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1980/1995 – 15 ans de découverte…

Jeudi 1 juin 2006

…ben voilà…tout a démarré en 1980, sortie de DIRTY MIND ! J’émerge d’une période rock (voire hard) ((Led Zep, Deep Purple, Pink Floyd)), je flashe sur un mec qui danse en string, collants, imper mastic, qui sort des sonorités nouvelles dans des chansons qui transpirent le sexe à chaque couplet. Les chansons sont très explicites (Sister, Head, Party up etc…) et la musique est inclassable, les influences étant trop nombreuses. Le disque est très court mais c’est une véritable pépite avec des monuments qui n’ont pas pris une ride aujourd’hui encore (Dirty Mind ou encore Uptown). Je ne sais pas encore à l’époque que je démarre une aventure musicale dont on connaît la profusion aujourd’hui et à cette époque je l’écoute encore parmi d’autres artistes, mes goûts n’étant pas trop précis. C’est sûr, je me fais parfois chambrer, car on l’affuble de pas mal d’étiquettes plutôt péjoratives, et mes potes se demandent pourquoi j’écoute :  » une tapette en string », mais bon, à croire que je sens déjà l’immensité de l’Artiste derrière les premiers riffs de guitare. La suite va peu à peu me donner raison…

Bizarrement, je ne vais pas craquer complètement pour lui tout de suite. Je m’explique, début 84, j’écoute beaucoup ce que l’on a souvent regroupé sous le vocable : « disco », en fait, du funk, de la soul, bref beaucoup de musique faite par des blacks. Je laisse le disco à Cerrone et au Village People. Moi c’est plus CHIC, ONE WAY, CAMEO et autres. La deuxième claque, sévère cette fois, arrive donc en 1984 : PURPLE RAIN ! En dehors de la chanson titre qui est devenue un standard et une référence que tout le monde connaît, ce disque est monstrueux : neuf titres, neuf styles, neuf sensations : Let’s go crazy, électrique à souhait ! Take me with U, pépite pop pétillante ! The beautiful ones, frissons garantis ! Computer blue, Rock’roll quand tu nous tiens ! Darling Nikki, inclassable et surprenant (menuet post-moderne ?) ! When doves cry, monument de créativité, du funk sans basses !!! I would die for you, magnifiée dans les concerts sur un tempo démentiel ! Baby i’m a star, hymne funky à l’intro de légende Et enfin, Purple Rain…euh…rien à dire, tout a été dit sur cette chanson, j’ai des versions live qui frisent les 20 minutes (« Do you wanna play one more time ? ») C’est sûr, le film est un peu kitsch, tout à la gloire du Prince et le jeu d’acteurs c’est pas l’actor’s studio, mais les passages musicaux sont devenus légendaires. En outre, on y découvre The TIME (j’y reviendrais). On découvre aussi (et surtout) Appolonia, mais là aussi je reviendrais sur le tableau de chasse de mon lutin préféré qui prouve que la valeur n’attend pas la hauteur du bonhomme (1 mètre 58 je le rappelle)

Eté 1986, je suis à nouveau frappé par son talent, l’album « PARADE » est dans les bacs et un single fait le tour de la planète : KISS. Nous sommes en 1986 donc le Compact Disc en est à ses premiers balbutiements et j’ai donc acheté cet album en cassette audio. Je vais l’écouter en boucle pendant au moins six mois, jusqu’à en connaître les moindres enchaînements, les plus petits gimmicks, ainsi que les paroles. Les puristes me diront que j’ai déjà raté une bonne partie de sa production, mais je vous narre cette histoire en respectant son cheminement. Je sais maintenant qu’à l’époque il a donc, comme moi, 28 ans et qu’il a déjà à son actif huit albums dont un double, soit un disque par an ( en comparaison il a fallu trente ans à Laurent Voulzy pour sortir le même nombre de disques…) ; en plus il a déjà de quoi faire au moins deux best-of, quand on sait la qualité de ce qui est sorti. Mais j’y reviendrais, intéressons nous à ce disque en particulier qui, outre son titre phare KISS, contient bon nombre de passages inoubliables, je citerais mes préférés : «Girls and Boys», «Anotherloverholenyohead» et bien sur «Sometimes it snows in april», sans oublier des titres moins connus comme « Life can be so nice » et « Venus de Milo ». Ce disque correspond en fait au film « Under the cherrymoon » sensé se dérouler dans les années 30/40 d’où sa couleur noir et blanc et le coté classique des tenues de Prince. La tournée qui va suivre va être à ce qu’il paraît une de ses meilleures et elle passa par Paris. Il faut savoir que Prince va adorer la France, notamment le sud et Paris. En tout cas, j’aime assez cette période car Prince est moins outrancier et plus sexy que sexuel.   Ce qui m’a toujours surpris avec ce disque, et c’est vraiment un des rares, c’est que même si le style de chaque titre est radicalement différent du suivant, ils s’enchaînent avec une harmonie remarquable et la plupart du temps je l’écoute d’un seul tenant ; en plus il est assez court – moins de 40 minutes- ce qui facilite les choses. Je reprends mon aventure princière avec « Diamonds ans Pearls. Oui, je sais il y a eu du matos entre deux ! Mais je vais y revenir puisqu’à partir de là débute réellement mon addiction complète et partiale envers lui. Cette fois je succombe à tout ce qu’il représente car tout me plaît ! Le disque est parfait, le style, les fringues, la coupe de douille, tout y est et visuellement c’est ma période préférée. De plus, il n’aura jamais été aussi bien entouré que ce soit : les musiciens : New Power Génération, avec Michael B, Sonny T, Tommy Barbarella, Levi Seacer Jr Les « vocals » : Rosie Gaines et la voix envoûtante de Tony Mosley…Les danseuses…Aaaaaaah les danseuses…matez le clip de « Get off » et vous comprendrez ! A partir de là, je ne vais plus rien rater et commencer à rattraper mon retard (qui est immense vous allez voir), qu’importe ! Je me régale de « Cream », « Get off », « Thunder » ou encore « Live 4 love »…  Profitant d’une bonne aubaine j’achète d’un coup « Lovesexy », « Batman » et « Graffiti Bridge » sortis respectivement en 1988, 1989 et 1990. Je l’ai dit, ce rythme effréné de production musicale va lui valoir plus tard les foudres de la Warner qui ne peut plus et ne veut plus suivre cette boulimie de disques. Il faut dire que parallèlement, Prince écrit et joue pour d’autres artistes, The Time, Appolonia 6, Sheila E, Sheena Easton, The Family, Jill Jones ou Mazarati, Sa vie n’est faite que de musique. Pas de cigarettes, pas d’alcool et pas de drogues, rien que la musique ! Lovesexy est pour moi un de ses disques les plus aboutis et les plus « pensés ». La production est parfaite et chaque titre est lumineux. La perle de l’album, à coup sûr « Anna Stesia » magnifiée 25 ans plus tard lors de sa tournée « One nite alone ». Elle ne me fait plus le même effet depuis. Elle semble d’une simplicité désarmante mais en fait elle est envoûtante.  La pochette est un must, Prince y pose nu au milieu de fleurs, photographié par Jean Baptiste MONDINO. La tournée européenne (The Lovesexy Tour) va être un phénomène. Particularité de l’œuvre (mis à part le fait qu’elle a été écrite et réalisée en sept semaines seulement) c’est qu’elle est d’un seul tenant, il n’y a pas de coupures entre les titres qui s’enchaînent avec naturel. Encore une fois, il me surprend et je sombre…  

J’ai ensuite entre les mains « BATMAN » bande originale du film du même nom. Je connaissais le 45 tours qui passait souvent sur M6 à l’époque et sur lequel ma fille alors âgée de deux ans dansait comme une folle. On entend peu la musique dans le film hormis sur le passage mémorable ou Nicholson en Joker refait le portrait de toiles de maître « Partyman ». La choré du grand Jack est un must !!! L’album est assez inégal, fait sans doute « à l’arrache », mais le morceau titre est une tuerie funk et on peut sauver largement quelques titres de l’album qui lorgnent vers ce qui sera la house music. Prince précurseur ? Le look est à l’image du film, déjanté. A voir absolument le clip de « Partyman » en version longue bien sûr. Et pour finir un morceau dont il a le secret « Scandalous » moite et sexy à souhait.

Enfin « Graffiti Bridge » Encore une bande originale de ce qui est sensé être une suite à Purple Rain. J’avoue que je n’ai pas encore vu le film et il paraît que c’est pas trop ça. Le disque est composé d’anciens titres datant quelquefois de plusieurs années et que Prince a exhumé de ses cartons (bien remplis à ce qu’on dit). Je ne dis pas que le disque est dispensable, tout fan qui se respecte se doit de l’avoir, pour les autres il peut être évité hormis quelques titres importants « The question of U », « Love machine », « Shake » ou l’énigmatique « Joy in répétition » plus tard repris en aftershow lors du One nite alone dans une version ahurissante et époustouflante de virtuosité qui me fait dire qu’il est un des plus grands guitaristes du monde. Les deux solos sont proprement sidérants.

Un an après le « Symbol », Prince sort, à son compte (Warner ayant refusé) un album de son groupe de musiciens : les NPG (New Power Generation) « GOLDNIGGA ». Ce disque est un collector absolu car il n’a pas été distribué dans le commerce mais uniquement lors des concerts 1993. En réalité, Prince est derrière tous les morceaux et l’ensemble est très funk, donc très bon. Ce disque permet à Prince d’explorer d’autres pistes musicales au même titre que sa production pour d’autres artistes.

En tous cas, cet album est devenu un objet de convoitise et j’ai enfin réussi à l’obtenir….  Je passe rapidement sur le best-of paru en 93, hormis les quelques inédits qu’il contient  (Peach, the  Pope), il n’est pas indispensable. 1993 est l’année de la rupture avec Warner Bros et c’est ce litige qui donne lieu au changement de nom de Prince en ce symbole énigmatique (The artist  pour certains,  ou encore Love Symbol) qui le suivra pendant plusieurs années et qui restera de toute façon une référence princière. En effet, il  estime que l’artiste « Prince » est lésé et ne veut donc plus que son nom apparaisse sur les disques.  Prince ayant signé pour six albums avec Warner, il se doit de les sortir en tant que The Artist afin de se libérer de ce contrat. Parallèlement Prince crée NPG Records qui deviendra SA propre fabrique, indépendante des majors. Il sort donc sous ce label une compilation d’artistes NPG puis pour respecter son contrat, autorise WARNER à sortir l’album « COME ».

La pochette, assez sombre, ne laisse aucun doute « PRINCE 1958-1993 » marque la fin d’une période chez l’Artiste qui est en fait celle de sa collaboration avec Warner pour qui il se contentera de sortir des disques dans le seul but de remplir son contrat et de retrouver sa liberté entière et totale de faire ce qu’IL veut, même si c’est trois disques par an…Néanmoins ce disque est très bon et c’est l’un de mes préférés. Les dix titres (dix mots, en fait, ce qui est déjà très surprenant) explorent encore une fois des domaines musicaux très variés et chacun d’entre eux est une expérimentation à lui seul. Parmi les plus surprenants, SOLO un long chant très puissant accompagné d’un seul instrument, sorte de harpe électronique ; ou encore ORGASM dont le titre est suffisamment évocateur pour que je ne vous en dise pas plus. Au rayon pur funk, on ne peut ignorer RACE, titre jubilatoire s’il en est !  Au rayon rock, PHEROMONE s’impose !   Ma préférée reste LETITGO et chaque fois c’est la même chose : « Chair de poule » comme dirait mon compatriote Dany Boon… Sans oublier PAPA un titre en deux volets qui évoque les enfants maltraités (autobio ou pas ???) Vient le Black album ! Ca c’est un collector pour ceux qui ont la chance d’avoir la version sortie en 1987 et retirée des ventes par Prince lui même, allez savoir pourquoi. Devenu objet de culte, il a été piraté un max. On parle de plusieurs millions de copies. Il est finalement ressorti en 1994, essentiellement pour compléter le contrat avec Warner. C’est un disque très funk, assez déroutant et réservé aux puristes de l’Artiste. Seul titre « accessible » When 2 are in love était sur LOVESEXY. C’est pas un des meilleurs mais c’est certainement un des plus expérimentaux et aussi un des plus sombres ! (d’ou le titre ???)

Une évidente boulimie de production conduit Prince à sortir en 1994 un nouveau CD pour le compte des « NEW POWER GENERATION », groupe qui l’accompagne véritablement depuis « Diamonds & Pearls » et qui tranche avec « The Revolution » par son côté plus ‘funk’ que ‘soul-rock’.   A l’instar de « Goldnigga », Prince se lâche car il est évident là aussi qu’il est derrière tout ça à 100 %, et le disque est entièrement dédié au groove. Les références au P.Funk de George Clinton sont évidentes, ainsi qu’à des groupes comme CAMEO, Brass Construction ou encore les Bar-Kays pour les intermèdes parlés, les bruits « bizarres » divers et les blagues. C’est un vrai disque « Black » ! Il passe relativement inaperçu hormis pour les initiés, mais cette période m’a toujours beaucoup plu par son côté festif. Je sais que les « autorités » en matière princière préfèrent les années 1980, mais en bon Funkateer, j’ai un faible pour les années 1990.

Je poursuis mon récit avec un des albums de mon top 5, classement que je vous dévoilerais bientôt. En septembre 1995, une galette toute dorée est dans les bacs : « The Gold Experience ». Il va me falloir du temps pour digérer ce disque mais comme il va passer en boucle pendant très longtemps dans l’autoradio, ceci explique peut être cela. Ce disque est (pour moi bien sûr, je le précise…) un condensé très réussi de la variété de styles dont notre homme est capable.  Vous voulez du Funk bien senti, scintillant comme le cuivre : « P.Control », « We march », « Now », « 319 » et surtout « Billy Jack Bitch » sont là pour vous servir !  Vous voulez du rock’n roll et du bon, avec des solos tout à la gloire du grand Jimmy, lorgnez du côté de « Endorphinemachine » et le terrible « Shhh » qui en concert devient souvent une pièce d’anthologie.  Vous voulez des ballades parfaitement produites avec des mélodies inoubliables, allez, écoutez « eye hate you » et bien sur « The most beautiful girl in the world », gros carton cette année là et écrite, paraît-il pour Miss « Ophélaï » Winter qui l’avait côtoyé quelque temps. En fait, je pense que cette chanson est surtout un hommage à la femme en général ! Vous voulez, pour terminer, des morceaux qu’on ne trouve QUE sur un disque de Prince tellement cela semble improbable et pourtant… « Dolphin », « Shy » et « Gold » vous séduiront parce que derrière le côté formaté de certains, voire « gnangnan » (shy)((vous voyez je sais être critique)), il y a toujours quelque chose d’accrocheur qui vous empêche de le zapper à l’écoute. En résumé, c’est clairement un des albums à avoir pour toute personne pas forcément très fan, mais qui veut avoir quelques œuvres du lutin, je dis quelques, car sur pas loin de 35 albums officiels, eh oui vous avez bien lu, 35 albums en 30 ans de carrière, faites la moyenne, sachant que dans le tas il y a des doubles, voire des triples, eh bien « quelques » ça doit faire une petite dizaine je pense…