J’ai un peu de temps devant moi et après m’être plongé dans toutes ces collaborations féminines, j’ai réécouté beaucoup l’album de Jill Jones et pour moi, il se détache du lot très nettement. Il est assez difficile à trouver maintenant, mais quand on cherche bien on trouve. Mais qu’importe la coupe, pourvu qu’on ait l’ivresse… Je vais vous parler un peu de cette jeune femme. Jill Jones est une chanteuse (auteur-compositeur) américaine qui va fréquenter très tôt Prince puisque leur rencontre date de la période Dirty Mind, son troisième album et la tournée qui a suivi. En effet, Jill chante dans le groupe “Teena Marie” qui fait les premières parties de cette tournée (elle fait les chœurs sur “Lady T”, “Irons in the fire”, “It must be magic”) . Prince, séduit par la voix de la demoiselle, l’engage en tant que choriste et elle va ainsi participer à partir de 1982 à bon nombre de titres et d’albums dont l’emblématique “1999″ (également sur les titres “Automatic”, “Free”, “Lady cab driver” en lead). Elle travaille également sur tout l’album Purple Rain et sur le titre “It’s gonna be a beautiful night”. Faisant partie du staff, elle chantera également derrière Sheila E, Appolonia 6, The Bangles et Mazarati. Prince co-écrira pour elle en 1987, l’album “Jill Jones”, qui est bien accueilli par la critique, par le public européen et qui pour moi reste un petit bijou. Un second album devait voir le jour mais restera un projet. En 2001, Jill sort un second album “Two”, qui ne voit aucune participation de Prince. Jill Jones a également participé au travail de Ryuichi Sakamoto et a également accompagné le groupe CHIC.

Plus précisément maintenant, et grâce à un article de Per Nielsen, auteur de “The Vault” la bible princière, un tas d’infos et d’anecdotes. Jill a effectivement débarqué dans l’univers princier vers 1980 et ne s’est pas placée en groupie fanatique ni en “surprotégée” qui obéit au doigt et à l’œil. D’emblée, elle le trouve arrogant mais reconnaît son talent. Elle-même écrit la musique et a envie d’écrire ses propres textes. C’est surtout la voix qui séduit Prince qui à l’époque n’a que 22 ans et n’a pas encore connu le succès mondial qui va venir. Jill devient une choriste attitrée et elle va apporter une contribution importante à l’album “1999″. C’est le travail réalisé pour Vanity 6 qui va la pousser à vouloir faire son propre album. Prince et Jill écrivent dés 1982 “Mia Bocca” pour faire partie de “Purple Rain” et “G-Spot” pour le futur album de Vanity (avec “Vibrator”). Finalement les deux titres seront conservés pour l’album de Jill. Prince est tellement occupé à l’époque (Purple Rain, The Time, Appolonia, Sheila E etc…) que l’album est encore repoussé. Nous en sommes en 1984 et Jill patiente, elle dira qu’ils étaient tous comme des enfants jouant à un “grand jeu”.En 1985, Prince est un peu plus libre et ils commencent à travailler sérieusement sur l’album de Jill. Ils enregistrent ensemble le titre “Hello” et travaillent sur de nombreux titres. Prince dira sa réelle admiration pour le talent de Jill et surtout pour sa voix. “Mia bocca”, “G-spot” et “Baby you’re a trip” sont envoyés à Clare Fisher pour ajout des lignes de cordes si chères à Prince. C’est vrai qu’elles apportent souvent la touche finale aux titres princiers. Le travail continue en 1986 mais Prince voit bien qu’il n’a pas assez de temps à consacrer à Jill et il confie à David Rivkin le soin de poursuivre le travail. L’album est compilé une première fois en février 1986. Mais Prince n’est pas encore satisfait à 100 % et il passera encore plus d’un an avant que l’album ne sorte en 1987. A juste titre d’ailleurs car des titres pressentis seront supprimés pour laisser la place à d’autres, meilleurs sans doutes, et Eric Leeds apportera sa touche de sax si particulière. Jill est “patiente”, très patiente, c’est lune de ses meilleures qualités dira Susan Rogers; ingénieur du son aux studios de Sunset Sound !
Même si l’ensemble des titres est enregistré comme des titres écrits par Prince (Joey Coco), Jill a participé à l’écriture de plusieurs titres mais elle n’a pas souhaité en être créditée. Dommage car c’est bien la seule qui ait été une véritable “collaboratrice” plus qu’une poupée supplémentaire dans la salle de jeux de Prince. Elle ne le souhaitait d’ailleurs pas et a toujours mis un point d’honneur à se considérer comme son égale. L’album “Jill Jones” est toujours considéré comme la meilleure production de Prince pour un autre artiste et même si ce disque n’a pas eu le succès qu’il méritait aux Etats Unis, c’est l’Europe (comme souvent…) qui lui réservera un excellent accueil.
Il est d’ailleurs toujours très prisé.
La track-list
“Mia Bocca” (ma bouche en italien) est sans conteste LE titre de l’album. Une intro mortelle avec les violons de Clare Fisher qui résonnent comme un “hymne”, la voix de Jill si particulière qui arrive pas à pas, on se demande ce qui va arriver…c’est une rythmique métallique mélangée à des cuivres saturés, un synthé hypnotique…2 minutes et on est accroc pour la vie. Et toujours, une constante chez Prince, des sonorités, des gimmicks qui font le SON princier. “G-spot”, comme son nom l’indique évoque le point G, cher aux sexologues du début des années 1980 qui pensaient avoir trouvé là, le secret de la sexualité féminine !!! Le titre est volontairement ironique, basé sur une rythmique robotique et les paroles sont très “second degré”. Elle chante : ” G-spot, G-spot, où peux-tu bien te trouver ? ” pour dénoncer gentiment la dérive “mécanique” de ceux qui énoncent de telles idées “toute-faites” qui résumeraient le secret de la sexualité féminine à la découverte d’un “point” particulier. La phrase “je suis une horloge, il est 9 heures 15 ” est impayable ! “Violet Blue” est une ballade soul/funk assez jazzy, appuyée par la basse jouée par Prince, les cuivres d’Eric Leeds et Matt Blistan, les cordes de Fisher. La voix est aérienne et la “french touch” de l’accordéon en fin de titre achèvent d’en faire un faire un must.”With you” est une reprise d’un titre du second album de Prince. Elle s’en tire pas trop mal sans atteindre la pureté de l’originale.”All day, all night” est un titre rythmé un peu similaire à “Hello” sur la base basse-batterie et qui évoque aussi un titre comme “America”. J’adore…”For love”…c’est “Girls and boys” ma parole, je suis sûr qu’un “mixage” habile des 2 titres donnerait quelque chose de sympa.”My man” est un titre pop dans la veine de ce qui précède Purple Rain. Il paraît que Prince riait beaucoup à chanter ce titre lui-même, car à l’époque beaucoup le soupçonnait d’homosexualité…”Baby you’re a trip” est une ballade soul typique de Prince. Il écrit ce style de chanson comme vous vous faites un café le matin et chaque fois le charme opère (pour la chanson pas le café…). Le titre se termine sur les premières paroles de Mia Bocca !
Plus tard en 1988, Jill tente de sortir un second album avec l’aide de Chris Bruce. Elle revient à Minneapolis pour travailler à nouveau avec Prince en juillet 1989 mais ce second album ne sera jamais complété surtout parce que Jill et Prince vont peu à peu se “désunir”, le courant ne passe plus vraiment et Jill est trop entière pour n’être considéré que comme un “poulain” de plus dans l’écurie princière. Il ne fut d’ailleurs pas très sympa avec elle au moment de Graffiti Bridge ce qui sonna le glas de leur relation. Durant les années 1990, Jill a continué à travailler avec notamment Ryuichi Sakamoto, Tim Simenon, John Reynolds, et d’anciens musiciens d’Orchestral Manoeuvres in the Dark. Par la suite, elle connut des moments difficiles avec la maladie de sa mère et ses propres soucis. Fin 1999, un nouvel album fut projeté à nouveau avec Chris Bruce ainsi qu’une tournée. C’est finalement en 2001 que sortira “Two”, le second album de Jill Jones. Cet album fait la part belle à la voix de Jill, mais aucun hit n’en sortira. On peut regretter que Prince n’ait pas eu un peu plus de clairvoyance, car elle le méritait…
Susan est la petite amie de Prince durant ses années de fac (high school), elle est plus jeune que lui et d’ailleurs elle conserve ce look « virginal » (guepière et bas blancs quand même…) quand elle intègre le groupe Vanity 6, groupe fondé par Prince en 1982. Ce groupe compte également Denise Matthews rebaptisée « Vanity » (j’en reparle après !) Susan rejoindra plus tard le groupe Apollonia 6 en 1984, groupe qui remplace le groupe Vanity 6 après le départ de Vanity. Il est avéré que le hit « When Doves Cry” sur Purple Rain a été inspiré par la relation entre Prince et Susan. Après l’aventure Appolonia 6, elle s’est mariée avec un acteur américain David Garfield en 1988 qui est décédé en 1994. Elle n’a plus fait parler d’elle depuis.
Denise Katrina MATTHEWS est Canadienne, née d’une mère allemande et d’un père afro-américain et elle était mannequin avant de rencontrer Prince et de devenir « Vanity » au sein du groupe de filles « VANITY 6 ». Ce groupe initialement appelé « Hookers » est devenu « VANITY 6 » à l’arrivée de Denise. Bizarrement, c’est souvent le cas avec Prince, son nouveau nom de baptême devait être « Vagina », mais elle a refusé devant l’évidente énormité de la chose ! Elle était pressentie pour jouer dans Purple Rain mais finalement elle n’obtiendra pas le rôle du fait de sa rupture avec Prince. Elle a tourné dans quelques téléfilms où elle jouait souvent des filles perdues où à problèmes. En effet, elle s’adonne énormément à la drogue alors que lui se refuse à toute addiction (tabac, alcool, drogues) et leurs disputes sont fréquentes. Peintre surréaliste à ses heures perdues, et après avoir failli mourir à cause de la drogue, elle dit avoir rencontré Dieu et Jésus et s’est refait une virginité si je puis dire. Elle se consacre beaucoup à Dieu, est devenue Evangéliste, elle a son site internet et donne des interviews aux radios américaines.
Elle a été remarquée par Prince lors d’un casting et à 22 ans elle intègre l’équipe qui prépare le film Purple Rain. Comme à son habitude Prince baptise Patricia du nom d’Apollonia et le groupe devient forcément « APOLLONIA 6 ». Le groupe hérite d’ailleurs du disque prévu pour VANITY 6 avec notamment les hits « Sex shooter » et « Blue Limousine ». Elle chante également en duo avec Prince sur « Take me with U ». Elle ne le fréquentera pas très longtemps et démarre une carrière d’actrice télé dans des « soaps ». Elle sortira par la suite un album à elle seule, mais sans grand succès. J’avoue qu’à l’époque je la trouvais très jolie, plus que Vanity…
Susannah est la sœur de Wendy Melvoin, guitariste emblématique du groupe de Prince « THE REVOLUTION » et elle est la fille d’un musicien de jazz assez connu, Michael Melvoin. C’est une famille de musiciens car le frère Jonathan jouera dans le groupe « Smashing Pumpkins » Elle fera partie du groupe « THE FAMILY », groupe lancé par Prince et qui aura un succès relatif avec l’album « The screams of passion » que j’adore pour ma part et qui contient le single « Nothing compares to U » immortalisé plus tard par Sinnead O’Connor. Prince et Susannah se sépareront après quelques mois de vie commune. Il faut dire qu’il ne doit pas être facile de vivre avec un homme avec un tel égo. Un peu dommage quand même car elle n’était pas seulement et loin de là, une belle plante aux basques de notre ami !
Si je suis sûr des aventures qu’il a eues avec les quatre pré-citées, je ne suis pas certain qu’il en ait eu une avec Sheena Easton. Ce qui est certain c’est qu’il lui a écrit des chansons et qu’elle a chanté en duo avec lui sur “U got the look” et “The arms of Orion. C’est une chanteuse anglaise de sa génération qui continue à chanter aujour’dhui. J’avoue que je la connais peu…
Alors là attention, gros dossier ! Sheila Escovedo dite “Sheila E” est la fille de Pete Escovedo, célèbre percussioniste mexicain qui a joué avec les plus grands. Elle aussi est aux percussions et de bien belle manière. Elle est également excellente à la batterie mais c’est aux congas qu’elle se déchaîne !Elle va accompagner Prince pendant quelques années, surtout à partir de la tournée “Sign O’ the Times (S.O.T.T) et restera parmi ses fidèles. Elle a une place importante dans son équipe, mais je ne sais pas s’il y a eu romance… Il lui écrira , en tous cas, trois albums.
Vanessa Ortiz dite Vanessa Marcil décroche son premier rôle dans “976-Wish”.
Tara Leigh Patrick de son vrai nom, Carmen Electra voit le jour le 20 avril 1972. La jeune femme décide de partir pour LA afin de lancer sa carrière. Elle prend alors la décision de poser pour Playboy afin de se faire remarquer et débute alors une relation passionnée avec le chanteur “Prince” qui devient son mentor. Cette relation ne durera pas mais c’est grâce à Prince que sa carrière décolle. Prince lui écrira un album qui n’a pas connu une très grande gloire. Je pense qu’à cette époque la libido de notre ami était pour le moins exacerbée.
Son père est le chanteur hollandais David Alexander Winter. Elle a également un frère, Mickael Winter. Ophélie poursuit ses études jusqu’au lycée et part avec son frère aux Etats-Unis pour apprendre le chant et la danse. Revenue en France, elle enregistre trois titres. Deux ans plus tard, elle fait la connaissance de Prince mais aucun titre enregistré en duo ne verra le jour. Il « paraît » qu’il a écrit « The most beautiful girl in the world » pour elle. C’est vrai qu’à l’époque elle était plutôt mignonne. Romance, pas romance, elle dit que OUI, lui…
Là c’est plus qu’une rumeur il y a eu aventure entre les deux après la rencontre sur le tournage de Batman. Mais apparemment ce fut très bref !
Là aussi, on dépasse le cadre de la simple rumeur, mais là aussi ce fut court, la faute à Prince selon La madone qui aurait une vie pour le moins curieuse. Personnellement, je penche plus pour une incompatibilité entre deux « stars » avec tout ce que cela comporte d’excentricité, de part et d’autre !

Et enfin, Manuela Testolini !