Au hasard de mes recherches perpétuelles, j’ai découvert que d’autres artistes avaient repris des titres de notre ami, souvent les mêmes d’ailleurs, et après moult écoutes, voici le fruit de ce travail personnel, ce qui sous entend que ce sont les covers que j’aime ou qui m’ont surpris, et qu’il y en a bien d’autres qui circulent ! (NB : Il n’y a pas de covers de Purple Rain car je prépare un article rien que pour ce titre, il y a tellement de reprises…)
Aaliyah – When doves cry : Jeune chanteuse soul/funk américaine, protégée à ses débuts du sieur R.Kelly, Aaliyah reprend le titre « When doves cry » . Elles finiront par pleurer ces colombes, quand Aaliyah disparaît tragiquement à l’âge de 22 ans dans un accident d’avion en août 2001. J’aime cette reprise pour la fraîcheur de cette voix brusquement éteinte.
Alicia Keys – How come u don’t call me anymore : Jeune pianiste américaine orientée plutôt soul, mais qui touche aussi à d’autres domaines artistiques, Alicia n’a jamais caché son admiration pour Prince, en témoigne sa présentation limite « orgasmique » lors de l’introduction du lutin au Rock’n Roll Hall of Fame. Elle reprend cette superbe ballade, face B de 1999, en respectant scrupuleusement l’original, sur son premier album. Lui même reprend très souvent « Fallin », un titre de la demoiselle, lors de ses concerts.
Alicia Keys, Gwen Stefani and Missy Eliott – Kiss : Perf datant de 2005 (MTV awards je crois…) et réunissant trois artistes oeuvrant dans des domaines différents mais à l’unisson sur ce « classique ».
Barenaked Ladies – When doves cry : Groupe de rock canadien qui se distingue par des concerts agrémentés de saynètes comiques, très connu outre-atlantique, un peu moins ici, ils reprennent ce titre de Purple rain pour un show radio (Andrew Denton Breakfast Show) en 1999. Désolé, le son est pas terrible…mais la perf est plus qu’honnête !
Bono – The Cross : Je ne vous ferais pas l’injure de vous présenter le leader d’un groupe aujourd’hui mythique. Grand admirateur de Prince, on dirait que le titre a été écrit pour lui, même si les covers du Maître restent intemporelles…la perf date tout de même de 1995 et Prince était présent sur scène à Dublin le 30 mars…
D’Angelo – She’s always in my hair : Musicien complet et producteur, ce prodige américain du R&B n’a jamais caché l’influence qu’a eu Prince sur sa propre production et il a été souvent présenté comme un fils spirituel. Bon, il est quelquefois hors limites (dans sa vie…) mais sa voix est magique. Il reprend une face B de l’album Around the world in a day, pour la bande originale du film Scream 2 en 1997 dans une version beaucoup plus funky que l’original, une des covers que je préfère…
Foo Fighters – Darling Nikki : Groupe de rock américain fondé par Dave Grohl, batteur de Nirvana, après la mort de Kurt Cobain, les Foo Fighters ont connu de nombreux hits dont « Best of you »…repris justement par Prince lors du Superbowl en début d’année. La version, face B en 2004 du single du groupe « Have it all », est… «nirvanienne » ! (sachez, pour la petite histoire, que c’est en partie à cause de ce titre et de son contenu sexuel très explicite lors de sa création au début des années 80 qu’a été créé le « Parental advisory »…)
Heaven 17 – Sign o’ the times : Formé après l’éclatement de “The Human League”, Heaven 17 est un groupe techno pop du début des années 80 et qui se distingue des groupes de l’époque par leur utilisation toute personnelle des synthés et batteries synthétiques, Linn LM-1 particulièrement…Il reprennent ce must sur un album hommage à Prince en 1999, dans une version plus « robotique » que l’originale, mais j’aime assez !
Herbie Hancock – Thieves in the temple : On ne présente plus ce pianiste américain entré depuis longtemps au panthéon du jazz. Cette reprise issue de l’album « New standard » sorti en 1995 est très « latin-jazzy » et très agréable à écouter.
Ani di Franco and Maceo Parker – When you were mine : Maceo, je ne dirais rien…Ani di Franco, bein…c’est Ani di Franco ! une voix superbe de chaleur et de fêlure. Grande avocate de la cause féminine et songwriter de classe diamant, mais aussi, comme Prince, de la liberté des artistes face aux majors ! Cette perf sublime de sensualité date de 1999, lors d’un concert d’Ani dans le fief de Prince…
Nicole Kidman and Hugh Jackman – Kiss : “Private joke” de cette compile, c’est extrait du film Happy Feet qui m’a enthousiasmé à sa sortie (sacré Mumble…) film auquel Prince a participé par l’écriture d’un titre. C’est Nicole et Hugh qui chantent réellement et…ça l’fait ! Oooooooooooooooooh yeah !
Patti Smith – When doves cry : Une voix inimitable et jamais égalée, Patti a bercé un temps mes jeunes années (période sombre…) par ses titres tout en mélancolie et en tristesse. J’ai écouté son album Wave des centaines de fois. Elle reprend ce titre sur une compilation sortie en 2002, avec tout ce qui caractérise son univers et qu’elle retrouve un peu sur ce morceau.
The Residents – 1999 : Non ce n’est pas une farce, c’est bien 1999 issu de l’album éponyme de Prince. Je sais, on a un peu de mal à reconnaître l’original mais c’est la preuve qu’elle est universelle. Bon ça fout l’bourdon au bout d’un moment…sur le groupe proprement dit, voici ce qu’en dit Wikipédia : Tout ce qui se raconte sur l’histoire de The Residents, n’est qu’hypothèse, mythologie et présomptions, les faits ne pouvant être vérifiés ni réellement confirmés, par qui que ce soit. Très secret et méconnu, le groupe obscur est pourtant souvent cité en référence. The Residents est un groupe créé en 1966, dont la formation reste un mystère bien gardé, le groupe apparaissant -rarement- en smoking et avec de gros masques en forme d’œil…
Tina Turner – Let’s pretend we’re married : Encore une fois, pas besoin de vous presenter Tina « Acid queen » TURNER, la panthère noire du rock’n roll. Cette grande dame reprend le titre, avec l’énergie qu’on lui connaît, sur une compilation « Collected Recordings – Sixties to Nineties » sortie récemment.
TLC – If I was ur girlfriend : Ce morceau est déjà l’un de mes preferés, un de ceux qui m’a « uni » à Prince pour la vie et cette cover, même si elle est très proche de l’originale, m’émeut tout autant. Produit par Puff, « T-Box », « Left Eye » et « Chilli », les trois princesses de T.L.C font de ce titre MA cover de cette compile. Il est sorti sur l’album « Crazysexycool » en 1994, album qui a connu comme leur premier un gros succès. Après le décès de Lisa « Left Eye » LOPES dans un accident de voiture, le groupe n’a plus rien fait de notable hormis le troisième album réalisé avant le décès de Lisa.
Tom Jones et Art of Noise – Kiss : Une des covers les plus connues, datant de 1988, par le playboy anglais des années 60 et le groupe electro pop de Trevor HORN, rappelez-vous « Video killed the radiostar », c’était Mr HORN avant qu’il ne fonde Art of Noise.
Vous pouvez chercher à votre tour, car il y en a bien d’autres…
En 1988, Prince est en pleine tournée de promotion de l’album “LOVESEXY” dans un “Lovesexy Tour”. Cette tournée le conduit entre autres aux Pays Bas et plus particulièrement un soir, le 18 août, à La Haye, dans un club, le “Trojan Horse”, pour un aftershow devant moins de 500 privilégiés. Le son est parfait pour un pirate et cette “chose” si secrète va devenir LE boot incontournable pour toute une génération d’aficionados. Baptisé aussi “Small Club”, c’est un condensé de covers et de titres princiers comme “D.M.S.R” et “Housequake”.
En effet, je ne veux parler que d’un titre car il m’a plus “parlé” que d’autres et m’a incité encore une fois, à m’évader par les mots. “Just my imagination” est un titre des Temptations, groupe que l’on ne présente plus. Le titre est écrit en 1971 par Norman Whitfield, un des plus grands producteurs de soul aux Etats Unis. Le titre est considéré aujourd’hui comme une des marques de fabrique à la fois du groupe mais aussi de Whitfield. Eddie Kendricks, membre fondateur du groupe avec Paul Williams assure le chant, tout en falsetto, c’est à dire en voix de tête, dans la droite ligne d’un Curtis Mayfield. C’est une chanson courte (3′51), faite pour les radios, car trés consensuelle. C’est une “chanson d’amour” qui raconte l’histoire d’un gars qui fantasme “softement” sur une femme imaginaire. Les cordes chères à Whitfield donnent le tissu d’une rythmique lancinante qui laisse toute sa place à la voix de Kendricks et des choeurs, quelques touches de guitare, de harpe, de xylophone…le break est un peu pompeux mais à l’époque, c’était la construction classique d’une balade soul. Il n’empêche que la collaboration que Prince aura plus tard sur ses titres avec Clare FISHER qui s’occupe de tous les arrangements au niveau des “cordes”, doit trouver son origine dans le travail de Whitfield, en témoignent des titres comme “The One”. En fait, pour terminer la dessus, vous devez imaginer ce titre avec une fille dans les bras ! je m’explique ! les années 70 étaient l’époque bénie où on pouvait danser ce que l’on avait baptisé fort justement “un slow”, à savoir une danse trés lente, corps serrés où on se contentait de tourner sur place, le but étant surtout de “pécho” une jeune fille. Et bien ce titre est un standard en matière de slows et des comme ça, y en a des dizaines mais justement celui là a été repris par Prince…
ù il nous délivre une ribambelle de petites banderilles sonores, qui, loin de nous piquer, nous transportent d’une manière hypnotique à 3′49″, moment qu’il choisit pour faire jouer la pédale d’effets et passer dans une tonalité plus rock, cette fois, ca y est, nous ne sommes plus dans la cover, il est parti et ne s’arrêtera plus…si…en fait, il fait preuve de sa maestria et après une deuxième montée sonore des synthés relayée par le duo basse/batterie, il fait une pause de quelques secondes avant d’arriver à 4′25 où là jaillit l’un des plus grands guitaristes au monde, je n’ai pas peur de le dire, d’autant que d’autres le disent, autrement plus qualifiés que moi. Le second “assaut” démarre et va vous laisser sans voix. C’est à ce moment, peut être, que l’on peut toucher du doigt l’admiration et le “pourquoi” on aime cet homme, et on part pour un peu plus de 2 minutes de magie ou seules, existent les notes qu’il parvient à sortir de son instrument, vous êtes happé, emporté, grisé par le déluge de notes qui vous prend les tripes, les malaxent et, si vous êtes comme moi, vous donnent le vrai frisson, celui qui fait serrer les mâchoires et retenir les larmichettes qui risquent de vous monter aux yeux… puis tel le ciel après une nuée d’orage, l’intensité retombe lentement pour laisser la chanson se terminer, il demande au public de chanter avec lui, il ne peut pas les entendre ? Comment après une telle performance pourrait-on reprendre en choeur avec lui cette chanson ; j’imagine le public complètement envoûté et hypnotisé et qui ne doit pas pouvoir réagir. Et comme d’habitude c’est lui qui remercie…