Découvrez mes passions au quotidien

Résultat pour le mot-clef : parrainer

Jill Jones

Lundi 26 février 2007

J’ai un peu de temps devant moi et après m’être plongé dans toutes ces collaborations féminines, j’ai réécouté beaucoup l’album de Jill Jones et pour moi, il se détache du lot très nettement. Il est assez difficile à trouver maintenant, mais quand on cherche bien on trouve. Mais qu’importe la coupe, pourvu qu’on ait l’ivresse… Je vais vous parler un peu de cette jeune femme. Jill Jones est une chanteuse (auteur-compositeur) américaine qui va fréquenter très tôt Prince puisque leur rencontre date de la période Dirty Mind, son troisième album et la tournée qui a suivi. En effet, Jill chante dans le groupe « Teena Marie » qui fait les premières parties de cette tournée (elle fait les chœurs sur « Lady T », « Irons in the fire », « It must be magic ») . Prince, séduit par la voix de la demoiselle, l’engage en tant que choriste et elle va ainsi participer à partir de 1982 à bon nombre de titres et d’albums dont l’emblématique « 1999″ (également sur les titres « Automatic », « Free », « Lady cab driver » en lead). Elle travaille également sur tout l’album Purple Rain et sur le titre « It’s gonna be a beautiful night ». Faisant partie du staff, elle chantera également derrière Sheila E, Appolonia 6, The Bangles et Mazarati. Prince co-écrira pour elle en 1987, l’album « Jill Jones », qui est bien accueilli par la critique, par le public européen et qui pour moi reste un petit bijou. Un second album devait voir le jour mais restera un projet. En 2001, Jill sort un second album « Two », qui ne voit aucune participation de Prince. Jill Jones a également participé au travail de Ryuichi Sakamoto et a également accompagné le groupe CHIC.

jill3

Plus précisément maintenant, et grâce à un article de Per Nielsen, auteur de « The Vault » la bible princière, un tas d’infos et d’anecdotes. Jill a effectivement débarqué dans l’univers princier vers 1980 et ne s’est pas placée en groupie fanatique ni en « surprotégée » qui obéit au doigt et à l’œil. D’emblée, elle le trouve arrogant mais reconnaît son talent. Elle-même écrit la musique et a envie d’écrire ses propres textes. C’est surtout la voix qui séduit Prince qui à l’époque n’a que 22 ans et n’a pas encore connu le succès mondial qui va venir. Jill devient une choriste attitrée et elle va apporter une contribution importante à l’album « 1999″. C’est le travail réalisé pour Vanity 6 qui va la pousser à vouloir faire son propre album. Prince et Jill écrivent dés 1982 « Mia Bocca » pour faire partie de « Purple Rain » et « G-Spot » pour le futur album de Vanity (avec « Vibrator »). Finalement les deux titres seront conservés pour l’album de Jill. Prince est tellement occupé à l’époque (Purple Rain, The Time, Appolonia, Sheila E etc…) que l’album est encore repoussé. Nous en sommes en 1984 et Jill patiente, elle dira qu’ils étaient tous comme des enfants jouant à un « grand jeu ».En 1985, Prince est un peu plus libre et ils commencent à travailler sérieusement sur l’album de Jill. Ils enregistrent ensemble le titre « Hello » et travaillent sur de nombreux titres. Prince dira sa réelle admiration pour le talent de Jill et surtout pour sa voix. « Mia bocca », « G-spot » et « Baby you’re a trip » sont envoyés à Clare Fisher pour ajout des lignes de cordes si chères à Prince. C’est vrai qu’elles apportent souvent la touche finale aux titres princiers. Le travail continue en 1986 mais Prince voit bien qu’il n’a pas assez de temps à consacrer à Jill et il confie à David Rivkin le soin de poursuivre le travail. L’album est compilé une première fois en février 1986. Mais Prince n’est pas encore satisfait à 100 % et il passera encore plus d’un an avant que l’album ne sorte en 1987. A juste titre d’ailleurs car des titres pressentis seront supprimés pour laisser la place à d’autres, meilleurs sans doutes, et Eric Leeds apportera sa touche de sax si particulière. Jill est « patiente », très patiente, c’est lune de ses meilleures qualités dira Susan Rogers; ingénieur du son aux studios de Sunset Sound !
Même si l’ensemble des titres est enregistré comme des titres écrits par Prince (Joey Coco), Jill a participé à l’écriture de plusieurs titres mais elle n’a pas souhaité en être créditée. Dommage car c’est bien la seule qui ait été une véritable « collaboratrice » plus qu’une poupée supplémentaire dans la salle de jeux de Prince. Elle ne le souhaitait d’ailleurs pas et a toujours mis un point d’honneur à se considérer comme son égale. L’album « Jill Jones » est toujours considéré comme la meilleure production de Prince pour un autre artiste et même si ce disque n’a pas eu le succès qu’il méritait aux Etats Unis, c’est l’Europe (comme souvent…) qui lui réservera un excellent accueil.

Il est d’ailleurs toujours très prisé.
La track-list
« Mia Bocca » (ma bouche en italien) est sans conteste LE titre de l’album. Une intro mortelle avec les violons de Clare Fisher qui résonnent comme un « hymne », la voix de Jill si particulière qui arrive pas à pas, on se demande ce qui va arriver…c’est une rythmique métallique mélangée à des cuivres saturés, un synthé hypnotique…2 minutes et on est accroc pour la vie. Et toujours, une constante chez Prince, des sonorités, des gimmicks qui font le SON princier. « G-spot », comme son nom l’indique évoque le point G, cher aux sexologues du début des années 1980 qui pensaient avoir trouvé là, le secret de la sexualité féminine !!! Le titre est volontairement ironique, basé sur une rythmique robotique et les paroles sont très « second degré ». Elle chante :  » G-spot, G-spot, où peux-tu bien te trouver ?  » pour dénoncer gentiment la dérive « mécanique » de ceux qui énoncent de telles idées « toute-faites » qui résumeraient le secret de la sexualité féminine à la découverte d’un « point » particulier. La phrase « je suis une horloge, il est 9 heures 15  » est impayable ! « Violet Blue » est une ballade soul/funk assez jazzy, appuyée par la basse jouée par Prince, les cuivres d’Eric Leeds et Matt Blistan, les cordes de Fisher. La voix est aérienne et la « french touch » de l’accordéon en fin de titre achèvent d’en faire un faire un must. »With you » est une reprise d’un titre du second album de Prince. Elle s’en tire pas trop mal sans atteindre la pureté de l’originale. »All day, all night » est un titre rythmé un peu similaire à « Hello » sur la base basse-batterie et qui évoque aussi un titre comme « America ». J’adore… »For love »…c’est « Girls and boys » ma parole, je suis sûr qu’un « mixage » habile des 2 titres donnerait quelque chose de sympa. »My man » est un titre pop dans la veine de ce qui précède Purple Rain. Il paraît que Prince riait beaucoup à chanter ce titre lui-même, car à l’époque beaucoup le soupçonnait d’homosexualité… »Baby you’re a trip » est une ballade soul typique de Prince. Il écrit ce style de chanson comme vous vous faites un café le matin et chaque fois le charme opère (pour la chanson pas le café…). Le titre se termine sur les premières paroles de Mia Bocca !
Plus tard en 1988, Jill tente de sortir un second album avec l’aide de Chris Bruce. Elle revient à Minneapolis pour travailler à nouveau avec Prince en juillet 1989 mais ce second album ne sera jamais complété surtout parce que Jill et Prince vont peu à peu se « désunir », le courant ne passe plus vraiment et Jill est trop entière pour n’être considéré que comme un « poulain » de plus dans l’écurie princière. Il ne fut d’ailleurs pas très sympa avec elle au moment de Graffiti Bridge ce qui sonna le glas de leur relation. Durant les années 1990, Jill a continué à travailler avec notamment Ryuichi Sakamoto, Tim Simenon, John Reynolds, et d’anciens musiciens d’Orchestral Manoeuvres in the Dark. Par la suite, elle connut des moments difficiles avec la maladie de sa mère et ses propres soucis. Fin 1999, un nouvel album fut projeté à nouveau avec Chris Bruce ainsi qu’une tournée. C’est finalement en 2001 que sortira « Two », le second album de Jill Jones. Cet album fait la part belle à la voix de Jill, mais aucun hit n’en sortira. On peut regretter que Prince n’ait pas eu un peu plus de clairvoyance, car elle le méritait…

Prince’s Girls Volume 2

Dimanche 18 février 2007

Bon j’ai eu des remarques sur ma compile « Prince’s Girls 1 », gentilles, mais des remarques quand même. En fait, c’est vrai, il manquait certaines collaborations féminines, mais je m’étais limité aux principales, celles qui avaient donné lieu, en majorité, à des albums ou au moins à des titres intéressants. Donc après moult recherches et investigations, je vous livre le résultat de mon travail. Bien sûr, c’est pas tout à fait (pour moi) le même niveau que la première !, mais vous aurez ainsi quasiment la « totalité » des filles qui ont chanté « du » Prince. Je précise avant toute autre remarque que j’ai volontairement exclu une certaine Dale Bozzio qui a chanté le titre « So Strong » écrit par Prince car c’est vraiment une merde, cette fille ne sait PAS chanter ! (même si elle a, un temps, chanté derrière Zappa…)
On commence par The Bangles, un groupe de filles des années 80, pour qui Prince (ou plus exactement Christopher Tracy, l’un de ses pseudos) écrit le titre « Manic Monday » qui sera un hit en 1986 (en même temps que « Kiss » d’ailleurs). C’est un titre Pop agréable à écouter même si c’est pas « my cup of tea ». le groupe créé en 1981, explose en 1989 pour se reformer en 2000 et sortir un nouvel album en 2003. Le titre suivant est déjà beaucoup plus funky et festif « Wouldn’t you love to love me » est chanté par Taja Sevelle. Taja a été signée chez Paisley Park (les studios princiers) début 80 et un album « Love is contagious » sera réalisé. Ce titre en est extrait et il est co-écrit avec Prince. Il est dans la veine d’un certain type de musique des années 80 dans lequel on classait également des artistes comme Janet Jackson ou Paula Abdul. Taja travaillera avec d’autres artistes comme Burt Bacharach ou Nile Rodgers. Aujourd’hui, elle continue à chanter, mais elle écrit aussi des livres et relooke même des cuisines… Paula Abdul justement, parlons-en. Un joli brin de fille qui démarre sa carrière en tant que danseuse et chorégraphe. Elle travaille avec les plus grands sur les chorés de vidéos, Prince, The Jacksons, Kool and The Gang, ou encore Luther Vandross. Elle sort également fin 80 plusieurs titres qui connaîtront un réel succès. En 1991, l’album « Spellbound » se vend à 6 millions d’exemplaires et contient un titre écrit par Prince « U ». Sans atteindre ce qu’il a écrit pour Jill Jones, ce titre est plutôt bien fait avec des sonorités tout à fait dans le style du Prince de l’époque.
Patti Labelle a chanté Prince ! Patti Labelle c’est quand même une pointure en soul qui a une « carrière » derrière elle. C’est une voix reconnaissable entre toutes et c’est surtout un hit monumental en 1975 « Lady Marmelade » que beaucoup croient encore s’appeler « Voulez-vous coucher avec moi ? ». A l’époque c’est un groupe de filles dont fait partie également Nona Hendryx dont je reparlerais plus loin. « Yo mister » sort sur l’album « Be yourself » en 1989. C’est un titre lent, assez monotone, qui fait la part belle à la voix puissante de Patti mais avec de belles sonorités. Nona Gaye, je l’ai déjà présentée dans mon article sur ses conquêtes féminines. C’est une femme magnifique qui a partagé quelque temps sa vie et qui a également partagé ce titre, « Lovesign » en 1994. A l’appui : une vidéo mémorable et une rythmique très « sexy ». Elle est aujourd’hui plus actrice que chanteuse. Le titre fait partie de mon top 50… et en bagnole il peut passer en boucle ! J’adore faire le marlou en ville avec ce titre à fond… Mica Paris est anglaise et chante depuis l’âge de 15 ans. Elle sort régulièrement un album depuis 1988 mais n’a pas la notoriété qu’elle mérite. Elle travaille pas mal pour la télé aussi. « If I love U 2nite » sort en 1991 sur l’album « Contribution », la voix est vraiment très agréable, dans la veine d’une Sade (sans en atteindre la perfection bien sûr…) et ce titre se laisse écouter sans déplaisir. En janvier 2003, elle a participé au « Purple Reign – The Prince story » un show entièrement consacré à Prince sur la BBC.

« Standing at the altar » est un titre étrange. On adore ou on déteste… Le titre paraît en 1994 sur le disque « 1-800 New Funk ». C’est une ballade pop/rock chantée par Margie Cox. C’est encore une « Voix », Margie, de son vrai prénom Margaret a chanté dans le groupe « Lipps inc » (vous vous rappelez « Funky town »), puis dans Ta Mara un groupe que Prince avait produit et qui délivrait un funk bien saignant. C’est pour ça que ce titre me déçoit un peu ! Je ne vais pas vous faire l’injure de vous présenter Madonna, juste vous dire que très très peu de temps, elle a été pressentie pour jouer dans le film « Graffiti Bridge » et qu’ils se sont connus « bibliquement » et épisodiquement. Un duo est enregistré pour l’album « Like a prayer » en 1989. Le titre « Love song » est passable, sans plus, j’aime bien les petits riffs de guitare de Prince. Après…c’est Madonna… Là aussi, inutile de vous présenter Kate Bush, chanteuse et compositeur britannique qui fascine depuis longtemps par son univers musical. Kate Bush c’est une voix à part et une personnalité à part. Exigeante, un peu comme Prince, elle cumule succès commerciaux et d’estime depuis 1978. « The Red shoes » album sorti en 1993 voit la participation de Prince sur un titre « Why should I love you ». Il est bien dans l’esprit d’ailleurs de ce que fait Kate tout en restant très « princier ». Pour l’anecdote, elle a participé en 1996 à l’album de Prince « Emancipation » sur le titre « My computer ». La suite n’est guère moins connue même si le commun des mortels se souvient plus du nom de la chanson que de la chanteuse elle-même. Jevetta Steele, chanteuse afro-américaine, n’est autre que la célèbre interprète de « Calling you » le tube qui accompagne le film « Bagdad café ». A l’origine membre du groupe familial de Gospel « The Steeles », Jevetta va accompagner Prince durant quelques années. En 1993, elle sort un album qui connaîtra un honnête succès « Here it is » avec un hit bien classé dans les charts « Hold me », ballade soul que Prince peut écrire à la pelle. Aujourd’hui, elle continue à assurer les chœurs de nombreux artistes. On poursuit avec Elisa Fiorillo. Je sais, comme moi, vous ne la connaissez sans doute pas ! C’est parce que c’est essentiellement une artiste de « chœur » qui chante derrière de nombreux artistes. Prince la rencontre lors d’une session d’enregistrement et séduit par sa voix la fera travailler sur plusieurs de ses albums. Il lui écrira plusieurs titres dont « On the way up », titre empli de percussions, contemporain de l’époque Diamonds and Pearls. Aujourd’hui, elle donne plutôt dans le jazz.
Deborah Allen chante en 1987 « Telepathy » titre écrit par Joey COCO…qui n’est autre que Prince lui même ! En effet, c’est l’un de ses nombreux pseudonymes. Deborah est une chanteuse de country qui continue sa carrière aujourd’hui. A l’époque, elle est dans l’entourage princier comme de nombreuses autres jeunes femmes et cette collaboration n’est pas la plus exceptionnelle. Bon, vous allez peut être pas le croire, mais Céline Dion a chanté Prince. C’était en 1992, « Caielin’ » sort un nouvel album qui s’appelle tout bonnement Céline Dion. Il contient un titre écrit par son altesse pourpre « With this tear », certainement un travail de commande pour un album qui devait conquérir l’Amérique, ce qui fut fait. Bon je ne vous présente pas Céline, le titre n’est pas impérissable et passablement formaté pour les radios américaines ! Rosie Gaines a travaillé longtemps avec Prince et principalement sur Diamonds and Pearls. A la base, elle jouait dans Unity, un groupe familial de funk. Prince l’a remarqué lors de démos et ils ont commencé à travailler ensemble à partir de 1990. Un album devait voir le jour mais n’a été sorti suite aux problèmes de Prince avec sa maison de disques. J’ai retenu le titre « I want U » dans une version laissant la part belle aux vocalises de Rosie qui a une voix inimitable, grimpant assez haut dans les octaves. Pour terminer, Nona Hendryx et le titre « Baby Go Go » (Thanks Willy…). Nona Hendryx c’est un des piliers du groupe Labelle, on y revient, le célèbre groupe de divas glamour qui a immortalisé cette réplique célèbre : « Voulez-vous coucher avec moi ». Elle a eu une carrière assez prolifique, et je me souviens qu’elle a travaillé un temps avec Matérial, un groupe de funk expérimental dont faisait partie Bill Laswell et Nile Rodgers. C’est en 1987 qu’elle sort un album « Female Trouble » où figure ce titre parmi d’autres, dont certains en collaboration avec Peter Gabriel. C’est celui que je préfère sur cette compilation.

Partie 1

Partie 2

Partie 3

Prince’s Girls Volume 1

Jeudi 18 janvier 2007

…Femme, femme, femme, fais-nous voir le ciel…Femme, femme, femme, fais-nous du soleil… ! chantait Serge Lama il y a fort longtemps… C’était un temps où le jeune Prince Rogers Nelson démarrait une carrière en répondant par onomatopées et quelques signes des deux mains dans une émission sur la TV américaine. Je ne sais pas s’il a eu accès à ce texte imparable du « beau Serge », toujours est-il que la femme fait partie de l’univers princier et qu’elle est indissociable de son pouvoir créatif.
Dés 1981, Prince souhaite créer un groupe de filles, un peu à la manière de Rick James et il met sur pied en 1982 un groupe autour de Denise Matthews, groupe qu’elle baptise « Vanity 6 » (parce que lui voulait l’appeler « Vagina »…) et un premier album sort à l’été 1982 avec un hit puissance 10 « Nasty Girl » ! le reste de l’album est assez sympa avec deux autres morceaux notamment que j’aime assez (c’est ma compile, alors je fais ce que j’veux…), « Drive me wild » et son riff de guitare entêtant et aussi « If a girl answers (don’t hang up) » morceau très funky qui colle parfaitement à ce qui passe en boîte à l’époque et avec Prince en correspondant au téléphone. Prince a écrit pratiquement tout l’album et on sent tout le potentiel créatif qui doit bouillir en lui. En raison de problèmes relationnels (trop de filles déjà…) la collaboration avec Vanity 6 cessera avant le deuxième album.
Ce deuxième album, Prince le confiera à un nouveau groupe qu’il crée dans la foulée en remplaçant la chanteuse en titre. Denise cède sa place à Patricia Kotero en 1983 et le nom de baptême sera : Appolonia 6. Patricia c’est cette magnifique jeune femme brune qu’on peut contempler dans Purple Rain. C’est donc en fait un premier album d’Apollonia 6 qui sort en 1984. Là encore un single incontournable va cartonner dans les charts : « Sex shooter » ! Je vous défie de rester insensible à la rythmique ferroviaire de ce morceau tout autant qu’aux galipettes des longues jambes fuselées de la demoiselle Kotero. Aaahhh…cette choré à deux centimes…pourquoi est-ce si beau ? parce que c’est dansé en guêpière noire et talons aiguilles…!!! Autre titre intéressant « Blue limousine ». Dommage par contre qu’il leur ait retiré « 17 Days » (cf ma compile Early years) que je peux mettre en boucle pendant 2 heures…
Jill Jones est déjà un cas nettement à part des deux précitées car il y a un réel talent derrière cette jeune fille et elle va rester dans l’entourage princier durant de nombreuses années, participant notamment et activement à l’album « 1999 ». Prince va lui écrire, après bien des péripéties, un album rempli de petites merveilles et qui sort en 1987. Vous voulez du « pur jus princier » écoutez « Mia Bocca » !!! Ce morceau est ENORME et je pèse mes mots ! Pourtant il a été enregistré par Prince en 1982 mais elle le magnifie par sa voix, une des rares voix qui soit en adéquation avec l’univers musical du Kid de Minneapolis. Une intro puissante et un riff de synthé qui vous marque au fer ! Autre titre écrit au départ pour Vanity 6, le bien nommé « G Spot » et le très soul/funk « Violet Blue » (ne vous fiez pas à l’intro). J’y mets également « Boom Boom » un titre festif et techno qui me fait furieusement penser à la fois à « Baby i’m a star » et également à la période Batman. Prince et Jill se perdront de vue par la suite, ce qui est assez dommage, mais je pense qu’il est tellement « cyclothymique » que ça devait arriver.
Il faut dire qu’une autre libellule papillonne depuis quelque temps autour du roitelet pourpre, j’ai nommé Sheila Escovedo dite Sheila E. Les deux se connaissent depuis 1978, sont de la même génération et dés qu’elle travaille avec Prince, il lui écrit un album. Il faut dire qu’ils ont déjà enregistré ensemble un single « Erotic city ». Par delà ses qualités de chanteuse, Sheila E est une excellente percussionniste qui va accompagner Prince longtemps, s’en éloigner et revenir régulièrement. Personnellement, je trouve qu’elle est la seule qui a peut être « admis » son univers. J’aurais voulu qu’ils s’aiment, se marient et qu’ils aient des enfants, c’eut été une « production d’enfer ». Là aussi, le rôle de Prince dépasse celui du simple producteur et prend plus celui d’un pygmalion. Je n’ai retenu que quelques titres car il faut bien choisir mais le « magasin » est vaste !!! Le premier album s’appelle The Glamourous Life. Le second album Romance 1600. Le troisième est sobrement intitulé Sheila E. Ces trois disques ont chacun de réelles qualités et faire un choix, je l’ai dit, est déchirant ! Donc ce sont mes choix : « The Glamourous life » car c’est tout de même un hit et que lorsque Sheila « do it girl » E se met aux percus, ça déménage ! Prince doit adorer ce titre car il le reprend souvent lui-même en concert. Sur le second album j’ai retenu « Toy box » titre très funky et qui reprend des sonorités entendues sur « Erotic city ». Sur leur troisième collaboration j’ai choisi « Koo Koo » qui n’aurait pas détonné sur le Black album avec ses sons déstructurés. J’aurais pu choisir d’autres titres comme « A love bizarre » ou « The Bells of St Mark » mais il faut bien se décider. La constante dans ces albums c’est la qualité. Prince n’a pas travaillé au rabais et il a réalisé tous ces titres comme s’ils devaient apparaître sur un de ses albums, je pense surtout au disque de Jill Jones et au premier de Sheila E. Par la suite, ses productions ne retrouveront plus, à mon sens, autant de qualités.
J’en veux pour preuve sa collaboration avec Tara Patrick qu’il rebaptise « Carmen Electra », célèbre naïade d’Alerte à Malibu et page centrale de Playboy entrée au panthéon des « petits lapins ». Leur collaboration professionnelle et/ou amoureuse durera quelques années entre 91 et 95 et un seul et laborieux album sortira difficilement en 1993. Il est en accord avec la production de Prince à l’époque (Diamonds and Pearls, Goldnigga) et les titres sont sympas, sans plus. Les raps de Carmen sont assez énervants et on a souvent le sentiment d’avoir des morceaux bâtis avec des « restes » ou des chutes de titres prévus pour les albums de Prince. Disons qu’elle devait l’intéresser dans un autre domaine…J’ai tout de même retenu « Go go dancer » et ses relents de « Cream » pour figurer sur cette compile mais vraiment pour être exhaustif.
Carmen savait…disons… « un peu danser », mais dans ces années là, Prince doit avoir l’œil du chasseur car il rappelle une jeune fille qu’il a connue alors qu’elle est encore une adolescente : Mayté Garcia. Mayté, c’est encore une autre affaire car elle deviendra par la suite sa femme, ils essaieront d’avoir un enfant et longtemps Prince confiera qu’elle est sa muse. Est-ce elle qui lui a inspiré « Get off », « Sexy MF » ou encore « Cream » ? Parce que si c’est le cas, Reviens ! Mayté, reviens !! Alors, on peut apprécier la façon de danser de Mayté, toute empreinte de roulements de hanches et de jetés de jambes, chacun ses goûts ; on peut supporter sa voix à peine plus audible que celle d’un candidat recalé à la « Nouvelle star » ; on ne peut lui retirer que c’est une très belle femme et pendant de nombreuses années elle sera indissociable de la bulle princière. J’ai retenu un titre qui est en fait une reprise du « Brickhouse » des Commodores rebaptisé « House of brick ». Le reste…euh…bof !
J’ai pas respecté totalement la chronologie des faits et je vous jette le reste en vrac sans que cela soit péjoratif bien au contraire, mais ces collaborations sont, ou moins importantes, ou moins impliquées.
En 1988, Prince écrit « Eternity » pour Sheena Easton. Le titre est pas terrible, on dirait du « sous » Kate Bush. Sheena a déjà chanté avec Prince sur « U got the look » et sur l’album « Batman ». J’ai retenu le titre « Sugar walls » qui avait fait scandale à l’époque, en 1984, pour des paroles jugées « osées ». Il est assez sympa, très rythmé, avec plein de petits gimmicks sonores comme il sait si bien le faire. Elle continue actuellement une carrière d’actrice-chanteuse mais n’a plus reparu dans l’entourage de Prince.
En 1991, Prince coproduit l’album de Martika, une chanteuse américaine d’origine cubaine de son vrai nom Marta Marrero. Un single, notamment, fera une honnête carrière outre-atlantique « Love…thy will be done ». Pas de quoi grimper aux rideaux, la voix est trop impersonnelle à mon goût.
« Chaka Khan » ! Je ne vais pas vous faire l’injure de vous raconter qui elle est, car elle fait partie du panthéon soul/funk/rythm’blues au même titre qu’Aretha Franklin ou James Brown. Hormis la reprise « successfull » qu’elle fait en 1984 d’un titre de Prince « I feel for you » (eh oui, c’est de lui), elle a enregistré un album en 1998 sous le label princier « NPG Records » avec notamment le titre « Come 2 my house ». Mais, j’ai préféré mettre le titre « Sticky Wicked » paru sur un album de Chaka en 1988. Le titre est de Prince mais surtout, Miles Davis lui même y joue les parties de trompette et c’est la seule fois où l’on entend, officiellement, les deux musiciens. (Au passage, Prince et Davis n’ont pas enregistré leurs participations simultanément bien qu’ils aient plusieurs fois indiqué leur admiration mutuelle et leur souhait de travailler ensemble…question d’ego sans doute…). Chaka Khan, c’est une voix hors du commun, qui continue son bonhomme de chemin et qui a été « intronisée » aux B.E.T Awards en 2006, avec une prestation de qualité à la clef.
Au même titre que Chaka Khan, Mavis Staples fait partie de la génération qui a vu émerger des labels comme Tamla Motown ou Stax, c’est à dire le berceau de la musique soul. Chanteuse du groupe « The Staples Singers », elle connaîtra de francs succès avec ce groupe et travaillera une première fois avec Prince en 88/89 pour un album, puis sur un titre de Graffiti Bridge. Sa voix est puissante, plus sensuelle que celle Chaka Khan, avec cette raucité qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. J’ai retenu le titre « You will be moved » car il colle parfaitement à la « soul attitude » de Mavis mais également à la « Black attitude » par son côté Gospel.
Pour terminer, Ashley Tàmar Davis, découverte par le public sous le diminutif « Tàmar », a semblé très proche de Prince pendant une bonne partie de l’année 2006. Après de nombreuses prestations communes (Saturday Night live, Good Mornin’ America, Brit Awards ou concert au Nokia Theater), et sans plus d’explications, l’album prévu pour la petite est différé et n’est pas encore sorti. Il est pourtant complet, a un titre : « Milk and Honey » et tout cela reste incompréhensible (à moins que ce ne soit une banale histoire de fesses, n’oublions pas qu’il a divorcé en 2006). Sinon, Tàmar est une jeune chanteuse qui a démarré sa carrière dans le groupe qui allait devenir par la suite les Destiny’s Childs, rien de moins. Je l’ai aperçu pour la première fois lors de la prestation de Prince aux NAACP Awards en 2005 et il semble que Prince ait suivi sa carrière de prés. A nouveau ce côté Pygmalion ?? J’ai deux titres pour terminer ce « dossier » : « Holla and shout » morceau bien funky avec ces petits riffs de guitare 100% princiers et « Holy ground » et ses paroles « en français dans le texte ».
Voilà ! Aujourd’hui il tourne avec ses jumelles, pas celles du turfiste…, non ce sont deux splendides autraliennes « Maya McClean » et « Nancy McClean » plus connues sous le nom de : « The Twinz ». Maya a déclaré récemment à propos de Prince : « Il est vraiment terre à terre comme il a un côté spirituel. Il a le meilleur sens de l’humour et je pense que beaucoup de gens ne le savent pas. Quand il raconte une histoire, il essaie de prendre les voix des gens dont il parle. C’est vraiment cool ! ». Quand on sait que « femme qui rit à moitié dans ton lit » il en a peut être déjà une dans le sien… Il leur écrira peut être un album, on ne sait jamais avec lui…La compile c’est dans l’article suivant…

Vanity 6 – Nasty girl, Vanity 6 – Drive me wild, Vanity 6 – If a girl answers, Appolonia 6 – Sex shooter, Appolonia 6 – Blue limousine, Jill Jones – MiaBocca, Jill Jones – G-spot, Jill Jones – Violet blue, Jill Jones -Boom Boom, Sheila E – The Glamourous life (club edit), Sheila E – Toy box, Sheila E – Koo Koo, Carmen Electra – Go go dancer, Mayté – House of brick, Sheena Easton -Sugar walls, Martika – Love thy will be done, Chaka Khan – Sticky wicked, Mavis Staples – You will be moved, Tàmar – Holla and shout & Tàmar – Holy ground.