk. Sauf que la plupart de ce qui sort sont, au mieux des resucées de vieux standards, au pire des merdes infâmes (ça va, je sais y’a des exceptions). Vous voulez une leçon de « soul et de rythm’blues », les vrais, ne cherchez plus, cette chanson en est l’archétype. Elle « ca’Linn » aussi la bougresse, difficile de ne pas s’imaginer ailleurs…aux bras d’une jolie fille « fé’Linn » et langoureuse…sur le front de mer d’une ville sud-américaine…les yeux dans les yeux…lui susurrer des mots d’amour et l’emmener dans une décapotable…au son de cette merveille…et jusqu’au bout de la nuit… Bon, ça va on a le droit de fantasmer un peu non… on peut, l’espace d’un instant s’imaginer en Cary Grant enlaçant une Grâce Kelly sur la Riviera ? Non…!!! En fait lui, il est plus dans le rôle de celui qui connaît tout, qui a beaucoup vécu et qui est en mesure de donner les rudiments de la vie à deux. Donc il joue le mec bien, qui tape pas sa femme, qui est attentif, serviable, aux p’tits soins, bon père et tout…et tout. Mais on est tous comme ça cher ami, « C’LINN », j’en suis sûr. Bon je maintiens, premier coup de cœur qui va être dans le peloton de tête. NUMERO 2

Mr GOODNIGHT
Deux secondes et un délicat frisson me parcourt l’échine, une sonorité particulière évoque tout de suite un titre qui pour moi est un des sommets dans la carrière de Prince, je veux parler de « If I was Ur girlfriend ». Mais ça dure peu…peu importe, le mal est fait ! Je ne chercherais pas à vous expliquer pourquoi, car il y a des choses (quand même) qu’on ne peut pas ou qu’il ne faut pas expliquer ! C’est MON titre de l’album, celui que je peux écouter 20 fois de suite. Je ne dis pas que c’est le meilleur, je sais même que certains vont me dire que je suis à côté de mes pompes, mais rien n’y fera, marqué à vie je suis ! Pour moi tout est parfait, rythmique, musicalité, voix et surtout le plus dans un classique princier, c’est ce petit « truc » qui fait la différence et qui personnellement me convainc à chaque fois. Là c’est pas grand chose encore, trois notes de xylophone je crois (?) qui reviennent régulièrement ponctuer le « soft rap » de Prince. Comme quoi la passion peut tenir à presque rien. Ne cherchez pas à me dissuader, si vous me connaissiez bien, vous sauriez que je suis plus têtu qu’un mule !!!A part ça, ce « marchand de sable » érotique, car il s’agit bien de cela, s’égare à nouveau sur le chemin de la séduction. Le refrain est clair, « si tu ne trouves pas le sommeil ou si tu te sens mal, appelle moi, on va régler ça et tu m’en diras des nouvelles et en plus tu vas devoir partager car tu ne pourras pas le cacher aux autres filles ». Il est décidément assez macho quand même et passe allègrement de l’admiration sans bornes à une sorte de supériorité intrinsèque. Bon c’est vrai les femmes ne savent pas non plus toujours ce qu’elles veulent, c’est peut être lui qui a raison, lui qui distille des doses de ces attitudes si différentes quand c’est nécessaire (ou quand ça lui chante…). J’avais déjà remarqué ça dans le clip de « Sexy MF » : « you, you and you…comin’ » comparé à « The most beautiful girl in the word », cette alternance de respect inconditionnel et de « mâlitude » assumée. Mais il aime aussi le fantasme et son couplet sur l’épisode de l’hôtel aurait pu s’inscrire dans « Future Baby Mama »… et il prépare la soirée de sa vie, lui que tout le monde appelle Prince mais qu’elle peut appeler « Monsieur Bonne Nuit ». La star aurait-elle décidé de payer de sa personne avec sa nouvelle petite amie…la fin de la chanson est sans équivoques et c’est un pied de nez (involontaire ?) à ceux qui critiquent ses préférences religieuses actuelles qu’il ne faut en aucun cas comparer à ce que vous pouvez éprouver par rapport à la situation en France mais j’en reparlerais ! En tout cas, vous l’avez compris et c’est inscrit dans le marbre, NUMERO 1

All the midnights in the world

Que disais-je déjà ? « lui qui distille des doses de ces attitudes si différentes » Boum ! Voilà une jolie déclaration « d’amour toujours, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Bon, y’a toujours un titre qui passe pas trop sur un disque de Prince et celui là a une belle tête de vainqueur. Ca fait assez chanson « feu de camp scout » ou « retraite spirituelle avec Hugues Aufray » et j’aime pas (2’21 heureusement …). Tout juste peut-on sauver la voix et ses changements de registre certainement pas évidents mais c’est tout ! Là aussi, pas de retour possible, désolé…! NUMERO 10

Chelsea Rodgers

Madre de dios ! Vite je dois ressortir mon sac Auchan. Eh oui, il y a 25 ans quand j’écumais les boîtes de nuit de mon coin avec les potes, « costard croisé et Rose Royce’n the car », on avait coutume d’avoir un sac Auchan dans la voiture pour les soirs de pluie, bin oui dans l’Nord y pleut souvent ! Et nos brushes ne pouvaient supporter la moindre goutte de pluie…Tout ça est dans cette chanson, les fantômes défilent devant mes yeux tristes pour toujours. Ou sont-ils ? Rose Royce, Gapband, Fat Larry’s Band, BarKays, Cameo, Kool and the Gang, One Way, Chic…arrête tu te fais du mal, en plus tu vas devenir méchant et outrancier comme d’habitude, j’te connais, tu vas encore dire que la musique de danse d’aujourd’hui n’est rien d’autre que de la M…en pain d’1 kg, allez reviens à ton sujet ! Sorte de « Ska/Funk » réchauffé dans un roux de Rodgers/Edwards, Chelsea Rodgers c’est le titre consensuel de l’album, celui qui va réunir tout l’monde « on the dancefloor » et c’est bien car c’est encore là qu’il fait toujours l’unanimité. C’est Shelby qui chante ? je suppose…superbe en tous cas, une voix des 60’s comme on en fait plus, et ces descentes de piano à la Raymond Jones sur le « Good times » de Chic. Bon j’ai rien à dire sur le texte, l’est aussi psychédélique qu’une vieille pochette de Sly.
Allez,
on enfile un costard (rentre ton ventre bordel…),
on cire les pompes (semelles bien lisses, le chaloupé doit faire briller les yeux des filles..),
un dernier coup de peigne (non je ne ferais pas de teinture…)
…and “Gettin’ dirty at the club again”
NUMERO 4
Ps : Ca a l’air d’être sa nouvelle girlfriend !

Lion of Judah

Ouh là c’est l’intro de Purple Rain ma parole…ah bin non, c’est plus Cinammon Girl…et finalement non c’est… encore autre chose, je sais pas dire quoi…seraient-ce les accents « Policés » qui laissent cette impression de déjà entendu. Bon je dois dire que je suis mitigé, là j’aime et l’instant d’après ça me gave, rien à foutre du Lion de Judée, c’est qui lui d’abord. Bon allez je vais faire style ARTE et vous faire un peu d’histoire : Parmi les emblèmes des douze tribus d’Israël, le lion de Judée est prééminent. Il symbolise la force, maîtrisée et disponible, une puissance tranquille prêt à se lever pour défendre pays et peuple.
Au temps du roi Salomon, dans son palais, des lions se dressaient de part et d’autre des sept marches de l’escalier menant au trône. Aujourd’hui deux lions protecteurs ornent les entrées de certains quartiers généraux de l’armée et çà et là sur un mur est sculpté un lion rugissant, prêt à mordre et à broyer (source Internet).
Plus prés de nous, Hailé Sélassié Roi d’Ethiopie fit sculpter un immense Lion de Judée pour son palais d’Addis-Abeba, ce lion était censé représenter l’essor africain, il apparaît également sur le drapeau éthiopien car il représente aussi l’empereur Hailé Sélassié, libérateur de son pays et redevenu Ras Tafari après la guerre, il impulsera une politique de développement de son pays et symbolise la résistance à l’opresseur, il meurt assassiné par des militaires, laissant le pays partir vers un destin que l’on connaît. Mais le plus important c’est ça :
Haïlé Sélassié, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, descendant du Roi David et donc de Dieu, ainsi annoncé en 1916 par Marcus Garvey, est proclamé négus en octobre 1928. Un autre fragment du discours de Garvey en 1916 laisse aussi entrevoir : « Cherchez en Afrique le couronnement d’un roi noir, il pourrait être le Rédempteur. » Le rastafarisme est avant tout une religion qui se caractérise par ses nombreux emprunts au christianisme auxquels sont ajoutés une mise en valeur de l’Afrique et particulièrement de l’Ethiopie considérée comme la terre promise et donc lieu de rapatriement de tous les rastafaris. C’est un culte messianique dont le centre est l’Empereur d’Ethiopie Haïlé Sélassié : la dernière réincarnation de Dieu sur Terre. (source Internet).
Et surtout ça : Des représentants prestigieux des pays occidentaux assistent au sacre très médiatisé de Sélassié, qui est perçu par une communauté d’agriculteurs éthiopianistes de Sligoville (Jamaïque), le Pinacle, dirigé par Leonard Percival Howell (véritable fondateur du mouvement Rastafari), comme étant l’accomplissement de la prophétie attribuée à Garvey.En effet, le « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs » (1 Timothée 6:15) de la Bible ressemble beaucoup aux titres traditionnels millénaires de Sa Majesté Impériale Haïlé Sélassié Ier : « Empereur d’Ethiopie, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion Conquérant de la Tribu de Juda, élu de Dieu, Lumière de l’Univers ». Puisant à la fois dans le marxisme, le christianisme, la culture africaine et plus tard l’hindouisme, Howell considère Sélassié (ou « Jah », de Jahovah) comme le messie et propose dès lors une interprétation afrocentriste de la Bible (source Internet – Bruno BLUM).
Mon but n’est pas de lancer le débat sur Jehovah, après tout il croit en ce qu’il veut, mais certains ont tort de focaliser sur ces visiteurs à petite valise qui viennent parfois vous déranger un dimanche matin. Un jour, je lavais ma voiture, et j’ai eu la visite de deux d’entre eux. Pour voir, j’ai accepté de discuter un peu, même si d’après eux je n’étais qu’un « vil fornicateur » puisque pas marié et au bout de dix minutes je les ai congédiés ! Trop saoûlants ! Plus tard, ma femme faisant de la sculpture, nous avons du aller en Belgique travailler quelque semaines dans un atelier dirigé une personne membre de cette congrégation. Pas une seule fois, sa religion n’a été évoquée. A aucun moment il n’a essayé de nous embrigader ou essayé de nous tester. Comme quoi, la pratique peut être différente suivant les pays et les hommes. Finalement cette chanson est plus importante qu’il n’y paraît et il faudra que j’y revienne car c’est, en plus, une chanson où il semble sincèrement parler de lui. NUMERO 8
Resolution

Quand le texte prime sur la musique ! J’aime Prince aussi pour ce qu’il écrit et pas seulement pour ce qu’il compose. Musicalement ça ne me parle pas trop et dans ces cas là j’examine d’un peu plus prés le texte et là encore nous sommes à des lieues d’un « Get Off ». Là ou « Planet Earth » est un titre un peu naïf et porteur d’espoir, c’est en tout cas le sens que je lui donne, « Resolution », comme son nom l’indique, nous invite à réfléchir sur l’attitude qu’il nous faut adopter si l’on veut NOUS sauver. Le texte est assez désabusé car le doute l’assaille : « Combien veulent réellement prendre une résolution ? ». C’est vrai, des résolutions on en prend tous un jour l’autre, arrêter de fumer, arrêter de bouffer, arrêter de râler, bref, des « sottises » qu’on applique jamais. Croyez-moi, le jour où vous voulez « vraiment » quelque chose, pas besoin de résolution, faites le ! Et c’est ce qu’il semble nous dire, si l’on veut la Paix, il faut la faire ! C’est sûr l’auto critique n’est pas facile et être mis devant ses propres contradictions est « difficile à avaler », j’ai beau dénoncer moi aussi la guerre, qu’ai-je fait dans ma vie pour lutter contre toutes ces guerres ? Vous me direz, c’est pas uniquement de ta faute, que peux-tu faire contre les guerres qui « pourrissent » en Afrique ou au Moyen Orient, à mon petit niveau, rien bien sûr, je me contente de ne pas me disputer avec mes voisins, c’est déjà ça…mais il nous le dit : « le problème avec les gens c’est qu’ils ne font jamais ce qu’ils disent ». Tous les cessez-le-feu, toutes les (?) résolutions de l’ONU s’écroulent souvent sous la folie des hommes, je le disais au début, la guerre est EN l’homme, vrillée au fond de son corps, ne demandant qu’à se libérer, qu’à se « MisterHydiser ». Qu’on ne s’y trompe pas, si demain la situation le nécessitait, nous deviendrions, pour la plupart, ces êtres uniquement préoccupés par la défense de notre famille, des nôtres, de notre pays. C’est vrai que « l’on a rien à perdre à essayer » et qu’on peut se dire que nous sommes civilisés, que la guerre a disparu depuis 50 ans, que nous avons peut être une mission mais l’amour peut-il suffire ?
Le contraste avec la musique est assez déstabilisant car à l’écoute on se sent plus « en fin d’messe » qu’en militant de la Paix (en même temps l’un n’empêche pas l’autre…), ce que je veux dire c’est que le caractère « primesautier » de la musique n’est pas fait pour pousser à la réaction. Second degré ? pas cette fois ! il croit sincèrement ce qu’il a écrit, avec toute la candeur qui le caractérise parfois. C’est pas tellement ce Prince là qui me plaît mais cela fait partie du personnage. Vous l’avez compris, ça ne me fait pas grimper aux rideaux. NUMERO 9
Le classement a été ajouté après coup et correspond uniquement au ressenti que j’ai avec chaque titre et à ce que j’en retiens aujourd’hui. Ca évoluera avec le temps j’en suis sûr et il ne veut pas dire que « Lion of Judah » par exemple est un mauvais titre. Il me faudra peut être plus de temps pour en saisir toutes les qualités et pour me convaincre qu’il vaut plus qu’un « Guitar », mais ça vous le savez, c’est très subjectif…Finalement je reste sur ma première note ! Je reste donc très satisfait de ce nouvel album, il ne correspond pas à ce que j’attendais puisque je n’attendais rien de particulier, si ce n’est du nouveau son. Sûr, il ne sera pas dans le classement de tête de mes albums préférés, mais je l’ai dit, il a déjà révolutionné et influencé une bonne partie de la musique actuelle, on ne peut demander à quelqu’un de toujours être « révolutionnaire », il semble qu’il continue à assurer en live et c’est ce qui compte ! Je suis donc comblé, c’est un peu comme un lieu de vacances où l’on aime retourner. Chaque année on se dit, tiens cette année je vais aller là, ou là…et finalement au moment du choix, on se souvient de ça, de ça, oh…et puis de ça et finalement on y retourne…encore une fois…la dernière c’est sûr…en parlant de vacances d’ailleurs, encore huit jours et ce blog part en vacances jusque fin août, je mettrais un article rapide sur les 12’’ avec trois fichiers à télécharger et après, à moi la plage et le bon vin de Charente…

The Ride…

Lundi 14 mai 2007

Je vais revenir à quelque chose de plus sérieux, tout en restant léger vous verrez …!

Parmi les centaines de titres écrits par Prince, il y en a forcément quelques uns qui marquent plus que d’autres, qui restent des inpérissables…des incontournables…des titres qui peuvent passer en boucle pendant des heures et dont on ne se lassera jamais (bon ça va, on a compris…) ! Il y en a un pour moi, parmi d’autres, qui relève de ce statut : « The Ride », un blues écrit par Prince dans les années 90 et qui paraît sur l’album « Crystal Ball », une compilation de titres (3 CD quand même) dont je n’ai pas encore parlé. Le blues est hyper rare chez Prince alors que visiblement cette musique est faite pour lui et surtout pour SA guitare. En effet, ce titre sera à chaque fois l’occasion pour lui de laisser libre cours à sa capacité de création « guitaristique » et à sa dextérité sur le manche. La base est simpliste comme dans tout bon blues qui se respecte, ce qui en fait le charme c’est ce qui s’ajoute, voix ou performance musicale suivant la personnalité du « bluesman » qui s’emploie. Parlant de Prince ce n’est pas sa meilleure prestation vocale mais je ne suis pas loin de penser qu’à la guitare il a été trés souvent « habité » pour nous sortir le meilleur. La version du disque est bien mais on a l’impression quand même que c’est le minimum syndical pour lui. Il n’y a pas de version studio à proprement parler, celle du disque est live mais j’ai 3 versions vidéos à vous proposer au fil de cet article. Il y a une version « quasi » studio qui est « époustouflante » comme dirait Begnini et j’invite mes visiteurs qui auraient cette vidéo à me la faire parvenir, Ce serait sympa. Elle est sur le DVD « The Undertaker », j’ai le DVD mais je n’arrive pas à extraire la vidéo….

Quand j’ai dit que j’allais être léger c’est parce qu’en lisant le texte de la chanson et surtout la traduction (une manie maintenant, mais il faut bien aussi s’intéresser à cet aspect de l’artiste), j’ai découvert un texte trés « érotique » ce qui est finalement plutôt rare chez lui tant les textes sont soit trés explicites, soit trés romantiques, soit hors sujet (celui qui me préoccupe aujourd’hui). Je me suis donc un peu intéressé à la poésie érotique et j’avoue que je n’ai pas eu à me forcer beaucoup ;-) ! J’ai découvert tout un univers d’écrivains, des moins connus au plus connus, d’Apollinaire à Mallarmé, en passant par Baudelaire, Jean de la Fontaine ou Diderot, et surtout des milliers d’écrits célébrant ce concept du « ce qui est suggéré vaut plus que ce qui est montré » inhérent à l’érotisme. La frontière au delà de laquelle on devient « lourd » est mince, aussi mince oserais-je dire « que la bretelle d’une nuisette négligeamment retombée sur une épaule féminine »… (j’aurais pu dire « que la ficelle d’un string » mais pour le coup c’eût été moins érotique…). Ce texte est donc dans la « suggestion », pas de phrases crues, pas de mots obscènes, mais un texte qui laisse aller l’imagination et qui cache plus qu’il ne dévoile… ». L’érotisme, a dit Roland Barthes, c’est quand le vêtement baille…

« The Ride » – « Le chemin »…ses premiers mots forment le terreau : « Si tu as le temps chérie, je connais le chemin (bis), où je veux aller, tu seras satisfaite. »  Un chemin…ce chemin peut revêtir deux formes en somme, l’une mentale…l’autre physique… l’invite n’est pas à une promenade sur des sentiers ombragés un après -midi d’été, quoique…sa sentence est claire : là ou j’irais point de salut ! Les sensations doivent être partagées d’où cette « directive », il ne peut y avoir d’érotisme sans partages, deux esprits se fondant en une seule union corporelle quelque soit le temps et les moyens, c’est pas moi qui le dit c’est Bataille : « communauté du charnel, du sentant , du senti ». Robert Desnos aussi l’a dit : « Coucher avec elle, pour le sommeil côte à côte, pour les rêves parallèles, pour la double respiration ».D’où cette notion de temps, tu as le temps, de toute façon je connais le chemin. Chemin…étonnant qu’il ait choisi cette représentation.

Ca peut paraître évident mais combien ne voit que le but sans se soucier du chemin…combien désertent les haltes reposantes pour foncer sur l’objectif tel Hannibal franchissant les sommets…quand il faudrait reculer, s’attarder, feindre l’abandon pour mieux revenir et reprendre le chemin…tu as le temps, je connais le chemin…et comme disait Joachim du Bellay : « Mon âme se fond du désir, dont elle est ardemment pleine, et ne peut souffrir à grand peine, la force d’un si grand plaisir »

Deuxième couplet… »si tu aimes le faire vraiment lentement chérie, j’ai tout mon temps (bis), mais si tu veux prendre un raccourci, je sais ce qu’il faut faire » . Oui, il faut tout de même laisser une porte ouverte, si je puis dire, à la frénésie dont peut s’habiller le jeu érotique et il le dit bien : j’ai le temps, mais juste un mot et la machine s’emballe. C’est pas nouveau cette frénésie chez lui qui pourrait succéder à de longs préparatifs mais on note une soumission inhabituelle chez quelqu’un d’aussi narcissique que Prince ! Aurait-il lu Mallarmé : « Mignonne sais-tu qu’on me blâme, de t’aimer comme je le fais, on dit que cela sur mon âme, aura de singuliers effets ». D’ailleurs c’est en général à ce moment là du titre qu’il se lance dans des solos dont il a le secret et qui sont toujours différents. C’est un des rares guitaristes à savoir faire « parler » sa guitare !
C’est après ces solos souvent gigantesques et qui, pour le coup, tordent le cou aux idées reçues sur Prince (de toute façon pourquoi Bowie, Bono, Jagger, Clapton et Page le tiennent pour le meilleur performer sur scène…) qu’il passe à un couplet trés sibyllin, devient-il voyeur ? « Si tu aimes être seule, j’aime regarder »  On atteint là un des fondements de l’érotisme : le regard et pas comme je disais le voyeurisme . La différence est dans ce qu’il y a derrière ce regard, il semble trouver son plaisir tout autant dans ce qu’il regarde que dans ce qu’il touche. Il termine tout de même sur « Mais si tu veux réellement de l’affection, je te donnerais tout ce que j’ai ». Belle preuve d’amour finalement et qui est aussi une constante chez lui, ce besoin d’amour sincère et profond et qu’il voudrait réciproque. Il n’a peut être jamais trouvé lui même…


analyse

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