1976…juillet…il est 5 heures 45…Je sors de la maison parentale et enfourche mon vélocipède pour aller à l’usine ! Quoi ??? Tu travailles déjà ??? Meuh non…j’ai tout juste 18 ans et j’ai décroché un stage dans une entreprise toute proche. Mais pourquoi si tôt ? Tu fais les 12/24 ? T’es manœuvre à Usinor…suant et crachant ta peine aux côtés de prolétaires tous acquis à la cause rouge ? Non Non…je m’occupe juste de fiches de stocks dans un grand bureau avec plein de mecs qui pensent qu’à draguer leurs collègues ! Mais alors…dis-nous tout (oui c’est vrai ça…Père Castor…met tes lunettes et dis-nous tout…) ;-)
Bon allez…1976…ça ne vous dit rien ? Depuis mai, on cuit ! Pas une goutte d’eau depuis deux mois, une canicule d’enfer et l’obligation de travailler de 6 heures du mat’ à 14 heures car l’après midi…impossible de bosser dans ces grands bureaux typiques des années 70, c’est-à-dire plein de vitres !!! Je descends donc de chez moi sur mon 12 vitesses, dont je ne me sers pas d’ailleurs dans la mesure où la route qui me mène à ce lieu de bullage intensif est une immense descente au bout de laquelle je me contente de freiner…les yeux embués de larmes…les cheveux coiffés « fixation
forte »…quelques moustiques suicidés agonisant sur les bras…! Cette canicule va laisser des traces…Comme il ne pleut quasiment pas depuis janvier…qu’il fait déjà 30 degrés en mai…suivront des records de température un peu partout mais surtout une sécheresse jamais connue et qui ne s’est pas reproduite heureusement car elle sera l’occasion de mettre en place un impôt spécial : « L’Impôt Sécheresse » !!! Paradoxalement, le Nord reste sec alors que de temps à autre des orages violents s’abattent sur le Sud et font des morts…quand le beau temps ne rime plus avec joie de vivre…et ce n’est que mi-septembre qu’il pleuvra enfin et que la Terre reprendra son rythme habituel…
Paradoxalement aussi, cette canicule de plusieurs mois fera beaucoup…mais beaucoup moins de morts que les quelques jours de 2003… “Signe des temps” a dit l’Artiste !
En parlant de mort, une « mort » va diviser la France durant cette année 1976…pour certains il s’agira d’une juste punition…pour d’autres d’un assassinat légal ! Cette mort c’est celle de Christian Ranucci ! C’est en effet en 1976 qu se déroule le procès de cet homme accusé du meurtre d’une petite fille et dont les conditions de déroulement de l’enquête posent encore question aujourd’hui. Il faut dire qu’à l’époque, l’affaire Patrick Henry a déjà semé la zizanie dans l’opinion française qui demande « des comptes » à ses gouvernants !
Alors coupable ou pas ??? Nul ne le saura jamais, mais une chose est sûre l’abolition de la peine de mort aura au moins le mérite en 1981 de permettre à des innocents d’avoir toujours les moyens de clamer leur innocence et éventuellement de faire changer le destin. Ranucci n’aura pas cette chance…après un été là aussi particulièrement chaud entre partisans des deux camps ! Celui des convaincus de sa culpabilité et celui de ceux qui doutent et veulent une enquête correcte !!! L’affaire divise aussi les cours du Lycée où nos consciences politiques sont désormais affûtées par le combat idéologique que nous livrons quotidiennement…restes improbables de la volonté de changer la société post 68 !!!
Bon…ça…c’est pour la semaine car le samedi…bin c’est samedi !!! C’est direction le Pop Club qui est devenu notre destination favorite et la programmation reste toujours aussi variée et mêle habilement les (déjà) derniers soubresauts d’un disco presque condamné aux nouveaux accents funkysants ! Petite sélection non exhaustive et vous verrez qu’on n’était pas trop regardants…l’essentiel étant toujours de faire tournoyer les pattes d’eph’… c’est parti !
Tavares - Don’t take away the music
Une météorite soul venue du Cap-Vert avec ce groupe de cinq frères et un titre très « costard/nœud Pap’ », un brin Barry White…
Isaac Hayes - Disco connection
Un des piliers de Stax Records qu’on ne présente plus, le génial créateur du « Theme from Shaft » mélange les influences dans cette connexion dansante ! Très Blaxploitation…
Lou Rawls - You’ll never find another love like mine
Une superbe voix noire d’une puissance tout en retenue pour une déclaration allant crescendo et diablement entraînante. Je peux vous dire que ça virevoltait…
The Trammps - Disco party
Un « vrai » titre disco (8 minutes de roulage de bassin..d’où ma secrète admiration des fessiers rebondis…) par ce groupe de Philadelphie qui écrira également Disco Inferno pour le mythique “Saturday Night Fever” ! Quand même…après trois minutes, vous bénissez le disco…et à six minutes..vous planez…
The Sylvers - Boogie fever
Un très bon groupe de Rn’B et de soul/funk ! L’un des membres les plus éminents du groupe n’est autre que Léon « Frank » SYLVERS III…mais si…Shalamar, The Whispers, Gladys Night, The Brothers Johnson, The Spinners, Lakeside, etc…etc…une machine à tubes ce mec…
Donna Summer - Spring reprise
Bon…Donna c’est Donna…que voulez-vous que je dise de plus…
The Salsoul Orchestra - Chicago bus stop
Groupe spécialisé dans le Son de Philadelphie, ses 50 musiciens accompagnent de nombreux artistes dans les années 70. Ce titre cartonne en 1976 et j’ai mis en bonus le remix…
Brick - Dazz
Groupe de funk/jazz, ces sonorités et cette rythmique particulière préfigure les années qui arrivent ! DAZZ…pour Disco/jAZZ…
The Spinners - The rubberband man
Une institution que ces Spinners car depuis 1954, ils n’ont cessé de faire de la musique !!! Comme quoi, le funk conserve bien mieux que l’alcool…
Parliament - Give up the funk
Les premiers véritables accents du funk pur et dur par Médor et ses acolytes !
We want the FUNK…we need the FUNK…
The Undisputed Truth - Method to the madness
Encore la patte Whitfield pour un titre “à la Rose Royce” ! Ca commence à bouger sérieusement côté funk. Ecoutez moi cette basse…cette batterie…allez…Vade Retro Disco ;-)
The Whispers - One for the money
Encore un groupe qu’on ne présente plus et qui fera l’objet d’un petit traitement particulier de ma part…un jour…
Bonus : The Salsoul Orchestra - Oooh I love it (love break)
Parce que j’aime bien…
Alors quand j’ai eu la confirmation qu’il revenait…le 3 novembre…au Casino de Paris, ni une ni deux, j’ai surveillé les sites de vente et dés l’ouverture, j’ai pris deux places pour Vanessa et moi et on a compté les jours…comme plein d’autres d’ailleurs, d’après ce que j’ai pu lire ici et là…Il faut dire que le coquin a un sacré potentiel de séduction auprès de la gent féminine.
J’ai pris le soin (idiot…) de dire à quelques jeunes filles qui sont à mes côtés de ménager mes oreilles quand IL va arriver (car je sais inconsciemment ce qui va se passer…) mais rien n’y fera…le rideau se lève, les premières mesures de Dance with me s’élèvent…il arrive tout en haut de l’escalier et c’est à cet instant précis que je me prends 200 décibels dans l’oreille droite, décibels qui jaillissent des gorges de mes voisines surexcitées à la vue du cador ! Car c’en est un…la classe à l’état pur…joli costard croisé noir sur chemise cintrée blanche (Max, donne moi l’adresse de ton tailleur…) et Ray Ban fumées. Vont suivre Sumthin’ Sumthin’ et Get to know ya ! Trio de choc pour démarrer !! C’est le moment qu’il choisit pour ôter ses lunettes et mes voisines achèvent le travail commencé quelques minutes auparavant en transformant mes tympans en steack tartare !!! Je glisse à Thierry “On s’croirait à un concert des Beatles” tellement ça braille, mais bon lui est content de l’accueil, il lui semble même inespéré…
Le second titre Til the cops come knockin’ va prendre une mesure inattendue en s’éternisant dans un long break où les musiciens font preuve de leurs talents respectifs et comme j’adore la chanson, ça ne me gêne pas ! L’ambiance est de plus en plus chaude et franchement on a pas envie que les keufs débarquent !!! ils le feront quand même…
son adversaire. Un peu de la télé-réalité avant l’heure quoi ! Dans le film, James CAAN est magnifique et le champion devra défendre sa vie dans un épilogue où les règles changent : Pas de limite de temps et pas de quartiers. Un film à (re)découvrir !
En effet, dans le genre navet, on a rarement fait mieux, mais dans les années 70, les Charlots avaient leur petit succès, ils étaient également chanteurs (Paulette… Paulette… tu es la reine des paupie-ttes de veau…) et finalement ils devaient jouer sur un “vrai” second, voire troisième degré que peu de gens ont compris. La “grosseur” des gags, leur évidente nullité en font presque des joyaux de non-sens que des artistes comme les Monty Python ont su, à la différence de nos amis, sublimer ! Le film avait tout de même fait près de 3 millions d’entrées à l’époque !!!… Au fait il paraît que les Charlots étaient d’excellents musiciens de studio !
A l’époque, malgré toute la bonne volonté que je mettais à devenir le nouveau Rocheteau, force était de constater que j’étais plutôt ce qu’on appelait communément une « brelle ». Bref, d’arrière latéral, je fus propulsé au poste d’ailier avant de rejoindre provisoirement le banc de touche où je finis par rester (sur la touche…) mais avec un bâton décoré d’un drapeau ! C’est vrai, j’étais un bon juge de touche…C’était les grandes années de notre petit club local et toute la famille ne vivait que par le foot. Mais rien ne valait le dimanche, car après le match de l’équipe A, on repassait au local pour « boire un coup » et après, les grands (20/25 ans) partaient vers un endroit tenu secret et qui portait un patronyme quelque peu étrange « Le Pop Club ». 1974 donc, fut une grande année car j’eus l’extrême privilège d’y faire ma première sortie, merci papa, merci maman !
qui, quelque part, m’appelaient déjà de tous leurs vœux. Alors un jour, j’ai laissé ma bière et je me suis risqué dans l’escalier et plus je montais, plus je percevais
La voix caverneuse c’était donc un géant noir avec une tête énorme qui s’appelait Barry White. Vous allez me dire, bein oui…Barry White tout l’monde connaît ! oui, c’est sûr mais y’avait pas que lui et je bénis aujourd’hui ce « driver du vinyl » dont je ne connais même pas le nom et qui m’a fait découvrir cette musique.