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Résultat pour le mot-clef : old school

T-Connection

Lundi 15 juin 2009

avataroni6[audio:02-funkannection.mp3]

Une fois n’est pas coutume c’est du côté des Bahamas, et non des Etats Unis , qu’il faut chercher les origines du groupe T-Connection. Si je choisis de parler d’eux c’est à cause de mon échappée niçoise qui m’a remis en mémoire un titre du groupe et à partir de là…plus rien ne m’arrête ! Par contre j’ai eu un peu de mal à retracer l’histoire du groupe car peu d’informations circulent et pourtant j’ai cherché !!!

Donc…à part des sprinters et des sprinteuses…les Bahamas ont également fourni « T-Connection » qui lui-même fournira huit albums entre 1977 et 1984. C’est à Nassau ,en 1975, que Theophilus (Theo) COAKLEY (T-C) aux claviers et guitare et Kirkwood (Kurt) COAKLEY à la basse fondent le groupe en compagnie de David MACKEY, Anthony FLOWERS, Berkley VAN BYRD et Monty BROWN. Le groupe devient forcément la vedette de l’île rapport à la taille mais aussi tellement qu’y sont bons…tellement  qu’les gens les kiffent…tellement qu’c’est les meilleurs…

file-512Fin de Seventies oblige, les titres sont plutôt orientés disco mais des pépites commencent déjà à briller dans la glaise ambiante du « 120 bmp. » En témoigne sur la compile que je vous propose, le titre « Funkannection » et sa basse imparable ! Le premier album s’intitule « Magic » en 1977 avec un hit qui surfera en haut des charts « Do what you wanna do ». Très vite le groupe émigre vers « Mayami » et signe chez TK Records, maison de production très connue à l’époque pour ses productions disco baptisées « Miami Sound » avec KC & The Sunshine Band ou George McCrae. Trois albums seront produits par le label en 1978, 1979 et 1980 respectivement « On Fire », « T-Connection » et « Totally Connected »…vant de filer chez Capitol chez qui ils enregistreront quatre albums « Everything Is Cool » (1981), « Pure & Natural » (1982), « The Game Of Life » (1983) et « Take It To The Limit » (1984)…avant de splitter brutalement sans que j’ai la moindre explication à vous fournir !file-511

Ce que j’aimais chez ce groupe, c’est l’utilisation des percussions, omniprésentes sur les titres, je veux dire les « vraies » percussions pas seulement la batterie. Et il y a quand même quelques diamants à ramener en pleine lumière…des choses du genre « Girl watching » (purée…qu’est-ce qu’on a pas dansé là-dessus…), « Party night » et ses influences cameosiennes assumées et surtout le point d’orgue de leur carrière « Take it to the limit » !!! Mamma Mia, ça…ça dépote grave, vous connaissez c’est sûr !!!

De toute façon, certains me connaissent, mes compiles n’engendrent jamais la mélancolie et celle là n’échappe pas  à la règle. Juste pour vous ramener tranquillement sur la banquette, une petite balade très très très sympa en fin de compile…


Allez…connectez-vous !

CAMEO

Samedi 9 mai 2009

avataroni5[audio:05-on-the-one.mp3]

Dans ces « early eighties », si fertiles en bon son, enfin…je veux dire, pour ceux qui, comme moi, aimaient (et aiment toujours d’ailleurs…) que ça groove !!!, il y a un groupe incontournable, un groupe mythique, un groupe à la productivité effrénée, un groupe qui a laissé un héritage généreusement pillé par tout chasseur de sample qui se respecte, j’ai nommé CAMEO !!!. Quand j’ai voulu m’atteler à cet article et préparer un best of, les ennuis ont commencé ! Je m’explique : CAMEO c’est tout de même 17 albums officiels et 1 live, ce qui est déjà assez exceptionnel pour ce type de groupe et le gros souci c’est : Faire un choix !!! Il y a donc des victimes collatérales au grand jeu des éliminations, comme dans tout bon jeu télévisé qui se respecte (…).

Personnellement, je les découvre en 1982 avec le single « Alligator Woman », un titre très rapide et très rock finalement. La basse est monstrueuse, la rythmique très percutante mais ce qui me surprend le plus, ce sont les voix. Au départ, je pensais même que c’était un groupe d’allumés qui cherchait à surprendre et à faire différent, en fait, je suis pas loin de la vérité, mais tout d’abord, un peu d’histoire…Parler de CAMEO c’est d’abord parler de Larry BLACKMON, de l’influence qu’il a eu sur bon nombre d’artistes ; de sa personnalité parce qu’il a toujours été déterminé à réussir s’abreuvant de toutes les musiques écoutées plus jeune pour créer un style original ; de ses qualités de producteur (Bobby Brown, Chaka Khan, Red Hot Chili Peppers…). Larry a grandi à Harlem et ses premières émotions musicales ont pour nom James Brown, Sam Cooke et Jackie Wilson ! Normal sa tante l’emmène à l’Appolo Theater qui est tout proche… Devenu batteur d’un groupe au début des années 1970, il rejoint les New York City Players.

C’est donc pratiquement dix ans avant « Alligator Woman », en 1974, que le susnommé Larry BLACKMON, alors étudiant à la Juilliard School of Music, rejoint donc les The New York City Players. Nathan Leftenant et Tomi Jenkins forment le noyau dur avec Larry BLACKMON et jouent devant Anthony Lockett, Arnett Leftenant, Eric Durham, Eric Nelson, Gary Dow, Gregory Johnson, Jheryl Bright, Kevin Kendricks, Melvin Wells, Michael Burnett, Wayne Cooper et Willie Morris). Devenu CAMEO par souci de singularisation, le groupe sort un premier album en 1977 « Cardiac Arrest ». L’atmosphère est clairement orientée « dance », nous sommes en pleine ère disco, les Bee Gees et Donna Summer squattent les charts (Prince fait ses gammes dans sa cave…) et en France, Cerrone, Moroder, Morali et Belolo fourbissent leurs armes. Malgré tout, on sent poindre autre chose, on sait inconsciemment qu’on est face à autre chose qu’un petit groupe de plus qui fait du disco. Sans doutes les racines de ce qui plus tard édictera en dogme le fait que le disco c’est pas du funk ! Nous, on ne mélangeait pas les genres s’il vous plaît !. Alors, si « Find my way » sonne un peu « Saturday Night », « Funk, Funk » et surtout «Rigor Mortis » donne clairement le ton des albums qui vont suivre en 1978.

file-507L’anecdote veut que Larry qui travaille comme vendeur dans un magasin de vêtement, entend le titre à la radio et décide de tout quitter, école et boulot, pour vivre de la musique. Là j’ai gardé « Post Mortem » qui pour moi est le plus réprésentatif à la fois de l’époque mais aussi du virage pris par la « musique de danse ». Ils tournent régulièrement avec Parliament et Funkadelic, d’ailleurs on en sent les influences majeures…George Clinton…mais aussi, Sly Stone…E.W.F ou encore Norman Whitfield et effectivement, les disques suivants, « We all know who we are » et « Ugly Ego » vont confirmer le son de ce premier disque. Les deux disques suivants vont en effet perpétuer ce mélange des styles et des influences, c’est Rose Royce ? Non…les Bar Kays ? Non plus…Ohio Players alors ? Nooon…merde alors ! c’est CAMEO, tout bonnement ! On ne dit pas assez l’influence qu’ils vont avoir à leur tour sur bon nombre de musiciens. On imagine le petit Prince dans sa cave qui entend çà tout en plaquant les accords de « So blue » et « Soft and wet » et qui est loin de s’imaginer alors que ce groupe sera toujours dans sa play-list favorite trente ans plus tard. Je me rappelle aussi d’un certain Bohannon, météorite funky présentée un temps comme un rival du Kid, et dont les sonorités semblent empruntées au bongo new-yorkais. Pour le premier j’ai conservé « Stand up » pour la rythmique qui chaque fois me prend les tripes et sur le second « Insane » pour les riffs de guitare (bass & lead). « Secret Omen » en 1979 va constituer, pour moi, le disque révélateur de l’orientation prise par le groupe, orientation qui trouvera son apothéose l’année suivante avec « Cameosis ». Les signes ? LE signe ! un titre : « I just want to be » !. C’est celui que j’ai retenu d’ailleurs. L’équation : Rythmique métallique + cuivres acérés + cloches de vachette + « bruit de peau de chamois sur vitre mouillée » = les 20 ans qui suivent ! Bien sûr vous mettrez tout ça au carré, que dis-je au carré…au cube…voire puissance…euh…bref !

Oui ! bref ! Avec Cameosis donc, la rupture est consommée et même si le morceau titre sonne encore très Earth Wind ans Fire, « Shake your pants », archétype ou manifeste du son Cameo pour les siècles des siècles, et qui est en fait une déclinaison d’ « I just want to be », annonce une nouveauté qui va marquer encore plus le groupe que toute autre considération », c’est dans les voix…mais on en reparlera après ! Sur ce disque il y a tout de même « Please you » qui est une perle de « funkytude classieuse » rappelant le meilleur du « ONE WAY » de Detroit, et surtout…oui surtout « On the one ». Pas parce que c’est sans doute la phrase la plus prononcée par Prince depuis qu’il est né…, mais parce que je me souviens que le titre passait régulièrement (Ooooh…Ooooh…Ooooh…Ooooh) à l’Alhambra ou au Manhattan, mes boîtes des années 80 quoi, et qu’avec mes potes, on essayait de briller plus que les autres, dans une superbe ignorance des titres qui passaient et des groupes qui en étaient à l’origine ! Ne comptait qu’une chose : LA DANSE !!! 1980 toujours, un second album « Feel me » et le schisme que j’évoquais ci dessus se produit, écoutez les premières mesures de « Roller skates » (qui n’est pas une version raccourcie du must have de Vaughan Mason…) et vous comprendrez ce qui est arrivé à Larry BLACKMON ! En dehors de la basse qui vous fout des fourmis dans les gambettes, la révélation, Larry a eu plusieurs vies et dans une histoire précédente, il était…un « chatnard », le croisement d’un chat et d’un canard, enfin je veux dire cet ectoplasme vocal qui va donner plus que tout, sa marque de fabrique au groupe. Deux diamants sur ce disque : « Throw it down », sa rythmique imparable, ses synthés envoûtants, ses cuivres sautillants, ses percussions virevoltantes et…Madre de dios, un titre quasi indansable mais diablement FONK « Your love takes me out » vous prenez tout ce que je viens de dire sur « Throw it down » et vous le multipliez par 10.

Premier break ! Parmi tous ceux qui vont me lire…fatalement…va y avoir un mec ou une meuf qui va dire : « Y connaît que dalle sur Cameo, y raconte juste sa vie ! » c’est un peu vrai je l’accorde, alors je leur pose la question : Bébé Larry pousse son 1er Oooow ! sur « Keep it hot » et jette les bases du « Nose sound » qui va le poursuivre le restant de ses jours ! Me trompe-je ?

file-508-150x150.jpgQu’est-ce qu’on aura pas dansé sur « Freaky Dancing » ma bonne dame ! Cette guitare hypnotisante, si discrète et pourtant c’est elle qui donne le LA, les autres tournent autour, ils lui font la cour mais elle, elle les ignore, elle s’en fout, elle tourne…qui m’aime me suive. Même si là aussi, on sent la déclinaison d’un titre précédent (Throw it down…si si écoutez bien), « Freaky Dancing » va enthousiasmer les foules et les dance-floors et à l’époque CAMEO est devenu un groupe qui compte. En 1981, « Knights of the Sound Table » est déjà leur septième album. Pour le suivant « Alligator Woman » et ma révélation (je commence aussi à m’intéresser à qui fait quoi et plus seulement à mon jeu de jambes…) le groupe se réduit notablement et pointe à cinq membres, notre ornithorynque de chanteur + Tomi Jenkins, Nathan Leftenant, Gregory Johnson et Charlie Singleton (même si les autres musicos continuent à jouer avec eux on stage). Le son devient de plus en plus électrique, il est unique, reconnaissable entre tous (« Flirt », « Alligator woman »…), il n’est pas copié (non…Brass Construction…vous ne leur arrivez pas à la cheville…). Mais c’est une manie ma parole de décliner les titres d’un album à l’autre « Style » n’est autre que la conjugaison au plus-que-parfait de « Just be yourself ». Toujours est-il que l’album « Style » sort sous le label Atlanta Artist, propriété de Larry BLACKMON qui a émigré vers Atlanta, parce qu’il trouve les « Nordistes » peu sympas avec les Afro-américains (!). En 1983 donc, le disque va cartonner dans les bacs et dans les charts et le morceau-titre ainsi que « Aphrodisiac » (Aaahh ces deux dernières minutes…) se glissent sans problèmes, en soirée, entre un ZAPP, un Con Funk Shun et un SOS Band. Ah j’adore aussi « You’re a winner » et ses synthés enivrants, parfait pour le retour de boîte au petit matin…( à part quand cette saloperie d’autoradio « à cassettes » te jouait un tour à la John Wayne et son lasso et qu’il te fallait deux jours pour extraire cette putain de bande des têtes de lecture…).file-506.jpg

En 1984, apogée à mon sens de ces « funky years », sort l’album « She’s strange ». Le morceau-titre est d’une mélancolie qui interpelle. Le groupe sent-il que le genre qui cartonne depuis dix ans est en train de s’essouffler, pas par manque de productions, certains des groupes phares continueront à œuvrer, à tourner et à nous ravir de bon son, mais plutôt par manque d’écho ! là aussi, pas chez les aficionados qui resteront fidèles, mais plutôt chez la « masse bêlante » qui, déjà, veut autre chose. Tu es dur là ! non, je pense sincèrement que c’est ce qui s’est passé ! Combien de groupes ont disparu dans les deux ou trois années qui ont suivi et n’intéressent plus que les passionnés comme nous ? Le disque, en tout cas, est très varié, comme aucun ne l’a jamais été, il y a de tout, du groove, de la soul, du reggae, une daube (« Lève-toi », c’est quoi ce truc ? c’est pas parce que c’est chanté en français…) ET une comète : « Talkin’ out the side of your neck », espèce « d’hymne Cameosien ». Avec la régularité d’un métronome, le groupe sort l’année suivante « Single Life » espèce de copier-coller du précédent, sans grande originalité, sans implication musicale dirait-on ! Mais l’implication est peut être ailleurs, dans un engagement « politique » entrevu sur le précédent album. N’importe ! A peine « Single life », le titre, sort-il du lot grâce à ses sonorités et rythmiques familières, ainsi que « Attack me with your love » bien que dans le genre, SOS Band fasse mieux…c’est le moment choisi par Singleton pour quitter le groupe. Est-ce la faute de BLACKMON dont les déclarations font parfois « tache dans le décor », accusant les rappeurs d’être irresponsables ou Kool and the Gang d’être des plagiaires ? Bizarrement et comme pour me donner raison, le dernier titre s’appelle « A good-bye »…

Second break ! Parmi tous ceux qui vont me lire…fatalement…va y avoir un mec ou une meuf qui va dire : « Y connaît que dalle sur Cameo, y raconte juste sa vie ! » c’est un peu vrai je l’accorde, alors je leur pose la question : Le groupe n’était-il pas arrivé au bout du bout de son pouvoir créatif ou souhaitait-il plus simplement imprimer un nouveau virage à son style ?

Ca va, ça va, taisez-vous, je connais la réponse, elle tient en deux mots qui répondent en un coup de fouet lapidaire, tel un ace de Jo Wilfried Tsonga, à mes deux questions précédentes : « WORD UP ». En 1986, un album et un single éclatent comme deux SS-20 soviétiques « Word up ». Les dance-floors exultent, les sonos n’en peuvent plus de cette rythmique en fusion. Non ! CAMEO n’est pas mort et il bande encore !!! Larry n’a jamais été aussi pris du nez, la batterie est au groove ce qu’un peloton est au poteau d’exécution, les cuivres sont royaux, la guitare est paradoxalement toute satinée, bref, c’est LE titre FUNK par excellence, celui qu’on retrouvera sur toute anthologie du genre en combien…100…50 titres ! La suite enfonce le clou, car le groupe avec « Candy » parvient à faire tenir toutes leurs composantes sonores dans un titre consensuel, qui plaît à tous, addicts et easy-listeners. Un vrai sucre cette chanson ! « Back and Forth » nous ramène à un groove plus classique mais si agréable. Si je le détaille comme ça, c’est parce que c’est le seul vinyl que j’avais acheté à l’époque, le reste était sur des cassettes depuis longtemps passées de vie à trépas, heureusement (et inutile de se voiler la face ou de jouer les vierges effarouchées…) merci Saint P2P ! En parlant de vynil, la pochette est superbe avec ce trio de base looké en Jean Paul Gauthier qui vous regarde bien en face, l’air de dire : « …Eh bein alors !!! c’est un spectacle musical, faut bouger les fesses hein !!!… » (salut Elie…). La deuxième face démarrait quasi aussi bien que la première avec avant tout la ballade de circonstance « Don’t be lonely »  puis surtout « She’s mine », sa basse rondouillante (ça se dit ?) qui renouait encore avec les fondamentaux caméosiques, se poursuivait allègrement sur « Fast, fierce and funny », espèce de funk pour Foire du Trône, pour terminer en beauté sur « You can have the world ». Vous l’aurez compris, s’il y a UN album à posséder de CAMEO, c’est celui là, car c’est le summum de ce qu’il savent faire et c’est un disque qui fait le plein, pas de temps morts, pas de déchets ! CAMEO assoit définitivement son « Electronic Funk » Ite missa est !

file-505.jpgLa marmite de « Word up » n’ayant pas cramé, le groupe va y cuire un nouvel opus en 1988 appelé très élégamment « Machismo ». Je n’aurais pas l’outrecuidance de dire que c’est du réchauffé loin s’en faut, mais en amoureux de la bonne cuisine, surtout à la faire (~!~) je dirais qu’un grand plat se réussit rarement deux fois à la perfection, même si on y met les mêmes ingrédients, le même tour de main, il y a quelque chose de supérieur qui s’appelle « la magie » et qui fait que la combinaison d’un tas d’éléments font, soit un bon plat, soit une merveille. Mais trêve de considérations culinaires, ce disque contient tout de même son lot de pépites « You make me work », « In the night » avec le grand Miles s’il vous plaît, le « remix » de Candy, « Honey », le groovesque « Soul Tightened », le super-mega-vindédiousse-génial « Skin i’m in ». Un très bon disque tous comptes faits, un peu comme un « Die hard 2 » appliqué à la musique. Me serais-je trompé de deux ans ? Toujours est-il qu’il faut attendre 1990 pour un nouvel album et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il apporte de l’eau à mon moulin. Rien de transcendant dans ce « Real men…wear black » ! est-ce que ça commence à sentir le sapin ? Tout au plus peut-on extraire « I want it now ». Deux ans passent encore avant la sortie de « Emotional Violence » en 1992, qui est accueilli favorablement par la critique. C’est vrai que le disque est de bonne facture, le morceau-titre est tout droit sorti du moule traditionnel « Made in Cameo », « Raw but tasty » n’est certainement pas étranger à certaines inspirations Princières de cette époque, l’ensemble est assez sympathique mais il n’y a plus rien de transcendant et de jouissif ; le morceau « Nothing less than love » est assez prémonitoire…

1994 voit la sortie de l’avant-dernier album studio officiel de Cameo « In the face of funk ». Un titre « claque dans la gueule » et un morceau-titre où l’on se prend à rêver d’un retour en grâce du Funk-band ! les raps gachent un peu le groove clintonien du titre mais il est plus que plaisant, avec son sample brownien. La cover « Slyde » nous ramène dix ans en arrière avec l’élégance gracile d’une catapulte moyennâgeuse pour « un bon titre qui roule ». On se dit, décidément, c’est vraiment « dans ta face !!! » mais le reste de l’album, même s’il est d’un excellent niveau, n’atteint plus les sommets passés même s’il nous conforte dans notre « Special love »… Parallélement, Larry BLACKMON est devenu Vice-président d’un division de Warner Bros, est-ce la raison pour laquelle le groupe n’aura plus la même aura ? Il n’en demeure pas moins qu’il continuera à tourner (sortie d’un live en 1996 « Nasty ») et qu’il sortira un dernier album officiel à ce jour « Sexy Sweet Thing ». Nous sommes en 2000 et nos trois petits angelots ont sorti leurs armes, arc et flèche en bon petit cupidon pour Nathan, Masse (?) pour Tomi et Viagra pour Larry. Qu’en est-il au final ? Le morceau-titre et le suivant sont assez sympas, mais même si les rythmiques sont présentes, la voix de Larry aussi, les références (Candy…Back and Forth…), y’a quand même le petit quelque chose qui manque, le petit plus qui nous a attaché à des titres comme « She’s Strange ». Le disque est plaisant, il porte bien son titre en fait, c’est effectivement une chose charmante et sexy, le problème c’est que le ressort semble cassé, bien sûr sur « Pre Rolled Blunt » ou « Special love », on croit au retour des « funkers » mais décidément rien n’y fait, même le titre « Your love » écrit par Blackmon et mélancolique à souhait se trouve gâché par des raps qui personnellement me gavent ! J’ai lu dans une interview que ce qui faisait la grande force, la longévité et de la qualité du groupe, c’était l’originalité, le mélange des sonorités et des influences, tout ça pour créer « Leur » son ! Dans cet échange Blackmon parlait également de George Clinton qui lui avait toujours dit ne pas se laisser enfermer sous l’étiquette « Old-school ». Je crois qu’ils ont réussi, jusqu’au bout…Et aujourd’hui me direz-vous ? Chacun continue de travailler de son côté sur des projets et orientations personnels…..chacun a son myspace…partez à leur recherche ! ….et je laisse le mot de la fin à Larry, Tomi et Nathan : « May the wind be at your back and Cameosis in your heart…be strong ! »

Ma compile comprend : Post Mortem – Stand up – Insane – I just want to be – On the One – Throw it down – Freaky dancin’ – Alligator woman – Be yourself – Aphrodisiac – Style – You’re a winner – She’s strange – Talkin’ out the side of your neck – Word up – She’s mine – Fast, Fierce and Funny – In the night – Skin I’m in – I want it now – Nothing less than love – Raw but tasty – A special love – In the face of funk – Slyde – Special love – Pre Rolled Blunt – Your love

Le FBI étant passé par là depuis, contactez moi pour la compile (21/01/2012)

SOS Band

Samedi 9 mai 2009

avataroni3[audio:04-are-you-ready.mp3]

Comment évoquer ce début des années 80 sans parler de ce groupe légendaire destiné « à sauver nos âmes » ? Dans ces années glorieuses où j’écume les boîtes de nuit avec vous David et Nabile (où êtes vous aujourd’hui…) ; discothèques dont les noms résonnent dans mes souvenirs avec une nostalgie certaine, « Blue Stone », « Valparaiso », « Manhattan », « Alhambra » ; nous avons un « rite » tous les trois : Les Préparatifs ! le costard croisé est de rigueur, derbys noires et blanches aux pieds, brushings savamment « orchestrés » et préservés des pluies éventuelles entre la bagnole et l’entrée de la boîte, par le sac Auchan qui ne quitte jamais nos poches, l’objectif est intangible et ça durera cinq ans : briller sur la piste !!! Nous serons aidés en cela par des groupes dont j’ai commencé à vous parler et celui là, grands dieux, fut un des plus prolifiques en « dance-hits »…


S.O.S Band est formé en 1977 à Atlanta en Georgie. D’abord connu sous le nom de Santa Monica il devient S.O.S Band, SOS pour « Sounds Of Success » ; Les musiciens originels en sont Jason TC Bryant (claviers), Billy R Ellis (saxophone), Willie « Sonny » Killebrew (saxo et flûte), Geno Speight (guitare), John Simpson (basse et claviers), James Earl Jones III (percussions) et Mary Davis (chant). C’est le producteur Milton Lamar qui les découvre et deviendra leur manager, mais c’est Bunny Jackson-Ransom qui leur met le pied à l’étrier en leur permettant de signer avec une maison de production TABU Records. 1980, l’histoire est lancée et des hits vont consteller la décennie qui va suivre.
Huit albums seront réalisés : S.O.S (1980), Too (1981), III (1982), On the Rise (1983), Just the way you like it (1984), Sands of time (1986), Diamonds in the Raw (1989) et enfin One of many nights (1991). Chacun d’entre eux réserve son lot de pépites et faire un best-of est une cruelle expérience, je n’ai pas pu me limiter tant le choix est cornélien et ma compile fait tout de même 20 titres !!!, mais poursuivons cette histoire…le hit planétaire c’est « Take your time » ! Alors…d’accord, ça sonne encore disco, un peu Anita Ward et son « Ring my bell », mais on pressent toute la qualité qui va suivre dans les différents breaks de ce titre. N° 3 au Billboard pendant cinq semaines et Disque d’or aux US pour l’album, l’été 80 est chaud pour le groupe et ils ont la bonne idée d’ajouter un instrument à vent, le trompettiste Abdul Ra’oof. file-503_0.jpg

Le groupe ne fera que grimper en qualité et ce n’est pas l’arrivée de Jimmy Jam et Terry Lewis qui ralentira cette ascension, bien au contraire.
Petit intermède, Jam et Lewis, ça vous dit quelque chose ? Normal ! ces deux lascars, compositeurs et producteurs ont démarré chez…chez…chez Prince, of course ! Jimmy est même de Minneapolis, Terry lui est originaire d’Omaha. Ils sont membres, avec Jellybean Johnson et Monte Moir de « Flyte Tyme », un groupe de funk, qui devient The Time sous la houlette de Prince…ils seront rejoints par l’inénarrable Morris Day .
« Morris Day and The Time » est né ! J’en reparlerais une autre fois ! En avril 1983, ils quittent l’écurie pourpre pour s’occuper de S.O.S Band. Néanmoins, ils rejoindront Morris Day pour un album en 1990, mais ont un travail prolifique avec Gladys Knight, Luther Vandross et surtout Janet Jackson pour qui ils vont écrire deux albums majeurs « Control » et « Rythm Nation ». Par la suite, ils travailleront également avec Mickael Jackson, Boyz II men, The Human League, Usher, Mary J Blidge et Mariah Carey.

file-504_0.jpgEn 84, piqûre de rappel avec « Just the way you like it » et son intro à pleurer sa mère, on pense à « Just be… » mais non c’est pas la même. Certains me diront d’ailleurs que ce sont souvent les mêmes harmonies qui reviennent, mais on s’en fout, on les emmerde, comme ceux qu’on bastonne en sortie de boite, parce qu’à l’époque, c’est la guerre…contre ceux qui écoutent de la new wave…pas le même monde…rangez vos mèches…nardinemouque !!! Le sixième album est du même tonneau et 1987 voit le départ de Mary Davis (snif…cette voix…). Les deux derniers albums ne sont plus produits par le couple Jam et Lewis mais contiennent aussi de très bons titres. Le groupe splitte brusquement en 1991 et malgré une tentative de reformation en 94, à l’initiative de Mary Davis, aucun nouvel album ne sortira. Restent huit galettes bien garnies, comme à la crêperie du coin, et avec celles là, vous ne risquez pas l’indigestion !

Les compiles indispensables Volume 1

et volume 2

les hits remixés

et l’album « On the Rise » car c’est un must have !

Trouble Funk

Samedi 9 mai 2009

avataroni[audio:03-lets-get-hot.mp3]

M’étant attelé à un article sur CAMEO, je me suis aperçu que cela n’allait pas être un mince affaire, car établir un best-of de ce groupe mythique est un véritable tour de force et aussi un crève-cœur (où alors je fais deux volumes…), bref…pour patienter, je vais vous parler d’un groupe qui lui aussi a bercé mes 80′s et qui avait un style bien particulier baptisé Go-go ! Non il ne s’agit pas d’une charmante demoiselle aux formes rebondies jouant malicieusement autour d’une barre de fer mais d’un rythme particulier issu du funk mais cuisiné à la sauce d’un certain Chuck BROWN. Le monsieur, au milieu des années 70 est une figure de la scène funk à Washington et il met au point une rythmique basée sur beaucoup de percussions répétées à la mode des bongos qui accompagnent les majorettes tout en y introduisant pas mal de basse et de cuivres.

De nombreux groupes vont embrayer dans ce nouveau genre et le plus connu s’appelle : TROUBLE FUNK !!! Ce groupe va populariser ce rythme si particulier où s’entrechoquent percussions, basse, raps et « call & response » avec le public, ce qui n’est pas étranger à l’aura de violence qui entoure ce genre musical très cloisonné et très limité géographiquement. Créé dans les années 60, TROUBLE BAND accompagne un jour Chuck BROWN et adopte ce style musical, ils en profitent pour changer de nom… En ce début des années 80, ils signeront quatre albums : « In times of trouble » (1979), « Drop the Bomb » (1982), « In times of trouble » (1983) qui est fait une relecture de l’album de 1979 auquel est ajouté une partie live « from Washnigton » (1985) et « Trouble over here, trouble over there » (1987)…il n’empêche, cette musique vous met la pêche et les titres, toujours assez longs, sont frappés du sceau dufile-501_0.jpg groove…peu de romance dans le Go-go ! Les musiciens Tony FISHER (basse), Robert REED (claviers), James IVORY (claviers), Taylor REED (cuivres), Chester DAVIS (guitare), TBone DAVID (percussions), Mark CAREY (batterie et percussions), David RUDD (sax) et A.ROBINSON (percussions) remplacé par Emmet NIXON, n’avaient pas leur pareil pour mettre une salle en transes.

Leur dernier album, auquel participent Bootsy COLLINS et Kurtis BLOW abandonnera un peu la veine Go-go pour revenir à un R’nB plus funky. Le mieux que j’ai trouvé c’est de vous proposer l’album « Drop the Bomb » qui est une petite merveille regroupant à lui seul le must d’un genre un peu oublié…

Drop the Bomb !!!