2004, j’ai basculé définitivement du côté obscur même si j’y trouve la lumière, à savoir que désormais plus rien ne compte mis à part trouver tout ce que je peux trouver et bien entendu, en premier lieu, posséder la totalité de la discographie officielle ce qui, en soi, est déjà un tour de force puisque nous parlons ici de prés de 40 albums hors spéciaux et productions parallèles. Cette année là (comme disait Claude…) je vais donc profiter des miracles d’internet qui offre de nombreuses possibilités pour se procurer des choses sans rendre anorexique son petit cochon…
Première acquisition, « 1999 » (attendez…bin ouais, car je vois d’ici les petits sourires de certains…je raconte mon histoire comme elle s’est déroulée, sans enjoliver…je ne pouvais pas tout acheter en même temps, attendez la suite…). Bon, bien sûr je connais quand même le morceau titre « 1999 » qui avait fait un vrai carton à sa sortie fin 82 et que j’avais acheté en single (quand même…) à l’époque. « 1999 » c’est véritablement un hymne princier, l’incarnation peut être du style « funk/rock » qu’il a créé en ce début des années 80 et qui trouvera son achèvement total trois ans plus tard avec « Purple Rain ». Un riff intemporel, une rythmique de plomb, cette batterie synthétique omniprésente ces années là et qui signe son style, si vous n’étiez pas accro, là vous êtes foutus. En 1999, il sortira un album de mix de ce titre, assez sympa et baptisé « 1999 – The New master ». Suivent « Little red corvette » dont la version Ultimate est monstrueuse et “Delirious” petite friandise rockabilly avant la première des trois claques qui suivent. Première gifle « Let’s pretend we’re married », rythmique « Cerrone » pour un titre hypnotique, rappelant « Sexuality », et puis son gimmick de fou du Roi « Ooh we sha sha coo coo yeah ». Sa durée exclut les passages radio de même que les deux suivants d’ailleurs. Le second passera par contre beaucoup en discothèque « Dance, Music, Sex, Romance ». Alors, au choix, en principes de vie, vous avez « Liberté Egalité Fraternité » si vous êtes « bonnet phrygien » ou « Santé et Robustesse » si vous êtes Général de César ! Moi je maintiens : D.M.S.R !!! for the life !!! Voilà le premier manifeste « funky » de Prince, je veux dire celui qui entrouvre une fenêtre sur ce qu’il fera quelques années plus tard. Le troisième titre « Automatic » est minimaliste même si c’est le plus long de l’album (9’24) mais hautement…indéfinissable ; on ne sait si c’est rock, funk ou electro ! Tout ce qu’on sait, c’est que c’est envoûtant, le final est «orgasmique » avec les râles (douleur ou plaisir) de Jill Jones et de Lisa Coleman, mixez le avec « Mia Bocca » de la rouquine justement et … Vient « Something in the water » pour le coup très electro et très surprenant avec ses « cris de coq anglais » en milieu de titre, puis « Free », ballade un peu naïve avec une jolie mélodie. La suite est plus intéressante et c’est mon titre préféré « Lady cab driver ». Funk ! Funk ! Funk ! et ce gimmick „ta ta ta ta ta „ qui vous tatoue pour les siècles des siècles ; AMEN ! Quand au final…Serge a eu sa Jane, puis Charlotte, Prince avait sa Jill…On termine avec deux bizarreries « All the critics love u in New York » sorte de « comptine hallucino-psychédélique » (comme dirait André…) qui donnera toute sa mesure en live et « International lover » le titre de trop tant il suinte de mièvrerie. On dirait du Guy Marchand…ou mieux encore, « la drague » de Bedos et Daumier (LOL).
Quelques semaines plus tard (oui…oui.…tout ça est aussi clair dans ma p’tite tête), j’achète l’album « SYMBOL ». Là encore, je connais l’album par ses hits « My name is Prince » et « Sexy MF » et les clips inoubliables qui en découlent. Je deviens fou quand je lis les années de sortie, ce disque est sorti quelques mois à peine après « Diamonds and Pearls » qui lui-même succédait à « Graffiti Bridge » d’une dizaine de mois. On s’étonne après que Warner n’ait plus voulu le suivre…J’avoue quand même que c’est un disque que j’ai pas trop écouté au départ…trop proche de « DetP » Malgré tout je me souviens des années où je l’avais acheté (D&P) et à ce moment là j’adorais son style. Ceci dit, l’an dernier je me suis surpris à l’écouter plus souvent et on est loin quand même du copier-coller. Dans « My name is Prince » (le titre n’est pas choisi au hasard) on sent bien la rage contenue en lui parce qu’il ne peut pas faire ce qu’il veut. Je rappelle que c’est là que va se situer le point de départ du litige avec Warner. Le titre est très funk et Prince apparaît dans le clip avec une casquette et des chaînettes qui lui masquent le visage ! Tout un symbole ! Le second titre revient à des choses plus habituelles chez lui : le sexe, mais avec une dose de machisme qui laisse pantois. Mais bon, le refrain est inoubliable… Le reste de l’album alterne pop sympa « Love to the 9’s », “I “wanna melt with you”, “And god created women”, ballades « The morning papers », “Sweet Baby”, “7”, funk “The Max”, “The continental” ou The Flow”, voire reggae “Blue Light” et un titre inclassable orphelin du Black Album “Arrogance”. Et comme souvent chez lui on a droit au titre un peu “lourd” avec “3 chains o’ gold” mais aussi au titre rassembleur et qui ramène tout le monde « on the dancefloor » « The sacrifice of Victor ». Au final un album plus que solide qui touche un peu à tous les domaines musicaux, un excellent travail auquel il manquait juste (à l’époque) le temps de pouvoir l’apprécier. C’est ce qui fait qu’il n’a pas eu le succès qu’il méritait.
Eté 2004, je passe un week-end chez mon frère près de Belfort et un après-midi, à l’occasion d’une visite à la FNAC, j’achète « Around the world in a day » (ATWIAD pour les intimes) et « Sign O’ the times » (SOTT pour les mêmes). Je sais, par mes visites de plus en plus régulières à « certain forum », que je tiens là deux pièces maîtresses dans l’œuvre pourpre et j’attendrais mon retour au bercail pour les écouter. Bien sûr je connais « Raspberry Beret » (spéciale dédicace à Anne…), « America » ou « Pop life », mais je connais surtout « Purple Rain » qui le précède de quelques mois car écouté des centaines de fois. Ma surprise est donc totale à l’écoute du premier morceau-titre. Une espèce de flûte indienne, une darbouka oriental, des clochettes tibétaines et cette entame : « Ouvre ton cœur et ton esprit » ; je suis à mille lieues de « Purple Rain » et je fais un bond de 35 ans en arrière vers les années « flowerpower ». Le titre est finalement assez déstabilisant car hormis la dernière minute où l’on retrouve la rythmique si chère à nos oreilles, Prince fait encore un virage à 180 degrés dans son style musical. C’est d’ailleurs une constante qu’il faut accepter quand on le découvre : il n’a pas « un » style musical mais semble s’imprégner de tous les courants passés, présents voire futurs puisqu’il en invente ! Le livret est déjà, par lui-même, surprenant. Prince ne s’est jamais vraiment distingué par la qualité de ses pochettes. Là, il semble que l’on retrouve l’ensemble des personnages évoqués dans les titres de l’album, mélangés à ses musiciens, au bord d’une plage/quai, le tout dans un style psychédélique évoquant les plus belles pochettes des 60/70’s. Le morceau suivant, « Paisley park », ne nous rapproche pas plus du créateur de « Baby I’m a star ». Basé essentiellement sur des rythmiques (batterie, linn-drum, clochettes) avec quelques nappes de guitare saturée par-ci par-là, la lenteur énerve ou emporte c’est selon…Les paroles évoquent une espèce « d’Eden » où ne règne qu’amour qui s’avère en fait être le cœur de l’être humain. « Paisley Park » est le nom du complexe qu’il a bâti à Minneapolis. Jusque là j’avoue ne pas être très convaincu, les titres sont surprenants mais je dois dire qu’aujourd’hui, à force d’écoutes, mon analyse est différente et le fait qu’il s’imbibe littéralement de ce qui a déjà été fait par les grands anciens pour ressortir de sa moulinette avec une touche personnelle n’en est que plus évident. Une intro de plus de deux minutes en forme de mini symphonie nous entraîne dans la performance vocale qu’est « Condition of the heart », le genre de titre que lui seul peut chanter, à part Bowie peut être (si…si…essayez un peu de la chanter…). Chanson d’amour, sur l’amour, sur ses déboires perso, allez savoir…je l’écoute souvent plusieurs fois. « Purple Rain » avait « Take me with U », « ATWIAD » a « Raspberry Beret » à savoir LE titre qui vous marque mieux encore que l’aiguille du tatoueur. Ce titre est une leçon de création musicale, couplet attachants, refrain accrocheur, break entêtant, les sonorités, la voix, les instruments choisis, les chœurs, les envolées vocales, c’est une perfection faite chanson. Le Remix est incontournable avec ses plages de violon, ses bruits parasites, la toux de Prince façon Dame aux Camélias, l’harmonica décalé. Le clip est jubilatoire, le look et les œillades de Prince en font succomber plus d’une… et même plus d’un. Plus rien à ajouter ! Ah ! si le rapport à « Purple Rain » (le film) peut être… Dans le texte il évoque une fille bien roulée, une moto, une grange, de la paille, ça ne vous rappelle rien…La suite retombe dans le bizarre avec « Tamborine », court morceau décalé aussi musicalement que dans le texte qu’il faudrait analyser au 2825ème degré et je n’en ai ni le temps ni le courage. « America » (sa basse monstrueuse, sa rythmique de bronze, ses petites notes de flûte) est MON titre de l’album, enfin celui qui me fait tripper. Immortalisée à Nice un soir de 1986, la version extended est dantesque et hypnotisante. On passe ensuite à « Pop life », sorte de comptine funky dont la candeur tranche avec le sérieux du texte. Non ce n’est pas la suite de « Purple Rain » même si ça y ressemble furieusement. « The ladder », titre consensuel s’il en est, écrit par Prince et son père, info notable car hyper rare. Visiblement, c’est le texte qui est servi par une mélodie répétitive et simpliste. Il nous parle de la nécessité de s’élever (lien avec l’échelle de la pochette je suppose) et ainsi d’appréhender le monde qui nous entoure et son rapport à Dieu car c’est bien de cela qu’il s’agit. C’est la première fois, il me semble, que cette ferveur divine est ainsi évoquée dans un titre. Il me semble également qu’on ne la retrouvera ensuite qu’avec Anna Stesia. Le dernier titre est encore une fois surprenant, mais je commence à en avoir l’habitude maintenant. « Temptation », morceau soul/bluesy aux accents rock est une ode à la tentation sexuelle, à la chair, à la luxure et au stupre. Le solo de guitare en milieu de titre lui-même est « sexy » et tout à coup après une déclaration limite « pornographique », une voix divine semble résonner et rappeler le débauché à de justes pensées qui doivent privilégier l’amour au sexe. Mais ses dernières phrases me semblent beaucoup trop ironiques pour me convaincre qu’il a compris le message. Il me semble davantage que, comme un gamin pris la main dans le pot de confiture, il promet de ne plus le faire tout en échafaudant déjà un autre plan pour arriver à ses fins. Rappelons qu’il ne fait que commencer ses « sexual adventures »…
J’attaque donc ensuite «SOTT» ! Que dire de cette œuvre…je crois qu’il faudrait y passer beaucoup plus de temps que je ne peux le faire à l’instant où j’écris ces lignes ! Je vais donc me contenter, aujourd’hui, d’une analyse concise et je pense m’atteler un jour à un décodage particulier de ce monument qui mérite bien un article à lui tout seul.
Sign O the times : le minimalisme pour l’efficacité, un titre qui scotche par la puissance provoquée malgré une « minceur » musicale étonnante.
Play in the sunshine : un morceau « rock’n roll » pur jus qui peu à peu évolue pour se terminer en pirouette sonore et vocale.
Housequake : Chaudron funk par excellence, ce titre est injouable et inchantable sauf par « Prince and the Band » Shock-A-Lock-A-Boom !
The Ballad of Dorothy Parker : Ballade electro-funky sympathique et attachante qu’on peut fredonner celle là !
It : Un des must de ce disque, en tout cas pour moi. Là encore, la concision musicale alliée à une mélodie aussi mince qu’un mannequin russe débouche sur une chanson d’une force incomparable.
Starfish and coffee : Pépite pop au refrain accrocheur qui démontre que décidément il connaît tout sur la musique.
Slow love : Comme son nom l’indique, un slow tout en guimauve que je zappe très souvent (oui ça m’arrive…)
Hot Thing : Là je retrouve MON Prince, celui qui pond des « armes funk de destruction massive ». Encore plus évident en live.. « Cat…danse pour moi s’il te plaît » !
Forever in my life : Le piège princier par excellence. Au départ vous vous dites : « Ridicule cette chanson » et à 3’30, vous la rejouez, et encore.. et encore…car vous voudriez qu’elle dure. Et c’est quasi sans instruments…les versions live sont toujours des monuments !
U got the look : pur style princier mais j’ai jamais trop aimé, je sais pas pourquoi !
If I was your girlfriend : Là c’est l’inverse (j’ai failli taper ivresse…lapsus révélateur…) je ne sais pas expliquer pourquoi cette chanson figurerait sans équivoque dans un top 5. J’aurais du mal pour les quatre autres, mais celle là…trop forte !
Strange relationship : lente déclaration assez hypnotisante par son rythme martelant
I could never take the place of your man : J’en parlais sur ATWIAD, encore un modèle de chanson qui devrait être étudié dans les écoles…les deux dernières minutes sont un monument à elles seules !
The Cross : Alors ici, chapeau…deux accords que même moi je sais jouer et au final une envolée musicale et spirituelle inégalée.
It’s gonna be a beautiful night : C’est sûr qu’elle devait être belle cette nuit : « and 6.000 wonderful parisians » .
Adore : La ballade soul classique avec encore une fois cette voix dont on ne parle jamais suffisamment !
Promis j’y reviendrais !
Avant de faire un prochain article sur « MUSICOLOGY » que j’ai acheté, forcément, en 2004, je termine mes acquisitions 2004 (oui…vous avez remarqué, il ne m’en manque plus beaucoup…) par un des touts premiers albums « PRINCE », tout simplement. En regardant la pochette on ne peut s’empêcher de repenser à l’une des premières apparitions de Prince sur un plateau télé où il répondait dans un langage bien particulier puisque réduit à sa plus simple expression. « I wanna be your lover » débarque en pleine période disco, période trustée par Travolta, les Bee Gees et CHIC. On sent tout de suite tout le potentiel créatif de ce jeune chanteur (20 ans) qui veut tout faire et qui fait tout. Tout, justement, est déjà dans ce titre : la rythmique, notamment en fin de titre, les sonorités particulières égrenées tout au long de la chanson, les riffs de guitare qu’on sent déjà très personnels. La voix haut perchée est elle aussi présente, une autre marque de fabrique…Léger rock pour la suite avec « Why you wanna treat me so bad ? », le refrain est un classique, avec une belle partie de guitare pour finir (déjà …) ! « Sexy dancer » représente la nuance qui existait à l’époque, entre ce que l’on baptisait « disco » et « funk ». Dans ce titre on sent toute l’influence de groupes comme Cameo ou les Bar Kays qui faisait de la dance-music « intelligente », enfin je me souviens que c’est ce que je défendais à ce moment là. Et en plus il sait jouer du piano… « When we’re dancing close and slow » est beaucoup plus qu’une simple chanson d’amour de plus. Le rythme lancinant et hypnotique reviendra souvent chez Prince, encore tout récemment. Ecoutez certains passages de « NEWS » ou « CNOTE », la filiation est évidente. « With you » est la friandise sucrée de l’album qui lorgne trop (à mon goût) vers « I’ll be there » des Jackson 5. Jill Jones l’a reprise plus tard sur son album. La suite est beaucoup plus intéressante : « Bambi ». c’est la vrai surprise de ce disque car on sent la veine rock que va peu à peu instiller Prince dans ses compositions, veine qui trouvera son apothéose sur Purple Rain. Le riff de guitare est inoubliable et le texte sulfureux (comme les autres d’ailleurs…). Puis ballade soul/jazzy avec « Still waiting » assez dispensable, avant le tube qui finalement ne sera pas immortalisé par Prince mais par Chaka Khan « I feel for you ». Là aussi, merci aux grands anciens, Maurice White en particulier, mais ne sont-ils pas là pour ça, Prince n’a t’il pas à son tour influencé d’autres artistes. Et un slow romantique et bien sirupeux pour terminer, mais c’était le lot de beaucoup de groupes de musique de danse de l’époque. Il se distingue tout de même de tous ces groupes dans la mesure où Prince écrit paroles et musiques de ces chansons, mais aussi qu’il en joue tous les instruments, qu’il arrange et qu’il produit cet album.
Voilà, la boucle se resserre autour de l’oeuvre princière mais il est bien difficile pour moi d’en tirer des conclusions définitives, cette œuvre justement étant en évolution continuelle et les ré-écoutes successives apportant leur lot de contradictions et de révisions de jugement. A suivre donc…
En 1988, Prince est en pleine tournée de promotion de l’album “LOVESEXY” dans un “Lovesexy Tour”. Cette tournée le conduit entre autres aux Pays Bas et plus particulièrement un soir, le 18 août, à La Haye, dans un club, le “Trojan Horse”, pour un aftershow devant moins de 500 privilégiés. Le son est parfait pour un pirate et cette “chose” si secrète va devenir LE boot incontournable pour toute une génération d’aficionados. Baptisé aussi “Small Club”, c’est un condensé de covers et de titres princiers comme “D.M.S.R” et “Housequake”.
En effet, je ne veux parler que d’un titre car il m’a plus “parlé” que d’autres et m’a incité encore une fois, à m’évader par les mots. “Just my imagination” est un titre des Temptations, groupe que l’on ne présente plus. Le titre est écrit en 1971 par Norman Whitfield, un des plus grands producteurs de soul aux Etats Unis. Le titre est considéré aujourd’hui comme une des marques de fabrique à la fois du groupe mais aussi de Whitfield. Eddie Kendricks, membre fondateur du groupe avec Paul Williams assure le chant, tout en falsetto, c’est à dire en voix de tête, dans la droite ligne d’un Curtis Mayfield. C’est une chanson courte (3′51), faite pour les radios, car trés consensuelle. C’est une “chanson d’amour” qui raconte l’histoire d’un gars qui fantasme “softement” sur une femme imaginaire. Les cordes chères à Whitfield donnent le tissu d’une rythmique lancinante qui laisse toute sa place à la voix de Kendricks et des choeurs, quelques touches de guitare, de harpe, de xylophone…le break est un peu pompeux mais à l’époque, c’était la construction classique d’une balade soul. Il n’empêche que la collaboration que Prince aura plus tard sur ses titres avec Clare FISHER qui s’occupe de tous les arrangements au niveau des “cordes”, doit trouver son origine dans le travail de Whitfield, en témoignent des titres comme “The One”. En fait, pour terminer la dessus, vous devez imaginer ce titre avec une fille dans les bras ! je m’explique ! les années 70 étaient l’époque bénie où on pouvait danser ce que l’on avait baptisé fort justement “un slow”, à savoir une danse trés lente, corps serrés où on se contentait de tourner sur place, le but étant surtout de “pécho” une jeune fille. Et bien ce titre est un standard en matière de slows et des comme ça, y en a des dizaines mais justement celui là a été repris par Prince…
ù il nous délivre une ribambelle de petites banderilles sonores, qui, loin de nous piquer, nous transportent d’une manière hypnotique à 3′49″, moment qu’il choisit pour faire jouer la pédale d’effets et passer dans une tonalité plus rock, cette fois, ca y est, nous ne sommes plus dans la cover, il est parti et ne s’arrêtera plus…si…en fait, il fait preuve de sa maestria et après une deuxième montée sonore des synthés relayée par le duo basse/batterie, il fait une pause de quelques secondes avant d’arriver à 4′25 où là jaillit l’un des plus grands guitaristes au monde, je n’ai pas peur de le dire, d’autant que d’autres le disent, autrement plus qualifiés que moi. Le second “assaut” démarre et va vous laisser sans voix. C’est à ce moment, peut être, que l’on peut toucher du doigt l’admiration et le “pourquoi” on aime cet homme, et on part pour un peu plus de 2 minutes de magie ou seules, existent les notes qu’il parvient à sortir de son instrument, vous êtes happé, emporté, grisé par le déluge de notes qui vous prend les tripes, les malaxent et, si vous êtes comme moi, vous donnent le vrai frisson, celui qui fait serrer les mâchoires et retenir les larmichettes qui risquent de vous monter aux yeux… puis tel le ciel après une nuée d’orage, l’intensité retombe lentement pour laisser la chanson se terminer, il demande au public de chanter avec lui, il ne peut pas les entendre ? Comment après une telle performance pourrait-on reprendre en choeur avec lui cette chanson ; j’imagine le public complètement envoûté et hypnotisé et qui ne doit pas pouvoir réagir. Et comme d’habitude c’est lui qui remercie…